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Mercredi 28 octobre 2009
Présentation de l'éditeur : Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient... Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante. Avec ce récit crépusculaire à la noirceur absolue, R. J. Ellory évoque autant William Styron que Truman Capote, par la puissance de son écriture et la complexité des émotions qu'il met en jeu.
Auteur anglais, R. J. Ellory est né en 1965 à Birmingham. Après avoir connu l'orphelinat et la prison, il devient guitariste dans un groupe de rock, avant de se tourner vers la photographie. Seul le silence
est son premier roman publié en France, Vendetta vient d’être traduit aussi.
601 pages
Editeur :
LGF (26 août 2009)
Traduction : Fabrice Pointeau
Titre original : A quiet belief in angels


Ma lecture : Que dire qui n’a pas déjà été écrit sur ce très beau roman ? Le résumé et le mot thriller sur la couverture laissent attendre une histoire de tueur en série comme on en a déjà lu beaucoup, mais dès le début, l’auteur prend le temps de laisser le narrateur raconter son enfance à son rythme.

Et quelle enfance ! Joseph Vaughan devient orphelin de père à onze ans, et à partir de ce moment, la Mort ne cesse de rôder dans la petite ville de Georgie où il habite avec sa mère. Et avec les morts horribles de petites filles qui se succèdent, vient la culpabilité, le sentiment de n’avoir rien fait pour empêcher cela. L’auteur traite à la fois du cheminement psychologique individuel, celui de Joseph qui doit grandir avec ces crimes dans sa région, voire dans son entourage, et des réactions collectives de cette petite ville du Sud, où la xénophobie et l’intolérance à l’égard de toute personne un peu différente sont particulièrement vives. Bien qu’un tueur des plus abominables sévisse entre ces pages, savoir son identité n’est pas ce qui importe le plus, seulement dans la mesure où un innocent va peut-être pâtir à sa place de la culpabilité qui le ronge…

Rythmé par un rappel régulier des horreurs du monde, et entre 1939 et les années 60, il n’en manque pas, le récit de Joseph progresse. Cerné de toutes parts par la mort, dont il ressent physiquement la présence, seule l’écriture le sauve de la folie qui emporte sa mère très loin de lui.
Le roman comporte alors des très belles pages sur le travail de l’écrivain, que l’on peut apprécier aussi dans l'écriture superbe de R. J. Ellory. Le coup de cœur « noir » de l’année, certainement !

Lu et apprécié, voire adoré par Manu
, Keisha, Ys, Jean-Marc, Karine, Sylde, Aurore (sur mes étagères), Amanda, Cuné, Laure, Abeille et d'autres que j'ai sûrement oubliés. Comme tous les goûts sont dans la nature, et même dans la blogosphère, j'ajoute que Dasola n'est pas complètement enthousiaste et Freude pas emballée.

A visiter, le site de l’auteur et son blog.


Extraits : Avec le recul, ma vie ressemblait à une série d’incidents reliés les uns aux autres. Comme une suite de wagons de marchandises qui auraient déraillé, chacun indépendant et pourtant rattaché au suivant. L’un des wagons avait quitté les rails – peut-être la mort de mon père – et à partir de là, tout avait rapidement, résolument, suivi. J’en était venu à croire que j’étais prisonnier de ces wagons, et que si je ne m’en désengageais pas, je finirais par basculer dans le vide.


C’était là quelque chose qui valait le voyage ; c’était New York City, le cœur de l’Amérique du Nord, ses rues comme des veines, ses boulevards comme des artères, ses avenues comme des synapses électriques claquant, canalisant, s’étirant ; un million de voix, un million d’autres les recouvrant, tous ces gens aussi proches qu’une famille mais ne voyant qu’eux-mêmes. Ici, on pouvait être quelqu’un à un carrefour, et plus personne de l’autre côté de la rue. New York me battait de ses poings. Tout ce que je voyais était lumineux et effronté et arrogant. La coup des costumes, les lèvres écarlates des filles aux visages tirés tout droit de magazines ou de films ; les voitures tel un kilomètre de chromes étincelants, roues à rayons métalliques et calandres féroces, déflecteurs comme des yeux et des miroirs ; enfants tirés à quatre épingles comme s’ils allaient à l’église. Majestueux. imposant. Une ville telle un poing serré. Un tonnerre d’humanité.

New York me coupa le souffle. je ne le recouvrai que deux jours plus tard.

