Dimanche 19 septembre 2010
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Quatrième de couverture : Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, Le Maître et Marguerite
a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas
fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme
du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et
des transformations magiques. Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des belles histoires d'amour jamais écrites.
577 pages
Ecrit de 1928 à 1940
Editeur : Pocket
Traduction : Claude Ligny
Mon
avis : Classique de la littérature russe, voilà à peu près tout ce que je savais avant d’ouvrir ce livre. J’ai appris ensuite que le diable y tenait une grande place, et cet
aspect fantastique ne m’a pas étonnée de la part de l’auteur de Cœur de chien,
conte où une manipulation scientifique transforme un chien en être humain.
Dans Le Maître et Marguerite, les personnages du titre n’apparaissent
qu’assez tard, laissant la part belle au microcosme littéraire russe des années 30, parmi lesquels le diable et sa suite font des ravages. Un roman dans le roman s’insère aussi très rapidement
entre les épisodes moscovites, roman qui se passe à Jérusalem et s’attache à l’état d’esprit de Ponce Pilate au moment où il envoie Jésus au supplice.
Une fois passé un petit moment de flottement au début du livre, où je me suis un peu
perdue parmi les noms propres et les nombreuses reprises anaphoriques, je me suis bien divertie et laissé emporter par un tourbillon d’aventures fantastiques où le diable met Moscou sens dessus
dessous. Ces épisodes donnent lieu à des scènes particulièrement drôles (le spectacle, la distribution de robes, le chœur ensorcelé) ou dramatiques, riches en morts diverses et en incendies
spectaculaires. Parmi les personnages colorés de la suite du diable, j'ai eu un petit faible pour le chat à comportement humain, Béhémoth ! J’ai eu par contre un peu de mal à croire au couple du
Maître, personnage bougon et neurasthénique, et de Marguerite, prête à tout par amour, mais manquant un peu de profondeur. J’ai préféré les scènes où les diableries et la vie quotidienne se
télescopent à celles où le diable regagne son domaine, sorte de pays des merveilles satanique. Les passages situés à Jérusalem, issus du roman écrit par le Maître, possèdent un style plus
lyriques et s'avèrent passionnants à lire également. L’arrière-plan politique, où Boulgakov fait passer de maière voilèe des critiques du régime stalinien, est très important et intéressant
aussi. C'est de ce roman qu'est extraite la célèbre phrase "Les manuscrits ne brûlent pas."
Une très agréable lecture finalement, mais je n’ai pas eu tout à fait un coup de cœur
pour ce classique, que je recommande toutefois à ceux qui ne connaîtraient pas.
Extrait : Il y avait encore dans la chambre, assis sur un haut tabouret devant l'échiquier,
un énorme chat noir qui tenait dans sa patte de devant un cavalier du jeu d'échecs. Hella se leva et s'inclina devant Marguerite. Le chat sauta à bas de son tabouret et en fit autant. Pendant
qu'il ramenait derrière lui sa patte arrière droite pour achever sa révérence, il lâcha le cavalier qui roula sous le lit. Le chat alla l'y rechercher aussitôt. Tout cela, Marguerite, à
demi-morte de peur, ne le discernait qu'à grand-peine, dans les ombres perfides que jetaient les chandeliers. Son regard s'arrêta sur le lit, où était assis celui à qui, récemment encore, à
l'étang du Patriarche, le pauvre Ivan avait affirmé que le diable n'existait pas. C'était lui, cet être inexistant, qui se trouvait sur le lit.
Pour vous faire une idée plus précise, un site entier sur Le Maître et Marguerite, ainsi que les billets de Katell, Lilly, Marie, Papillon
et Praline.
Béhémot, personnage de "Le Maître et Marguerite", sur
un mur de Kiev. (source Wikipédia)
Par kathel
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Publié dans : classiques
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