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Irlande

Lundi 17 août 2009
Présentation de l'éditeur :  L'impossible s'est finalement produit. Jack Taylor ne se drogue plus, il ne boit plus. Même les clopes semblent parties en fumée. Il sort avec une femme qui est presque de son âge et s'il ne peut encore se considérer comme un citoyen ordinaire, il flirte avec cette illusion. Certains prétendent même qu'il va à la messe... Malheureusement, le monde autour de Jack, lui, n'a pas changé : deux étudiantes sont retrouvées mortes à quelques jours d'intervalle. Dans les deux cas, un exemplaire d'une œuvre de John Millington Synge est découvert sous le corps des jeunes victimes. Très vite, sourd aux appels de sa raison qui lui dicte de faire demi-tour, Jack se met en chasse de cet assassin froid et calculateur. Alors que son passé s'apprête à resurgir et que l'Irak s'enflamme, Jack Taylor oscille à l'extrême bord du précipice...
L'auteur : Ken Bruen est né en 1951 à Galway (Irlande). Après avoir parcouru le monde en qualité d'enseignant d'anglais, il décide de se consacrer à l'écriture. Il est l'auteur d'une dizaine de livres et lauréat de nombreux prix de littérature policière. Le Dramaturge est son huitième ouvrage à paraître aux Editions Gallimard.
Les enquêtes de Jack Taylor sont, dans l'ordre Delirium Tremens, Toxic Blues, Le martyre des Magdalènes, Le dramaturge et La main droite du diable.
253 pages
Editeur :
Gallimard (octobre 2007)
Collection : Série noire
Traduction : Pierre Bondil
Titre original : The dramatist

Mon avis :
Après avoir lu l'année dernière Toxic Blues, j’ai retrouvé avec plaisir, entre deux lectures demandant plus d’efforts, Jack Taylor et son blues. Comme je l’ai lu alors que sévissait sur les blogs de lecture la manie Harlequin, je me suis dit que j’avais trouvé là l’anti-Harlequin par excellence ! Jack Taylor n’est ni beau, ni jeune, ni richissime, il n’a pas de travail, à peine d’amis, ni de famille, il vit dans un petit hôtel meublé un peu miteux, il ne fait pas grand chose pour sortir de sa mélancolie existentielle, l’amour ne frappe pas à sa porte ou alors il le laisse passer… A part ses disques préférés et quelques livres, on se demande ce qui le retient encore sur cette terre. Quand son ancien dealer, car Jack a arrêté toute  substance toxique, lui demande d’enquêter sur la mort de sa jeune sœur étudiante, Jack ne se lance pas vraiment à corps perdu dans l’enquête, mais mène quelques recherches sans grand succès, sauf de lui attirer des inimitiés bien plus féroces que celles qu’il traînait pourtant déjà ! On est aussi très loin du polar où le détective est particulièrement perspicace, car si le meurtrier ne venait pas pratiquement se jeter dans les bras de Jack Taylor, il n’est pas sûr qu’il progresserait beaucoup dans son enquête.
J’aime beaucoup le rythme lent, l’atmosphère (très) sombrement irlandaise de Galway, les citations littéraires et musicales… A découvrir si vous ne connaissez pas encore Jack Taylor.


D'autres avis chez Jean-Marc (Actu du noir) et Yvon.

Extrait : Cet objectif de cinq clopes par jour était irréalisable mais je m’en inquiéterais plus tard. J’enfilais une chemise blanche, un pantalon en velours côtelé noir, regardais ce que ça donnait dans le miroir. J’avais l’air du représentant qui essaie de fourguer le truc dont personne n’aura jamais besoin. J’avais le regard vif, clair. Six mois sans alcool, ni drogue, ça paie, la preuve. J’espérais seulement parvenir à transmettre ce message à mon cerveau.

Je sortis mon calepin, lus les quelques précisions dont je disposais sur Sarah Bradley : vingt ans, dernière année d’université. Elle habitait (avait habité) à Newcastle Park, au numéro 13. Mauvaise étoile, indéniablement. Je me dis que l’enquête allait bien m’occuper dix minutes.

 

Par kathel
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Lundi 22 juin 2009
Présentation de l'éditeur : Trois enfants ne ressortent pas des bois où ils ont passé l'après-midi. La police retrouve un seul garçon. Il ne se rappelle rien : les deux autres ne réapparaîtront jamais. Vingt ans plus tard, Rob, l'unique rescapé, est devenu inspecteur de police. Quand une fillette est tuée dans ces mêmes bois, il est chargé de l'enquête et doit affronter les secrets d'un passé qui le hante.
Biographie de l'auteur : Tana French a grandi en Irlande, en Italie et aux États-Unis. Elle vit à Dublin depuis 1990. Après des études de théâtre, elle a travaillé pour le cinéma. Écorces de sang,
son premier roman, paru d'abord en France sous le titre La mort dans les bois,  a reçu un grand succès critique ainsi que l'Edgar et le Best Fiction Award.
Son deuxième roman, Comme deux gouttes d’eau, vient de paraître chez Michel Lafon.

