Présentation de
l’éditeur : Au bord de la mer Caspienne, un jeune garçon découvre les prodiges minuscules de l’univers, comme la visite d’une coccinelle ou les joies et jeux de
l’enfance avec son amie Tahereh. Lui est Arménien. Elle, fille du concierge musulman de l’école.
Ainsi se côtoient dans la petite communauté arménienne, entre l’église, l’école et le cimetière, chrétiens et musulmans, femmes et hommes, crispations anciennes et libres aspirations.
Pâques, c’est la fête des œufs peints, des pensées blanches, des pâtisseries à la fleur d’oranger. C’est aussi l’occasion d’allers et retours entre passé et présent, entre Téhéran et le village de l’enfance – tout un quotidien dessiné ici avec virtuosité, un art précieux du détail et beaucoup de finesse.
L’auteur : Arménienne d’Iran, Zoyâ Pirzâd appartient à une communauté ancestrale qui partage avec les musulmans majoritaires, ainsi qu’avec les autres chrétiens d’Orient, toutes les subtilités et les contrastes d’une civilisation millénaire.
136 pages
Editeur : Zulma (août 2008)
Traduit du persan (Iran) par Christophe Balaÿ
Ma
lecture : Trois parties, trois épisodes de la vie d’Edmond, mais toujours au moment des fêtes de Pâques. Tout d’abord, jeune garçon au tempérament rêveur, il raconte
son quotidien, les inquiétudes et angoisses de sa vie dans la communauté arménienne d’une petite ville au bord de la mer Caspienne. Tout en étant préoccupé par son amitié avec Tahereh, fille de
musulmans, il observe les comportements et les problèmes des adultes et de sa mère en particulier.
Dans la deuxième partie, Edmond est un homme d’âge mûr, vivant à Téhéran, père d’Alenouche, grande fille qui cherche à s’émanciper et compte épouser son ami, musulman lui aussi, malgré les
objections de sa famille.
Enfin, Edmond, veuf et vieillissant, fréquente amicalement Danik, la surveillante générale de son école, qui ne s’est jamais mariée, et se retourne sur sa vie, ses relations avec sa fille Alenouche en particulier.
L’ensemble n’est pas aussi linéaire qu’il le semble, la construction délicate fait des allers et retours entre passé et présent, effleurant des sujets grave qui savent toucher le lecteur. Chaque veille de Pâques est un jour particulier dont Edmond se souvient avec émotion. Je trouve ce roman moins léger que On s’y fera et vous le recommande pour découvrir cette auteur iranienne.
Extrait : La maison de mon enfance était mitoyenne avec l'église et l'école.
La cour, comme dans toutes les maisons des petites villes côtières, était remplie d'orangers sauvages. Un massif bordait la véranda du rez-de-chaussée. Mon père y plantait ses fleurs au printemps
et pendant l'été. Dès l'automne, il était inondé jusqu'à l'hiver.
Le rez-de-chaussée était fait de larges pièces aux plafonds hauts soutenus par des piliers de bois. La lumière y pénétrait seulement par la cour, si bien qu'en fin d'après-midi il était plongé
dans l'obscurité. Personne n'y habitait. Effat Khanom y gardait son savon et ses bassines pour la lessive hebdomadaire. Les jours de pluie, elle venait y étendre le linge sur des cordes tendues
entre les piliers. Ma mère y remisait aussi tout ce qu'elle n'utilisait plus mais dont elle n'avait pas le courage de se défaire : mon berceau, mon baby-trotte, sa propre bicyclette d'enfant, une
armoire à glace qui lui venait, disait-elle, du trousseau de sa mère. Dans une des pièces était rangé le matériel de chasse de mon père qui reprochait régulièrement à ma mère de laisser ce
rez-de-chaussée inhabité. Celle-ci se contentait de hausser les épaules en répondant qu'elle n'aurait pas la patience de supporter un locataire.
Cet extrait me rappelle le film iranien d’Abbas Kiarostami Où est la maison de mon ami ? J’adore ses films, très humains et faits de petites choses quotidiennes.
D'autres avis chez Naina, Cuné, Laure, Mimienco, Katell, Clarabel et Nina qui dans l’ensemble ont aimé ce livre, avec parfois le reproche qu’il est… trop court !
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