Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 10:16

maitreetmarguerite.jpg Quatrième de couverture : Écrit sous la terreur par un homme malade et désespéré, Le Maître et Marguerite a mis vingt-cinq ans pour s'imposer comme l'un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte dont la construction diabolique n'a pas fini d'enchanter les lecteurs. Comment définir un mythe ? Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde... On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C'est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques. Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d'apocalypse est aussi l'une des belles histoires d'amour jamais écrites.

577 pages

Ecrit de 1928 à 1940

Editeur : Pocket 

Traduction : Claude Ligny

 

Mon avis : Classique de la littérature russe, voilà à peu près tout ce que je savais avant d’ouvrir ce livre. J’ai appris ensuite que le diable y tenait une grande place, et cet aspect fantastique ne m’a pas étonnée de la part de l’auteur de  Cœur de chien, conte où une manipulation scientifique transforme un chien en être humain.

Dans Le Maître et Marguerite, les personnages du titre n’apparaissent qu’assez tard, laissant la part belle au microcosme littéraire russe des années 30, parmi lesquels le diable et sa suite font des ravages. Un roman dans le roman s’insère aussi très rapidement entre les épisodes moscovites, roman qui se passe à Jérusalem et s’attache à l’état d’esprit de Ponce Pilate au moment où il envoie Jésus au supplice.

Une fois passé un petit moment de flottement au début du livre, où je me suis un peu perdue parmi les noms propres et les nombreuses reprises anaphoriques, je me suis bien divertie et laissé emporter par un tourbillon d’aventures fantastiques où le diable met Moscou sens dessus dessous. Ces épisodes donnent lieu à des scènes particulièrement drôles (le spectacle, la distribution de robes, le chœur ensorcelé) ou dramatiques, riches en morts diverses et en incendies spectaculaires. Parmi les personnages colorés de la suite du diable, j'ai eu un petit faible pour le chat à comportement humain, Béhémoth ! J’ai eu par contre un peu de mal à croire au couple du Maître, personnage bougon et neurasthénique, et de Marguerite, prête à tout par amour, mais manquant un peu de profondeur. J’ai préféré les scènes où les diableries et la vie quotidienne se télescopent à celles où le diable regagne son domaine, sorte de pays des merveilles satanique. Les passages situés à Jérusalem, issus du roman écrit par le Maître, possèdent un style plus lyriques et s'avèrent passionnants à lire également. L’arrière-plan politique, où Boulgakov fait passer de maière voilèe des critiques du régime stalinien, est très important et intéressant aussi. C'est de ce roman qu'est extraite la célèbre phrase "Les manuscrits ne brûlent pas."

Une très agréable lecture finalement, mais je n’ai pas eu tout à fait un coup de cœur pour ce classique, que je recommande toutefois à ceux qui ne connaîtraient pas.

Extrait : Il y avait encore dans la chambre, assis sur un haut tabouret devant l'échiquier, un énorme chat noir qui tenait dans sa patte de devant un cavalier du jeu d'échecs. Hella se leva et s'inclina devant Marguerite. Le chat sauta à bas de son tabouret et en fit autant. Pendant qu'il ramenait derrière lui sa patte arrière droite pour achever sa révérence, il lâcha le cavalier qui roula sous le lit. Le chat alla l'y rechercher aussitôt. Tout cela, Marguerite, à demi-morte de peur, ne le discernait qu'à grand-peine, dans les ombres perfides que jetaient les chandeliers. Son regard s'arrêta sur le lit, où était assis celui à qui, récemment encore, à l'étang du Patriarche, le pauvre Ivan avait affirmé que le diable n'existait pas. C'était lui, cet être inexistant, qui se trouvait sur le lit.

Behemot.JPG

 

Pour vous faire une idée plus précise,  un site entier sur Le Maître et Marguerite, ainsi que les billets de  Katell,  Lilly, Marie, Papillon et  Praline.

Lu à la fois pour le challenge des  coups de coeur de la blogosphère de Theoma et pour le défi  J'aime les classiques du mois de septembre !

 

Béhémot, personnage de "Le Maître et Marguerite", sur un mur de Kiev. (source Wikipédia)

 

Par kathel - Publié dans : classiques
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