565 pages
Editeur :
Points (18 juin 2009)
Collection : Points Thriller
Traduction : François Thibaux
Titre original : In the woods

Mon commentaire : Dès le premier chapitre, le narrateur, dont on sait qu’il a vécu un traumatisme dans son enfance, qui ne lui a laissé aucun souvenir, affirme qu’il n’est pas devenu policier pour résoudre le mystère de la disparition, à douze ans, de ses deux amis. Pourtant, il est appelé sur les lieux d’un crime, précisément là où il habitait à cette époque, et pour le meurtre d’une fillette, cela fait donc remonter beaucoup de souvenirs enfouis. Ce roman, plutôt bien écrit, est véritablement un « page turner » que l’on lit sans reprendre haleine. Les personnages des enquêteurs sont intéressants, les suspects et les fausses pistes assez nombreux pour que l’on échafaude toutes sortes d’hypothèses. N'oublions pas les paysages, le climat et les coutumes irlandaises, celle qui consiste à boire plus que de raison n'étant pas une des moindres !

Pour un premier roman, c’est plutôt un sans-faute, parfait pour une lecture estivale… Peut-être pas à lire au cœur d’une forêt à la tombée du jour, mais vous êtes prévenus, ce ne sera pas ma faute si vous choisissez des lieux de lecture bizarres !
Et désolée pour ce billet un peu bâclé... Je dois avoir besoin de vacances ! Allez, je vous ajoute
une vue de Dublin pour améliorer un peu le tout.

A lire aussi, les avis de Cathulu et Cuné ainsi que ceux de Lily et Cathulu sur Comme deux gouttes d'eau...

Merci à Silvana Bergonzi pour l’envoi.
Par kathel
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Jeudi 19 février 2009
D'après l'éditeur : Entre l'Inde et l'Écosse, des années 1930 à nos jours, l'histoire déchirante d'une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d'une beauté troublante, où s'entremêlent des voix aussi profondes qu'élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l'amour à la trahison. A Édimbourg, l'asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d'enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n'avait jamais entendu parler d'elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t-elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? Toutes ces années, les mêmes souvenirs ont hanté Esme : la douceur de son enfance en Inde, le choc de son arrivée en Écosse, le froid, les règles de la haute bourgeoisie et, soudain, l'exclusion...

L'auteur : Née en 1972 en Irlande du Nord, Maggie O'Farrell a grandi au pays de Galles et en Ecosse. Suite au succès de son premier roman Quand tu es parti, elle a abandonné sa carrière de journaliste pour se consacrer à l'écriture. Après La maîtresse de mon amant, L'étrange disparition d'Esme Lennox est son quatrième roman publié en France.
231 pages
Editeur :
Belfond
Traduction : Michèle Valencia
Titre original : The Vanishing Act of Esme Lennox

Mon commentaire :  Comme Laura Kasischke il y a quelques semaines, je retrouve Magie O’Farrell dont j’ai lu il y a quelques années de cela Quand tu es parti et My lover’s lover. J’ai trouvé qu’elle avait bien renouvelé avec ce nouveau roman, son thème de prédilection qui est, en gros, qu’on ne connaît pas du tout les personnes avec lesquelles on vit. Il y a encore cela dans le présent livre cependant.
En effet, Iris, jeune commerçante célibataire, est un jour contactée pour prendre des décisions concernant le placement d’une grand-tante qu’elle ne connaissait absolument pas. Son père est mort quand elle était petite, sa grand-mère souffre de la maladie d’Alzheimer, personne ne peut donc lui en dire plus sur Esme Lennox, et sur les raisons pour lesquelles elle a été internée pendant plus de soixante ans. Vous avez bien lu, soixante ans !
J’ai beaucoup aimé la construction du récit qui alterne les souvenirs d’enfance ou d'adolescence d’Esme, le présent de la vieille dame internée et le point de vue d’Iris ainsi que les bribes de souvenirs de sa grand-mère Kitty. Comment Esme et Kitty, deux fillettes élevées en Inde puis revenues adolescentes à Edimbourg, ont pu avoir des parcours si dissemblables, quels événements ont conduit les parents d’Esme à la faire enfermer, nous le découvrons en même temps qu’Iris, petit à petit, lorsqu’elle fait connaissance avec sa vieille tante. C’est effrayant de voir comment des comportements perturbés, mais en aucun cas dangereux pour la société pouvaient conduire à un internement d’office, sans espoir de sortie ! Cela rejoint d’ailleurs une de mes dernières lectures, La justice de l’inconscient, qui traitait ce sujet sous un angle plus policier.
Conclusion, c'est un très bon livre, mais pas un coup de cœur ! (petits livres, allez essayer de passer après La route et vous verrez...)

