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Italie

Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /2009 06:00
Rentrée littéraire 2009
Je vous raconte d’abord : Gnazio Manisco, dont les premières pages retracent l’enfance, est né en Sicile, a travaillé dès son plus jeune âge comme ouvrier agricole. C’est un être simple, mais pas tout à fait aussi naïf qu’il semble tout d’abord, et la chance lui sourit puisqu’il réussit, tout miséreux qu’il est, à partir pour les Etats-Unis. Les années passent là-bas, Gnazio se débrouille, trouve du travail, apprend l’anglais, fréquente la communauté italienne, mais quand la mafia lui demande un service qu’il leur refuse, il sait qu’il vaut mieux ne pas rester sur place. Pourquoi pas dès lors rentrer à Vigàta, son lieu de naissance ? L’histoire débute vraiment alors, Gnazio achète un terrain au bord de la mer, lui qui a toujours détesté tout ce qui est marin.
On raconte de drôles d’histoires concernant ce terrain, mais Gnazio passe outre. A ce moment il atteint l’âge de quarante-sept ans, tout de même, et lui vient l’idée de trouver une épouse. La mère Pina, guérisseuse et entremetteuse à ses heures, se charge de lui trouver la perle rare, et après quelques tentatives, lui présente Maruzza, très belle femme qui n’a qu’un défaut, celui de se prendre, quelques jours par an, pour une sirène.

162 pages

Editeur : Fayard (26/08/2009)
Collection : Littérature étrangère
Traduction :
Dominique Vittoz

Aller plus loin dans l’histoire serait dommage, mais sachez que je me suis vraiment divertie et délectée de ce roman. La langue en est très riche et originale, il faut saluer le travail de la traductrice qui a su rendre ce patois sicilien de façon très chantante, mais sans que l’on ait l’impression d’entendre une conversation sur le vieux port de Marseille, et pour cause puisqu’elle utilise un parler lyonnais beaucoup moins connu mais très savoureux ! Le lecteur se plaît à imaginer ce petit coin de Sicile, les falaises, la maison qui tourne le dos à la mer, l’olivier centenaire, l’étable, puis l’arrivée de Maruzza qui bouleverse ce paysage autant que le pauvre Gnazio. C’est la première fois que je lisais un roman d’Andrea Camilleri qui ne soit pas un policier. Son commissaire Montalbano m’a accompagné durant de nombreuses lectures passionnantes, mais je viens de découvrir une autre facette de l’auteur, avec ce court roman nourri de contes et de mythologie, à déguster tranquillement, en se régalant à la fois des péripéties et des trouvailles verbales : un vrai délice !

Extraits : Monter sur un bateau ? Aller se bambaner sur la mer ? Au milieu des tempêtes ? Se faire sarabouler par des vagues hautes comme une maison de trois étages ? Quand la mer est cafie de poulpes gros comme des chars à bancs et que c’est bien rare si une de ces bestioles ne réussit pas à vous agraper, vous attirer par le fond et vous noyer proprement ?
Un soir, l’ancienne arriva, s’assit sur la pierre au pied de l’olivier et réclama, non pas le verre d’eau habituel, mais un gorgeon de vin. « Cette fois, je crois que j’ai tiré le gros lot », dit-elle. Gnazio apporta une fiasque pleine et deux verres. Ils burent en silence. La mère Pina glissa une main dans sa poitrine et en tira un rectangle de carton, mais sans le montrer à Gnazio. « Quel âge a-t-elle ? »

J’aimerais aussi beaucoup lire L’opéra de Vigàta dont on dit que c’est son meilleur roman, ou Un été ardent pour retrouver le commissaire Montalbano.

Merci à Guillaume de Babelio, pour cette opération spéciale "rentrée" et pour y avoir associé mon blog. Vous pouvez retrouver tous les billets sur le site Chroniques de la rentrée littéraire.


De plus, je valide avec ce billet ma première participation au Challenge 1% littéraire 2009 de Levraoueg !

