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Islande

Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /2009 08:30
Présentation de l'éditeur : En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide.
Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l'amour fidèle d'une crémière abandonnée, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.
Indridason nous raconte une magnifique histoire d'amour victime de la cruauté de l'Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.

L'auteur :  Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand Prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007) et La Femme en vert (prix Clé de Verre 2003, Gold Dagger 2005 (GB) et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007).
348 pages
Editeur :
Editions Métailié (2008) Vient de sortir en poche (Points)
Collection : Noir
Traduction : Eric Boury
Titre original : Kleifarvatn

Mon avis : Ce furent pour moi des retrouvailles bien agréables avec Erlendur qui se lance avec obstination dans une enquête assez tranquille. La victime étant morte depuis une trentaine d’années, il ne semble pas y avoir de risque qu’un tueur aux abois fasse d’autres victimes pour couvrir ses traces ! C’est tout le charme de ces enquêtes islandaises que de ne pas recourir au rythme effréné de bien des romans policiers. Erlendur cherche donc des personnes disparues de puis plus de trente ans pour essayer de les relier à un squelette trouvé par hasard dans le lac de Kleifarvatn, et, détail étrange, lesté d’un émetteur radio russe… Il est amené à interroger différentes personnes ayant vécu le traumatisme de la disparition sans aucune explication d’un proche, et cela soulève en lui, qui ne s’est jamais remis de la mort probable de son frère dans une tempête de neige, bien des questions. Sa vie privée évolue aussi, au rythme de l’enquête, il  se fait beaucoup de souci pour sa fille et retrouve un court moment son fils. C’est aussi plaisant de voir la vie de ses collègues prendre de ces petits virages qui changent le quotidien.
J’avais été légèrement déçue par La voix, ce retour en Islande par un bel été aux journées interminables m’a plu autant que la lecture de La femme en vert.

Extrait : 
Elle resta longtemps immobile à scruter les ossements comme s'ils n'avaient pas dû se trouver là. Pas plus qu'elle-même, d'ailleurs.
Elle se disait que c'était probablement encore un mouton qui s'était noyé jusqu'à ce qu'elle parvienne assez près pour distinguer un crâne à demi enfoui au fond du lac ainsi que la forme d'un squelette humain. Les côtes dépassaient du sable et, en dessous, on pouvait distinguer les contours des os du bassin et du fémur. Le squelette reposait sur le côté gauche. Elle voyait la face droite du crâne, ses orbites vides ainsi que trois dents de la mâchoire supérieure. L'une d'elles portait un gros plombage en argent. On distinguait un large trou dans la boîte crânienne proprement dite et elle se fit machinalement la réflexion qu'il avait été causé par un marteau. Elle se baissa pour examiner le crâne. D'un geste hésitant, elle passa un doigt à l'intérieur du trou. Il était rempli de sable.
Elle ne savait pas pourquoi elle s'était mise à penser à ça et l'idée que quelqu'un puisse avoir été frappé sur la tête à l'aide d'un tel outil lui semblait abominable. En outre, le trou était plus large que celui qu'aurait laissé un marteau. Il était de la taille d'une boîte d'allumettes. Elle décida de ne plus toucher au squelette. Elle prit son téléphone portable et composa le numéro à trois chiffres.
Elle se demandait ce qu'elle allait dire. Tout cela lui semblait d'une certaine façon tellement irréel. Un squelette, à cette distance de la rive du lac, enseveli dans le fond sablonneux. En outre, elle ne se sentait pas très en forme. Elle pensait princi­palement à des marteaux et à des boîtes d'allumettes. Elle éprouvait des difficultés à se concentrer. Ses pensées partaient dans toutes les directions et elle avait toutes les peines du monde à les rassembler.


D’autres lecteurs conquis :
Aifelle, aproposdelivres, Sentinelle, Sylvie (passion des livres), le Bookomaton, Goelen, Clarabel, Thaïs et Yv.