Vous voulez connaître leurs avis, les voici ! Florinette, Cathulu, Marie, Manu, Anjelica, Nanou, Yspaddaden, Le Bookomaton, Yvon, Bellesahi, Aifelle et Dasola.

Extrait : Commençons par deux jeunes filles à un bal.
Elles se tiennent en retrait de la piste. Assise sur une chaise, l'une ouvre et ferme de ses doigts gantés un carnet de bal. À côté d'elle, l'autre observe l'évolution des danseurs : couples qui virevoltent, mains qui s'agrippent, souliers qui martèlent, jupes qui tourbillonnent, parquet qui ploie. Dans une heure, ce sera le nouvel an, et, derrière elles, la nuit noircit les vitres. Celle qui est assise porte quelque chose de pâle - Esme ne sait plus quoi au juste -, l'autre, une robe rouge foncé qui ne lui va pas. Elle a perdu ses gants. C'est là que tout commence.
Ou peut-être pas, d'ailleurs. Le début se situe peut-être plus tôt, avant le bal, avant que les deux jeunes filles aient revêtu leurs nouveaux atours, avant qu'on ait allumé les bougies et parsemé du sable sur le parquet, bien avant l'année dont elles fêtent la fin. Qui sait ? Quoi qu'il en soit, les choses se terminent devant une fenêtre grillagée dont les carrés font deux ongles de pouce de côté, très exactement.
Quand Esme décide de regarder au loin, elle s'aperçoit que ses yeux, au bout d'un moment, ont du mal à accommoder. Les carrés de la grille deviennent flous et disparaîtront bientôt si elle continue à se concentrer. Esme a toujours besoin d'un certain temps pour que son corps se manifeste, pour que ses yeux s'adaptent à la réalité d'un monde dans lequel il n'y a plus qu'elle, les arbres, la route et le paysage au loin. Sans rien qui les sépare.

Par kathel
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Samedi 17 janvier 2009
Présentation de l'éditeur : En 1890, quand May Duignan débarque aux Etats-Unis en provenance de son Irlande natale, elle n'a pour tout bagage que son intrépidité, sa frimousse ravageuse et une bourse contenant les économies volées à ses parents. C'est le début d'une longue vie de crimes et d'aventures. Du Nebraska à New York, de Londres à Paris, celle que l'on appelle désormais Chicago May sera tour à tour prostituée, arnaqueuse, danseuse de revue et braqueuse de banque. Elle connaîtra la fortune et la déchéance, les palaces et la prison, mais jamais elle n'abdiquera face aux événements. Fascinée par ce destin hors du commun, Nuala O'Faolain témoigne de sa quête pour comprendre et raconter cette femme et son temps.
392 pages
Editeur :
10/18
Traduction : Vitalie Lemerre
Titre original : The story of Chicago May

Mon commentaire : Ce livre se présente comme la biographie d’une irlandaise devenue célèbre aux Etats-Unis pour ses méfaits. May Duignan est une jeune irlandaise qui laisse tout derrière elle à dix-neuf ans pour partir aux Etats-Unis, où elle doit trouver différentes ressources telles que la prostitution et l’arnaque des clients peu enclins à porter plainte. Au début, Nuala O’Folain détaille les raisons qui l’ont poussée à écrire cette biographie, les points communs entre elle et cette femme perdue, et fait souvent le parallèle entre les pérégrinations de son sujet et les siennes d’une bibliothèque à l’autre. Elle s’appuie sur de nombreux documents, dont une autobiographie écrite par May sur ses vieux jours. Par moments, j’ai un peu décroché, ennuyée par toutes les précautions dont Nuala s’entoure pour ne pas verser dans la fiction, les « peut-être », « sans doute », « elle a probablement… ». J’avoue que j’aurais préféré une version plus romancée, plus « décidée », ce qui n’aurait pas édulcoré la vie de Chicago May, qui fut plus dramatique que réjouissante. Le livre apporte beaucoup de précisions sur la vie misérable des prostituées à la fin du XIXe siècle et au début du siècle suivant, ainsi que sur la vie dans les prisons, et ce côté s’avère très dur mais intéressant.
Le personnage de Chicago May, assez peu sympathique, ne s’humanise qu’en fin de vie, lorsqu’elle se pose des questions sur son parcours, en écrivant son autobiographie, sur ce qui pousse certains à devenir des criminels, sur la mort, dans des propos remplis d’amertume.
Finalement, ce livre sera celui que j’a
i le moins aimé de Nuala O’Faolain, après Best love Rosie, On s’est déjà vu quelque part ?  et Chimères.
Je l'avais choisi dans le cadre du défi Lire autour du monde, dans la catégorie "livr
e dont l'histoire se passe dans un pays d'un autre continent", mais le récit sort légèrement de ce cadre puisqu’il suit May de l’Irlande à Chicago, puis New York, Londres, Paris, un détour par le Brésil et de nouveau les Etats-Unis ! Pas de problème, j’en trouverai un autre qui conviendra mieux par la suite !

