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Suède

Mercredi 21 octobre 2009

Présentation de l'éditeur : Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedström est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. [...]

Biographie de l'auteur : Camilla Läckberg, née le 30 août 1974, est l'auteur de plusieurs romans noirs mettant en scène Erica Falck et dont l'intrigue se situe à Fjàllbacka, petite ville tranquille de la côte suédoise. La Princesse des glaces ( Actes Sud, 2008 ) a reçu en France le grand prix de la Littérature policière et le prix du Polar étranger au Festival de Cognac. Classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années en Suède, ses ouvrages paraîtront successivement chez Actes Sud. Dernière parution : Le tailleur de pierre.

375 pages

Editeur : Actes Sud (mars 2009)

Traduction : Lena Grumbach et Catherine Marcus

Titre original : Predikanten

Ma lecture :
C’est le premier roman de Camilla Läckberg que je lis, mais le deuxième paru chez Actes Sud, les avis m’ayant semblé meilleurs pour celui-ci. Je vous déclare tout de suite que je l’ai dévoré ! J’ai retrouvé le genre de polars scandinaves que j’aime bien, dans la lignée des Mankell, Nesbo, Holt ou Edwardson.

Une affaire récente qui en déterre une plus ancienne, ce que l’on peut prendre au sens propre dans le cas du Prédicateur, c’est toujours une construction qui marche bien pour un roman policier, et dans ce cas particulièrement. La famille au cœur de l’affaire, sous des apparences lisses et bourgeoises, a beaucoup à cacher, à commencer par une branche de la famille bien moins reluisante, vivant pratiquement dans un taudis après avoir été éloignés d’un héritage et accusés de disparitions mystérieuses. La découverte du corps mutilé d’une jeune fille au côté d’ossements datant de vingt-cinq ans auparavant fait rouvrir des dossiers et accélérer les évènements. Les personnages des policiers sont suffisamment étoffés et leur vie privée intéressante. Patrik Hedström et sa compagne Erica Falck, qui, enceinte, reste à la maison dans la chaleur de l’été, sont attachants et apportent une note de fraîcheur dans leurs démêlés avec des « amis » qui ne souviennent d’eux qu’au moment des vacances parce qu’ils habitent un endroit agréable et au bord de l’eau. Les autres policiers, plus ou moins acharnés dans l’enquête et risquant parfois d’altérer les recherches par leurs erreurs de jugement, sont réalistes et crédibles, mais Patrik, responsable de l’enquête, qui la prend particulièrement à cœur, réussit à fédérer l’équipe autour de lui jusqu’au dénouement, très bien mené.

Un très bon roman dans l’été suédois que je vous recommande !

 

D’autres avis sur Blog-O-Book, sinon à quoi ça sert que Bob se décarcasse ?

 

Extrait : La journée commença de façon prometteuse. Il se réveilla tôt, avant le reste de la famille, s’habilla aussi discrètement que possible et réussit à filer sans se faire remarquer. Il emporta son casque de chevalier et l’épée de bois qu’il brandit triomphalement pendant qu’il courait sur les cent mètres séparant sa maison de l’entrée de la brèche du Roi. Il s’arrêta un instant et observa respectueusement la trouée escarpée fendant le roc. Deux mètres environ séparaient les parois et elles s’élevaient sur une bonne dizaine de mètres vers le ciel où le soleil avait commencé son ascension. Trois gros blocs de pierre étaient restés coincés à mi-hauteur constituant un spectacle impressionnant. L’endroit avait une force d’attraction magique sur un enfant de six ans, et le fait que la brèche du Roi soit territoire interdit la rendait d’autant plus attirante.

La faille avait reçu son nom lors d’une visite d’Oscar II à Fjällbacka à la fin des années 1880, mais, de cela, il ne savait rien, ou s’en fichait, lorsqu’il s’introduisit lentement parmi les ombres, son épée de bois prête à l’attaque. En revanche, son papa avait raconté que les scènes du gouffre de l’Enfer dans Ronya, fille de brigands avaient été tournées dans la brèche du Roi, et au cinéma il s’était senti tout excité en voyant Mattis, le chef des bandits, la franchir au galop sur son cheval. Parfois il venait jouer au brigand ici, mais aujourd’hui il était chevalier. Chevalier de la Table ronde, comme dans le livre de coloriage que sa grand-mère lui avait offert pour son anniversaire.