Par kathel
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Dimanche 18 octobre 2009
Rentrée littéraire 2009
Quatrième de couverture : Murdo Munro travaille dans les forêts de son île natale sur la côte ouest de l'Écosse. Il s'est depuis longtemps résigné à sa solitude et à l'hostilité froide de sa femme, lorsque, le jour du mariage de sa fille, devant la perspective du face-à-face conjugal qui l'attend, il décide de brûler sa maison et de disparaître. Munro marche dans cette forêt qu'il aime, monte dans un bateau et va rejoindre la ferme de sa sœur. Après des semaines vécues dans la crainte d'être rattrapé, il décide de faire face à ses responsabilités. L'écriture est extraordinaire aussi bien dans l'évocation puissante de la nature que dans le reflet du tourment intérieur qui ronge le personnage. Dominic Cooper écrit un livre magnifique sur l'errance, sur la difficulté d'être soi quand les autres ne vous connaissent pas tel que vous êtes et vous font exister à l'inverse de ce que vous voudriez vivre. Dans ce livre rare et poignant, l'auteur du Cœur de l'hiver confirme son originalité profonde et son talent d'écrivain en prise avec la nature.
L'auteur :
Dominic Cooper est né en 1944 et vit en Écosse dans la région d'Argyll. Il est l'auteur du Cœur de l'hiver (2006) qui a remporté le Somerset Maugham Award et la mention spéciale du Prix des Lecteurs du Télégramme remis par la librairie Dialogues à Brest en 2007.

185 pages

Editeur :
Editions Métailié (1 octobre 2009)

Titre orignal : Sunrise
Traduction : Céline Schwaller

Mon avis : Je vais jouer ici le rôle du vilain petit canard, quand tout le monde crie au coup de cœur ou presque, je me suis principalement… ennuyée ! Le thème de la fuite, de l’errance, le retour à la nature, le début d’une nouvelle vie à presque soixante ans, voilà qui aurait pu me plaire, mais la rencontre n’a pas eu lieu. L’écriture est très belle, très évocatrice, on croit sentir l’odeur de la tourbe, entendre les cris des oiseaux ou le bruit des pas sur un sol spongieux, être ébloui par la lumière sur la mer, mais au bout des deux tiers du livre environ, j’ai trouvé toutes ces descriptions de paysages répétitives, et j’avais envie de voir l’Ecosse pour de bon et pas sur le papier ! Les interrogations de Munro m’ont aussi paru intéressantes durant un temps, mais pas assez pour empêcher mon esprit de vagabonder ailleurs, ce qui est précisément la chose à ne pas faire avec ce genre de livre !

Un grand merci, Keisha, pour le prêt, je vais le faire partir chez Pascale dès que possible !


D’autres lecteurs conquis, lisez donc leur avis plutôt que le mien : Keisha, Marie (rêves de lecture), Yv et Malice.

Extrait :
– Et maintenant, prions.
La brise légère qui tourbillonnait et balayait en douces rafales les petites hauteurs du Beinn an Eòin était venue d’au-delà du grand large. Ses mouvements semblaient fortuits et sans pertinence en comparaison des vies ordon­nées que les habitants de l’île menaient dans les vallées en contrebas. Ses origines et ses intentions étaient obscures ; car elle était poussée par une force qui ne devait rien aux créations des hommes. Et c’était seulement la terre, avec ses joues balafrées de roche et de bruyères, de mousses char­nues et d’herbes flexibles, seulement cette masse meurtrie et l’attention muette mais indéfectible du lointain soleil qui s’étendaient sous l’avancée du vent à travers les collines de l’île. Car les gens eux-mêmes, éloignés de leurs anciennes intuitions et de leurs passions inavouées par un monde nouveau et plus rationnel, avaient depuis long­temps détourné le regard et étaient maintenant absorbés par des choses plus proches de leurs vies.
La brise continua d’errer sur la colline, peignant et cares­sant la douce surface du sol, jusqu’à ce qu’elle atteignît le bord d’un escarpement. Là, à la frontière entre les deux mondes, elle se ramassa sur elle-même et bondit haut dans l’air rare et bleu pour rejoindre un courant qui portait les busards survolant cette côte intérieure en quête de nourriture.
Depuis ces hauteurs, la terre en contrebas offrait une perspective étrangement irréelle. Au sud, sur la droite, les méandres jumeaux d’une route à voie unique et d’une rivière sinueuse soulignaient la forme de la vallée, laquelle était fermée par un col bas caché à plusieurs kilomètres derrière les collines. Au nord s’étendait un petit bras de mer en forme de spatule, protégé de la houle de l’océan par l’étranglement boisé à travers lequel les marées se préci­pitaient inlassablement deux fois par jour. Avec sa rivière paresseuse, la vallée rencontrait le bras de mer dans un enchevêtrement de roseaux, de mares et d’eaux stagnantes ; et ici, à l’extrémité du lac, s’étendait le groupe éclaté de maisons qui formaient le village isolé d’Acheninver.
De loin, on ne distinguait pour ainsi dire aucun motif dans la disposition des bâtiments et le seul trait proéminent était l’église avec son clocher trapu.
Rien ne bougeait.
Seuls les tourbillons de la brise et parfois le cri d’un oiseau marquaient le passage implacable des heures. Loin au-dessous, le village semblait cloué au sol sous les rayons du soleil de la fin d’après-midi.

