Rentrée littéraire
2011
Quatrième de couverture : «J'ai mis bout à bout cette histoire à partir de notes éparses, de feuilles de cahier arrachées, de griffonnages sur des bouts de serviettes en
papier du restaurant La Frégate.»
Un vieil homme retrouve avec émotion deux lettres écrites cinquante ans plus tôt. Comment a-t-il pu oublier Mirka, son premier amour, rencontrée pendant les vacances d'été des années 1951 et
1952 ? La jeune fille de la baie de Gdansk lui annonçait être enceinte. Il ne lui a jamais répondu.
Bouleversé par cette paternité qui resurgit dans ses vieux jours, l'homme prend la plume pour raconter son histoire à son fils et part à la recherche de son passé. Il retourne dans la maison
sous les pins, au bord de la mer Baltique. Au cours de longues promenades sur la plage et dans les dunes, il s'interroge sur ses choix, sur sa lâcheté vis-à-vis de ses proches, sur ses
compromissions avec le système communiste. Au fil de rencontres avec les habitants des lieux, il s'approche pas à pas de la vérité.
Son récit simple et brut, teinté de nostalgie, sonne comme une confession qui vient trop tard, une manière d'empoigner son existence pour lui donner un sens.
L’auteur : Né à Varsovie en 1935, Kazimierz Orlos est un écrivain très populaire en Pologne. Il est l’auteur de nombreux romans, de scénarios, d’essais, de reportages et
de pièces radiophoniques. Interdit de publication de 1973 à 1989, il a fait partie de l’opposition et a participé à la vie littéraire clandestine. Il a notamment collaboré aux revues Kultura et
Puls, et à Radio Free Europe. L’Estivant est son premier livre traduit en français.
121 pages
Editeur : Noir sur blanc
Titre original : Letnik z Mierzei
Traduction : Erik Veaux
Voici une jolie découverte que le roman de
cet auteur polonais, attirant d’abord par sa couverture colorée, par l’éditeur qui déniche des textes méconnus d’Europe de l’est, puis par le thème. Racontée avec simplicité par le narrateur, un
homme de près de soixante-dix ans, qui revient par écrit, pour son fils, sur ses années de jeunesse, l’histoire est celle de la recherche d’un enfant qu’on aurait engendré, adolescent, sans en
avoir jamais rien su. Ce sont deux lettres au fond d’un carton au grenier qui déclenchent une série de souvenirs. Mirka, la jeune fille qu’il a aimé à dix-sept ans, lui avait envoyé deux lettres
pour lui dire qu’elle était enceinte, et pourtant il n’y a jamais répondu. Sur un coup de tête, le vieil homme part sur les traces de cet amour de vacances, au bord de la Baltique, dans un petit
village de pêcheurs où il mène l’enquête, enfin plutôt où il erre, en espérant trouver quelque chose.
L’histoire est racontée avec simplicité, par de courtes phrases qui égrènent de la même façon petits et grands évènements d’une vie, mais avec plus de profondeur qu’il peut sembler à la première
impression de lecture. Des traces de l’histoire de la Pologne, sous le joug de l’URSS imprègnent les vies quotidiennes. Le parcours de cet homme n’est pas exempt d’erreurs, et ce retour en
arrière va le confronter avec celui qu’il a été.
L’écriture toute simple recèle une douce émotion, une nostalgie indolore, c’est un beau moment de lecture, que je recommande à celles et ceux qui ont aimé Les chaussures
italiennes d’Hennig Mankell, par exemple.
Extrait : Assez de justifications. J’ai décidé d’éclaircir cette histoire. Je vais partir à la Lagune. Je retrouverai bien quelqu’un de la famille Lachowicz. S’ils habitent encore là. S’ils sont encore vivants. Je demanderai aux voisins, aux parents, aux connaissances. A n’importe qui se souvenant de cette époque et qui saurait quelque chose. Peut-être que je tomberai sur des papiers administratifs, un acte de naissance, un acte de baptême. Il y avait bien une église. Il y avait un bureau d’état civil. Je connaîtrai les noms de père et mère, je saurai si cet enfant est réellement venu au monde. Je verrai de mes propres yeux. Même si, d’un autre côté, je me rends compte que tout ceci n’est que traces sur le sable. Tu marches le long de la plage, les vagues s’approchent, reculent, les empreintes de tes pieds sont effacées derrière toi. Tu ne vois plus que les galets qui roulent.
Les billets de Michel, La ruelle bleue et Uncoindeblog...
Voisins voisines pour la Pologne.

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