Présentation

chercher...

chercher encore...


Par auteurs :
l'index

Par actualités :
la page "rentrées littéraires"

J'y participe :






et toujours :


C'est classé ici

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Suisse

Samedi 24 octobre 2009
L’histoire : Sur une table d’opération, un homme compte de 10 à 1 et se souvient des derniers mois, où deux évènements ont bousculé sa vie. Guido est expert en art florentin, et une femme est venue lui demander d’expertiser un tableau qu’elle a reçu en héritage. Cette rencontre avec une femme plus jeune, issue d’un milieu plus bourgeois, est à l’origine d’une histoire d’amour qui s’entremêle avec les recherches concernant le tableau, porteur de mystère.
L'auteur : Auteur de plusieurs récits et essais, dont trois ouvrages parus chez Actes Sud : Dernière lettre à Théo (2005), La Pension Marguerite (2006), Victoria-Hall (2006) et Loin des bras en 2009, Metin Arditi, né en 1945 à Ankara, vit à Genève.
206 pages

Editeur :
Actes Sud (août 2006)
Collection :
Un endroit où aller

Ma lecture : Livre très court, L’imprévisible m’a permis de faire connaissance avec l’écriture de Metin Arditi, dont le dernier roman sorti, Loin des bras, est diablement tentant !  J’ai trouvé ce livre très joliment écrit, et après un court moment où je ne voyais pas très bien où il voulait nous emmener, je me suis laisser prendre au charme mélancolique de ce roman. Le personnage de Guido ne m’était pourtant pas très sympathique au départ, mais il s’humanise au fur et à mesure, notamment dans ses relations avec son fils, et l’on comprend qu’il s’était protégé contre toute émotion à la suite d’un drame survenu dans sa prime jeunesse. Les recherches autour du tableau s’avèrent passionnantes et donnent envie d’aller visiter la Galerie des Offices ou de se plonger dans les correspondances des peintres florentins !
Je ressors donc de cette lecture légèrement intriguée et prête à lire encore cet auteur suisse plein de finesse et de profondeur à la fois.

Extraits : Quelqu’un me prend la main. C'est une main d'homme, chaude et sèche. J'aurais mieux aimé une main de femme. J'aurais beaucoup aimé qu'une femme m'embrasse. N'importe quelle femme. Un baiser mouillé. J'aurais encore plus aimé que mon père me caresse les cheveux. Qu'il pose sa main sur ma tête, comme il le faisait. Longuement. On aurait dit qu'il voulait effleurer mes pensées. Il la descendait ensuite sur ma joue et ma bouche venait se coller à sa paume. Ma mère lui disait toujours : Mais, comment tu le caresses, ton fils ? Je le caresse comme un père caresse un fils formidable, répondait mon père. Il prenait un air offusqué, sourcils froncés, me regardait, et disait : "Vero, Guido ?" Puis d'un coup il me souriait, de son sourire immense qui l'éclairait tout entier. En ces moments-là, mon père n'était rien d'autre que cette lumière, destinée à moi et à moi seul.
 - Vous aurez une valve aortique toute neuve.
La table d'opération est si étroite que je me tiens raide comme au garde-à-vous. Une main soulève ma blouse. Comme elle est nouée au cou, on la retrousse depuis le bas. Je ferme les yeux, honteux d'être ainsi dévoilé. Pas un mot de prononcé. Après de longues secondes, le tissu est rabattu
J'entends deux infirmières qui vont et viennent. Elles parlent comme si je n'étais pas là.

- Comment il s'appelle ?
- Gianotti. Guido Gianotti. Je crois qu'il est professeur.
- Prof ? Tu es sûre ?
- Pas de médecine. Prof d'histoire, ou d'art, quelque chose comme ça.
- Franchement, je préfère. Elle rit
.


J’avais passé ma vie à cacher mes émotions. J’avais fait de leur dissimulation ma règle cardinale. Ne pas plonger dans le regard de l’autre. Ne pas s’y perdre. Ne pas risquer la douleur. Ne pas vivre librement.