Challenge du 1% littéraire de Levraoueg : 5/7 !

Par kathel
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Samedi 26 septembre 2009
Rentrée littéraire 2009
Quatrième de couverture : Le 11 novembre 1920, le corps du Soldat inconnu est mis en terre à l'abbaye de Westminster à Londres. Parmi ceux qui assistent à la cérémonie - qualifiée par le Times de " plus grande effusion de larmes que l'Angleterre ait jamais connue " - figure Alex Dyer. S'il a tout fait pour appartenir à la commission chargée de sélectionner celui qui va incarner les millions d'hommes morts sur le front pour leur patrie, c'est qu'il a une dette à payer. La Rafale des tambours retrace l'histoire de trois personnes emprisonnées dans le cauchemar de la Grande Guerre : le journaliste Alex Dyer, son ami d'enfance Ted Eden et Clare, l'infirmière que Ted a épousée lors d'une permission. Alex aime Ted comme son frère, mais Clare lui inspire une passion à laquelle ni lui ni elle ne sauront résister. Ce premier roman est une puissante évocation des ravages que causent la guerre, l'amour et le remords.

Biographie de l'auteur
 : Carol Ann Lee est née en 1969 en Angleterre, dans le Yorkshire. Diplômée en architecture et en histoire de l'art, elle vit à présent à Amsterdam. Elle est l'auteur de Anne Frank, les secrets d'une vie (Laffont,1999), et de Otto, père d'Anne Frank (Ramsay, 2006), tous deux traduits en quatorze langues. Elle a aussi publié trois livres pour enfants.
395 pages

Editeur :
Quai Voltaire (27 août 2009)
Traduction : Jean Esch

Titre original : The winter of the world


Mon avis :
Quelques années après la première guerre mondiale, Alex Dyer, un journaliste anglais qui fut correspondant de guerre dans le nord de la France, revient dans la Somme pour visiter les cimetières militaires anglais. Il se lie d’amitié avec un jardinier sur l’un des sites, et éprouve le besoin de lui confier ce qu’il a sur le cœur depuis plusieurs années : son très fort lien d’amitié avec Ted Eden, la rencontre avec Clare, tout récemment mariée avec Ted, le coup de foudre qui s’ensuit, les éloignements et les retrouvailles sur fond de guerre. Non, je ne rends pas justice au livre ainsi, la guerre y est bien plus qu’une toile de fond, elle fait partie de l’histoire et les plus belles scènes, toutes pudiques et retenues qu’elles soient, sont celles des tranchées, des convois en ambulance, des hôpitaux de fortune, puis après guerre, celles des cimetières ou du passage du cercueil du Soldat britannique inconnu.

J’ai beaucoup apprécié l’écriture, les beaux personnages, l’exposition du roman par retours en arrière qui est très pertinente, concernant des personnes qui ne peuvent s’empêcher, par remords et chagrin, de vivre dans leurs souvenirs.

Beaucoup de qualités font de La rafale des tambours (dont le titre original est The winter of the world) un très beau roman d’amour en temps de guerre, genre dans lequel les anglais excellent, me semble-t-il… Me viennent à l’esprit Expiation de Ian McEwan, Charlotte Gray de Sebastian Faulks, ou le film Brief encounter de David Lean qui tous se déroulent toutefois pendant la deuxième guerre mondiale. Sinon, sur 1914-18, rien n’égalera jamais, pour moi en tout cas, Le chemin des âmes de Joseph Boyden, superbe !


Les avis de Kallikrates, Leiloona et Winniethepooh. D'autres avis sont à venir bientôt. Merci à Blog-O-Book et aux éditions Quai Voltaire pour l'envoi très prompt de ce roman !


