Lundi 6 juillet 2009
Quatrième de couverture : Né dans une famille
marquée par l'alcoolisme et la violence, Juhani grandit dans un centre d'éducation pour enfants difficiles sur l'île de Saari. Autoritaire et tyrannique, le directeur rêve de transformer son
domaine en jardin tropical et d'y élever des vers à soie dans l'espoir de splendides éclosions, symboles d'une possible rédemption. Juhani fait l'apprentissage de la soumission, ce qui ne l'empêche
pas de partager les fantasmes de toute la colonie à l'égard de la femme et des cinq filles du maître des lieux. Quand les papillons éclosent, ils sont frappés de mélanisme... alors les passions se
déchaînent jusqu'à la catastrophe. Dans ce roman touffu et passionnant aux multiples péripéties, Leena Lander raconte une histoire de pouvoir, de désir et de culpabilité avec l'efficacité qu'elle
n'a cessé d'affirmer par la suite dans son œuvre.L'auteur : Née en 1955, Leena Lander a publié chez Actes Sud La Maison des papillons noirs (1995, Grand Prix de la littérature du Conseil nordique), Vienne la tempête (1996), Les Rives du retour (2000) et Obéir (2006).
324 pages
Editeur : Actes Sud (février 2008)
Collection : Babel
Traduction : Anne Colin du Terrail
Titre original : Tummien perhosten koti
Ma lecture : Il m’a paru un peu difficile d’entrer dans ce roman de prime abord, car deux époques s’entremêlent et l’écriture de l’auteur est assez distante et elliptique. L’identification des personnages et des situations se fait progressivement, et la première impression est que ce n’est pas drôle, pour le moins !
La famille du petit Juhani, cinq ans, présente à peu près ce qui se fait de pire en matière de carences parentales, et son arrivée, quelques années plus tard, sur une île où se dresse un centre de placements pour jeunes quand tout a déjà été essayé pour eux, laisse présager une histoire très sombre. Elle est austère, certes, mais pas lugubre. Il y a toujours une lueur d’espoir, qui n’arrive pas forcément de là où on l’attend.
Le titre aurait pu être « L’île des papillons noirs », cette île possédant des paysages très tourmentés aussi mais égayés par les fleurs que la femme du directeur y fait pousser et par ses cinq filles qui portent aussi des noms de fleurs. Les thèmes principaux du roman sont ceux de la maternité et de la paternité, de la transmission, de l’éducation : mères absentes physiquement ou mentalement, enfants enlevés à leur famille ou délaissés, parents de substitution…
Les papillons du titre sont un élevage de bombyx du mûrier, expérimental en Finlande, que le directeur du centre entreprend parmi d’autres projets toujours plus ambitieux. Cet aspect n’a pas manqué de m’intéresser car j’ai déjà élevé des bombyx, à toute petite échelle, et d’ailleurs, le choix de ces papillons par l’auteur ne doit pas être anodin, car les papillons meurent dès qu’ils ont pondu des œufs, possédant ainsi un cycle de reproduction particulièrement court : une image pour ces parents embarrassés par leur progéniture ?
Ce livre est tout cas une découverte que je ne regrette pas d’avoir faite, et je note les autres romans de cet auteur.
C’est l’avis de Sentinelle qui avait attiré mon attention... merci !
Extrait : Mais au fond de lui, il ne peut s’empêcher de penser qu’il ne s’agit après tout que de plantes. De végétaux prédestinés à une courte existence vite fauchée par le gel.
Il en va autrement des garçons. Avec eux, il peut et il doit y avoir des surprises qui en fin de compte les stupéfient autant que le reste du monde.
Parfois.
L’homme ressent une angoisse mêlée de joie en songeant à la responsabilité qui lui a été confiée. Quand il pense aux méthodes par lesquelles il fait surgir des garçons l’humanité qui est en eux.







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