D’après l’éditeur : « Les livres ne valent d’être écrits que si l’on a
franchi l’ultime frontière de la honte. »
Apprenti chauffeur routier, puis apprenti reporter grâce aux instances du Parti qui voudraient faire de lui un délateur professionnel (peine perdue), Marek Hlasko est propulsé dans le monde
des lettres par quelques vampires édentés, mâles et femelles, qui espèrent se revivifier du sang d’un beau jeune homme, irrespectueux et séduisant en diable. Il écrit La Belle Jeunesse à 32 ans.
Il va bientôt mourir et fait dans ce « livre inestimable » le récit de sa vie fulgurante : « James Dean polonais », idole de la jeunesse à l’aube des années soixante, puis
réfugié incontrôlable, ivrogne, bagarreur, séjournant dans les institutions psychiatriques et pénitentiaires d’Europe, d’Israël et des États-Unis, séducteur irrésistible et
malheureux.[...]
L’auteur : La brièveté de la vie Marek Hlasko, né en 1934, n’allège que bien peu les difficultés de ses biographes. À 24 ans, célèbre à la façon de James Dean, auteur de
nouvelles traduites dans le monde entier et, pour certaines, adaptées au cinéma, il profite d’une bourse d’études à Paris pour échapper au régime communiste. Vie folle et scandaleuse, entre
l’Europe, Israël et Los Angeles, où l’invite Roman Polanski. Il meurt en 1969 à l’âge de 35 ans, d’un mélange d’alcool et de barbituriques.
242 pages
Editeur : Noir sur blanc (février 2012)
Traduction : Agnès Wisniewski
Titre original : Piekni dwudziestoletni
Cela commençait plutôt bien, avec cette façon
unique de l’auteur, mélange de cynisme et d’autodérision, de décrire petits emplois sous payés, petites arnaques et contrebande, ainsi que des rencontres avec ce que la Pologne comptait
d’écrivains ou d’artistes dans les années 50, parmi lesquels Roman Polanski. Si je me raccroche à ce nom connu, c’est que pour moi tous les autres étaient des inconnus, heureusement nantis chacun
d’une petite notice en bas de page. Hélas, cette accumulation de noms propres a commencé à me lasser un peu. Les souvenirs de Marek Hlasko s’entassent dans le livre sans véritablement de
construction, alternant avec ses points de vue sur la Pologne et ses rapports avec les autres pays, sur la vision des polonais dans le cinéma américain, sur les autres écrivains polonais, et ce
jeune homme ayant un point de vue sur tout, ou presque, et en général un point de vue négatif, son ton un peu trop sûr de lui a eu vite fait de m’agacer. J’ai eu l’impression aussi qu’une grande
partie de ce livre tentait de justifier son passage à l’Ouest, rien ni personne en Pologne ne semblant trouver grâce à ses yeux. Marek Hlasko critique par exemple toutes les adaptations faites de
ses nouvelles pour le cinéma… A tort ou à raison, je ne saurais le dire. En même temps, il donne l’impression d’essayer de se faire plaindre. Il n’a certainement pas eu une vie facile, et
« La belle jeunesse » est désenchantée, déçue du communisme, aigrie, mais j'ai eu du mal à éprouver de l'empathie pour cet écrivain méconnu.
J’avais cru à un roman ou des souvenirs relatant un exil, mais les deux cents premières pages se passent en Pologne, les pérégrinations en pays étranger se concentrant sur le dernier
chapitre.
Je dois dire que j’ai été déçue, et pourtant je tiens cette maison d’édition pour très intéressante, ce qui avait motivé mon choix. Ce sentiment ne serait pas forcément le même pour d’autres,
alors, à vous de lire quelques extraits, ou le livre entier, pour vous faire votre propre idée !
Extraits : En toute logique, peu de peuples ont autant d’atouts pour faire de la bonne littérature que nous, les Polonais. Nous avons tout : malheurs, meurtres politiques, occupations sempiternelles ; dénonciations, misère, désespoir, alcoolisme - que nous faut-il de plus, bon Dieu ?
Ce qui compte, c’est que mille jours pourraient passer dans ta vie sans que tu puisses écrire une seule page. Si mon œuvre littéraire m’autorisait à donner des conseils aux jeunes, je leur dirais : chacun de vous devrait travailler pendant quelques temps pour la police secrète afin de peaufiner son style et aiguiser sa pensée. il faut écrire les livres comme on écrit une dénonciation, en ne perdant pas de vue qu’une délation stupide peut surtout conduire à notre propre ruine.
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Voici le début du récapitulatif
et la fin !
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