Extrait :

     Le jour où la guerre éclata, Alex était venu rendre visite à son père à Whitby. Ils lurent la nouvelle ensemble. Et ils restèrent ensuite muets un long moment. Son père agonisait dans la grande et vilaine maison où Alex avait passé son enfance, avec les marches de l’abbaye qui venaient buter contre le muret du jardin. De petits nuages blancs sortaient de sa bouche sèche ; Alex sentit que la main recroquevillée cherchait la sienne sur les couvertures, et quand leurs doigts se touchèrent, son père lui demanda de partir : "ça ne sert à rien que tu restes ici, à attendre mes dernières paroles. Grey dit que les lumières se sont éteintes dans toute l’Europe. Alors, essaye de trouver ce que tu peux dans le noir."

     Au crépuscule, Alex marcha jusqu’au bord de la falaise et il regarda les bateaux de pêche qui rentraient au port, les lumières qui clignotaient comme des lucioles dans l’obscurité douce, là où la mer rejoint le ciel. il ne voulait pas quitter son père, mais l’appel de la tornade qui balayait l’Europe se faisait plus pressant d’heure en heure.

Challenge du 1% littéraire de Levraoueg : 4 livres lus !

Par kathel
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Mardi 16 juin 2009
Mot de l’éditeur : « Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l’alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l’ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d’une vie.
L'Auteur : Né en 1948, Ian McEwan est considéré comme l’un des écrivains anglais les plus doués de sa génération. L’enfant volé a reçu le prestigieux Whitbread Novel Award et, en France, le prix Femina étranger ; Amsterdam a été couronné par le Booker Prize for Fiction (1998) ; Expiation par le WH Smith Literary Award (2002).
148 pages
Editeur :
Gallimard (septembre 2008)
Collection : Du monde entier
Traduction : France Camus-Pichon
Titre original : On Chesil beach

Ma lecture : On a déjà beaucoup évoqué ce livre sur les blogs et je n’en raconterai pas une enième fois le sujet. Ce roman surprend après Expiation et Samedi qui étaient beaucoup plus denses, avec un plus grand nombre de personnages, quoique Samedi tendait déjà à être plus concis, puisqu’il se déroulait sur une seule journée.
Là il s’agit de quelques heures cruciales qui vont changer la vie de deux jeunes gens qui n’en connaissent justement pas grand chose, de la vie ! Ce court roman, très bien écrit, entre dans les méandres des pensées des jeunes mariés, retraçant les éléments de leur enfance et de leur jeunesse indispensables pour comprendre leur psychologie, sans toutefois nous focaliser sur un évènement passé en particulier ; l’interprétation est ouverte, les pistes sont proposées mais non imposées. Ce qu’on peut en dire est que Florence et Andrew souffrent davantage d’un manque de maturité affective que de leur différence d’origine sociale, mais que cette dernière n’est pas totalement sans conséquence.
Bon, il y a un bien un court moment où l’on se dit : « Tout ça pour ça ! », mais globalement cette plongée dans les années soixante est prenante et ne souffre d’aucune longueur ou facilité. A découvrir !
PS pour El : Finalement, je l'ai emprunté à la bibliothèque avant que tu ne me le prêtes en anglais ! L'as-tu fini ?

Elles et ils sont nombreux à l’avoir déjà lu et Blog-O-Book les recense, les avis vont de la déception à l'enthousiasme,  j’ajoute Enna dont la lecture est très récente….

Le début : Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible. Mais ce n'est jamais facile. Ils venaient de s'installer pour dîner dans un minuscule salon au premier étage d'une auberge de style géorgien. Dans la pièce voisine, visible par la porte ouverte, se trouvait un lit à baldaquin assez étroit, dont la courtepointe d'un blanc pur s'étendait, incroyablement lisse, comme si aucune main humaine ne l'avait touchée. Edward n'avoua pas qu'il n'était encore jamais allé à l'hôtel, alors que Florence, après ses nombreux voyages avec son père dans son enfance, était une habituée. En apparence, tout leur souriait. Leur mariage à l'église St Mary d'Oxford s'était bien passé : la cérémonie religieuse avait été sans fausse note, la réception, festive, les adieux de leurs copains de fac et de lycée, aussi bruyants que chaleureux. Contrairement à ce qu'ils redoutaient tous les deux, les parents de Florence n'avaient pas regardé les siens de haut, et sa mère à lui n'avait commis aucun impair ni complètement oublié la signification de cette journée. Les mariés avaient pris la route dans une petite voiture appartenant à la mère de Florence, et ils étaient arrivés en début de soirée à leur hôtel sur la côte du Dorset, par un temps indigne de la mi-juillet et de l'occasion, mais parfaitement convenable : s'il ne pleuvait pas, il ne faisait pas non plus assez chaud, selon Florence, pour manger sur la terrasse comme ils l'avaient espéré. Edward pensait que si, mais, poli à l'extrême, jamais il n'aurait osé la contredire un soir pareil.

