Jeudi 27 août 2009
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Présentation de l'éditeur : Dans un petit village du Mexique profond : un meurtre, un cadavre de jeune fille, un assassin trop malin pour se faire pincer, un
autre « assassin » (innocent, lui) que chacun voudrait bien voir à la place du vrai… et un brave garçon timide avec les filles que chacun pousse à jouer les vengeurs de la société outragée. Très
fort de café.
Biographie de l'auteur : Né à Mexico en 1958, cet universitaire non conformiste est passé au roman en 1991 avec un texte du genre fracassant, Escuadrôn Guillotina, qui
épinglait sans mâcher ses mots la violence politique de l'époque où naissait, dans le sillage du terrible Pancho Villa, le Mexique dit moderne. Un doux parfum de mort (1994), premier livre
d'Arriaga à être traduit en français, a fait un tabac en Amérique latine et a inspiré un film. Il est aussi scénariste et s'est vu récompenser au festival de Cannes, pour Amours chiennes a
obtenu le Grand prix de la Semaine internationale de la Critique, puis toujours pour le réalisateur Alejandro Gonzales Inarritù, il a écrit 21 grammes et Babel et enfin Les trois enterrements de Melquiades
Estrada réalisé par Tommy Lee Jones en 2005.
192 pages
Editeur : Phébus (2003) Existe en Points Policier
Traduction : François Gaudry
Titre original : Un dulce odor de muerte
Ce que j’en ai pensé : Je ne sais
pas si vous avez suivi mes démêlés avec la littérature mexicaine cette année… mais cela n’a pas été rose entre nous ! Après l’emballement de la première rencontre, quand j’ai tenu El ultimo lector entre mes bras, j’ai vite déchanté en voyant qu’il ne correspondait pas à ce que j’attendais ! Je l’ai
donc envoyé promener, et d’ailleurs quelques collègues blogueuses l’hébergent encore… Merci à elles. Puis L’instinct d’Inez m’a intrigué alors que d’autres le trouvaient imbuvable et finalement, sous le soleil d’été, c’est avec
Chocolat amer que j’ai fondu...
Oui, mais Un doux parfum de mort dans tout ça ? C’est une très bonne surprise. il correspond un peu à ce que j’attendais de El ultimo lector et que je n’y avais pas trouvé :
un roman noir plus qu’une histoire policière, prétexte à découvrir une petite communauté villageoise, ses figures marquantes, ses commérages, ses boucs émissaires, sa police corrompue ou
inexistante...
Dans le petit village de Loma Grande, un cadavre de jeune fille est trouvé. Ramon, le fils de l’épicière et cabaretier, est le premier sur les lieux, il recouvre le corps nu. D’un mot à l’autre,
une parole proférée inconsidérément suggère qu’il s’agit de la petite amie de Ramon. Il essaie bien ensuite de rectifier cette erreur, mais cela devient impossible sans sembler renier une relation
qu’il n’a pas seulement osé imaginer. Et comme les habitants de Loma Grande ne sont jamais à cours de révélations, l’un d’eux affirme avoir vu l’assassin. Comment cela va-t-il se terminer alors que
la police ne fait pas grand chose et que le village crie vengeance ? C’est rondement mené, l’enchaînement des actions qui entraînent Ramon est bien décrit, les surprises ne manquent pas, avec
un léger décalage, un soupçon de bizarrerie, entre les évènements et les réactions des personnages qui semble être typique du roman latino-américain.
Un très bon roman, et de la part du scénariste d’Amours chiennes, 21 grammes ou Babel, films que j’ai adorés, cela ne m’étonne pas !
Le début : Ramón Castaños
époussetait le comptoir quand il perçut au loin un cri aigu. Il tendit l'oreille et ne discerna que la rumeur de la matinée. Il pensa qu'il s'agissait d'une de ces nombreuses gelinottes qui
peuplaient le bois. Il poursuivit sa besogne. Il s'apprêtait à nettoyer une étagère lorsque le cri jaillit de nouveau, cette fois proche et clair. Suivi d'un autre et d'un troisième. Ramón
délaissa l'étagère et, d'un bond, sauta par-dessus le comptoir. Il sortit pour voir ce qu'il se passait. On était dimanche, de bon matin : personne, alors que les cris se répétaient, de plus en
plus frénétiques. Il remonta la rue et distingua à quelque distance trois enfants qui couraient en braillant :
- Y'a une morte ! Y'a une morte !
Ramón s'avança vers eux, en arrêta un tandis que les deux autres s'égayaient dans le village.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il.
- On l'a tuée ! On l'a tuée ! brama le gamin.
- Qui ? Où ça ?