Par kathel - Publié dans : Italie
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Lundi 10 août 2009 1 10 /08 /2009 10:04
Quatrième de couverture : Le Libanais, le Froid, le Dandy, le Buffle, Patrizia : une belle brochette de malfrats a fait main basse sur Rome à la fin des années 1970. Pendant vingt ans, la "bande de la Magliana" mettra la capitale en coupe réglée. Loge P2, terrorisme noir, assassinats, corruption de politiciens, services secrets - rien ne lui échappe. Un roman épique passionnant sur l'une des plus puissantes organisations criminelles jamais démantelées en Italie.
L'auteur : Giancarlo De Cataldo est juge auprès de la cour d'assises de Rome, où il vit depuis 1973. Il est également journaliste, essayiste, romancier, scénariste et auteur de pièces de théâtre. Romanzo criminale a été porté à l'écran par Michele Placido.

731 pages
Editeur :
Points
Collection : Points Policier
Traduction : Catherine Siné et Serge Quadruppani

Mon avis : J’ai eu l’occasion de « tomber » au début de l’été sur la série italienne Romanzo criminale tirée de ce roman qui a déjà donné un film, que je n’ai pas encore vu, lui. J’ai été épatée par l’ampleur de la fresque au point de me plonger dans le roman. Il faut vraiment y plonger, il a 730 pages, tout de même, et une foule de personnages d’où émergent des figures comme le Libanais, le Noir, le Dandy, le Froid, bande organisée qui a tenu tout ce que Rome comptait d’activités illégales dans les années 70 et 80.
C’est un roman ambitieux, écrit par un juge qui a touché de près à ces affaires de grand banditisme. Avec une écriture nerveuse et concise, en chapitres courts, il parcourt les coulisses ce réseau criminel et enchaîne avec virtuosité les scènes plus noires les unes que les autres : le moins que l’ont puisse dire est que ces hommes n’étaient pas des tendres !
Quelques figures de femmes émergent, notamment Patrizia, prostituée, mais si elle n’est la « pute au grand cœur » comme elle le serait dans un texte moins réaliste, elle est pourtant à l’origine d’une belle histoire d’amour qui court en filigrane du livre. La police est représentée par le commissaire Scialoja, qui s’est juré de venir à bout de cette organisation, malgré les nombreux obstacles, dont la corruption de certains de ses collègues.
Un tableau des personnages au début du livre est bien utile pour s’y retrouver, mais une fois lancé, il est difficile de s’arrêter, tant le rythme est rapide et l’action prenante. Pour ceux qui ont vu la série, sachez que si on y retrouve les personnages et leurs caractères bien semblables au livre, les actions y ont été transformées de façon telle qu’il est impossible de pouvoir anticiper sur la suite des évènements en ayant lu le roman.
Un livre à recommander pour qui aime le réalisme noir et qui veut savoir où peuvent mener les jeux du pouvoir et de l’argent.

Extrait : Le Dandy était né là où Rome est encore aux Romains: dans les maisons de Tor di Nona.
A douze ans, on l'avait déporté à l'Infernetto, au Petit Enfer. Sur l'ordonnance du maire, était écrit "Rénovation des immeubles dégradés du centre historique. L'histoire durait depuis une éternité, mais le Dandy n'arrêtait pas de répéter que, un jour ou l'autre, il reviendrait dans le centre. En patron. Et tout le monde devrait s'incliner sur son passage.
Pour l'instant, il vivait avec sa femme dans un deux pièces avec vue sur le gazomètre.
Le Libanais s'y rendit à pied depuis le quartier du Testaccio. Ce n'était qu'à deux pas, mais la sueur d'août collait la chemise noire contre son torse velu. Plus il marchait et plus sa fureur montait contre le gamin.
Le Dandy lui ouvrit, la mine ahurie. Il portait une robe de chambre rouge à pompons. Une fois, par pur hasard, il avait lu quelques pages d'un livre sur Lord Brummell. Depuis lors, il tenait beaucoup à l'élégance. C'est pour cela qu'on l'appelait le Dandy.
- J'ai besoin de la moto.
- Doucement. Gina dort. Qu'est-ce qui se passe ?
- Y m'ont pris la Mini.
- Ah bon ?
- Dedans, il y avait la sacoche.
- On s'arrache.
Le sirocco était même plaisant, sur la Kawasaki. Ils s'avalèrent la route jusqu'aux pompes de drainage de la Magliana, se garèrent devant un rideau de fer rouillé et s'avancèrent dans la prairie. La baraque était entre une casse automobile et un entrepôt de ferraille. Porte barricadée, pas de lumières. […]
Le Libanais était petit, brun, carré. Il était né place San Cosimato, au cœur du Trastevere, mais sa famille venait de Calabre. Ils se connaissaient depuis toujours. Ils avaient formé ensemble une bande de gosses, et maintenant ils étaient juste une petite équipe.
- Je pense au baron, Dandy.
- On en a parlé cent fois, Libanais. C'est pas le moment. On est trop peu. Et puis, y'a l'histoire du Terrible. Et lui, il nous la donnera jamais, la permission.
- C'est ça le problème, Da'. J'en ai plein le cul de demander la permission. On s'en passera.
- Peut-être. Mais on est toujours trop peu.
- Pour le moment, pour le moment, coupa, pensif, le Libanais.
Une grosse lune jaune avait pris possession de l'horizon. Le Libanais n'avait pas tort. Il fallait se mettre à penser en grand. Mais une équipe de quatre jeunes n'avait pas grand avenir. Une organisation. Combien de fois en avaient-ils discuté ? Mais comment bouger ? Et avec qui ? Un chien se mit à aboyer.
- T'as entendu ?
Des pas sur le pavé. Qui que ce fût, il ne se souciait pas de se cacher. Ils glissèrent doucement jusqu'à une pile de pneus de camion. Le garçon, sec et tordu, avançait d'un pas ondulant. Quand il fut à leur portée, sur un signe d'entente, ils s'élancèrent.