Autre extrait : Chaque fois qu’Edward lui demandait « Comment tu te sens ? », ou bien : « A quoi tu penses ? », elle avait toujours du mal à répondre. Lui avait-il donc fallu tout ce temps pour découvrir qu’il lui manquait une simple aptitude mentale que tout le monde possédait, un mécanisme si ordinaire que personne n’en parlait jamais, un rapport immédiat et sensuel aux êtres et aux choses, ainsi qu’à ses propres besoins, à ses propres désirs ? Toutes ces années durant, elle avait vécu totalement isolée, à la fois en elle-même et d’elle-même, sans jamais vouloir ni oser regarder en arrière.

Par kathel
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Mercredi 1 avril 2009
Résumé ou plutôt mise en appétit : La petite communauté de Dove River au Canada est secouée par le meurtre horrible d’un trappeur français, Laurent Jammet. Chacun se pose des questions et personne ne se résout à laisser l’enquête au seul magistrat local. D’ailleurs une équipe est envoyée du fort le plus proche pour l’aider. Les soupçons se portent sur Francis, jeune homme ami du mort qui a disparu depuis le meurtre. Mme Ross, la mère de Francis ne peut croire à ces accusations et décide de suivre ses traces. D’autres suivront également, rencontrant en particulier une communauté norvégienne qui vit dans un endroit loin de tout, et les habitants mystérieux d’un autre fort très éloigné.

L’auteur : Stef Penney est née et a grandi à Edimbourg. Après un diplôme de philosophie et de théologie à l'université de Bristol, elle entreprend des études de cinéma au Bournemouth College of Art. Elle a déjà écrit et réalisé deux films. La Tendresse des loups a obtenu une double récompense inédite au prestigieux Costa Award : meilleure première œuvre et meilleur roman.
445 pages
Editeur :
Belfond (2008)
Titre original : The tenderness of wolves
Traduction : Pierre Furlan

Mon avis : Après quelques romans intimistes et français, genre que je commence à apprécier, quand il est de bonne qualité, je reviens à mes amours premières, la littérature anglo-saxonne et les grands drames ! Je suis plongée depuis une semaine dans ce roman et c’est tout à fait le genre d’immersion que j’aime. Il s’agit d’une enquête à la fin du XIXe siècle, dans les grands espaces du Nord canadien, mais aussi une observation très fine et intéressante de personnages venus d’horizons divers, pour certains issus de la communauté écossaise installée depuis peu à ce moment, d’autres indiens américains. En chapitre courts, alternant les points de vue, je me suis, malgré le nombre important de personnages, attachée à chacun d’entre eux et ai eu hâte de savoir ce qu’ils allaient devenir. Les thèmes abordés, tels que la justice, l’amour maternel, l’appartenance à une communauté, ont rendu cette lecture vraiment passionnante.
C’est le premier roman d’une jeune écossaise, à ajouter dans les premiers romans à suivre de la rentrée de septembre 2008 : dire qu’il m’attendait depuis cette date !

Ils l’ont aimé aussi : Cuné, Yvon, Katell et Tvless. Seule Brize a été déçue…

Pour prolonger, une interview de l'auteur.

Par kathel
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Dimanche 15 février 2009
Quatrième de couverture : Thursday Next, détective littéraire et agent des OpSpecs, bénéficie d'un repas bien mérité après être rentrée dans l'intrigue du roman Jane Eyre grâce au portail de la prose et en avoir sauvé l'héroïne. Elle a aussi retrouvé l'homme de ses rêves, Landen, et comme un bonheur n'arrive jamais seul, la voilà enceinte ! Seulement, la corporation Goliath ne l'entend pas de cette oreille, et pour la contraindre à libérer le criminel qu'elle a enfermé dans un poème de Poe, le groupe tout-puissant fait éradiquer son mari de la réalité - il serait mort dans un accident de voiture à l'âge de deux ans Seule Thursday se souvient que Landen a un jour existé... Mais maintenant que le portail de la prose a disparu, la jeune femme va devoir subir un entraînement spécial à la jurifiction - la police interne des livres - avant de pouvoir reprendre ses voyages à l'intérieur des chefs-d'œuvre de la littérature.

L'auteur : Après avoir passe vingt ans dans l'industrie cinematographique, Jasper Fforde a choisi de concrétiser son rêve d'enfant. devenir écrivain. Son premier roman, L'affaire Jane Eyre, à la frontière entre le thriller littéraire et le conte fantastique, est devenu un livre-culte aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne où cet auteur atypique vit et écrit.

