Quatrième de couverture :
Orphelin, Titou est recueilli par son grand-père, solitaire et excentrique, porté sur le jeu et la bouteille, réfractaire à toutes les contraintes sociales,
travail et impôts en premier lieu.
Malgré quelques divergences de caractère - Titou a la passion des clôtures, Pépé Jake les déteste - le duo fonctionne bien, et mieux encore du jour où déboule Canadèche, canard boulimique hautemeant sympathique, qui devient leur inséparable compagnon. Trésor de malice et de tendresse, « L’oiseau Canadèche » est un délicieux conte naturaliste moderne, brillant comme un cœur de canard.
L’auteur : Né en 1945, Jim Dodge est une figure atypique de la littérature américaine, à la fibre nettement écologiste et libertaire. Auteur de seulement quatre livres, trois romans et un recueil de poésie, l’homme a pris le temps de vivre, a partagé durant quelques années l’expérience d’une communauté autonome de Californie, exercé divers métiers, bucheron, berger, joueur professionnel… Il a aussi enseigné l’écriture créative à l’université, et travaille aujourd’hui à la préservation de l’environnement.
112 pages
Editions Cambourakis
Traduction : Jean-Pierre Carasso
Titre original : Fup
Roman bref ou grosse nouvelle, ce livre des éditions Cambourakis commence à faire le tour des blogs et c’est tant mieux ! Dès le début, il prend le lecteur par surprise en racontant les faits de manière concise, en passant allègrement sur plusieurs années en un paragraphe, un évènement dramatique en une ligne, quitte à s’étendre davantage sur une partie de pêche ou la découverte d’un oisillon plus mort que vif. Canadèche, dont je vous laisse découvrir l’origine du nom en français, s’appelait Fup dans la version anglaise et je mets au défi quiconque n’a pas lu le roman de trouver pourquoi… Petit indice, il s’avère être un canard colvert femelle ! Pépé Jake et son petit-fils Titou, réunis par les hasards malheureux de la vie sous un même toit, cohabitent malgré de nombreuses différences fondamentales, énumérées avec beaucoup d’humour. L’arrivée de l’oiseau, qui deviendra rapidement une bonne grosse canne à la limite de l’obésité, les rapproche encore une peu. Canadèche a une vie bien réglée, des habitudes immuables, qui tournent autour de la nourriture, mais pas que cela.
Chronique familiale et animalière pleine d’humour, L’oiseau Canadèche est de plus fort bien traduit et agrémenté d’une postface qui éclaire cet auteur peu connu qu’est Jim Dodge. Son oeuvre principale est Stone junction, (paru en collection Lot 49) à lire pour qui aime la littérature américaine, semblerait-il. Mais attention, il comporte beaucoup plus de pages ! Voilà, l’oiseau Canadèche vous salue et vous convie bientôt pour la suite de mon défi « volatiles »… (si, si, c’est vrai !)
Extrait : Il avait appelé sa maman. Il avait eu bien du mal à ouvrir la portière. Il avait appelé « Maman ! maman ! maman ! » en s’avançant sur la jetée… Il pleurait en l’appelant. Il lui restait l’image des croûtons de pain détrempés, des trous dans la rambarde de bois pourri – sa mère qui flottait, la face contre l’eau, comme si elle cherchait, au fond du lac, quelque chose qu’elle aurait laissé tomber… Un gros oiseau nageait tout autour de son corps. Il y avait eu ce bruit d’explosion, d’eau et d’ailes, soudain, quand il s’était mis à hurler.
Dans ses souvenirs déformés, sous le coup du chagrin et avec l’érosion du temps, le gros oiseau avait fini par devenir un cygne : un cygne immense, majestueux, blanc comme la crème de guimauve, le cou élégamment ployé, avec des yeux grenadine, sans fond. S’il avait su que c’était un canard, Titou aurait sans doute été plus circonspect quand il découvrit Canadèche.
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pour le défi Voisins voisines...
Voici le début du récapitulatif
et la fin !
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