De quoi
s’agit-il ? A quarante-deux ans, Maria accouche prématurément d’une petite fille qui reste, pendant trois mois, entre
la vie et la mort. Maria fait la connaissance des autres mères du service de néonatalogie, reprend ses cours de formatrice pour adulte, revoit ses collègues et élèves et attend.
L’auteur : Valeria Parrella, née à Naples en 1974, est une des plumes les plus novatrices de la littérature italienne. Ses nouvelles et son roman sont traduits dans de nombreux pays. Francesca Comencini a tiré du Temps suspendu un film très bien accueilli à la Mostra de Venise 2009.
153 pages
Editeur : Seuil (avril 2010)
Traduction : Dominique Vittoz
Titre original : Lo spazio bianco
Mon avis : Le temps suspendu, c’est un livre sur l’attente, vécue ou plutôt supportée par quelqu’un qui n’a jamais vraiment appris à attendre. Et quelle attente ? Celle de savoir si la minuscule Irene, toute petite dans sa couveuse et derrière ses tuyaux, va réussir à respirer ou mourir. Maria ne cherche pas à fuir cette réalité, mais elle la vit dans une sorte d’absence, un temps où elle n’arrive ni à lire, ni à voir des amis, ni à imaginer l’avenir. Toute seule face à cette situation, puisque le père de l’enfant a disparu lorsqu’elle lui a annoncé sa grossesse, elle reprend peu à peu le chemin qui la mène vers les autres, en particulier ses élèves du cours d’alphabétisation, qui tentent de se faire une vie à Naples.
J’ai été touchée par cette histoire, justement parce qu’elle n’essaye pas d’émouvoir à tout prix, mais au contraire garde une distance pudique avec le sujet en évoquant d’autres thèmes : l’enfance et l’adolescence de Maria, la ville de Naples, ses élèves, un jeune médecin aux yeux bleus… J’avais eu envie l’année dernière de lire le recueil de nouvelles de Valeria Parrella, Le ventre de Naples, l’occasion ne s’est pas présentée, mais je le retiens ainsi que toute autre publication future de cet auteur. Merci beaucoup à Suzanne de Chez les filles pour l'envoi.
Extrait : Il n’empêche, j’avais dégotté ce vasistas et nous y avons cohabité dans un silence presque total.
C’est là que j’ai contemplé la ville, tous les jours pendant trois mois, par bouffées régulières rythmant mes onze heures : mille fois je me suis amusée à chercher - tiens, où est la cathédrale, et la coupole de la galerie Umberto I, et l’ancienne artère romaine ?-, sans jamais m’ennuyer.
L’odeur de nicotine sur mes mains ne partait pas au lavage antiseptique, même quand je retroussais mes manches et me savonnais les bras jusqu’aux coude pendant deux minutes, ainsi que l’exigeait le protocole des soins intensifs. Elle s’exhalait de ma blouse bleue à la première émotion et traversait mon masque quand l’angoisse précipitait ma respiration.
On me l’a reproché. Mais un jeune toubib aux yeux très bleus m’a demandé une cigarette et je la lui ai donnée comme on passe le pain à table.
Elles m’ont précédé : Aifelle, Amanda, Aproposdelivres, Cathulu, Laure, LN, Mango, Praline...
C’est un premier roman, je l’ajoute donc au challenge du premier roman de Saphoo.


esmeraldae 18/04/2010
LN 21/04/2010
sylire 22/04/2010
Alex-Mot-à-Mots 24/04/2010
Lo 25/04/2010