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extraits

Samedi 19 septembre 2009
La chronique de ma prochaine lecture va tarder un peu, parce que je la savoure à un rythme plutôt lent, contrairement à mon habitude et aussi parce que les occupations diverses se sont mises à prendre plus de place que pendant les vacances (ce qui est très étonnant, n'est-ce pas ?).
Je vous propose donc un petit extrait pris tout au début du roman pour vous faire patienter.

Le joyau de Slobozia était sans conteste le monastère byzantin qui trônait au fond de la vallée. Dès l’entrée du village, on pouvait distinguer au loin l’immense tour, dont la silhouette élancée dominait le reste de l’édifice. Tel un donjon médiéval, il s’érigeait en beffroi, orné à son sommet d’un large clocher. De jour comme de nuit, l’immuable carillon de ses cloches sonnait les heures de son timbre métallique. C’était là le seul bruit qui s’échappait du bâtiment, rappelant à chaque instant qu’il surveillait de son regard inquisiteur les faits et gestes de chacun. Pour pénétrer dans l’enceinte, il convenait de longer les murailles jusqu’à un grand porche ouvert en arcade. Un épais portail de bois fermait l’entrée. Tout le long des murs fortifiés, un enchevêtrement de balcons en encorbellement permettait aux moines de faire le tout du cloître sans être vus de l’extérieur. Tel un curieux golem, sa forme allongée impressionnait les rares visiteurs qui se risquaient jusqu’à ses remparts. Le monastère du Saint-Esprit veillait sur Slobozia depuis près de cinq siècles.

Un monastère en Moldavie (office du tourisme roumain)
Par kathel
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Mercredi 22 avril 2009
Il arrive qu'un voyage, une visite, trouvent un écho dans mes lectures. Par exemple, cet extrait de L’ombre en fuite de Richard Powers me rappelle mon musée préféré et un peintre dont je ne me lasse pas de regarder les œuvres ; dans le roman, des scientifiques tentent de recréer un monde virtuel animé en prenant un tableau comme point de départ.

Rien ne bougeait encore. Le python restait figé au milieu d’une ondulation. Les oiseaux ouvraient le bec, prêts à croasser. L’éléphant se préparait à barrir et les singes à décamper. Les lions dressaient la tête, intrigués par cette intrusion massive de touristes. Et la végétation luxuriante teintait l’huile blanche de la lune d’autant de verts que pouvait en saisir l’œil de l’esprit. (…)
L’équipe se pencha de nouveau sur les reproductions en couleur. Elle jaugea les deux habitants de la forêt tropicale : un homme et une femme, un Noir et une Blanche, lui à la verticale, elle à l’horizontale, il joue, elle écoute… Et ainsi le règne végétal fut-il soumis à ses principes humains, ces formes qui disciplinèrent le vert primitif. (…)
Il regardait l’art et la science conspirer pour faire flotter parmi les feuilles ce corps charnu aux courbes pleines.


Le rêve

Henri Rousseau dit le Douanier (1910)
MoMA New York

Par kathel
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