Leurs avis : Sentinelle a été touchée, Cuné a apprécié du premier au dernier mot, BMR et MAM sont partagés, Armande n’a pas été tellement émue, Anne-Sophie n’a pas réussi à s’identifier à May, Sylvie a adoré et Goelen a eu un coup de cœur.

Extrait :
Elle s'éveillait dans l'après-midi dans un grand lit où, j'imagine, un vieux manteau de fourrure miteux servait de couverture d'appoint et où les rideaux étaient cloués à la fenêtre et non suspendus. Je suppose qu'elle pouvait entendre de la rue un homme vendant du combustible à la criée, et qu'il lui montait un sac de charbon. Peut-être y avait-il une domestique quelque part qui allumait le feu et posait une casserole de café en équilibre dessus - May devait se blottir dans la chaleur dès l'instant où le feu rougeoyait. Elle lève sa tasse de café d'une main nerveuse, extrait quelque chose à se mettre hors du chaos de ses vêtements, rafraîchit son visage brûlant dans l'eau froide d'une cuvette en fer. Puis elle file vers son banc ou sa chaise attirés dans le saloon quelconque qui était à ce moment-là le quartier général de sa bande.

Par kathel
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Samedi 18 octobre 2008
Rentrée littéraire 2008
Quatrième de couverture : Après avoir vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu’il est temps de rentrer à Dublin, pour s’occuper de Min, la vieille tante qui l’a élevée. Ni les habitudes ni les gens n’ont changé dans ce quartier populaire où elle a grandi, et la cohabitation avec Min, que seule intéresse sa virée quotidienne au pub, n’a rien d’exaltant : en feuilletant des ouvrages de développement personnel, censés apporter des solutions au mal-être de Min, Rosie se dit qu’elle s’occuperait utilement en se lançant elle-même dans la rédaction d’un manuel destiné aux plus de cinquante ans. Sa seule relation dans l’édition vivant aux États-Unis, elle se frottera donc au marché américain. Son vieil ami Markey tente bien de lui faire comprendre que sa manière de traiter le sujet n’est pas assez « positive »…
C’est au moment où elle va à New York, pour discuter de son projet, que le roman s’emballe : Min, qu’elle avait placée pour quelque temps dans une maison de retraite, fait une fugue et la rejoint à Manhattan. Très vite, les rôles s’inversent : la vieille dame est galvanisée par sa découverte de l’Amérique, elle se fait des amies, trouve du travail et un logement. Alors que Rosie est rentrée seule en Irlande, pour rien au monde Min ne voudrait renouer avec son ancienne vie. Surtout pas pour reprendre possession de la maison de son enfance… que l’armée lui restitue après l’avoir confisquée pendant la guerre. Rosie, elle, a besoin de cette confrontation avec ses origines. Profondément ancrée dans les valeurs de la vieille Europe, le passage du temps est maintenant au cœur de ses préoccupations.
La lucidité de Nuala O’Faolain, sa tendresse pour ses personnages, font merveille une fois de plus dans ce livre drôle et généreux, plein de rebondissements, où l’on suit avec jubilation souvent, le cœur noué parfois, les traversées de l’Atlantique de ces deux femmes que lie toute la complexité du sentiment maternel. De ses romans, l’auteur dit souvent qu’ils révèlent plus d’elle que ses autobiographies… Best Love Rosie nous embarque aussi dans un beau voyage intérieur.

L'auteur :
Nuala O’Faolain est née en Irlande en 1940. Journaliste à Londres, pour la BBC, puis à Dublin, elle a publié tardivement son premier livre, On s'est déjà vu quelque part ? (Sabine Wespieser éditeur, 2002). Le succès de ce récit autobiographique, qui a suscité un véritable phénomène d'identification auprès de toute une génération de femmes, a changé sa vie. Chimères (2003), J'y suis presque (2005), L'Histoire de Chicago May (Prix Femina étranger, 2006), sont tous parus chez Sabine Wespieseret en édition de poche.
Traduction : Judith Roze Editeur : Sabine Wespieser  529 pages