A voir : Sur le site du film, la bande-annonce donne vraiment le ton du roman… Les acteurs y sont peut-être juste un peu trop beaux !  (ça, c’est la petite phrase pour que les curieuses aillent y jeter un coup d’œil !)

Par kathel - Publié dans : Italie
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 09:53
Quatrième de couverture : Par un dimanche après-midi, Lord Amigon, grand propriétaire foncier à la tête du journal " The Horizon ", âgé d’environ soixante ans, rentrait à Londres après un week-end dans son château de Ghaven, quand sa voiture, dans la périphérie ouest de la ville, tomba en panne…
Dans sa maison à l'écart de la ville, le substitut du procureur de la République, Giovanni Auer travaillait un soir au réquisitoire du procès Oleari, de demandant s'il allait ou non requérir la peine de mort, lorsqu'il entendit des bruits dans le salon attenant, vide à cette heure-ci…
Alors qu'il filait à toute allure dans sa voiture pour la rejoindre, sur la route tortueuse qui longe le littoral, Antonio Izorni entendit derrière lui un long grincement sinistre.
Il tourna la tête sans ralentir...
 Dès la première phrase de ce recueil de nouvelles, Dino Buzzati ménage l'art du suspense et invite le lecteur à le suivre, à découvrir des situations, des personnages forcément moins ordinaires qu'ils n'y paraissent a priori. Autant d'invitations à la lecture. Avec cet ouvrage, rassemblant des nouvelles encore inédites dans notre langue, tirées de différents volumes publiés en Italie du vivant de l'auteur, le lecteur français a désormais accès à toute l'oeuvre narrative de Buzzati.

L’auteur : Dino Buzzati naît le 16 octobre 1906 et meurt le 28 janvier 1972. Journaliste pendant plus de quarante ans au Corriere della Sera, où il est passé avec aisance du rôle de chroniqueur à celui de critique d’art ou de correspondant de guerre, il a laissé une œuvre littéraire qui compte parmi les plus importantes du XXe siècle. Devenu célèbre avec Le Désert des Tartares (1940), il a écrit quatre autres romans et de très nombreuses nouvelles, mais également des poésies, des contes pour enfants, des livrets d’opéra, ainsi qu’un grand nombre de pièces de théâtre. Dessinateur et peintre, enfin, il a illustré certaines de ses œuvres, créé des décors de théâtre et peint de multiples tableaux.

Traducteur : Delphine Gachet
Titre original : I raconti dimenticati
393 pages
Editeur :
Robert Laffont (mai 2009)
Collection : Pavillons
La peinture de la couverture est de Dino Buzzati.