Agnolo Bronzino Portrait dUgolino Martelli

 

Par kathel
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires
Vendredi 16 mai 2008
Présentation de l'éditeur :
Lorsque Sonia, une jeune femme tout juste sortie d'un mariage étouffant et tumultueux, quitte la ville pour aller travailler dans un hôtel de luxe à la montagne, elle ne se doute pas un instant de ce qui l'attend. Dans la lourdeur paysanne de l'Engadine, ce vieil hôtel chargé d'histoire mais doté d'un " espace-forme " ultramoderne accueille des patients en cure. Dans ce roman noir et mystérieux, Martin Suter renoue avec l'atmosphère angoissante et le suspense haletant de La Face cachée de la lune et réussit un admirable tableau d'une région montagnarde de la Suisse romande, un univers confiné et menaçant, où l'âme des habitants se reflète dans un ciel en mutation constante. Suter met ici sa plume au service d'un véritable travail de peintre, entre le vert sombre des épicéas, le noir des orages, le blanc de la neige et l'argent de cet " espace-forme " high tech où tout semble pouvoir arriver. Ce nouveau thriller psychologique n'en a que plus de relief et d'efficacité et s'achève sur une scène stupéfiante qu'un Hitchcock n'aurait pas reniée.
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni Titre original : Der Teufel von Mailand 311 pages
Editeur :
Christian Bourgois (existe en poche)

Biographie de l'auteur
Martin Suter est né à Zurich en 1948. Après avoir été publicitaire à Bâle, il a réalisé des reportages pour Géo. Il a été scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt et écrit des comédies pour la télévision. Depuis 1991, il se consacre à l'écriture de romans. Martin Suter vit entre la Suisse, l'Espagne et le Guatemala.
Parmi sa bibliographie :
Small world (1998)
La face cachée de la lune (2000)
Un ami parfait (2002)
Lila, Lila (2004)
Le dernier des Weynfeldt (2008)


Mon avis : Sonia est une physiothérapeute qui vient s’installer dans un hôtel de montagne rénové qui accueille ses premiers clients. Imaginez une bâtisse un peu gothique, des piscines et des bains, un paysage embrumé et Sonia qui y arrive alors qu’elle est mal remise d’un divorce difficile. Ce roman est très efficace dans le genre thriller psychologique : l’auteur prend bien le temps d’installer le personnage principal, ses émotions, ses sensations bizarres, les lieux, tout en distillant des petits moments angoissants… Il fait apparaître tour à tour à Val Grisch et aux alentours des habitants vaquant à leurs occupations, mais on ne sait pas s’ils représentent une menace ou non… Sonia est certes fragile et perturbée par une récente séparation dont on apprend petit à petit les tenants et les aboutissants, mais il se passe tout de même des choses qui ne semblent pas être nées de son imagination.
Très prenant, bien écrit, il se lit d’une traite. La fin est peut-être un peu moins réussie, mais on le lui pardonne volontiers !

Elles l'ont aimé : 
Tamara, Laure, Elfique et Stéphanie

Extrait : Pavarotti se trouvait dans une cage de transport enveloppée dans une serviette éponge et coincée dans un petit sac de voyage Louis Vuitton. Un cadeau que Frédéric lui avait fait autrefois et qu'elle n'avait jamais utilisé. Sonia trouvait les sacs Louis Vuitton vulgaires et tout juste acceptables pour des transports d'animaux.
Elle était seule dans un compartiment pour quatre, avait posé son bagage à côté d'elle et laissé sur les sièges qui lui faisaient face son sac à main et sa lecture pour le voyage. Elle espérait dissuader ainsi d'autres voyageurs de venir s'installer dans son compartiment. Il lui fallait encore tenir quatre bonnes minutes avant que le train ne quitte la gare de Coire.
Elle observa le quai à travers le dessin que laissait l'eau sur les vitres. Un adolescent rondouillard jeta une pièce dans un distributeur automatique plein de saletés et composa une série de chiffres. Il ne se passa rien. Il appuya encore. Toujours rien. Cette fois il pressa la touche d'annulation. Rien.
Il regarda autour de lui et croisa le regard de Sonia. Elle haussa les épaules.
Le garçon frappa sur l'armature de l'appareil. D'abord doucement, puis avec une rage croissante.
Sûrement un sabotage de l'Office fédéral de la santé publique, songea Sonia, qui ne put s'empêcher de sourire. Depuis le matin et l'instant où elle avait remis à Malou la clef de son appartement, elle était de bonne humeur. On aurait dit qu'elle s'était débarrassée d'une charge considérable.
Elle commençait une nouvelle vie avec des bagages légers. Malou mise à part, personne ne savait où elle était partie. Et personne d'autre ne connaissait non plus son nouveau numéro de portable.
Malou avait pris l'appartement avec tous ses meubles ; elle ne voulait pas s'installer, elle en avait juste besoin pour «apporter un peu d'espace dans sa relation intime avec Alfred», lui avait-elle dit. Elle comptait le rendre à Sonia à la fin de la saison d'été.
Mais Sonia savait qu'elle ne reviendrait jamais plus dans cette rue sinistre.