Ce que j’en ai pensé : Voici un coup de cœur que je partage avec quelques autres lectrices et je sens que d’autres vont bientôt nous rejoindre ! J'ai découvert Nuala O'Faolain il y a quelques années avec On s'est déjà vus quelque part ? et Chimères que j'avais beaucoup aimés. Best love Rosie nous fait entrer dans la vie de Rosie, la cinquantaine, qui après avoir beaucoup voyagé revient  auprès de sa tante Min, celle qui l’a élevée. Les retrouvailles de Rosie avec  Min ne se passent pas sans heurts, sans doute parce qu’elles sont beaucoup plus semblables qu’elles ne veulent bien l’admettre, puis dans une sorte de retournement de situation, c’est Min la sédentaire, qui décide de partir et Rosie la voyageuse, qui s’attache à une vieille maison de famille retrouvée.
Nuala O’Faolain a un talent de conteuse exceptionnel pour nous intéresser à des anecdotes de la vie de tous les jours, avec humour et sans pathos, tout en faisant passer des messages sur le vieillissement, la solitude, la façon dont on apprend à mieux se connaître (les autres ou soi-même) avec l’âge, sur l’amitié. Les personnages sont pleins de complexité, leurs sentiments décrits avec justesse, et nulle doute que Rosie tient beaucoup de Nuala elle-même, qui malheureusement est décédée au printemps dernier…
J’ai été vraiment enchantée par ce roman, des premières lignes jusqu’à sa très belle conclusion, j'ai adoré toute la galerie de personnages, les irlandais avec leur façon d'exprimer leurs sentiments, et les autres. Il me reste encore à lire L’histoire de Chicago May, dans un genre un peu différent, mais je pense qu’il saura me séduire aussi….

Extrait : Je suis rentrée à la fin de l’été et, pendant deux ou trois mois, je n’ai quasiment pas bougé de ma chaise devant la vieille table de la cuisine. Comme si j’avais pénétré dans une de ces forêts qui, dans les contes de fées, entourent le château où dort la princesse − des lieux où ne bouge aucune feuille et où ne chante aucun oiseau. Je pensais confusément : Tu as ce que tu voulais − et maintenant ? Je me sentais coupée de ma propre expérience, comme si la plupart des choses que j’avais apprises en trente ans de vie, d’amour et de travail autour du globe n’avaient aucune pertinence dans le lieu où j’avais abouti.
Il ne se passait rien. Quand Bell, la chatte, traversait la table sous mon nez pour aller de la fenêtre à l’escalier et monter dans la chambre de Min, c’était un événement. Elle repassait en sens inverse lorsqu’elle voulait sortir. Parfois, elle condescendait à miauler pour indiquer qu’il était temps de lui servir son dîner. N’ayant rien de mieux à faire, je passais de longs moments à me demander si elle me snobait vraiment ou si la situation était plus complexe ; après tout, elle aurait aussi bien pu longer le mur.
« On sait toujours où te trouver, Rosie », disait Andy Sutton − et, fidèle à lui-même, il le répétait chaque fois qu’il entrait dans la maison. Andy était de la même génération que moi et mes amies Peg et Tess − laquelle était d’ailleurs une de ses cousines − mais paraissait bien plus âgé parce qu’il prenait soin de tout le monde. Il travaillait pour une organisation caritative appelée NoNeed. L’été, il collectait des chèvres, des poules, des lapins et des cochons à travers l’Irlande, puis les conduisait par camions entiers jusqu’à l’aéroport de Gatwick, en Angleterre, d’où ils étaient expédiés vers des pays si pauvres que les habitants ne pouvaient nourrir que de petits animaux. Le reste de l’année, il venait régulièrement de la campagne pour assister à des réunions au siège de NoNeed et séjournait alors chez sa mère, Pearl, qui vivait à Kilbride à quelques rues de chez nous.
Il poussait la porte d’entrée et passait une tête dans la cuisine.
« Min dort ? chuchotait-il.
− Soit elle dort, soit elle fait semblant, chuchotais-je en réponse.
− Tu ne quittes donc jamais cette table ? »

Elles l’ont mis parmi leurs coups de cœur : Alice, Cuné, Keisha, Brize, et Chiffonnette, mais Bellesahi a du déclarer forfait…
Le magazine Elle a fait un petit dossier sympa sur Nuala O’Faolain.

Par kathel
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Mercredi 10 septembre 2008
Présentation de l'éditeur : Belfast. Alex Lawson est un jeune flic démissionnaire à la dérive... Accroché à l'héroïne depuis la fin d'une enquête qu'il menait comme agent infiltré, il est surveillé de près par une commission de la police qui entend le faire témoigner dans un procès impliquant certains membres corrompus de la Maison. Alors que ses anciens collègues le regardent de travers et que certains n'hésitent pas à le menacer de lui faire la peau s'il l'ouvre, Alex apprend la mort de son amour de jeunesse, Victoria Patawasti, une Irlandaise d'origine indienne partie travailler à Denver, aux Etats-Unis. Victoria oeuvrait dans une ONG écologiste d'obédience républicaine. La thèse du meurtre ne fait pas de doute, un prolo d'origine mexicaine a d'ailleurs été arrêté peu après la découverte du corps. Mais, un matin, le père de Victoria apprend à Alex qu'il a reçu une lettre anonyme d'Amérique lui révélant que celui qui a été emprisonné n'est pas l'assassin de sa fille. Il lui demande de partir pour Denver et de mener l'enquête...