Il avança pas à pas sur les rochers et se prépara à affronter courageusement avec son épée le gros dragon cracheur de feu. Le soleil n’arrivait pas à pénétrer dans ce couloir étroit et le lieu restait froid et sombre même en été. Parfait pour les dragons. Bientôt il ferait gicler le sang de sa gorge, et après une longue agonie le dragon s’écroulerait mort à ses pieds.

Du coin de l’oeil il aperçut quelque chose qui attira son attention, un bout de tissu rouge qui dépassait d’un rocher. Sa curiosité prit le dessus, le dragon pouvait attendre. Il y avait peut-être un trésor caché là. Il prit son élan, sauta sur le bloc de pierre et regarda de l’autre côté. Un instant il faillit tomber à la renverse, il tangua quelques secondes puis retrouva son équilibre en battant des bras. Après coup, il ne voudrait pas reconnaître qu’il s’était affolé, mais sur l’instant il eut la plus grande frousse de ses six années de vie. Une dame était embusquée là, étendue sur le dos et elle le fixait de ses yeux écarquillés.

 

Par kathel
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Jeudi 6 août 2009
D’après l'éditeur : Automne 2004. Louise Cantor quitte son chantier de fouilles du Péloponnèse pour rentrer en Suède. Impatiente de revoir son fils, elle le trouve mort dans son appartement de Stockholm. Qui a tué Henrik ? Pas un instant Louise ne veut croire que son fils unique se soit suicidé. Avec l'énergie du désespoir et une obstination d'archéologue, elle va tenter de reconstituer fragment par fragment les dernières années d'une vie brutalement interrompue. Secondée par Aron, le père d'Henrik qu'elle a déniché au fin fond de l'Australie, Louise découvre que son fils avait une vie secrète, émaillée d'inquiétantes zones d'ombre. […]

L’auteur : Né à Stockholm en1948, Henning Mankell a débuté sa carrière professionnelle comme assistant-metteur en scène à l'âge de 17 ans. Passionné de théâtre, il a ensuite dirigé une scène de la province de Scanie. Auteur d'une quinzaine de livres pour enfants et pour adultes, il est considéré comme l'un des maîtres incontestés du roman policier suédois grâce à la série des Wallander qui met en scène un inspecteur du même nom. En 2008 sort Profondeurs, ouvrage dans lequel l'auteur médite sur le mensonge en empruntant à tous les genres, du théâtre au roman policier. Il partage aujourd'hui sa vie entre la Suède et le Mozambique où il dirige depuis 1996 le Teatro Avenida, qu'il présente lui-même comme la « passion de sa vie ».
391 pages
Editeur :
Seuil (janvier 2009)
Traduction : Rémi Cassaigne
Titre original : Kennedys hjärna

Mon avis : Bien que ce soit un Mankell sans Wallander, ce roman est très prenant, dès les premières pages, grâce à un beau personnage de femme et de mère, Louise Cantor, cinquante-quatre ans, archéologue en Grèce, qui trouvant son fils mort à son retour en Suède, ne peut se résoudre à croire qu’il s’est suicidé et commence des recherches. Ce n’est pas un roman policier, même s’il en a la construction, les fausses pistes, les indices qui se mettent en place ainsi que quelques scènes plutôt dures. Le thème du deuil est aussi présent, il ne faut pas imaginer que Louise se lance immédiatement dans une enquête, ce qui serait invraisemblable, non, tout reste très réaliste et c’est d’ailleurs ce qui fait froid dans le dos à différents moments du récit, surtout quand elle poursuit ses recherches à Barcelone puis au Mozambique. Le choix du personnage principal est astucieux : Louise Cantor a l’habitude de procéder à des recherches, de faire des déductions, de ne pas interpréter forcément tout ce qu’elle trouve comme étant ce qu’elle cherche… De plus son âge et le fait que son fils unique soit mort font qu’elle ne craint pas de s’imposer ou de poser des questions dérangeantes aux autres protagonistes du récit. Ce roman permet à l’auteur de faire passer des idées sur les problèmes de l’Afrique, l’origine du sida, le rôle des laboratoires pharmaceutiques, le trafic de drogue, la prostitution, thèmes qui ne sont pas plaqués sur le récit, mais bien intégrés et tout à fait passionnants. Par certains côtés, ce roman se rapproche de Zulu de Caryl Férey ou de La constance du jardinier de John Le Carré. Quand au titre, il a bien un rapport avec cette enquête que je laisserai découvrir à ceux qui se lanceront dans l’aventure.
Un très bon Mankell, que j’ai préféré à Tea-bag, lu l’année dernière. Il paraît que Profondeurs lui est supérieur encore, ce que je vais devoir vérifier un jour ou l’autre !