Mon avis :
J’ai lu en parallèle avec mes dernières lectures ce recueil de celles des nouvelles de Dino Buzzati qui n’avaient pas été publiées en France jusqu’alors.
J’ai admiré dès les premières pages l’art de l’auteur de glisser d’une situation normale et quotidienne vers une autre beaucoup moins ordinaire, parfois légèrement fantastique, en peu de mots et avec une très belle écriture. Ces nouvelles se passent souvent dans des lieux qui bien que décrits finement, ne permettent pas de savoir dans quel pays se trouvent ces rivières, plaines, villes, régions désertiques. Ces dernières rappellent immanquablement Le désert des Tartares et la période que l’auteur vécut en Afrique. Une certaine intemporalité règne aussi qui rend cette lecture très particulière, entre parenthèses en quelque sorte. Les thèmes de la vie militaire, de la mort, de l’au-delà, de la peur, des conséquences de l’absence, momentanée ou non, de conscience morale reviennent souvent parmi ces nouvelles qui traitent par contre rarement, ou d'une marnière détournée, de la vie sentimentale et de l’amour. Le fantastique s’invite parfois sur la pointe des pieds, parfois de façon plus évidente et plus humoristique.
Des nouvelles à savourer, à lire et à relire pour leur saveur toute particulière.


Un grand merci à BOB et aux éditions Robert Laffont pour cette belle découverte.

Par kathel - Publié dans : Italie
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 18:30
Quatrième de couverture : Rome, automne 2006, la Nuit Blanche bat son plein, la ville est en ébullition. Des torrents de jeunesse se déversent dans les rues et convergent vers le Gazomètre, nouveau symbole des nuits romaines, véritable phare dressé face à la Ville éternelle.
Mais l'aube sera sanglante, une jeune fille est retrouvée atrocement mutilée sur les quais du Tibre.
La fin des vacances prend alors des allures de cauchemar pour l'inspecteur principal Mariella De Luca, qui se retrouve subitement plongée dans l'univers fragile et cruel de l'adolescence. Entre naufrage des couples et menaces de la mafia russe, mères seules et enfants à la dérive, Mariella tente de dénouer les fils d'une liaison dangereuse, à l'âge où le mensonge apparaît comme l'unique défense et la mort, une seconde vie.
280 pages  Editeur : Le Passage sorti le 20 mars 2008

Ma lecture :
C’est le quatrième roman d’une série très colorée après Rouge abattoir, Vert Palatino et Bleu catacombes (Prix du Polar Méditerranéen 2007, Prix SNCF du polar européen 2007). Les sous-titres en sont Un hiver meurtrier , Un printemps meurtrier et ainsi de suite… Je n’avais lu aucun des autres, donc Jaune Caravage m’a fait faire la connaissance de l’inspecteur Mariella De Luca. C’est un personnage récurrent que j’aurai plaisir à retrouver à l’occasion, l’enquête se révèle vite intéressante, les personnages ont de l’épaisseur et Rome est un élément essentiel. Cette enquête se concentre sur les bords du Tibre, le quartier du Castel Sant’ Angelo et les friches industrielles du Gazomètre, lieux de fête de la jeunesse romaine. Les principaux acteurs du drame sont des lycéens et notamment la trop jolie Eva, qui est retrouvée morte au bord du fleuve. L’enquête fait découvrir peu à peu sa personnalité et les causes de sa mort. J’ai promené ce roman partout jusqu’à ce que j’ai réussi à le terminer, c’est un bon critère de réussite, non ?

A noter : Romaine d’origine, Gilda Piersanti vit en France depuis vingt ans et écrit en français. Alain, Finette et Clarabel ont aimé aussi ce roman, et il est possible que j’ai oublié d'autres lecteurs… N'hésitez pas à vous signaler !

Extrait : Les mains assassines s’affolèrent au milieu des buissons sauvages. Elles cherchaient le baladeur d’où s’échappait encore la chanson qu’Eva n’entendrait plus :
« As my memory rests
but never forgets what I lost
wake me up when september ends. »
La lampe de poche zigzagua au milieu des arbustes, le baladeur avait disparu. Le quai était désert mais en cette nuit de fête quelqu’un pouvait encore avoir envie de descendre jusqu’au Tibre pour trouver un coin tranquille, à l’abri des foules qui arpentaient la Nuit Blanche. Paniquées, les mains abandonnèrent la recherche. Eva était évanouie. Les mains arrêtèrent de trembler, sortirent quelque chose de la poche du jean, relevèrent le tee-shirt d’Eva pour s’en faire une protection et portèrent un coup net sur la carotide. Le sang gicla violemment sur le coton blanc.