Sans répondre le garçon repartit dans la direction d'où il était venu. Ramon le suivit. Ils s'élancèrent le long du sentier qui conduisait à la rivière jusqu'à ce qu'ils débouchent dans un champ de
sorgho.
- Là ! s'exclama l'enfant en sursautant, et il pointa l'index vers la lisière du champ.
Le cadavre gisait dans les sillons. A pas lents Ramon s'approcha, le coeur battant. La femme était nue, allongée sur le dos, baignant dans une flaque de sang. Il la regarda et ne put la quitter des
yeux. A seize ans il avait souvent rêvé de contempler une femme nue, mais il n'avait jamais imaginé que ce serait dans ces conditions.
Vu chez Cathe et Jean-Marc.
Par kathel
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Publié dans : Mexique
12
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Dimanche 9 août 2009
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Quatrième de couverture
: Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À
cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet
aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes oeuvres de la littérature
latino-américaine. Chocolat amer, adapté en film sous le titre Les épices de la passion, s'est vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde.
247 pages
Editeur : Gallimard (février 2009)
Collection : Folio
Traduction : Eduardo Jiménez et Jacques Rémy-Zéphir
Titre original : Como agua para chocolate
Mon avis : Je ne vais plus pouvoir dire après ce livre que la
littérature mexicaine n’est pas faite pour moi, car cette fois, après El ultimo lector qui m’avait laissée perplexe,
L’instinct d’Inez qui m’avait intéressée, ce roman a su me séduire ! Il a été écrit dans les années 1990, et est
ressorti en Folio à l’occasion du Salon du Livre 2009 dont l’invité était le Mexique. Quelle bonne idée !
En douze chapitres au titre de recettes, chacun précédé de ses ingrédients, il nous fait partager la vie de Tita, dernière fille d’une famille et destinée, par tradition, à rester célibataire pour
prendre soin de sa mère sur ses vieux jours. Malheureusement, Tita a croisé le regard du beau Pedro et satisfaire sa mère, personne aigrie et acariâtre, est bien difficile ! La jeune fille
trouve alors refuge le plus souvent possible dans la cuisine où elle a grandi et concocte des recettes qui ont parfois d’autres vertus que celle de nourrir la maisonnée… Empreint de réalisme
magique, on traverse avec Tita une naissance pleine de sel, on croise un poussin qui crie dans l’œuf, on voit les effets d’une douche brûlante. Tita, toute jeune au début du roman, apprend tout de
la vie, l’amour, la maladie, la mort, la folie, la guerre, au travers de quelques dizaines d’années de recettes ancestrales qu’elle transforme et transgresse allègrement.
Une belle histoire, ni mièvre, ni déprimante, pour découvrir la littérature mexicaine.
Pour compléter : le film Les épices de la passion a été réalisé en 1993 d’après le scénario de Laura Esquivel. Bill et Marie, Leiloona, Armande et Clarabel l’ont lu également.
Des dossiers sur la littérature gourmande très intéressants chez Papillon et sur le blog Ma cuisine rouge auxquels je peux ajouter les parutions plus récentes Le livre de Rachel d’Esther David, Aya de Yopougon
de Marguerite Abouet et Soulfood équatoriale de Leonora Miano que je n’ai pas lu, mais qui semble bien de cette lignée.
Extrait : On raconte que Tita était tellement sensible que,
dans le ventre de mon arrière-grand-mère, elle pleurait quand celle-ci hachait des oignons. Elle pleurait si fort que Nacha, la cuisinière à moitié sourde de la maison, n'avait pas à tendre
l'oreille pour l'entendre. Un jour, à force de hoqueter, elle déclencha l'accouchement. Mon arrière-grand-mère n'eut pas le temps de dire ouf ! Tita arrivait dans ce bas monde avant l'heure, sur la
table de la cuisine, dans les odeurs d'une soupe au vermicelle, du thym, du laurier, de la coriandre, de lait bouilli, de l'ail et de l'oignon. Vous devinez que la traditionnelle tape sur les
fesses fut inutile. Tita était née en pleurant. Peut-être se doutait-elle que son sort était fixé, que, dans cette vie, le mariage lui serait refusé. Voilà comment Nacha racontait l'irruption de
Tita sur terre : elle fut projetée dans un torrent de larmes formidable qui inonda le sol de la cuisine.
L'après-midi, la frayeur était passée et l'eau évaporée par les rayons du soleil. Nacha ramassa le résidu des larmes sur le carrelage rouge. Avec ce sel, elle remplit un sac de cinq kilos qu'on
utilisa longtemps pour cuisiner.