Biographie
d'Adrian McKinty (d’après
Fluctuat.net)
Adrian McKinty est né à Carrickfergus, en Irlande du Nord. Il a suivi des études de sciences politiques à l'université d'Oxford, puis s'est installé à New-York au début des années 90. Il s'est essayé à de nombreux boulots (vigile, postier, ouvrier de chantier, barman, entraîneur de rugby, commis dans une librairie...) avant de devenir instituteur et de se consacrer à l'écriture.
Son premier roman A l'automne, je serai peut-être mort, est largement salué par la critique, et fait de l'auteur une voix importante du roman noir américain. Le Fils de la Mort, paru dans la série noire de Gallimard, confirme le talent de l'écrivain pour composer des thrillers originaux et efficaces.
Adrian McKinty vit aujourd'hui en Australie.
 411 pages  titre original : Hidden river  Editeur : Gallimard Série noire Traduction : Patrice Carrer

Ma lecture : Petit coup de fatigue, je n’ai pas grand chose d’original à dire sur ce livre : c’est un bon roman, d’une lecture agréable avec une jolie écriture, une bonne description de l’Irlande du Nord et surtout de Denver et des milieux politico financiers américains. La quatrième de couverture présente bien l’intrigue, sans en révéler trop…
Astucieusement, dès le début, l’auteur évoque, à mots couverts, une fin qui tourne mal et cela pimente le récit, construit de façon linéaire. Le personnage d’Alex est assez ressemblant à celui de Ken Bruen, Jack Taylor, tous deux loosers accros à des substances diverses. J’ai été un peu gênée au début, de ce que le personnage principal soit héroïnomane, même si cela donne lieu à quelques paragraphes intéressants sur la culture du pavot, mais je m’y suis faite et des informations révélées au fur et à mesure du récit expliquent le pourquoi de cette dépendance. Les autres figures importantes du roman sont bien décrites elles aussi et parviennent parfois à être plus sympathiques que notre enquêteur qui cumule les erreurs de jugement.
Message pour Karine en particulier : tu trouverais l’auteur des pires méfaits de cette affaire dès la moitié du livre ou même avant, j’en suis sûre !

Yvon l’a lu, c'est
chez lui que j'ai repéré cet auteur, je crois...

Le blog d’
Adrian McKinty pour ceux qui comprennent bien l’anglais ! Les blogs, comme les journaux, sont plus difficiles à lire que les romans pour mon niveau d’anglais !

Par kathel
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Mercredi 25 juin 2008
Présentation de l'éditeur : Après un exil londonien, Jack Taylor, l'ancien flic reconverti malgré lui en privé, revient dans sa ville natale de Galway, un nouveau cuir sur les épaules et une sale dépendance à la cocaïne lui travaillant furieusement les narines. A peine a-t-il le temps de retrouver ses marques, les anciens amis, les dealers et les pubs gorgés de soiffards comateux, qu'il se voit confier une affaire par un chef tinker, ces gens du voyage qui passent leur vie sur les routes d'Irlande : depuis quelques semaines, des jeunes hommes de la communauté de Galway sont tués sans pitié... Le nez poudré et plongé dans la Guinness, Taylor commence ses investigations. Les ennuis ne font que commencer... Deuxième volet des enquêtes de Jack Taylor, Toxic Blues signe le retour de ce privé atypique que nous avions découvert dans Delirium Tremens. Cinquantenaire usé jusqu'à l'os et véritable tête brûlée qui flambe sa vie comme on craque négligemment une allumette, Jack Taylor en fera frémir plus d'un. Mais attention, l'humour n'est jamais loin: sous ses airs de vieil ours mal léché, Jack est un grand tendre et un roi de l'absurde, comme tout bon Irlandais qui se respecte. Avec cette série, Ken Bruen s'impose comme un maître du roman noir anglo-saxon.

Biographie de l'auteur : Ken Bruen est né en 1951 à Galway (Irlande). Après une carrière d'enseignant en anglais qui le mène en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud, il décide de se consacrer à l'écriture. Auteur d'une dizaine de livres et du cycle des R&B (Le Gros Coup et Le Mutant apprivoisé). Toxic Blues est son quatrième roman à paraître aux Editions Gallimard.
Titre original : The Killing of the Tinkers, traduit de l'anglais (Irlande) par Catherine Cheval et Marie Ploux. 298 pages  Série noire. Gallimard

Mon commentaire : Je découvre Ken Bruen avec cette deuxième enquête de Jack Taylor, après Delirium Tremens, par lequel j’aurais peut-être du commencer, car les références y sont nombreuses dans ce deuxième ouvrage. Ce que j’ai préféré c’est l’écriture de Ken Bruen, sobre, précise, pleine de dialogues qui sonnent justes, à la manière de
George Pelecanos. D’ailleurs Ken Bruen est un admirateur de cet auteur américain, entre autres romanciers, et son « enquête » est parsemée de références et citations littéraires diverses.
Le personnage de Jack Taylor est un flic déchu, sur lequel tombent des enquêtes plutôt qu’il ne les recherche, de la même manière que lui arrivent aussi les amitiés et les aventures amoureuses… Il est trop occupé par ses problèmes avec l’alcool et la cocaïne pour maîtriser vraiment le cours de sa vie, et même le cours de sa recherche sur la mort de plusieurs jeunes
"tinkers", terme qui désigne des gens du voyage d’origine irlandaise, ces « travellers » qui seraient à l’origine les laissés pour compte des famines du XIX ème siècle, notamment la crise de la « pomme de terre ». L’enquête se poursuit donc plus malgré lui que grâce à lui, mais c’est ce qui fait son charme…
C'est une lecture très agréable donc, quoique pas tout à fait un coup de cœur, et je retrouverai volontiers Jack Taylor dans Delirium tremens, Le martyr des Magdalènes ou Le dramaturge.

Le début : Dans le car qui me ramenait à Galway, The Boys are Back in Town me trottait dans la tête, comme une scie. Un tube de Thin Lizzy, avec Gary Moore dans un de ses solos d’enfer. J’avais assisté au dernier concert qu’ils avaient donné à Dublin. M’arrangeant pour faire partie du service d’ordre lors de l’événement musical de l’année. Phil Lynott, en cuir noir de la tête aux pieds, défoncé jusqu’aux ouïes, arpentait la scène telle la panthère de Rilke. Scène qu’il allait quitter. Comme moi, d’ailleurs. Sa mort prématurée avait coïncidé avec l’arrêt brutal de ma carrière. Viré de la police pour avoir foutu sur la gueule d’un député. Des regrets ? Aucun. Sauf de ne pas avoir cogné plus fort (...)

Extrait : Il s’est arrêté à Dangan Heights et on est sortis de la voiture. Il a montré la vallée d’un signe de tête :
    « Regarde ça. »
    Je voyais surtout de la fumée.
    « Y a des incendies, des feux de lande. Et alors ?
    - C’est ça, notre « terrain de camping »…
    En regardant plus attentivement, j’ai vu des gens, l’air hébété, qui zigzaguaient dans la brume. Des hommes, en boitillant, apportaient des seaux d’eau inutiles pour tenter d’éteindre les flammes. Des enfants, pieds nus, pleuraient en s’agrippant à leur mère. Aucune caravane n’était indemne. Celles qui n’étaient pas en flammes étaient renversées ou calcinées.


Ils en ont parlé aussi : Yvon,
Alain, Gachucha, BMR et MAM, Moustafette et  Betty.

Par kathel
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Mercredi 14 mai 2008
Mot de l’éditeur :
Poétique et poignante, l'histoire d'une quête éperdue de la vérité familiale. Jennifer Johnston dresse un portrait de femme à la fois grave et lumineux, porté par la délicatesse de son écriture.
Sally est actrice. De retour à Dublin après une tournée triomphale sur les scènes européennes, elle ne s'attendait pas à pareille nouvelle : son mari est sur le point de la quitter.
Cette annonce lui fait l'effet d'un choc. Elle réalise qu'elle n'a jamais été heureuse, qu'elle est devenue actrice pour mieux se fuir elle-même, et que si elle veut retrouver un peu de sérénité il lui faut découvrir ce que sa mère a toujours refusé de lui livrer : l'identité de son père.
Sally va alors se tourner vers le seul être capable de lui donner des réponses, son grand-père, un évêque anglican, et découvrir, effarée, l'histoire de sa famille, hantée par le mensonge et le déni...

Editeur : Belfond Traduit de l’anglais (Irlande) par Anne Damour  228 pages  Titre original : Grace and truth 

Biographie de l’auteur :
Jennifer Johnston est la fille du dramaturge Denis Johnston et de sa première épouse Sheelagh Richards, actrice et metteur en scène. Elle a suivi ses études au Trinity College. Mère de quatre enfants, elle vit aujourd'hui à Derry. Elle a commencé à écrire ses premiers romans à l'âge de 35 ans. Elle avait alors deux enfants et l'écriture lui permettait de rester disponible pour eux. Ses romans ont été traduits et publiés dans plusieurs pays. Elle est également auteur de pièces de théâtre. Elle a reçu de nombreuses récompenses pour son oeuvre.

Ce que j’en ai pensé : J’ai eu du mal à me décider à parler de ce roman très intimiste. Sally, la narratrice, se remémore le décès de sa mère, qui s’est suicidée, et dans les moments de doute où elle se trouve, son mari la quitte… Dans cette situation pas très rose, Sally, qui est une actrice de théâtre reconnue, ne sombre pas complètement et essaye, pour donner un sens à sa vie, de connaître l’identité de son père que sa mère lui a toujours cachée. Elle va donc s’adresser à son grand-père, seule famille proche qui lui reste, et qui ne semble guère ravi de la voir. Ils feront tout de même plus ample connaissance, jusqu’à un aveu écrit par son grand-père.
C’est ce qui m’a gêné dans ce roman, et rétrospectivement, je sens que c’est tout à fait voulu par l’auteur : cette révélation est terrible et pourtant le grand-père semble se justifier, trouver des circonstances atténuantes à un acte impardonnable. C’est tellement bien écrit qu’on a l’impression de le cautionner en continuant sa lecture, ce qu’on ne peut s’empêcher de faire toutefois. Dommage aussi, pour qui aime l’Irlande, elle reste une toile de fond très discrète, à part le port et la jetée de Dun Laoghaire… Par contre, j'ai beaucoup aimé les références au monde du théâtre.
Je lirai volontiers d’autres romans de cet auteur, en espérant que le thème me heurte un peu moins la prochaine fois… J’ai repéré : Ceci n’est pas un roman, Petite musique des adieux, Une femme qui court.

Extrait :
J'étais vannée.
Salement, définitivement vannée.
Assise sur le canapé, les pieds surélevés, je regardais la guerre à la télévision. Dehors, c'était sans aucun doute le début du printemps ; le soleil couchant glissait derrière la colline, irisant le sommet des pruniers, se reflétant sur les vitres du haut. Sur l'écran, les mots tombaient de la bouche d'hommes déterminés. Un officier américain venait de dire avec autorité : «Ils ne marquent pas de temps d'arrêt. Ils sont simplement en train de se regrouper et de réfléchir à leur prochaine action.» Un éclair lumineux jaillit derrière lui tandis qu'il parlait ; une énorme boule de feu tournoya dans le ciel. Il paraissait très propre et bien nourri. Deux petits enfants apparurent, levant les mains, leurs yeux noirs figés par la peur. J'entendis le bruit de la clé dans la porte, puis un silence, et ensuite la porte claquer. «Nous passons maintenant l'antenne à Rageh Omaar, à Bagdad...»
Il jeta sa serviette sur le sol de l'entrée et lança son manteau au pied de l'escalier.
J'entendis ses pas derrière moi.
«Il est charmant, non ? demandai-je.
- C'est moi, Charlie.
- Tu es charmant, toi aussi.»
Il effleura mes cheveux d'une main distraite. Sur le moment, je ne remarquai pas qu'elle était distraite.
«Jeux de rôle, dit-il.
- Hun hun.
- Qui gagne ?
- À ton avis ?
- Personne.
- Dix sur dix.»
J'éteignis le beau Rageh Omaar.
Nous mangeons toujours dans la cuisine quand nous n'avons pas d'invités.
La pièce est d'un beau jaune vif, avec des portes qui ouvrent sur la terrasse, où, l'été, mes herbes aromatiques embaument. J'en suis très fière.
Vers huit heures et demie ce soir-là, le soleil avait disparu, mais les enfants des voisins jouaient encore au foot avant d'aller se coucher.
Magne-toi, connasse ! Lève les pieds, merde ! Maintenant. Tout de suite ! Espèce d'andouille. Oh, putain ! pourquoi ces foutues filles sont-elles incapables de shooter ? Je m'en vais. Un ballon s'écrase sur une plate-bande. Une porte claque. Des larmes au loin. Maamaan.
Charlie se tenait près de la fenêtre, essuyant un verre avec un torchon. Crrr.
«Où veux-tu prendre le café ? »
Crrr.
«Ici ou dans l'autre pièce ? »
Crrr.
Je posai deux tasses sur un plateau et regardai la vapeur jaillir du bec de la bouilloire. De chez les voisins arrivait un bruit de voix aiguës. Batailles rangées à l'heure du coucher.
«Ne fais pas ça. Ça m'exaspère.»
Je versai l'eau sur le café moulu.
«Charlie.»
Il posa le verre et laissa tomber le torchon sur le sol.


Ils l'ont lu également : 
Florinette, Pom et Yvon.

Par kathel
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