Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 06:17

muse Rentrée littéraire 2011

Quatrième de couverture : Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l'amour. Elle s'appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne aussi prometteuse que courtisée, et eut pour amant l'un des plus grands dramaturges irlandais, John Millington Synge. C'était en 1907, l'année de la création du Baladin du monde occidental au théâtre de l'Abbaye, dans un Dublin bruissant de rumeurs. Molly avait dix-neuf ans, John trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Leur passion aurait-elle pu résister au poids des conventions et à l'hostilité de leurs proches ?
À Londres, près de cinquante ans plus tard, l'actrice déchue hante les rues noyées dans le brouillard. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme le désir pour celui qu'elle n'a jamais réussi à oublier...
Joseph O'Connor fait revivre deux êtres d'exception dans ce roman forgé de lumière et d'airain.
272 pages
Editeur : Phébus (août 2011)
Titre original : Ghost light
Traduction : Carine Chichereau

 

J’avais très envie de lire ce livre, je l’attaquais dans l’enthousiasme, quelle couverture superbe, toute en douceur, et surtout quel contraste avec le début dans un meublé sordide dans les années cinquante à Londres, où vit Molly Allgood. La vie de cette femme, alcoolique, miséreuse, réduite à harceler les passants pour quelques pièces ou à soutirer une fiasque d’alcool à un cabaretier obligeant, cette vie touche donc d’autant qu’on sait qu’elle a été quarante ans auparavant comédienne, muse aimée d’un poète et dramaturge irlandais, John Millington Synge.
La construction, relatant au cours d’une seule journée de 1952 tous les souvenirs, toute la vie de cette femme et surtout les années où elle vivait une liaison passionnée avec Synge, est très intéressante. L’écriture est originale, elle tourbillonne en suivant les méandres des pensées chaotiques de Molly, nous y entraîne au plus profond.
Et puis, je n’ai pas su ce qui m’arrivait… plus rien ne m’accrochait. Ayant dépassé les pages du début qui m'enthousiasmaient, j’ai commencé à m’ennuyer, et rarement un ennui de lecture s’est emballé dans un tel crescendo ! Obstinée, j’ai essayé plusieurs fois de reprendre le roman, un peu plus loin, en sautant des pages, mais pour aboutir à un blocage complet. Je veux bien avancer les explications classiques, pas le bon moment, pas le livre qui me convient, une rencontre qui ne se fait pas, un thème qui n’est pas pour moi, aucune ne me satisfait vraiment.
Je pense que le parti-pris d’écriture de l’auteur, bien qu’au plus près des pensées de Molly, m’a fait rester, ce qui est bien le comble, complètement extérieure aux personnages. John Synge en particulier, est falot, peu sympathique, complètement éteint par une mère hostile et tyrannique. Certes, je ne m’attendais pas à un happy end, mais je souhaitais que ce couple tente d’aller vers ses rêves, lutte quelque peu contre les conventions de l’époque, ou à tout le moins cesse de se soucier du regard des autres. Je n’ai pas cru à l’amour entre eux, et comme le roman repose sur cette liaison censée être passionnelle, je n’ai pas vu l’intérêt de continuer au-delà de 150 longues pages. Tiens j’ai appris quelque chose, tout de même, en écoutant une interview de Joseph O'Connor : Ghost light, le titre original, fait référence à une simple ampoule qu’on laisse allumée dans un théâtre entre deux répétitions, on dit que c’est pour que les fantômes puissent y répéter aussi leurs pièces… Joli, non ?


ghostlight1.gif   ghostlight2.jpg   ghostlight3.JPG

 

Allez, un extrait qui m’a charmée au début : Même après sa mort, sous le déluge du deuil, tu continuais d’imaginer votre terre promise. Lui, regardant le rugissement du Niagara, ou bien au marché aux oiseaux à Bâton Rouge, à bord du bateau voguant vers Great Falls, dans le Montana. Certains vont au paradis, d’autres au purgatoire, mais les meilleurs partent pour l’Ouest éternel. Au cours des années qui suivirent sa disparition, durant les saisons de ta gloire américaine, à chaque fois que tu saluais le public, tu songeais à lui.

 

D’autres avis, Chiffonnette est enchantée, Cuné sous le charme,  La ruelle bleue aussi et  Maeve a beaucoup aimé. Mais je ne suis pas tout à fait seule : Val n’est pas très enthousiaste, Sylire, déçue, n’a pas fait de billet…


Merci encore à Denis Lefebvre et à l’éditeur pour ce livre.

Par kathel - Publié dans : Iles britanniques
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