Extrait : C'était la première fois qu'elle voyait ces animaux. Il sentit qu'elle cherchait une histoire. Ses sculptures n'étaient pas des images, mais des histoires, des voix qui chuchotent et demandent qu'on les écoute. La galerie de son père et ses fouilles archéologiques avaient des racines communes. Des voix disparues, dont elle devait interpréter le silence.
'Le silence a la plus belle des voix', avait-il dit un jour. Elle n'avait jamais oublié ces mots.
- Ils ont un nom, tes chats-chiens ou chiens-chats ?
- Le seul nom qui me plaise, c'est le tien.
Ils s'enfonçèrent dans la forêt, les sentiers se croisaient, des oiseaux s'envolaient et s'éloignaient en battant des ailes. Soudain, sans qu'il en ait eu l'intention, ils se retrouvèrent face au creux où il avait sculpté le visage d'Heidi. Son chagrin était encore très lourd. Chaque année, il sculptait à nouveau ce visage et ce chagrin. Le visage devenait toujours plus fragile, toujours plus fuyant. Son chagrin pénétrait toujours plus profondément le tronc à chaque coup de ciseaux, qu'il sculptait autant en lui-même que dans l'arbre.


D’autres avis : Cathulu et Zarline sont plus enthousiastes qu’Anna Blume et Yv.
Par kathel
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Dimanche 10 août 2008
Présentation de l'éditeur : Göteborg, Suède... C'est le règne de l'été indien et le début d'une enquête casse-tête pour le commissaire Erik Winter. Notre flic suédois se retrouve contraint de filer vers l'Ecosse afin d'y élucider la disparition d'un marin pêcheur au large des côtes calédoniennes. Un fait divers d'autant plus troublant que le grand-père du disparu s'est volatilisé soixante ans auparavant dans des conditions similaires. Crime ou accident ? A lui d'y voir plus clair... Au même moment, à Göteborg, l'inspecteur Aneta Djanali, originaire du Burkina Faso, se frotte à une sordide histoire de violences conjugales.

Biographie de l'auteur : Åke Edwardson est né en 1953. Diplômé de littérature, il travaille pour de nombreux journaux et enseigne à l'Université. Pour son premier roman, Danse avec l'ange, déjà traduit en quatorze langues, il a été lauréat du Grand Prix du roman policier suédois en 1997. Le sixième volume de cette série qui met en scène le commissaire suédois Erik Winter, Chambre n° 10, a paru aux Éditions Lattés en 2007. Åke Edwardson vit aujourd'hui à Göteborg, en Suède.
Editeur : 10x18 Traduction : Philippe Bouquet  Titre original : Segel av sten 
525 pages

Ma lecture : La suite de me lectures d'été avec ce roman policier suédois, qui ne surfe pas sur le succès de Millenium car l'auteur était traduit en français bien avant ! Deux affaires s’entrecroisent dans ce roman policier : la disparition d’un homme d’une soixantaine d’années parti en Ecosse sur les traces de son père disparu lui-même là-bas lorsque le fils était tout petit. C’est le commissaire Erik Winter qui prend en charge cette disparition troublante, puisque précédée d’un message étrange qui suggère que le père n’est peut-être pas mort dans un naufrage comme tout le monde le croyait. Erik Winter part donc enquêter sur les terres de Macbeth et du monstre du Loch Ness.
Sa collègue Aneta Djanali, à Göteborg, s’occupe d’un drame de violences conjugales qui n’en est  pas forcément un : « Rien n’est ce qu’il semble être » est le message commun à ces deux affaires.
L’atmosphère du roman est alourdie par de mystérieux chapitres en flash-back nous transposant les pensées d’un personnage inconnu et trouble. Les enquêtes se déroulent un peu paresseusement, à un rythme plus vraisemblable que dans la plupart des thrillers et polars, un rythme assez estival, même si celui-ci se déroule en octobre. Le roman est un peu long à démarrer, le temps que se remettent en place les vies privées des enquêteurs de ce commissariat de Göteborg, et pour cette raison, je vous conseillerais, si vous n’avez encore lu aucun roman d’Åke Edwardson de commencer par le premier : Danse avec l’ange que j’ai trouvé excellent, ainsi que Ombre et soleil.
Chimère a lu toute la série Danse avec l’ange, Un cri si lointain, Ombre et soleil et Je voudrais que cela ne finisse jamais et vous en parle très bien !