Par kathel
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Dimanche 10 février 2008
trainlis.jpg Quatrième de couverture :
    Une femme penchée sur le parapet d'un pont. un matin à Berne, sous une pluie battante. Le livre, découvert par hasard, d'un poète portugais. Amadeu de Prado. Ces deux rencontres bouleversent la vie du sage et très érudit professeur Raimond Gregorius. Au milieu d'un cours de latin, soudain il se lève et s'en va. Il prend le premier train de nuit pour Lisbonne, tournant le dos à son existence anti-poétique et sans savoir ce que vont lui révéler la beauté étrangère de Lisbonne et le livre d'Amadeu. Fasciné par les profondeurs que ce texte lui ouvre sur l'amour, l'amitié, le courage et la mort, iIl veut savoir qui était Amadeu de Prado : un médecin de génie, poète, militant engagé dans la Résistance contre la dictature de Salazar - un orfèvre des mots, un maître à penser, un explorateur de la vie à la manière des anciens navigateurs portugais. L'enquête menée par Gregorius l'entraîne dans une ronde de personnages fortement dessinés qui ont connu Amadeu.
Leurs témoignages convergent vers cet homme et cernent en même temps la personnalité de Gregorius : "coupable" d'avoir trop peu osé. Un grand roman européen qui sonde les multiples territoires de l'âme et de la conscience de soi.

Biographie de l'auteur
Pascal Mercier, né en 1944 à Berne, en Suisse, vit aujourd'hui à Berlin où il enseigne la philosophie.

Editeur : Maren Sell (31 août 2006)  Traduit de l’allemand (Suisse) par Nicole Casanova
490 pages  
Sortie en poche 10/18 courant février 2008 Titre original : Nachtzug nach Lissabon


La première phrase :
    Ce jour commença à la manière d’innombrables autres jours, pourtant, après lui, rien ne devait plus être comme avant dans la vie de Raimund Gregorius.

Mon avis : ALFAMA_7.jpg

    Ce "train de nuit pour Lisbonne" est une de mes lectures les plus remarquables de 2006 ! Ce roman est fort bien construit, avec un "livre dans le livre", une réflexion philosophique des plus intéressantes, une atmosphère prenante... Dés le début, on est ailleurs, sur un pont dans les brumes de Berne, puis à Lisbonne, où le professeur Gregorius nous entraîne dans les petites rues ou les demeures secrètes.
Changer de vie, laisser tout, partir à l'aventure, sans que ce soit forcément dans des contrées sauvages et lointaines, tout le monde y a pensé un jour ou l'autre, et cet helvète érudit, qui mène une vie tranquille, un peu étroite même, le fait ! Tout à coup, l'aventure qui peut paraître banale, qui commence par une femme croisée, un livre acheté, se révèle tout à fait passionnante !
Le roman raconte de manière linéaire le cheminement du professeur, de Berne à Lisbonne, entrecoupé d'extraits de textes, de lettres, ce n'est pas un parcours solitaire, des rencontres se produisent, des amitiés se créent, et le lecteur savoure.
Je le recommande à celles et ceux qui connaissent déjà Lisbonne et aux autres aussi...
Elles aussi l'ont lu et aimé : Alexandra, Katell et Sophie

Dans ma liste à lire : Des romans de José Saramago, L'aveuglement ou Les intemittences de la mort

Par kathel
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés