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Cuba

Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /2009 09:29
Quatrième de couverture : « Voilà l'histoire : une prof de lycée, vingt-quatre ans, militante de la Jeunesse communiste, célibataire. On l'a tuée, asphyxiée avec une serviette. » Mario Conde écoute le commissaire d'un air las. Sale affaire. Pour la résoudre, il lui faut garder la tête froide. Ce qui est loin d'être facile quand son cœur s'enflamme pour une saxophoniste rousse qui va compliquer bien des choses...

L'auteur : Né à La Havane en 1955, Leonardo Padura est romancier, scénariste et journaliste. Ses romans, Electre à La Havane, L'Automne à Cuba, Adios Hemingway et Passé parfait, sont disponibles en Points.
254 pages
Editeur :
Points (8 janvier 2009)
Collection : Points Policier
Traduction : François Gaudry
Titre original : Vientos de cuaresma

Ma lecture : Pour ceux qui ne connaissent pas Leonardo Padura, il faut présenter son personnage récurrent, Mario Conde, qui s’est rêvé écrivain mais a fini par entrer dans la police, situation dont il est déjà fatigué à 35 ans. Il cultive ses amitiés adolescentes en partageant des repas pantagruéliques et bien arrosés avec, entre autres, El Flaco dont la mère est une cuisinière hors pair… Hmmm, les délicieuses recettes évoquées dans chacun de ces ouvrages ! Du côté des amours, c’est un incorrigible romantique qui tombe amoureux plus vite et plus souvent qu’il ne sort son arme de service. C’est dire que nous ne sommes pas dans un thriller plein de rebondissements et de d ‘action. L’enquête, ici sur la mort d’une jeune prof très appréciée dans son lycée, se déroule assez tranquillement, d’interrogatoires en visites plus ou moins fructueuses, ponctués de bons repas, de conversations tranquilles ou de rêveries amoureuses.
L’intérêt de cette série de romans est surtout de lever le voile sur le mode de vie des cubains, des habitants de La Havane en particulier, de la météo (les vents de carême du titre) à l’architecture, la topographie des quartiers ou l’ambiance musicale des cafés. La musique est d’ailleurs très présente dans le livre, du bon rock à la musique cubaine, sans parler du saxophone de la nouvelle conquête de Mario Conde.
Une très agréable promenade à La Havane, à savourer sans perdre de vue l’enquête qui n’est pas inintéressante pour autant !

Ils l’ont lu : Alain et Essel. Jean-Marc Laherrère et Papillon ont lu d’autres titres.
je vous recommande de mon côté Electre à La Havane, L’automne à Cuba ou Passé parfait, excellents aussi pour faire connaissance avec cet auteur.

Extraits : Hier j'ai découvert un fronton étonnant. J'ai dû passer mille fois par cet endroit jusque-là anodin et sale del 10 de Octubre, si proche de l'enceinte des combats de coqs où mon grand-père Rufino avait joué huit fois sa fortune sur des ergots pour s'enrichir quatre fois et s'appauvrir autant. Mais c'était seulement hier qu'un signal d'alarme, spécialement orienté vers mon cerveau, m'a obligé à levé les yeux, et il était là, m'attendant depuis toujours : au centre d'un triangle d'un classicisme simplet, un blason de noble créoles couronnait une construction dépourvue de noblesse, rongée par les années et la pluie. Seule la date restait mystérieusement intacte : 1919, au-dessus de l'auvent décrépi, sous le blason vaincu, dans le tourbillon de deux cornes d'abondance qui expulsait dans l'air des fruits tropicaux.

Ma relation avec la ville est oblitérée par les clairs-obscurs que mes yeux y peignent, ainsi la jolie fille se transforme en prostituée féroce, l'homme furieux en assassin potentiel, le jeune homme pétulant en drogué incurable, le vieux du coin en voleur à la retraite. Tout noircit avec le temps, comme la ville où je marche entre les arcades sales, les décharges pétrifiées, les murs écaillés jusqu'à l'os, les bouches d'égout débordan comme des rivières nées au coeur même de l'enfer et les balcons délabrés, soutenus par des béquilles.


Par kathel - Publié dans : Cuba
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