Jeudi 7 octobre 2010
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Rentrée littéraire 2010
D’après l’éditeur : A la frontière d'un monde perdu et glacé, Makepeace - shérif d'une ville de Sibérie vidée de ses habitants - patrouille dans les rues désertes, sauvant les livres et
les armes des décombres. Cette terre froide et inhospitalière porte les stigmates de la
catastrophe qui a détruit le monde alentour. Mais c'est là aussi que Makepeace découvre des preuves de survie lorsque le ciel au-dessus de sa tête est pour la première fois traversé par un avion.
Alors Makepeace prend la route, à cheval, les armes à la ceinture et l'espoir chevillé au corps. Ses pas laissent derrière eux l'empreinte de nos angoisses sur la survivance de notre civilisation
mais sèment l'espoir, malgré tout, de la rédemption.
La quête hantée et bouleversante d'un personnage qui explore, à travers un monde dévasté, le
genre humain et la possibilité de sa fin. Au bout de ses pas, de son souffle, et de sa force, la fable renaîtra ou expirera avec Makepeace.
L’auteur : Marcel Theroux vit à Londres où il
est romancier et réalisateur de documentaires. Au nord du monde est son premier roman traduit en France.
296 pages
Editeur : Plon
Traduction : Stéphane Roques
Titre original : Far north
Mon
avis : En refermant l’année dernière La route, j’aurais bien pu jurer que ce serait le dernier roman post-apocalyptique que je lirai, non que je ne l’ai pas
aimé, bien au contraire ! Je pensais plutôt qu’il serait impossible d’en écrire un autre par la suite. Et pourtant, Marcel Theroux l’a fait. Cet anglais a créé une histoire originale,
prenante et étonnante. Le récit est celui de Makepeace, shérif de la ville d’Evangeline, dans la taïga sibérienne, une ville créée quelques décennies auparavant par des colons américains.
Makepeace fait partie des rares rescapés de cette région, dévastée par des invasions successives de malheureux, affamés et déracinés, fuyant on ne sait trop quel cataclysme, guerre ou
réchauffement climatique. Qu’est-ce qui donne envie à un auteur d’imaginer un monde, ou une partie du monde, où l’espèce humaine se réduit à quelques spécimens, ayant presque oublié qu’ils ont
connu ou que leurs parents ont connu les progrès technologiques, électricité, voitures, avions et machines diverses ? Etudier les êtres humains restants et leur adaptation ou non à un état
de nature retrouvé. Contrairement à La route, la forêt, quoique inhospitalière et froide, mais fournit cependant du gibier, des plantes, voire des graines à semer. Makepeace
réussit donc à survivre, de justesse, jusqu’au jour où un avion survolant la région lui fait espérer autre chose.
Il ne faut pas en dire plus pour ne pas effleurer toutes les ruptures, tous les
étonnements que peut procurer ce roman. C’est beaucoup plus qu’un récit de science-fiction, car l’auteur, en racontant cette ère troublée, impitoyable et désespérée, nous parle de la vie, tout
simplement.
Le
début : Chaque jour, je boucle mon ceinturon de revolvers pour aller patrouiller dans cette ville miteuse.
Je fais ça depuis si longtemps que j'ai pris le pli, comme la paume de la main qui porte un seau dans le froid.
Le pire, c'est l'hiver, quand j'émerge d'un sommeil agité, que je cherche mes bottes à tâtons dans le noir. L'été, ça va mieux. L'endroit est presque ivre d'une lumière sans fin et le temps
file pendant une semaine ou deux. Il n'y a pas vraiment de printemps ou d'automne dignes de ce nom. Ici, dix mois par an, le climat mord la peau.
Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis. Mais avant ça, il y a eu des moments si durs que j'accueillais presque avec gratitude une bonne vieille tuerie entre
adultes consentants.
Oui, quelque part sur l'échelle des années, mes yeux se sont éteints avec le meilleur de moi-même.
Jadis, au temps de ma jeunesse, les jours s'écoulaient dans l'opulence et le bonheur. La vie était réglée comme du papier à musique. On repiquait les plants de la serre dès que la terre était
assez meuble pour labourer. Vers le mois de juin, on s'asseyait sur la véranda pour écosser des fèves jusqu'à en avoir mal aux épaules. Puis il y avait les patates à sécher, les choux à rentrer,
les viandes à saler et, en automne, les champignons et les baies à cueillir. Et quand le froid nous tombait dessus, j'allais chasser et pêcher sous la glace avec mon père. On faisait cuire de
l'omoul et de l'élan sur des feux de bois flotté, au lac. On allait à cheval sur les routes de l'hiver pour acheter des vêtements de fourrure et du caribou aux Toungouses.
Un grand merci à Babelio pour ce partenariat.
Par kathel
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Publié dans : Iles britanniques
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