412 pages
Editeur :
Fleuve Noir
Traduction : Roxane Azimi
Titre original : Lost in a good book

Mon commentaire : J’ai débuté ce roman en me demandant comment il était possible de trouver toujours des idées neuves au sein des enquêtes des OpSpecs, mais j’ai été rassurée au bout de quelques chapitres qui contiennent déjà des trouvailles réjouissantes ! Ce second volume est aussi agréable à lire que le premier, avec des incursions dans des classiques de la littérature, de l’action et de l’humour à tous les coins de page. Entre deux lectures beaucoup plus dramatiques, cela ne peut que faire du bien !
Dans ce tome, Thursday cherche à retrouver son mari Landen, éradiqué, c’est-à-dire disparu de la mémoire de tous, sauf celle de Thursday. Le groupe Goliath espère ainsi la faire chanter afin qu’elle fasse ressortir Jack Maird du Corbeau d’Edgar Poe, où il est enfermé. Elle devra donc s’entraîner à entrer et sortir de différentes œuvres pour tenter d’y parvenir. Je n'essayerai pas d’aller plus loin dans le résumé, ce n’est pas très facile, car les évènements se succèdent à toute vitesse !
J’aime beaucoup cette suite, les trouvailles y sont encore très réussies, le dodo Pickwick est bien mignon, mais les personnages sont peut-être un peu moins approfondis que dans le premier tome : on a l’impression de simples esquisses, parfois, ce sera mon seul bémol à cette lecture très divertissante.

Elles l’ont lu : Lilly s’est régalée, Karine :) a passé un très bon moment, SBM a été un peu déçue et Chiffonnette  a aimé.

Extrait : Le quatrième jour de ma semaine de vacances, juste après le déjeuner chez la maman de Landen et avant la première bagarre mémorable entre Pickwick et le chat du voisin, je reçus un appel de Cordelia Flakk. C’était elle qui dirigeait le service de presse ici, chez les OpSpecs de Swindon, et elle m’annonça qu’Adrian Lush m’invitait dans son émission. Je n’étais pas emballée par le nouvelle... ni par l’émission, du reste. Mais il y avait un bon côté. L’émission avait lieu en direct, et Flakk me promit que c’était le genre d’interview où «tous les coups sont permis », ce qui ne manqua pas de m’intéresser. En dépit de mes nombreuses interventions, la véritable histoire à propos de Jane Eyre restait inconnue du grand public – et ça faisait un bon moment déjà que j’avais envie de traîner Goliath dans la boue. La promesse de Flakk que ce serait ma dernière apparition dans les médias scella ma décision. Va pour Adrian Lush.
Quelques jours plus tard, je me rendis seule aux studios de Krapo ; Landen avait une échéance à respecter et devait garder le nez sur le guidon. Mais je ne restai pas seule longtemps. Sitôt que j’eus pénétré dans le vaste hall d’entrée, une silhouette verdâtre couleur de lait caillé fonça vers moi d’un pas énergique.
-Thursday, chérie ! s’écria Cordelia, faisant cliqueter ses perles. Je suis si heureuse que vous ayez pu venir !

Par kathel
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Mercredi 11 février 2009
Présentation de l'éditeur : Sibérie, 1919. La cité de Jazyk est occupée par des militaires tchèques. La ville, étrangement sans enfants, obéit aussi au contrôle souterrain d'une secte puissante. Alors que les soldats se préparent à l'attaque imminente de l'Armée rouge, de nouvelles menaces surgissent : un évadé du bagne rentre dans Jazyk, un shaman de la secte est retrouvé mort. Soupçons, peur et folie s'abattent sur la ville...

L’auteur : Né en Angleterre, James Meek a grandi à Dundee, en Écosse, avant de devenir journaliste et reporter en 1985. Il a également vécu en Russie et en Ukraine de 1991 à 1999 et sa connaissance du monde slave transparaît dans ses œuvres.
Il vit aujourd'hui à Londres. Il a collaboré pendant 20 ans, jusqu'en 2005, à plusieurs grands journaux anglais comme The Guardian, The London Review of Books et Granta : il a traité en particulier les conflits en Irak et en Tchétchénie, les prisonniers au camp de Guantanamo Bay ou les questions de Sécurité sociale au Royaume-Uni. Il se consacre désormais à l'écriture. Son dernier roman traduit est : Nous commençons notre descente, chez Métaillé. (voir sur Bibliosurf)

466 pages
Editeur :
Points
Traduction : David Fauquemberg
Titre original : The People’s Act of Love