Par kathel
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Publié dans : Mexique
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Vendredi 1 mai 2009
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08:00
Présentation de l’éditeur
: Londres, 1940. Le célèbre chef d'orchestre français Gabriel Atlan-Ferrara monte La Damnation de Faust d'Hector Berlioz. Il rencontre une jeune cantatrice mexicaine,
Inés, qui deviendra Inez Prada. Passion impossible qui ne connaîtra que deux autres rencontres, lors de deux représentations de Faust où Inez, devenue diva, chantera Marguerite. Mais Inez est
habitée par un autre personnage, une femme ayant vécu à l'aube de l'humanité, peu avant les grandes glaciations, et dont le destin sera tragique. C'est cette femme qui découvre le chant comme
nécessité pour exprimer ses sentiments. Deux histoires se nouent ainsi autour d'une conception du temps : le passé est un futur et le futur un éternel retour dans la spirale infinie de la Création
permanente à partir du chaos de l'origine, symbolisé par le finale de La Damnation de Faust.
Dans L'instinct d'Inez, Carlos Fuentes revient à l'une de ses meilleures veines : celle du mystère des êtres dont l'essence profonde excède leur propre histoire, pour entrer dans la chaîne multiple
de l'histoire de l'humanité.
196 pages
Editeur : Gallimard
Collection : Folio
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Céline Zins
Titre original : Instincto de Inez.
Ce que j’en pense : Ce roman est mon deuxième essai, ou plutôt mon
troisième avec Carlos Fuentes, si l’on compte que j’ai commencé deux fois, à quinze années d’intervalle Constancia et autres nouvelles pour vierges, sans réussir à dépasser le cap fatidique
des cinquante premières pages. Je n’étais donc pas certaine de réussir à entrer dans ce roman, et le début me laissait incertaine, jusqu’à la fin du premier chapitre où j’ai commencé à être
intriguée. Ensuite, le deuxième chapitre convie le lecteur à une répétition d’orchestre à Covent Garden, au moment du Blitz, et présente en même temps deux
personnages principaux, lui jeune chef d’orchestre et elle soprano lyrique, dans un début de relation amoureuse contrarié par quelque chose qu'eux-mêmes ne peuvent ni définir, ni comprendre. A
partir de ce moment, j’ai eu le stylo à portée de main et l’envie de noter phrases puis paragraphes entiers ! Les réflexions sur la musique et le chant de Gabriel Atlan-Ferrara, le ténébreux chef
qui dirige La damnation de Faust, sont très intéressantes.
L’écriture est exigeante, très belle, et j’admets que la brièveté du livre est tout de même un de ses atouts car il n’est pas très facile. A chaque chapitre, des interrogations, des interprétations
nouvelles viennent titiller le lecteur et l’obligent à continuer pour chasser cette perplexité… Quel objet est donc ce sceau de cristal et quel rôle a sa transmission ? Qui est le jeune homme
entrevu parfois sur une photo et qui ensuite en a disparu ? Quelle est cette femme primitive, vivant à l'aube des temps, à moins qu'elle ne vive dans le futur qui est le temps employé par l'auteur
pour tous les chapitres où elle apparaît ?
Ce livre apporte une réflexion sur les rapports entre l'amour, la musique et le temps qui passe, un temps qui n'est pas celui de l'homme, mais celui de l'humanité, que j’ai
trouvée passionnante, bien que parfois un peu (très) obscure. Et vous, quel est votre sentiment
?
La Damnation
de Faust, affiche de G.Dola (vers 1903)
Extrait : Comprenez donc : vous chantez le Faust de Berlioz, pas pour plaire, pas pour impressionner, pas même pour émouvoir ; vous chantez pour semer l’effroi ; vous êtes un chœur d’oiseaux de mauvais augure qui annonce : on vient nous détruire notre nid, on vient nous arracher les yeux,
nous dévorer la langue, alors vous répondez avec l’ultime espoir de la peur, vous hurlez Sancta Maria, ora pro nobis, ce territoire nous appartient et celui qui approchera, nous lui arracherons les
yeux, nous lui dévorerons la langue, nous lui couperons les couilles, nous lui ferons sortir la matière grise par l’occiput, nous le découperons en morceaux, nous jetterons les tripes aux hyènes,
le cœur aux lions, les poumons aux corbeaux, les reins aux sangliers et l’anus aux rats ! hurlez ! hurlez votre terreur et votre agressivité à la fois…
Livre
lu pour le Blogoclub de lecture. Vous trouverez les liens vers
d'autres billets chez Sylire ou Lisa, excellentes organisatrices de ces rencontres bimestrielles.