Un extrait :
Le Marino avait tenté d'échapper aux torpilleurs allemands et de gagner la côte écossaise à travers les champs de mines.
- Ils sont arrivés à Aberdeen et ce n'était pas la première fois qu'ils le faisaient. Mais ils n'avaient pas beaucoup de poisson cette fois-là, expliqua Erik Osvald.
- Et ils n'en sont pas repartis, ajouta Johanna.
C' était trop dangereux, ajouta son frère.
- Ils sont donc restés.
- A Aberdeen ?
- Pour commencer. Ensuite, ils sont allés à Peterhead, leur port d'attache au cours de cette année-là en quelque sorte. Ils sortaient de temps en temps en mer, bien entendu.
- Mais jamais très loin ?
- Non je crois qu'ils doublaient la pointe de Fraserburgh et s'enfonçaient un peu dans le détroit, vers Inverness.
- Inverness, demanda Winter en regardant Johanna Osvald.
- Enfin, pas tout à fait, à en croire Arne avant qu'il ait perdu la boule. Ils entraient seulement un peu dans ce firth dont j'ai oublié le nom.
Winter hocha la tête.

Par kathel
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Mardi 22 juillet 2008

Quatrième de couverture : Après un long périple à pied à travers l'Europe, d'Espagne en Suède, Tea-Bag, jeune Nigérienne affamée d'espoir, échoue dans un camp de réfugiés. Elle y rencontrera Leyla, une Iranienne, et Tania, une Russe qui a traversé la Baltique à la rame. Un écrivain célèbre va tenter de s'inspirer de leurs aventures pour renouer avec le succès. Roman sur l'exil, le sort des sans-papiers et le cynisme des pays du Nord, Tea-Bag ne souligne pas seulement la difficulté à communiquer entre étrangers, c'est aussi un magnifique hommage au courage des femmes.
Points Seuil traduction : Anna Gibson 343 pages titre original : Tea-bag

Mon commentaire : Henning Mankell n’est pas un inconnu pour moi, mais l’auteur suédois de romans policiers observant très finement la société suédoise contemporaine. Il vit la plupart du temps maintenant au Mozambique et connaît donc bien aussi l’Afrique et les grands problèmes de la société africaine. Ce roman a pour sujet les immigrants clandestins qui au péril de leur vie, cherchent un monde meilleur en Europe, où ils ne sont que rarement les bienvenus… On croit entendre la chanson d’Alain Souchon : 
"Je sais bien que, rue d'Belleville,
Rien n'est fait pour moi,
Mais je suis dans une belle ville :
C'est déjà ça.
Si loin de mes antilopes,
Je marche tout bas.
Marcher dans une ville d'Europe,
C'est déjà ça.
Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.
Y a un sac de plastique vert
Au bout de mon bras.
Dans mon sac vert, il y a de l'air :
C'est déjà ça."

C’est l’histoire de Tea-bag, jeune africaine qui racontera peu à peu au fil du livre son parcours et ses souffrances. C’est aussi celle d’un poète suédois sans grand succès qui va aller, malgrè lui, à la rencontre de ces jeunes venus d’ailleurs et qui restent toujours « d’ailleurs ». Ce personnage de Jesper Humlin vaut quelques situations où ses mésaventures avec le monde qui l’entoure le rendent plutôt ridicule. Les dialogues enlevés alternent avec des passages très émouvants où les jeunes filles se racontent à grand peine, tant leur parcours est incroyablement dur. Malgré quelques situations un peu répétitives et caricaturales avec Jesper Humlin, c’est bien écrit, et à lire comme un recueil de témoignages indispensables.