Par kathel - Publié dans : Italie
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 08:49
Présentation de l'éditeur : Pietro Palladini est immobile, Dans l'œil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l'école de sa fille à Milan. Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n'est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l'étreindre, partager ce temps suspendu, ce " chaos calme " où il se réfugie désormais. Une jolie fille qui promène son chien, les collègues de travail à la veille d'une fusion financière sans précédent, un frère fumeur d'opium, une belle-sœur qui se dénude en pleine crise de nerfs, une milliardaire érotisée, tous perdent à un moment leur calme, leur dignité, leurs masques. Tous renoncent à la comédie sociale. Sur cette situation digne d'un Beckett loufoque. Sandre Veronesi construit un roman polyphonique, livre de la maturité, émouvant, ample, magistralement tissé : le mélange de l'intime dans ce qu'il a de plus vibrant et du réel dans ce qu'il a de plus dérangeant.

L'auteur : Né à Florence en 1959, Sandro Veronesi est l'auteur de Les vagualâmes (Laffont, 1993) et de La Force du passé (2000, Plon), traduit dans plus de quinze langues, qui a obtenu le prix Campiello et le prix Viareggio. Chaos calme obtient le prix Strega en 2006, puis est porté à l'écran en 2008 par Antonello Grimaldi avec Nanni Moretti dans le rôle de Pietro.
Traduction : Dominique Vittoz  504 pages Editeur : Grasset Titre original : Caos calmo
Lu, un peu en retard, à cause de problèmes postaux, dans le cadre du programme
Masse critique de Babelio que je remercie !

Mon avis : Au début, on imagine un énième histoire, un peu barbante, de quadragénaire qui s’interroge sur le sens de sa vie, alors qu’il est en train de sauver une femme de la noyade, ce qui est tout de même un contexte original ! Ensuite, au fil des pages, on se prend d’intérêt pour lui, on s’interroge sur le deuil, la difficulté à revenir à une vie « normale » après le décès d’un proche, sur le thème « En fait-on assez pour ses enfants, pour ceux qu’on aime ? ». Bien que le personnage de Pietro soit souvent agaçant, car assez infantile, le défilé de connaissances, collègues, amis ou inconnus qui viennent s’épancher dans sa voiture ou sur le banc d’un square, donne lieu à des épisodes parfois tendres, parfois plus incongrus ou burlesques, mais il reste que ce roman aurait gagné à être plus concis, quelques monologues ou réflexions du narrateur raccourcies ou supprimées… Une lecture pas désagréable, au final, mais je ne me précipiterai pas forcément sur d’autres romans de l’auteur.
Je serais curieuse par contre de voir le film qui en a été tiré, avec Nanni Moretti dans le rôle principal, et qui sortira à l’automne…

Extraits :
Calme chaos : comme chez tous les parents hier après-midi à la sortie de l’école, comme à chaque moment dans l’âme de tous les enfants du monde. Sauf que maintenant je le pense pour moi, pour cette situation de flottement qui continue à se sauver de la souffrance à laquelle tout le monde, sans exception, m’imagine en proie, alors que ce n’est pas encore le cas. C’est un calme chaos, ce qui m’habite. Un calme chaos.

La honte. Colossale, incommensurable. Mais enfin, qu'est-ce qui m'a pris ? Le cheeseburger : oignons, cornichon, mayonnaise, ketchup et puis les frites - ça faisait un bout de temps que je ne mangeais pas un truc aussi lourd le soir. Ce doit être le cheeseburger. Mais quand même... on ne peut pas dire que je me sente mal, je n'ai pas vomi et même maintenant, je ne me sens pas l'estomac encombré ni rien de ce genre. Ma pommette. Ma pommette me fait mal, ça oui, mais pas à l'estomac. Alors, si ce n'est pas le cheeseburger, c'est quoi ? C'est vraiment la honte.

Les avis divergents de :
Bellesahi, Bookomaton, Cuné et Philippe.