Par kathel
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Publié dans : Mexique
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Dimanche 22 février 2009
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09:55
Présentation de l'éditeur
: Au nord du Mexique, la sécheresse frappe le village d'Icamole. C'est là que Lucio, devenu bibliothécaire par la grâce d'un projet gouvernemental, nage dans un océan
de fiction. Il lit chaque titre avec fureur ou délectation, laissant à tout moment les récits empiéter sur la réalité. Quand son fils lui révèle qu'il a découvert le cadavre d'une fillette dans son
puits, c'est dans la littérature qu'il cherche une explication. N'est-elle pas l'héroïne de la Fille du télégraphiste ? ou la Babette d'un célèbre roman ? L'enquête policière tourne autour des
révélations du bibliothécaire et éveille la curiosité de la mère de l'enfant, grande lectrice elle aussi... Un roman jubilatoire, où toutes les interrogations sur les enjeux de la fiction nous
ramènent à la grande tradition du réalisme magique sud-américain des Garcia Marquez ou Juan Rulfo.
Biographie de l'auteur : David Toscana est né à Monterrey au
Mexique en 1961. Marqué par l'influence des classiques espagnols et par des écrivains latino-américains comme Onetti ou Donoso, il a publié à ce jour cinq romans et un recueil de nouvelles. Son
œuvre est largement traduite en anglais, mais aussi en allemand, arabe, grec, portugais, italien et suédois. El ultimo lector a été couronné par les prix Colima, Fuentes Mares et Antonin
Artaud France-Mexique. Ce roman est traduit pour la première fois en français.
214 pages
Editeur : Zulma (8 janvier 2009)
Traduction : François-Michel Durazzo
Mon avis : Je suis plutôt partagée à la suite de cette lecture.
D’abord, j’étais contente de découvrir la littérature mexicaine avant une virée au Salon du Livre, qui plus est chez Zulma avec une très jolie présentation, la quatrième de couverture était
particulièrement alléchante… Bref, un avant-goût tout à fait enthousiasmant. Bon, je ne dirai pas que j’ai été déçue, pas vraiment, j’ai lu le livre jusqu’au bout, sans déplaisir, mais je crois que
la littérature sud-américaine, ou mexicaine du moins, n’est pas faite pour moi !
Le petit village d’Icamole est en pleine sécheresse lorsque Remigio trouve dans son puits le corps d’une fillette. Craignant d’être accusé de l’avoir tuée, il cherche le conseil de Lucio, son père,
bibliothécaire plus ou moins « autoproclamé » du village, qui ne lui est pas d’un grand secours, car il ne vit que dans ses livres, tout du moins ceux qu’il n’a pas jeté au pilori pour diverses
raisons. La police enquête, la sécheresse s’aggrave, l’avocatier donne des fruits, un homme est accusé, la mère de la fillette vient au village, et Lucio continue de fuir dans ses lectures. Vous
l’aurez compris, ce personnage m’a insupporté au plus haut point, alors que j’ai apprécié les
autres personnages et ce manque d’empathie est pour beaucoup dans le fait que je n’ai pas trop
accroché. Sinon, ce livre est original, les digressions dans des romans imaginaires ne m’ont pas dérangée, elles m'ont évoqué parfois Paul Auster (il y a pire comme référence !) et j'ai bien aimé
m'immerger dans l’atmosphère lourde de cette bourgade.
C’est un écrivain à découvrir, mais en sachant que c’est tout de même assez spécial.
Vous allez d’ailleurs pouvoir vous faire votre propre idée, si cela vous intéresse, car j’en fais un
livre-voyageur. De quoi vous donner un avant-goût du Mexique et du Salon du Livre ! N’hésitez pas à vous
inscrire, il est prêt à senvoler vers vous.
Extrait : Il tourne les pages en arrière pour tomber sur le
premier chapitre de la Genèse. Au commencement Dieu créa les cieux et la Terre. Il nie de la tête. Pourquoi préciser que le commencement est le commencement ? Il raye les deux premiers mots et lit
à voix haute : Dieu créa les cieux et la Terre. Beaucoup mieux, se dit-il. Il saute plusieurs pages et se remet à lire. Par la grandeur de ton bras ils deviendront muets comme une pierre. Lucio
s’est toujours méfié des comparaisons. Muets comme une pierre, répète-t-il dans un murmure, au cas où ils auraient été muets comme des troncs ou des chaussures ou ce qui lui passe par la tête.
Après avoir révisé son opinion, il finit par accepter la comparaison, parce que par sa banalité même elle passe inaperçue, avoir écrit deviendront muets comme un ongle, ferait que le lecteur la
considère comme une extravagance, ce qui distrairait son attention du texte.
Par kathel
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Publié dans : Mexique
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