Extrait : C'était un des derniers jours du siècle.
La fille au grand sourire fut réveillée par la pluie, le bruit des gouttes s'écrasant avec douceur sur la toile de la tente. Tant qu'elle gardait les yeux fermés, elle pouvait s'imaginer chez elle, au village, au bord du fleuve qui charriait l'eau claire et froide des montagnes. Mais dès qu'elle les ouvrait, elle avait la sensation de basculer dans une réalité vide, impossible à comprendre. Son passé se réduisait alors à un carrousel d'images hachées, saccadées, tirées de sa longue fuite. Immobile, elle faisait l'effort d'ouvrir les yeux lentement, de ne pas laisser filer les rêves tant qu'elle n'était pas prête à affronter le réveil. Ces premières difficiles minutes décidaient de la suite de la journée. Là, en cet instant, elle était entourée de pièges.
Depuis trois mois qu'elle était dans le camp, elle s'était aménagé un rituel auquel elle ajoutait chaque matin un nouvel élément, jusqu'à trouver la meilleure manière, la plus sûre, de commencer la journée sans que la panique la submerge aussitôt. L'essentiel était de ne pas se lever d'un bond avec le faux espoir que ce jour-là apporterait un événement décisif. Rien n'arrivait, dans le camp, elle en avait maintenant la certitude. C'était le premier enseignement qu'elle avait dû assimiler, à compter du jour où elle s'était traînée hors de l'eau sur cette plage caillouteuse d'Europe où elle avait été accueillie par des chiens menaçants et des douaniers espagnols armés. Etre en fuite, cela voulait dire être seul. Cette certitude valait pour tous, quelle que soit leur origine, quels que soient leurs motifs d'être partis pour l'Europe. Elle était seule et il valait mieux de ne pas espérer voir finir cette solitude, qui l'envelopperait encore pour un temps peut-être très long.

Ils l’ont lu aussi : BMR et MAM, AllieSole, BenoîtD, Lo ainsi que Clarinette qui vient tout juste de le lire !

Par kathel
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Mercredi 7 mai 2008
Résumé de l’éditeur : Ancien rédacteur de Millenium, revue d’investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu’il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont résoudre l’affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire.
Editeur : Actes sud 2006 Traduction : Lena Grumbach et Marc de Gouvenain 575 pages Titre original : Män som hatar kvinnor


Je ne prétends pas faire un billet particulièrement original aujourd’hui : j’ai succombé à la Milleniumania, et j’en rends compte, sans ressentir le plaisir de vous faire découvrir quelque auteur ou roman méconnu !
J’ai aimé cette lecture, mais ce n’est pas vraiment un coup de cœur : le scénario est bien ficelé, avec deux histoires en une, les situations sont fouillées et n’ont pas trop un goût de déjà-vu, les personnages sont attachants, avec une mention spéciale pour Lisbeth Salander, l’objet-livre est beau et agréable à lire… Alors quoi ? Je m’attendais sans doute à un peu autre chose, avec toutes les louanges que j’avais lues ici ou là ! J’ai adoré jusqu’à la rencontre de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, ensuite un petit peu moins… La sauce n’a pas tout à fait pris en ce qui me concerne, et voilà !
C’est une lecture très distrayante toutefois, mais si vous n’avez pas envie de le lire, pourquoi pas ? Vous n’en mourrez pas plus bête ! De mon côté, je ne me précipiterai pas immédiatement sur les tomes deux et trois que je pense quand même lire un jour...


Ils/elles l’ont lu aussi (faites-moi signe si je vous ai oublié !) Yspaddaden, Betty, Karine, Cathulu, Bellesahi, Florinette, Lou, Gawou, Anna Blume, Gachucha, BMR et MAM, Valdebaz, Dasola, Alain, Tamara, Cuné, Emeraude et Rethymna...

Des extraits :
La première phrase
C'était maintenant devenu un événement annuel. L'homme qui recevait la fleur fêtait ce jour-là ses quatre-vingt-deux ans.

- L'île restait coupée mais les choses ont commencé à se calmer. Nous ne nous sommes rendu compte de l'absence d'Harriet qu'au moment où nous passions à table pour un dîner tardif vers 20 heures. J'ai envoyé l'une de mes cousines la chercher dans sa chambre, mais elle est revenue en disant qu'elle ne la trouvait pas. Cela ne m'a pas inquiété outre mesure ; j'ai dû croire qu'elle était allée faire un tour ou qu'elle n'avait pas été informée que le dîner était servi. Et au cours de la soirée j'ai été occupé par diverses querelles familiales. Ce n'est que le lendemain matin, parce qu'Isabella me cherchait, que nous avons réalisé que personne ne savait où elle était et que personne ne l'avait vue depuis la veille.
Il écarta grand les bras.


Une seule condition devait être remplie. Maître Bjurman devait mourir de manière qu'elle-même ne puisse jamais être associée au crime. Elle se doutait bien que tôt ou tard son nom apparaîtrait dans une enquête policière à venir quand les flics examineraient les activités de Bjurman. Mais elle n'était qu'un grain de poussière dans toute une galaxie de clients actuels ou anciens, elle ne l'avait rencontré que quelques rares fois et, à moins que Bjurman n'ait noté dans son agenda qu'il l'avait forcée à lui faire une pipe - ce qu'elle jugeait invraisemblable -, elle n'avait aucune raison de l'assassiner. Il n'y aurait pas la moindre preuve que sa mort avait un rapport quelconque avec ses clients ; on pourrait penser à des ex-petites amies, des parents, des connaissances, des collègues et un tas d'autres gens. On pourrait même cataloguer cela de random violence, scénario dans lequel le meurtrier et victime ne se connaissaient pas.

