Vendredi 26 mars 2010
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L'histoire : Tamouna, le jour de ses quatre-vingt-dix ans, se réveille dans son petit appartement parisien et se souvient… Des souvenirs d’enfance à son premier amour, de l’exil à la
solitude et au début de la vieillesse. La famille envahit son domicile, mais Tamouna pense surtout à Tamaz, aux rares rencontres qui ont ponctué leurs existences.
L'auteur : Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Après avoir publié de nombreux ouvrages pour la
jeunesse, et un premier roman en 2004 (Tout ira bien, Arléa), elle a puisé dans la mémoire familiale et l'expérience de l'exil vécue par ses grands-parents la matière de La Mer
noire.
214 pages
Editeur : Sabine Wespieser (5 janvier 2010)
Mon avis : J’ai eu envie de lire ce livre dès le premier avis sur les blogs, celui de Flo sans doute, et n’ai pas résisté à l’attrait du
livre voyageur ! De plus, parmi les participants à la fête du livre de Bron se trouvait Kéthévane Davrichewy, j’ai donc pu l’entendre parler de son roman avant même qu’il n’arrive chez moi, ce
qui a décuplé mon attente…
Eh bien, la rencontre est réussie ! Je l’aimé très vite, cette Tamouna qui ne sait pas bien prodiguer des gestes tendres ou des encouragements, qu’on imagine comme une belle vieille dame
indépendante, mais aimante. Son histoire familiale lui revient par bribes au cours de sa journée d’anniversaire. La narration alterne entre le présent, en petites phrases courtes, comme la
respiration de Tamouna qui devient difficile, et le passé où les descriptions se font plus vivantes et colorées. Au début, j’ai préféré le quotidien de la vieille dame, les visites de sa famille,
les préparatifs de l’anniversaire, pour me laisser ensuite séduire aussi par le récit de l’exil. « Les lambeaux de mémoires », les traditions géorgiennes qui restent très présentes, les
mensonges familiaux où l’on déclare que l’on retrouvera un jour le pays natal, les amours et les amitiés, finissent par dessiner une très belle histoire.
J'ai été aussi séduite par la personne de Kéthévane Davrichewy qui sait raconter l'écriture de son roman tout simplement et sans prétention, comment elle a puisé dans les souvenirs familiaux,
comment grâce à eux, elle a décrit la vie en Géorgie où elle n'est pratiquement jamais allée. Elle voulait tout d'abord écrire l'histoire d'une personne obligée de garder la chambre à cause d'une
maladie respiratoire, qui entend et voit le monde de sa fenêtre, puis le thème de l'exil s'est imposé à elle...
Un grand merci à Flo pour cette magnifique découverte. Le livre va continuer son chemin vers Alex (Mots à mots) très bientôt.
Des extraits : Le jour se lève. Elle le sent sous ses paupières closes. Le bruit de la rue lui parvient de très loin. Plus près, un
chien aboie. Un oiseau chante. Un enfant pleure, ou bien rit. Les contours sont flous. Un parfum de fleurs, les effluves du jardin. Il faudrait ouvrir à la chienne. Elle tente de repousser les
draps, de se redresser, mais son corps reste inerte. Une ombre incertaine s’agite. Elle ouvre les yeux. Réveillée maintenant. Elle ne bouge pas. Pas encore. Ni jardin. Ni chienne. Elle détaille la
chambre. Les murs jaunis, le vieux fauteuil au pied du lit, les quelques vêtements, abandonnés la veille. La commode recouverte de livres et de bibelots amassés. Elle ne les supporte plus. Il
faudrait les faire disparaître, ne garder que les livres.
Les saisons à Tbilissi étaient de vraies saisons. A la fin du printemps, la ville devenait colorée, poussiéreuse, bruyante.
Nous gardons les portes ouvertes, la chaleur entre chez nous. Mes cousins habitent la maison d’à côté, la rue devient notre rue. Des fragments dans ma mémoire. On nous laisse plus libres. Je cours jusqu’au marchand de fruits, il me donne des cerises, nous nous cachons pour les manger, nous nous déshabillons pour ne pas tacher nos
vêtements et fâcher Bébia, notre grand-mère. Quand nous avons tout fini, nous envoyons le plus petit, Gougou, en chercher d’autres. L’épicier l’aime bien, il lui donne un sac plein. Les fruits
s’écrasent au fond du sac, ils ont le goût de l’humidité de la cachette sous les escaliers près du vieux mur. Nous sommes six, mes cousins, mes cousines, ma sœur et moi, serrés contre le mur qui
s’effrite dans nos dos.
Les avis de Flo, Aifelle, Anne, Leiloona, Stephie vous donneront encore plus envie
de le lire, j'en suis sûre !
Par kathel
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Publié dans : France
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