Par kathel - Publié dans : Islande
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires - Communauté : Les lectures de Florinette
Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /2008 11:57
Quatrième de couverture :
Mauvaise publicité pour l’hôtel de luxe envahi par les touristes !
Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d’enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveisson ne l’entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d’enfance douloureux, il s’installe dans l’hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins…

Biographie de l'auteur : Né en Islande en 1961, journaliste et critique de cinéma, Arnaldur Indridason est l’auteur de plusieurs romans noirs, véritables best-sellers internationaux. La Cité des Jarres, et La Dame en vert, Grand Prix des lectrices de Elle 2007, sont disponibles en Points.
« Indridason réveille des effrois enfouis dans la glace, gelés dans le temps. » Télérama
Titre original : Röddin Traduction : Éric Boury Collection : Points policiers (2008) 416 pages

Après lecture : Je reste partagée à la lecture de ce troisième ouvrage retraçant les enquêtes du commissaire Erlendur Sveinsson. J’ai retrouvé avec plaisir les trois policiers des deux premiers romans, l’ambiance islandaise particulière et les intrigues bien ficelées… Erlendur enquête cette fois sur l'assassinat d'un employé discret et presque anonyme dans un grand hôtel. Il va devoir remonter loin en arrière pour comprendre ce qui l'a amené à mourir ainsi... Ne supportant guère l'atmosphère des fêtes de fin d'année, le policier s'installe à l'hôtel pour mener son enquête. Le dosage est parfaitement juste entre l’intrigue principale, les retours dans le passé, qui est toujours très important chez Indridason, la vie privée des policiers et le contexte de l’enquête. Celle-ci est très intéressante de bout en bout.
Cependant, je suis moins enthousiaste que pour « La cité des jarres » et «La femme en vert »… Le roman se passe presque entièrement à l’intérieur de l’hôtel, et c’est un peu frustrant, quelques bribes de dialogues ne sonnent pas très justes… Ce sont des détails dans un ensemble tout à fait convenable, et il est vrai que j’ai eu du mal à le refermer avant d’arriver à la dernière page, mais je me devais de mettre ce petit bémol !
Si je devais n’en choisir qu’un, ce serait «La femme en vert» !

Le début :
    Elinborg les attendait à l'hôtel.
    Un imposant arbre de Noël trônait dans le hall et partout, il y avait des décorations, des sapins et des boules scintillantes. D'invisibles haut-parleurs entonnaient le Douce nuit, sainte nuit. De grands autobus étaient garés devant l'hôtel et leurs passagers s'attroupaient à la réception. C'étaient des touristes étrangers venus passer les fêtes de Noël et du nouvel an en Islande parce que, dans leur esprit, l'Islande était ce fascinant pays où l'aventure est au coin de la rue. Ils venaient à peine d'atterrir qu'un grand nombre d'entre eux semblait déjà avoir fait l'acquisition de pull-overs islandais. Tout excités, ils procédaient aux formalités d'enregistrement dans cette étrange contrée de l'hiver. Erlendur balaya les flocons de son imperméable. Sigurdur Oli parcourut le hall du regard et repéra Elinborg à côté de l'ascenseur. Il donna un coup de coude à Erlendur et ils se dirigèrent vers elle. Elle avait déjà examiné la scène du crime. Les policiers arrivés en premier sur les lieux avaient bien pris garde à ce que rien ne soit déplacé.
    Le directeur de l'hôtel les pria d'agir avec autant de discrétion que possible. C'étaient les termes qu'il avait employés au téléphone. Il s'agissait d'un hôtel et le succès des hôtels dépend de leur réputation. Il leur demanda donc de prendre ce fait en compte. C'est pourquoi il n'y avait ni sirènes au-dehors, ni policiers en uniforme qui s'engouffraient au pas de course dans le hall. Le directeur avait précisé qu'il ne fallait sous aucun prétexte éveiller l'inquiétude dans l'esprit des clients de l'hôtel.
    Il ne fallait pas que l'Islande devienne trop fascinante ni qu'elle offre trop d'aventure.
    Il se tenait maintenant aux côtés d'Elinborg et saluait Erlendur et Sigurdur Oli d'une poignée de mains. Il avait un tel embonpoint que son costume parvenait à peine à l'envelopper. La veste était fermée par un seul bouton au-dessus de l'estomac et le bouton en question était sur le point de céder. La ceinture du pantalon disparaissait sous son énorme bedaine, engoncée sous la veste, et l'homme suait tellement qu'il lui était impossible de se séparer de son grand mouchoir qu'il se passait régulièrement sur le front et derrière la nuque. Le col blanc de sa chemise était trempé de sueur. Erlendur saisit sa main toute moite.


Lisez aussi leurs avis, parfois divergents : 
Clarabel, Anna Blume, Camille, BMR et MAM, Chimère,Cathulu, Goelen, Cuné et Tamara

Dans ma liste à lire : du même auteur "L'homme du lac" et de Arni Thorarinsson "Le temps de la sorcière"

Par kathel - Publié dans : Islande
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