Ma lecture : Je dois tout d’abord vous mettre en garde, le roman est un peu long à démarrer au début… Pendant les quatre-vingt-dix premières pages, je me suis un peu demandée où l’auteur voulait nous mener et quels sentiments animaient les différents personnages rencontrés. A l’arrivée d’Anna Petrovna, j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire, puis à me passionner vraiment lorsque les quatre personnages principaux se retrouvent dans la petite ville de Jazyk, en Sibérie, au même moment. Anna Petrovna est donc une jeune veuve, mère d’un petit garçon, passionnée de photographie. Les autres personnages sont tous des hommes : Samarin, l’étudiant déporté au Jardin Blanc et évadé de ce camp disciplinaire proche du cercle polaire, et un détachement de tchèques qui occupent la ville, d'où émergent les figures du lieutenant Mutz, rigide mais sensible, et du sanguinaire capitaine Matula. La ville de Jazyk abrite aussi une communauté religieuse très particulière, avec à leur tête, un certain Balashov au passé mystérieux.
Je ne vous dirai rien de plus pour ne pas aborder les deux thèmes principaux du roman, particulièrement terribles.
Sachez que c’est une très belle histoire où reviennent sans cesse l’amour et la mort, où les dogmes politiques et religieux se rejoignent, emportant les hommes à « la recherche de l’inaccessible ».


Lu pour le défi Lire autour du monde.

Les avis de : Katell "une vraie réussite romanesque", de Pascale "un grand roman, difficile à lâcher une fois commencé", du Bibliomane "flamboyant, baroque, profondément original", de Pimpi "c’est un roman que l’on ne peut pas oublier facilement" et d'Essel "roman sombre et déconcertant".

Extrait : La mère d'Anna était terrifiée, bien au-delà des larmes, par la colère de sa fille.
La silhouette était celle d'un policier. Il demanda à Anna comment elle pensait qu'une jeune fille puisse se promener seule en ville avec un appareil photo et se mêler à la vermine la plus vile, la plus indécente et la plus déloyale à l'insu des autorités. Il ajouta que seuls des efforts surhumains de sa part avaient permis de substituer la simple destruction de l'appareil à une arrestation, un procès et un exil plus que probable.
Au cours de la nuit, quand tout le monde fut couché, Anna sortit dans le noir avec une lanterne. Quatre heures durant elle chercha dans la cour la plaque sur laquelle était imprimée l'image du cavalier. Elle ne la trouva pas. Elle ramassa le mécanisme qui contrôlait l'ouverture de l'appareil et l'emporta avec elle dans son lit, où elle passa une partie de la nuit à tendre vers la lune l'iris métallique. Elle en déployait les rabats, les refermait, si bien que tour à tour elle tenait entre ses doigts un intense point lumineux puis, l'instant d'après, distinguait la surface du satellite dans ses moindres détails.
Trois ans plus tard, Anna et le hussard se marièrent. Le banquet des noces se tint dans une clairière à l'orée de la ville où les officiers du régiment rivalisèrent d'adresse devant les invités, ramassant au grand galop des foulards posés sur le sol, chevauchant debout sur leur selle, tranchant d'un coup de sabre des melons posés en équilibre sur une perche.
En fin d'après-midi, le colonel du régiment confia à Anna :
- Madame, votre mari est un cavalier-né. Il monte à cheval comme ces Tartares qu'on attachait à califourchon sur des poneys avant même qu'ils ne sachent marcher. Il manie le sabre mieux qu'aucun soldat de la garde. Les recrues le suivront les yeux fermés. Pourtant, je me demande si vous ne seriez pas capable de le persuader d'épouser une autre carrière. Ce serait chose aisée pour une femme de votre beauté. Je ne voudrais pas être contraint de l'emmener à la guerre.

Par kathel
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Dimanche 25 janvier 2009
Présentation de l'éditeur : En ce début de XXe siècle à Vienne, où l'on peut croiser Freud, Schönberg, Klimt et bien d'autres encore, les cafés sont le lieu de débats fiévreux. C'est dans cette atmosphère d'effervescence artistique et scientifique que Max Liebermann, jeune psychiatre et pianiste à ses heures, mène ses enquêtes avec son ami Oskar Rheinhardt, inspecteur et… chanteur lyrique amateur. Et ils vont avoir fort à faire avec le cas de cette jeune et jolie médium retrouvée morte chez elle dans une pièce fermée de l'intérieur. Une note griffonnée de ses mains laisse penser à un suicide. Pourtant, les indices déroutants s'accumulent : l'arme du crime, un pistolet, a disparu, et aucune trace de la balle n'est retrouvée durant l'autopsie... Serait-ce l'intervention d'un esprit maléfique ?
Biographie de l'auteur : Frank Tallis est un docteur en psychologie renommé, spécialiste des troubles obsessionnels. Il a d'abord publié des essais de psychologie grand public, puis des romans (Killing Time et Sensing Others) pour lesquels il a reçu en 1999 le Writer's Award de l'Académie des Arts de Grande-Bretagne et, un an plus tard, le New London Writer's Award. Sa série viennoise, Les Carnets de Max Liebermann, débute avec La Justice de l'inconscient, remarquablement bien accueilli par le public et la critique dès sa publication. Frank Tallis vit aujourd'hui à Londres.
442 pages
Editeur :
10/18
Traduction : Michèle Valencia
Titre original : Mortal mischief

