Mercredi 27 octobre 2010
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D’après l’éditeur : Oskar, 9 ans, est
surdoué, ultrasensible, fou d'astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé
qu'elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l'entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de
l'après 11-Septembre.
L'auteur : Né en 1977, Jonathan Safran Foer a fait des études de lettres à
Princeton. Il vit à Brooklyn avec sa femme, Nicole Krauss et leur fils. Son premier roman, Tout est illuminé, a été adapté au cinéma.
464 pages
Editeur : Points
Titre original : Extremely Loud and Incredibly Close
Traduction : Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso
Je suis
contente, pour une fois qu’un roman particulier et original trouve grâce à mes yeux ! J’avoue préférer les romans assez classiques, et pas toujours les expérimentations au
point de vue de la forme, ou qui donnent l’impression de partir dans tous les sens. Il n'y a qu'à voir mes déconvenues avec Même les cow-girls ont du vague à l'âme ou La physique des catastrophes ! Ce qu’il y a de bien avec Extrêmement
fort et incroyablement près, c’est que justement, malgré ses originalités, il a une ligne directrice, qui s'avère somme toute facile à suivre. C’est une sorte de conte, avec ses
rencontres fructueuses et ses épreuves à surmonter. Tout d’abord, on s’attache (ou pas, et dans ce cas, le roman peut ne pas plaire) à Oskar, jeune garçon surdoué, aux multiples centres
d’intérêt, fragilisé par la disparition de son père dans une des tours du World Trade Center. Quelques mois après le drame, Oskar trouve dans le dressing de son père un vase bleu contenant une
clef. Avec cette clef, une indication, nom ou couleur : Black. Oskar décide de partir à la recherche de ce
mystérieux Black et de trouver quel était son lien avec son père.
La quête d’Oskar, un moyen pour lui de garder son père un peu vivant, est mêlée à un autre récit débutant
soixante ans auparavant à Dresde, à la veille des bombardements qui ont détruit la ville. On comprend peu à peu le lien avec Oskar, mais j’avoue que ces parties m’ont un peu moins emballée, et
que les trouvailles formelles qu’elles contiennent m’ont semblé un peu plus artificielles… Retrouver Oskar revenait à retrouver une bouffée d’air pur ! Il est doué d’une imagination
débordante, et passe son temps, par des inventions multiples et des rituels, à essayer de chasser l’angoisse. Inventions qui n’ont d’égales que celles de l’auteur pour nous balader et pas
seulement dans New York. Le roman est traversé d’autres histoires, de souvenirs, de lettres, photos, cartes de visite, sans que cela nuise à la compréhension. Voici la très intéressante réponse
donnée à ce sujet par l’auteur à François Busnel qui
lui demandait s’il ne trouvait pas artificiel de mêler des images à son roman : «Pas du tout, explique-t-il. Si je vous dis: "le 11 Septembre", quelle est votre pensée
première ? Des images, non ? Eh bien voilà pourquoi ce livre en comporte. Je ne cherche pas à faire un roman expérimental mais à permettre au lecteur de ressentir des émotions qui ne soient pas
tièdes. Et pour cela, j'ai besoin de mettre sur le papier tout ce qui me passe par la tête. On a assez dit que le 11 Septembre ne pouvait être décrit en mots. D'accord. Donc, décrivons
l'indescriptible avec autre chose que des mots.»
Par moments, j’ai aussi eu des réminiscences de Paul Auster, notamment La trilogie new-yorkaise : ce n’est sans doute pas un hasard si le nom de Black apparaît dans
Extrêmement fort… Bref, une lecture passionnante malgré quelques longueurs et un ou deux moments où il faut s’accrocher pour ne pas perdre pied.
Extraits : J'avais allumé
ma radio à ondes courtes et, avec l'aide de papa, j'avais pu capter quelqu'un qui parlait grec, ce qui était sympa. On comprenait pas ce qu'il disait mais on était restés comme ça, sur mon lit, à
regarder les constellations qui brillent dans le noir au plafond de ma chambre en écoutant un moment.
«Ton grand-père parlait grec, il a dit.
- Tu veux dire qu'il parle grec.
- C'est juste. Seulement il ne le parle pas ici.
- C'est peut-être lui qu'on est en train d'écouter.»
La première page du New York Times était étalée sur nous comme une couverture. Il y avait la photo d'un joueur de tennis
couché sur le dos, ça devait être le vainqueur, mais je voyais pas vraiment s'il était content ou triste.
«Papa?
- Oui?
- Tu me racontes une histoire?
- Bien sûr.
- Une belle?
- Pas comme toutes les histoires barbantes que je raconte.
- C'est ça.»
Je m'étais niché incroyablement près de lui, tout contre, si près que j'avais le nez sous son bras, au
creux.
«Et tu ne m'interrompras pas?
- J'essaierai.
- Parce que c'est difficile de raconter une histoire quand on est tout le temps interrompu.
- Et c'est très ennuyeux.
- Et c'est très ennuyeux.»
Juste avant qu'il commence, c'était le moment que je préférais.
Des avis très divers, que
j’ai essayé de définir en un mot… Si j’ai trahi votre pensée, n’hésitez pas à me corriger ! Voici donc A propos de livres bouleversée, Essel émue, Jules déçue, Karine ravie, Keisha intéressée, Laurent mitigé, Lo satisfaite, Mango enthousiaste, Papillon perplexe, Reka transportée, Sandrine surprise, Sylvie emballée, Theoma désappointée et Yueyin charmée.
Une lecture de plus pour le
challenge de Theoma, les coups de cœur de la blogosphère, c'était le coup de cœur de
Reka.
Un gros merci à Pickwick qui a choisi ce livre en cadeau pour un jeu qu'elle a organisé en juillet et que
j'ai eu la chance de gagner ! Quel bon choix !

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