Quatrième de couverture :
Souviens-toi, on rêvait d’un monde de justice…
Vera Nad, 26 ans, jeune femme au visage d’ange. Morte. Son corps, ou ce qu’il en reste, est retrouvé un matin dans un entrepôt désaffecté. La police conclut à un règlement de comptes entre
dealers. Les coupables sont rapidement arrêtés. Affaire classée.
Pas pour tous. Mister, le pianiste au grand cœur, et Bob, son acolyte, chauffeur de taxi érudit, ne croient pas à cette version des faits. Vera était leur amie, ils se doivent de mettre à
jour la vérité. Une quête qui les conduira des hautes sphères de la politique française jusqu’aux rives lointaines du Danube. De Paris à Vukovar. Des riches demeures des princes aux charniers des
Balkans. Du présent au passé. Car en tout temps règnent le mal et la corruption, en tous lieux les plus bas instincts de l’homme se déchaînent. Et seul l’écho des cris des victimes ne meurt
jamais.
Quatre ans après le phénoménal Garden of love, Marcus Malte renoue avec son duo de personnages fétiches pour composer cette fois une somptueuse ballade aux accents jazz. Un chant d’amour,
poignant, dans lequel ces « voix chères qui se sont tues » n’en finissent pas de résonner.
370 pages
Editeur : Gallimard, Série noire (janvier 2011)
Quinze ans après Le doigt d’Horace et Le lac des singes, Marcus Malte retrouve Mister, le pianiste de jazz sensible, qui refuse de laisser refermer le dossier de la mort de Vera Nad. Cette jeune fille venait chaque semaine l’écouter dans la boîte de nuit où il jouait, touchée par les harmonies que ce noir baraqué réussissait à tirer de son piano. Mais Vera Nad, qui avait connu le pire à Vukovar, devait encore affronter le mal pour finir dans un coin sordide de la capitale, brûlée vive. Cela Mister ne l’accepte pas, et surtout que le dossier soit si vite classé, deux petits dealers ayant avoué le meurtre. Le duo formé de Mister et de son ami Bob, chauffeur de taxi lettré, va tenter de comprendre, en commençant par le cours de théâtre que fréquentait Vera.
Quand un poète vous conte une histoire policière… le style a plus d’importance que l’histoire elle-même. Non que l’intrigue
ait à rougir de quelque défaut que ce soit, mais pour ma part, je me suis davantage laissé emporter par la musique des mots. Le personnage de Mister aussi est pour beaucoup dans le charme qui se
dégage de ce roman, et le charme est une qualité assez peu associée au genre policier pour que cela soit noté. Mister, grand sentimental, que les injustices rendent malade, part en quête de
vérité pour la mémoire de Vera Nad. Les personnages qu’il rencontrera seront, au fond de leurs âmes, plus noirs et cyniques les uns que les autres, même et surtout dans les hautes sphères du
pouvoir. Le monde de l’art, théâtre, musique, peinture, sert de décor à l’enquête, quant aux souvenirs de Vukovar, ils sont presque entièrement empreints de désespoir.
Bref, il ne faudrait pas que je vous en dévoile trop, lisez ce roman, laissez vous séduire par sa mélodie chaleureuse, ses touches d’humour, découvrez Marcus Malte si ce n’est pas déjà fait. Pour
ceux qui connaissent déjà, je trouve ce dernier roman moins dérangeant que Garden of love, plus classique
peut-être de facture, mais tout aussi réussi.
Extrait :
Elle aimait les ballades. Les airs nostalgiques. Ceux qu’on peut fredonner les lèvres closes et laisser dérouler, ceux qu’on peut étirer à sa guise, à sa propre mesure, le temps qu’il
faut. Ceux qui réchauffent durablement.
Il semblait qu’elle eût vécu plus d’automnes que d’étés. Ne parlons pas de rose poussant sur le fumier mais plutôt d’un pur rayon de soleil qui force l’opaque et âcre nuage d’après
bombardement pour venir se poser sur l’arbre aux branches dénudées.
Dans un silence de mort.
D'autres impressions de lecture chez Alain, Amanda, Emeraude, Gwenaëlle, Jean-Marc Laherrère et une fois n’est pas coutume, l’excellent article d’Alexandra Schwartzbrod dans Libération.
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Voici le début du récapitulatif
et la fin !
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