Présentation de
l'éditeur : Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question dans La Princesse des
glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes...
L'inspecteur Patrik Hedström est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de
grossesse d'Erica Falck, sa compagne. Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière
la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un
étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent. [...]
Biographie de l'auteur : Camilla Läckberg, née le 30 août
1974, est l'auteur de plusieurs romans noirs mettant en scène Erica Falck et dont l'intrigue se situe à Fjàllbacka, petite ville tranquille de la côte suédoise. La Princesse des glaces (
Actes Sud, 2008 ) a reçu en France le grand prix de la Littérature policière et le prix du Polar étranger au Festival de Cognac. Classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années en
Suède, ses ouvrages paraîtront successivement chez Actes Sud. Dernière parution : Le tailleur de pierre.
375 pages
Editeur : Actes Sud (mars
2009)
Traduction : Lena Grumbach et Catherine Marcus
Titre original : PredikantenMa lecture : C’est le premier roman de Camilla Läckberg que je lis, mais le deuxième paru chez Actes Sud, les avis m’ayant semblé meilleurs pour celui-ci. Je vous déclare tout de suite que je l’ai dévoré ! J’ai retrouvé le genre de polars scandinaves que j’aime bien, dans la lignée des Mankell, Nesbo, Holt ou Edwardson.
Une affaire récente qui en déterre une plus ancienne, ce que l’on peut prendre au sens propre dans le cas du Prédicateur, c’est toujours une construction qui marche bien pour un roman policier, et dans ce cas particulièrement. La famille au cœur de l’affaire, sous des apparences lisses et bourgeoises, a beaucoup à cacher, à commencer par une branche de la famille bien moins reluisante, vivant pratiquement dans un taudis après avoir été éloignés d’un héritage et accusés de disparitions mystérieuses. La découverte du corps mutilé d’une jeune fille au côté d’ossements datant de vingt-cinq ans auparavant fait rouvrir des dossiers et accélérer les évènements. Les personnages des policiers sont suffisamment étoffés et leur vie privée intéressante. Patrik Hedström et sa compagne Erica Falck, qui, enceinte, reste à la maison dans la chaleur de l’été, sont attachants et apportent une note de fraîcheur dans leurs démêlés avec des « amis » qui ne souviennent d’eux qu’au moment des vacances parce qu’ils habitent un endroit agréable et au bord de l’eau. Les autres policiers, plus ou moins acharnés dans l’enquête et risquant parfois d’altérer les recherches par leurs erreurs de jugement, sont réalistes et crédibles, mais Patrik, responsable de l’enquête, qui la prend particulièrement à cœur, réussit à fédérer l’équipe autour de lui jusqu’au dénouement, très bien mené.
Un très bon roman dans l’été suédois que je vous recommande !
D’autres avis sur Blog-O-Book, sinon à quoi ça sert que Bob se décarcasse ?
Extrait : La journée commença de façon prometteuse. Il se réveilla tôt, avant le reste de la famille, s’habilla aussi discrètement que possible et réussit à filer sans se faire remarquer. Il emporta son casque de chevalier et l’épée de bois qu’il brandit triomphalement pendant qu’il courait sur les cent mètres séparant sa maison de l’entrée de la brèche du Roi. Il s’arrêta un instant et observa respectueusement la trouée escarpée fendant le roc. Deux mètres environ séparaient les parois et elles s’élevaient sur une bonne dizaine de mètres vers le ciel où le soleil avait commencé son ascension. Trois gros blocs de pierre étaient restés coincés à mi-hauteur constituant un spectacle impressionnant. L’endroit avait une force d’attraction magique sur un enfant de six ans, et le fait que la brèche du Roi soit territoire interdit la rendait d’autant plus attirante.
La faille avait reçu son nom lors d’une visite d’Oscar II à Fjällbacka à la fin des années 1880, mais, de cela, il ne savait rien, ou s’en fichait, lorsqu’il s’introduisit lentement parmi les ombres, son épée de bois prête à l’attaque. En revanche, son papa avait raconté que les scènes du gouffre de l’Enfer dans Ronya, fille de brigands avaient été tournées dans la brèche du Roi, et au cinéma il s’était senti tout excité en voyant Mattis, le chef des bandits, la franchir au galop sur son cheval. Parfois il venait jouer au brigand ici, mais aujourd’hui il était chevalier. Chevalier de la Table ronde, comme dans le livre de coloriage que sa grand-mère lui avait offert pour son anniversaire.
Il avança pas à pas sur les rochers et se prépara à affronter courageusement avec son épée le gros dragon cracheur de feu. Le soleil n’arrivait pas à pénétrer dans ce couloir étroit et le lieu restait froid et sombre même en été. Parfait pour les dragons. Bientôt il ferait gicler le sang de sa gorge, et après une longue agonie le dragon s’écroulerait mort à ses pieds.
Du coin de l’oeil il aperçut quelque chose qui attira son attention, un bout de tissu rouge qui dépassait d’un rocher. Sa curiosité prit le dessus, le dragon pouvait attendre. Il y avait peut-être un trésor caché là. Il prit son élan, sauta sur le bloc de pierre et regarda de l’autre côté. Un instant il faillit tomber à la renverse, il tangua quelques secondes puis retrouva son équilibre en battant des bras. Après coup, il ne voudrait pas reconnaître qu’il s’était affolé, mais sur l’instant il eut la plus grande frousse de ses six années de vie. Une dame était embusquée là, étendue sur le dos et elle le fixait de ses yeux écarquillés.






D’après l'éditeur
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