Résumé : Hanna, jeune australienne spécialisée dans la restauration et l'expertise de livres anciens, se voit proposer un travail sur la Haggadah de
Sarajevo, magnifique livre qui présente la particularité d’être illustré alors que les manuscrits religieux juifs ne l’étaient partiquement jamais. De minuscules indices trouvés dans le livre, un
fragment d’aile de papillon, une tache de vin, des cristaux de sel, sont autant de prétextes à imaginer l’histoire de ce livre qui a traversé des siècles et des pays pour arriver à Sarajevo et y
survivre à la guerre. Editeur : Penguin 372 pages
Paru en France chez Belfond sous le titre : Le livre d’Hanna
Mon avis : Voici donc la suite de mes lectures historiques de
l'été ! Sous forme de longs chapitres qui alternent le présent avec Hanna et le passé avec différents épisodes où le livre entre en scène à Sarajevo en 1940, à Vienne en 1894, puis à Venise
et à Tarragone entre autres, l’auteur retrace cinq siècles de persécutions religieuses et d’intolérance : Inquisition, nazis et nationalistes serbes sont ainsi la preuve que la guerre, en
particulier pour des prétextes religieux, peut survenir n’importe où, même si parfois c’est inimaginable. Un personnage fait ainsi remarquer qu’à Sarajevo, où les communautés vivaient en bonne
entente, où beaucoup d’habitants ne pratiquaient pas leur religion d’origine, où existaient beaucoup de couples mixtes, la guerre n’était pas pensable et pourtant… L’histoire de ce livre est passionnante pour qui s’est parfois posé la question de savoir entre les mains de
qui tel ou tel livre ancien est passé, et pour qui aime les livres tout simplement. J’ai un peu du mal à parler du style car je l’ai lu en anglais, mais la construction est tout à fait
fascinante, car elle remonte le temps en arrière en donnant la parole à différents protagonistes qui ont possédé et souvent protégé ce livre. J’aurais peut-être préféré que les choses soient un peu
moins explicites parfois, et laissent un peu plus de place à l’imagination du lecteur. La partie contemporaine, avec Hanna, m’a unpeu moins intéressée, mais elle permet une respiration dans la lecture et réserve des surprises au bout de quelques
chapitres. Il est difficile de toute façon dans un tel livre de provoquer un intérêt constant chez le lecteur qui a affaire à de nouveaux personnages presque à chaque chapitre et donc s’attache
plus ou moins à l’un ou à l’autre. J’ai eu pour ma part un petit faible pour le personnage du jeune illustrateur de cette merveille bibliophile qui existe d’ailleurs et est réellement conservée au
Musée de Sarajevo.
D'autres avis :Sentinelle a été transportée et Florinette s’est un
peu ennuyée, mais m’a tout de même donné aussi envie de le lire !
Pour en savoir davantage sur la Haggadah de Sarjevo.
Présentation de l'éditeur : Quittant l'Australie avec ses deux enfants, Olivia se réfugie en France dans la demeure familiale où elle a
grandi. Après des années d'absence, elle y retrouve sa mère et son frère, de retour avec sa femme. Dans cet univers fragile, riche en émotions, chacun tente de tenir bon tandis qu'un tragique
secret les rapproche sans cesse d'une possible rupture... Conte noir et fascinant, Ailleurs est à la fois troublant, subtil et profond. Biographie de l'auteur : Julia Leigh est née à Sydney en 1970 où
elle a fait des études de philosophie et de droit. Elle a dirigé le journal étudiant Honi Soit et le journal littéraire Hermes. Son premier roman, Le Chasseur, a été traduit dans six langues et a
reçu de nombreuses récompenses. En Australie, elle a été nommée vainqueur ex-aequo du Prix du meilleur jeune écrivain attribué par le Sydney Morning Herald et a remporté le Prix Kathleen Mitchell
en 2000. Elle a figuré sur les listes de nombreux prix littéraires au Etats-Unis et en Angleterre. En France, elle a remporté le prix de l'Astrolabe Etonnants Voyageurs en 2001. Le Canada's Globe
& Mail l'a retenu dans son classement des dix auteurs les plus prometteurs de l'année 2000. L'Observer l'a sélectionnée parmi les vingt et un auteurs à retenir pour le XXIe siècle. Elle a
également collaboré au Guardian, à l'Australian au Bulletin et au Sydney Morning Herald. Elle prépare actuellement un PhD dans le département d'anglais de l'Université d'Adélaïde en Australie 104 pages Editeur : Christian Bourgois titre original : Disquiet traduction : Jean Guiloineau
Mon avis : Une femme, nommée le plus souvent La femme, arrive avec
ses deux enfants dans un château où elle ne semble pas attendue. Elle est accueillie par sa mère et son frère qui vient de rentrer avec sa femme après que celle-ci ait subi un accouchement
difficile. La femme et les enfants s’installent mais on sent que leur passé pèse très lourdement sur eux…
Il est difficile de parler de ce court roman, dérangeant par son atmosphère lourde, pleine d’un silence rompu seulement par quelques paroles anodines, bizarres ou provocantes. L’ambiance
évoque un genre que je connais assez peu, le conte gothique et m’a rappelé Le tour d’écrou, le seul roman d’Henry James que j’ai lu et que j’avais beaucoup aimé. Là, je n’arrive même pas à
savoir si j’ai apprécié ce roman ou non. Je suis allée jusqu’au bout, mais il n’était pas très long et j’étais curieuse de comprendre tout ce qui restait mystérieux dans le récit. Il faut dire que
l’auteur écrit d’une manière très elliptique, et j’ai beaucoup admiré sa façon d’avancer dans le récit sans trop en dire. Trop regarder « comment c’est fait » signifie souvent qu’on n’est pas
vraiment entré dans l’histoire et c’est un peu le cas ici : c’est très bien fait mais je n’ai pas éprouvé d’émotion, à part un peu de trouble ou de gêne devant certaines scènes.
Voilà, je pense que pour le lire, il vaut mieux ne pas en savoir trop, donc à votre tour de le découvrir, après Cathe, Papillon,Sylvie et Chiffonnette qui ont apprécié plus que moi. J’ai hésité entre deux et trois étoiles, mais finalement m'arrête à deux ! J'avais
préféré le premier roman de Julia Leigh, Le chasseur, et vous le recommande chaleureusement, si vous
avez l'occasion de le lire.
Extraits :Ils se tenaient devant le grand portail. Autour
d'eux, à perte de vue, une campagne sans relief, laide, la platitude des champs boueux labourés. Ce matin-là, le ciel était doux, d'un bleu pâle et laiteux. La femme portait une jupe de tweed
droite, un chemisier de soie grise et ses cheveux noirs étaient retenus dans un chignon non serré, comme celui que sa mère lui faisait autrefois. Elle avait le bras droit cassé qu'elle maintenant
dans une écharpe de soie discrètement accordée à son chemisier. A ses pieds, une valise. Les enfants - un garçon de neuf ans et une petite fille de six qui tenait sa poupée préférée - portaient
chacun un sac à dos et une petite valise personnelle. La femme s'avança jusqu'au portail - d'impressionnantes grilles à pointes de fer -, à la recherche de la serrure. Elle trouva à la place un
système de surveillance, un palmpad, y posa la main et attendit un long moment, mais l'appareil refusa de lui ouvrir.
Le garçon faisait des ricochets tandis que sa soeur creusait un trou dans le sable en se servant de la main en plastique de sa poupée comme d'une pelle. Des saules pleureurs se mêlaient à leur
reflet. De l'autre côté du lac, une forêt sombre ondulait.
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