Par kathel
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Dimanche 6 avril 2008
Résumé de l'éditeur :
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l' oeil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la 'Crevette' qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre.

L’auteur :
Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la Radio Suédoise. Auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle rencontre un succès phénoménal avec "Le mec de la tombe d'à côté", vendu à plus de 450 000 exemplaires, dans un pays de 9 millions d'habitants !
Editeur : Gaïa  (2006) Traduction : Lena Grumbach et Catherine Marcus 253 pages Titre original : Grabben i graven bredvid

Je l’ai lu ! Tout a commencé par des articles enthousiastes sur des blogs, puis un grand sourire et un commentaire élogieux de la bibliothécaire quand je l’ai emprunté ! Ça a été l’affaire d’un week-end, on n’a pas envie de lâcher ce livre quand on le tient ! C’est frais, savoureux, sain, sans additifs chimiques et pas du genre « étouffe-chrétien », en un mot, je me suis régalée !
Aucune raison de bouder son plaisir à la lecture de cette histoire d'amour très contemporaine, qui pousse tout de même à s’interroger sur le choc des cultures, ou comment tenter une expérience avec une autre personne quand on a des centres d’intérêt et des modes de vie très éloignés… Les points de vue alternent avec vivacité entre Désirée et Benny, l’auteur ne néglige pas les personnages secondaires pour autant, l’humour et l’autodérision sont toujours présents, que demander de plus ?
Si vous ne l’avez pas encore lu (quel oiseau rare de la blogosphère n’en a pas au moins entendu parler ?) vous pouvez le demander à votre libraire ou bibliothécaire favori, je ne pense pas que vous le regretterez !

Morceaux choisis :
    Pourquoi elle est tout le temps assise là ?
    J'avais l'habitude de me poser un moment sur le banc après l'entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J'essayais de trouver un petit bout de ficelle auquel m'accrocher et qui me permettrait d'avancer encore un jour, ou deux. À la ferme, quand je cavale entre tout ce qu'il y a à faire, je n'arrive pas à penser. Si je ne me concentre pas sur ce que j'ai en mains, inévitablement arrive une mini-catastrophe qui me donne un jour de travail supplémentaire. Je plante le tracteur sur un rocher et l'essieu arrière pète. Une vache s'abîme un trayon parce que j'ai oublié d'attacher son protège-pis.
    Me rendre sur la tombe est mon seul bol d'air, mais même là, j'ai du mal à me dire que j'ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d'abord biner et planter et m'activer, avant de m'autoriser à m'asseoir.
    Et alors je la trouve assise là.
    Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années.

    En général, je n'éveille pas plus d'intérêt chez les beaux mecs que le dessin de papier peint choisi par un responsable de HLM.

    Désirée - j'ai du mal avec son prénom. Il sonne à la fois cassant, constipé et hautain, tout ce que je croyais qu'elle était au début. Moi, je l'appelle la Crevette. Ca lui va tellement bien que c'en est presque méchant. Pâle, recroquevillée sur ses parties molles, une carapace autour. Et de longues antennes.
    Il y a tant de choses en elle que je ne comprends pas.
    Elle regardait longuement une photo de mes parents que personnellement j'aime énormément. Ils prennent le soleil allongés sur un rocher, à moitié nus, les bras et jambes entortillés. Ils sont joue contre joue, plissent les yeux au soleil et sourient.
    La photo la mettait mal à l'aise, elle la trouvait trop privée.
    - Après tout, ce sont tes parents, a-t-elle dit. Tu ne trouves pas qu'elle est un peu... eh bien trop personnelle. C'est presque choquant.


Qu'en ont-elles pensé ?
Papillon, Katell, Cuné, Sylire, Gambadou, Laure, Anne, Tamara, Chrestomanci, Clarabel, et Lilly ?
Et maintenant, côté messieurs, qu'en dit
Yvon ?

Je lirais volontiers du même auteur : Entre Dieu et moi, c'est fini ou Les larmes de Tarzan !
L'éditeur est le même aussi, les éditions Gaïa et leurs pages roses !


Par kathel
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