Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 18:27
Quatrième de ouverture : Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.
L'auteur :
Né en 1961 à Birmingham, Jonathan Coe est l'un des auteurs majeurs de la littérature britannique actuelle. On lui doit notamment Testament à l'anglaise, prix du Meilleur livre étranger 1996, La maison du sommeil, prix Médicis étranger 1998, et le diptyque que forment Bienvenue au club et Le Cercle fermé.
248 pages

Editeur 
: Gallimard (janvier 2009)
Titre original : The rain before it falls
Traduction : Jamila et Serge Chauvin


Mon commentaire : Lectrice de Jonathan Coe depuis La maison du sommeil, que j’avais beaucoup apprécié, j’ai lu ensuite Testament à l’anglaise, dont l’humour m’a beaucoup plu et Le cercle fermé qui m’a moins emballée… Si je me suis trouvée d’emblée à l’aise avec le style, c’est une autre facette de l’auteur que j’ai découverte avec ce livre, plus sensible, plus émouvante. L’idée, superbe et pas du tout artificielle, est celle-ci : Rosamond, se sachant proche de la mort, lègue à une jeune femme de sa famille, Imogen, une série de photos. Cette jeune personne étant devenue accidentellement aveugle, Rosamond accompagne les photos d’une bande magnétique qui les lui décrit avec quelques explications sur la famille et ses membres, en couvrant trois générations. dans cette famille, on se rend compte que les femmes et les relations tissées entre elles, tiennent une place particulièrement importante.

Aux  thèmes de l’héritage, des secrets familiaux, des relations difficiles entre mères et filles se mêle une réflexion sur le déterminisme. Tout m’a plu dans ce roman, les personnages intéressants et plein de profondeur, la construction en vingt chapitres commentant les vingt photos, l’écriture toute en finesse, jusqu’aux coïncidences qui pourraient sembler exagérées et qui semblent tout à fait à leur place dans cet ouvrage. C'est surtout l'idée de partir de la description de photos qui m'a enthousiasmée, elle donne vraiment envie de faire parler toutes les vieux instantanés entassés ici et là ! Si Jonathan Coe veut continuer dans cette veine plus personnelle, je le suivrai volontiers.


Extrait : Je revois Thea fronçant les sourcils en méditant ces paroles, et puis elle a proclamé: « Eh bien moi, j'aime la pluie avant qu'elle tombe. » Rebecca s'est contentée de sourire, mais moi j'ai répliqué (de façon assez pédante, je suppose): « Tu sais, ma chérie, avant qu'elle tombe, ce n'est pas vraiment de la pluie. - Qu'est-ce que c'est alors? » Et j'ai expliqué: « C'est de l'humidité, rien de plus. De l'humidité dans les nuages. » […] J'ai continué: « Tu comprends, ça n'existe pas, la pluie, avant qu'elle tombe. Il faut qu'elle tombe, sinon ça n'est pas de la pluie. » C'était un peu ridicule de vouloir expliquer ça à un enfant, et je regrettais de m'être lancée là-dedans. Mais Thea ne semblait avoir aucun mal à saisir ce concept – bien au contraire: au bout de quelques instants, elle m'a regardée avec pitié en secouant la tête, comme si c'était éprouvant pour elle de discuter de ces matières avec quelqu'un d'aussi obtus. « Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai? »


Encore des avis : Bellesahi s’est régalée, le roman a laissé Betty assez indifférente, Le Bookomaton a apprécié malgré quelques réserves, Cathulu est un peu restée sur sa faim, pour Cécile, c’est un coup de cœur, Dasola a vraiment été émue, Keisha a lu "une très belle histoire, des souffrances, de l'amour, la vie quoi ! " Lapinoursinette ne l’a pas trouvé très original, Lily l’a trouvé magnifique, Marie a aimé ce roman triste et mélancolique, SD49 a beaucoup aimé ce roman, Sentinelle aime beaucoup cet auteur et n’a pas été déçue.

Par kathel - Publié dans : Iles britanniques
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