Mon avis :
Voici une lecture parfaite, si on souhaite une pause dépaysante mais de qualité. Ce roman policier nous emmène à Vienne au début du XXe siècle, et c’est immédiatement passionnant. Les personnages sont nombreux et parmi eux, le jeune docteur Max Liebermann, émule de Freud, le policier Oskar Rheinhardt, amateur de musique et de chant, et la jeune gouvernante anglaise Amelia Lyndgate, patiente de Max, sont particulièrement attachants. Une célèbre médium a été assassinée dans son salon, derrière une porte close et le projectile qui l’a tuée est introuvable à l’autopsie. Les suspects sont tout naturellement cherchés parmi son cercle d’amateurs de conversations avec les disparus…
Le roman fourmille de détails sur la vie dans la capitale autrichienne à cette époque, sur la vie culturelle avec beaucoup de conversations à propos des musiciens, chefs d’orchestre et compositeurs autrichiens de l’époque et sur les différentes couches de la société viennoise, des milieux très différents étant explorés par l’auteur. Le plus intéressant concerne les recherches médicales, en psychiatrie notamment. Freud apparaît de temps à autre et Max Liebermann est très au fait de ses dernières découvertes. Les soins donnés aux malades qualifiées d’hystériques donnent une vision précise et effarante de la condition féminine en ce début de siècle, où le simple fait d’élever la voix pour résister à des abus, ou de réagir de manière normale à des situations de stress, est qualifié d’hystérie et soigné par des méthodes barbares. L’enquête est très bien construite, complexe sans exagération et se dénoue de manière tout à fait fine et vraisemblable. Un bien agréable moment de lecture qui aura une suite, sans doute.
Pour ceux que les coïncidences amusent, elles n’ont pas manqué pendant cette lecture, lorsque la radio programmait des lieder de Schubert juste quand ils étaient mentionnés, ou quand un serrurier a sonné de manière inattendue à ma porte, alors qu’Herr Uberholtz, serrurier de son métier et par ailleurs un des suspects du crime, travaillait justement à résoudre le mystère de la porte fermée de l’intérieur !

Les avis sont très favorables à Max Liebermann et ses carnets : Agnès l’a dévoré, Betty a passé un bon moment de lecture, Karine l’a trouvé très intéressant, pour Sentinelle l’amateur d'histoire, de psychanalyse et de polar ne pourra qu’être ravi, Chimère y trouve une bonne intrigue, de bons personnages, Fashion a beaucoup aimé la description sociale, culturelle et politique de Vienne, Yueyin a passé un très agréable moment de lecture, Katell l’a trouvé réjouissant et bien écrit, Cathe s’est attachée à ce jeune psychiatre, Camille a été tenue en haleine et Michel a lu un livre riche, abordant de nombreux sujets.

Extrait : - Allons-y, dit-il.
Il attrapa une énorme paire de ciseaux et se mit à tailler dans la robe, du milieu du décolleté jusqu'à la taille. Puis il tira doucement sur le tissu. Du sang coagulé le collait à la peau. Peu à peu, il le libéra et découvrit les seins nus et le torse de Charlotte Löwenstein.
- Pas de corset, remarqua Mathias.
Il disposa les draps de telle sorte que seuls le cratère et sa croûte de sang, au niveau du coeur restent visibles. Lorsqu'un mamelon menaça de réapparaître, Mathias arrangea les draps par respect pour la pudeur. - Je vous demande pardon, souffla-t-il.
Rheinhardt trouvait cette sollicitude envers les morts à la fois lassante et macabre. Du bout des doigts, le vieil homme tâta doucement le pourtour de la blessure. Pendant qu'il travaillait, il se mit à fredonner un lied. Rheinardt écouta le premier vers et se demanda si on testait de nouveau ses connaissances. Il lui fut toutefois impossible de ne pas mordre à l'hameçon tant la réponse était facile.
- Schubert.


Par kathel
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