Dimanche 22 août 2010
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Présentation de l'éditeur : Une femme voyage à travers le
désordre des souvenirs : l'enfance dans sa cage d'or à Saigon, l'arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d'un bateau au large du golfe de Siam, l'internement
dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la paix, ru dit le vide et le trop-plein, l'égarement et la beauté. De ce tumulte,
des incidents tragi-comiques, des objets ordinaires émergent comme autant de repères d'un parcours. En évoquant un bracelet en acrylique rempli de diamants, des bols bleus cerclés d'argent ou la
puissance d'une odeur d'assouplissant, Kim Thúy restitue le Vietnam d'hier et d'aujourd'hui avec la maîtrise d'un grand écrivain.
L'auteur : Kim Thúy a quitté le Vietnam avec d'autres boat people à l'âge de dix
ans. Elle vit à Montréal depuis une trentaine d'années. Son parcours est hors du commun. Elle confie avoir fait toutes sortes de métiers - couturière, interprète, avocate, restauratrice - avant
de se lancer dans l'écriture (en français) de ce premier roman. Lauréate du grand prix RTL-Lire 2010.
143 pages
Editeur : Liana Levi
Ma
lecture : « Cette histoire-là, c'est celle que je connais. L'histoire est peut-être lourde, mais je voulais utiliser une touche presque poétique. Je voulais créer des
tableaux impressionnistes. » a dit Kim Thuy pour Radio Canada.
J’ai été immédiatement sensible à ces courtes pages, voire des moitiés de pages qui se succèdent, racontant
l’enfance de Kim Thuy, au Vietnam, sur un bateau bondé, dans un camp de réfugiés en Malaisie, au Canada enfin. Par petites touches, pas forcément selon une chronologie rigoureuse, Kim Thuy fait
se succéder des images qui restent, celle de la cale d’un bateau éclairée d’une unique ampoule, celle d’une cabane abritant vingt-cinq personnes dans des conditions sanitaires épouvantables,
celle d’une boîte porté précieusement dans un train et remplie de viande de porc séchée.
C’est l’histoire très émouvante de ces familles qui ont fui le Vietnam, pour vivre en tant que réfugiés
dans un autre pays, une histoire faite d’une multitude de petits souvenirs, qui la rendent tellement vivante, tellement présente. Comment revivre ou survivre après de tels épisodes dramatiques,
tel est le sujet du roman, abordé avec beaucoup de pudeur et sans porter de jugement sur ceux qui les ont chassés de leur pays.
L’écriture de Kim Thuy est pleine de simplicité, poétique, musicale et légère, même dans le grave.
Un vrai coup de cœur !
Le
début : Je suis venue au monde pendant l’offensive du Têt, aux premiers jours de la nouvelle année du Singe, lorsque les
longues chaînes de pétards accrochées devant les maisons explosaient en polyphonie avec le son des mitraillettes.
J’ai vu le jour à Saigon, là où les débris des pétards éclatés en mille miettes coloraient le sol de rouge comme des
pétales de cerisier, ou comme le sang des deux millions de soldats déployés, éparpillés dans les villes et les villages d’un Vietnam déchiré en deux.
Je suis née à l’ombre de ces cieux ornés de feux d’artifice, décorés de guirlandes lumineuses, traversés de
roquettes et de fusées. Ma naissance a eu pour mission de remplacer les vies perdues. Ma vie avait le devoir de continuer celle de ma mère.
Pour
compléter, vous pouvez écouter des interviews de Kim Thuy pour Evene et L’Express.
C’était une lecture commune avec Jules, Kikine, Mrs Pepys, Val et j’espère qu’elles auront aimé aussi !
Cette lecture participe aussi au challenge du Premier Roman de Pascale (Mot à mot)
Par kathel
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Publié dans : Amérique du Nord
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