Par kathel - Publié dans : Italie
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Vendredi 4 avril 2008 5 04 /04 /2008 20:09
Le début du roman :
Tout commence à Turin en 1946. Adelmo Baudolino, inspecteur de la Police Ferroviaire, injustement accusé de collaboration, se retrouve obligé de travailler comme manœuvre sur des chantiers de construction. Il rumine la honte d’avoir été ainsi révoqué et vivote chez sa mère, lorsqu’il apprend la mort d’un de ses anciens camarades de travail. D’autres morts suivent, qui le poussent à entamer une sorte d’enquête, en mémoire de son ami. La découverte d’une inscription sur les lieux du crime accélère ses recherches et il a l’intuition que ces meurtres sont liés à un accident de chemin de fer, lourd de très nombreuses victimes, survenu deux ans auparavant près de Naples...

L'auteur :
Alessandro Perissinotto, né à Turin en 1964, sémiologue, universitaire et chroniqueur, est notamment l'auteur de La chanson de Colombano et de A mon juge, publié en Série Noire et lauréat du très prestigieux prix Grinzane Cavour 2005.
Aujourd'hui, il travaille à la rédaction d'un essai sur l'essor du roman policier depuis le XIXe siècle : « Le polar a du succès parce qu'il traque la vérité, explore les faces cachées de notre société. Il emprunte à la tragédie classique sa force de persuasion. Les médias ont depuis longtemps abandonné la partie. Ils ont troqué la recherche de la vérité au profit de la communication. Internet prend le relais, mais ce n'est qu'un terrain vague ! Chaque lecteur d'un roman policier est libre : il forge sa propre vérité, peut avoir de la compassion pour la victime et même, pourquoi pas, pour le tueur. »
Titre original : Treno 8017 Traducteur : Patrick Vighetti  Editeur : Folio (2008)  247 pages


Un petit tour sur les
Quais du Polar m’a permis de découvrir Alessandro Perissinotto qui y était invité… J’avais noté cet auteur depuis longtemps, mais c’est le premier roman de lui que je lis. Mes premières impressions ont été très bonnes et se sont confirmées au fil de ma lecture. Tout d’abord, j’ai apprécié l’ancrage dans une période peu connue de l’histoire italienne : les lendemains de la deuxième guerre mondiale n’étaient certes pas très glorieux, et cette atmosphère est très subtilement rendue, avec le souci du détail, au travers des réflexions et observations d’Adelmo Baudolino. L’enquêteur est atypique, ce qui le rend sympathique, ne ressemble en rien à un personnage récurrent. Son enquête progresse à son rythme, assez lentement, et le mène de Turin à Naples, et nous fait traverser des paysages ou des villes d’une Italie magique et éternelle. Vous aurez compris que j'adore l'Italie, et pourtant, je lis assez peu de romans italiens ! (mais je ne demande qu'à découvrir...)
Quand la recherche de la vérité a accéléré quelque peu le tempo du roman, jusqu’à la scène finale, je n’ai eu qu’un seul regret : que ce roman ne soit pas un peu plus long !


Extrait :
Quelle belle expression ! Lieux-du-crime : à la lire dans le journal, elle résonnait dans votre tête comme un seul mot au ton technique, bureaucratique, dénué de nuances et d'émotions. Mais, être sur place, c'était différent, poser les pieds à l'endroit même où l'on avait tranché le foie à quelqu'un d'autre, c'était différent, être là, devant ce sang qui tachait le plâtre, c'était tout autre chose. Or c'était étrange, car au maquis, là-haut, ils en avaient vu, des morts coupés en deux par les mitrailleuses allemandes ; mais là, vraiment, c'était différent.

Ses autres romans :
La Chanson de Colombano (2004) qui se passe au XVIème siècle,
A mon juge (2008) plus contemporain,
L'Ultima Notte bianca, qui n’est pas encore traduit en français, se passe pendant les Jeux Olympiques d’hiver à Turin en 2006.


A lire : Des billets sur les blogs de
Dasola et Jean-Marc Laherrère, un article de Sitartmag , un autre sur le site Artslivres et une interview dans Télérama.
Bonne lecture !




Turin photo M.L.

Par kathel - Publié dans : Italie
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