Mardi 3 novembre 2009
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Rentrée littéraire 2009
Présentation de l'éditeur : Une femme, sa fille, son
amant... et son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évanoui dans la nature. Le seul indice qu'il a laissé est le mot Manazuru écrit dans son journal. Ce qui amène sa femme à se
rendre régulièrement dans la station balnéaire du même nom. Comme toujours dans les romans de Kawakami, le temps se tisse lentement et le secret des coeurs se donne à lire dans les gestes, les
étreintes éphémères, la délicatesse des sensations. Mais dans Manazuru plus que dans les autres, la présence d'un monde invisible imprègne le quotidien et bouleverse la géographie sentimentale
des êtres. Là-bas, au bord de la mer, il y a le bruit de la pluie dans le ciel immense, l'éblouissement d'étincelles d'un incendie, l'envol de hérons blancs sur des maisons en ruine : un instant
de lumière à saisir, peut-être, entre apparition et disparition, souvenir et oubli, mystère de l'absence et appel de la vie.
L'auteur : Kawakami Hiromi est née à Tokyo en 1958. Sa nouvelle Hebi o fumu est couronnée en 1996 par le prix
Akutagawa, en 1999, Kamisama obtient le prix des Deux Magots et le premier prix Pascal des jeunes auteurs de nouvelles, en 2000 Oboreru reçut le prix de Littérature féminine et c'est en 2001 que
Sensei no kaban, " Les Années douces ", fut couronné par le grand prix Tanizaki. Kawakami Hiromi a su s'imposer dans le monde littéraire japonais par la tonalité très
particulière de son style, à la fois simple et raffiné, dont les thèmes privilégiés sont le charme de la métamorphose, l'amour et la sexualité.
230 pages
Editeur : Philippe Picquier (15 septembre
2009)
Traduction : Elisabeth Suetsugu
Mon avis : Kei est une femme encore jeune, qui vit avec sa mère et Momo, sa fille de seize
ans. Depuis dix ans que son mari Rei a disparu, du jour au lendemain, sans donner aucune nouvelle, elle n’arrive pas à reconstruire vraiment quelque chose de sa vie, elle reste en attente, en
cherchant à s’expliquer les raisons de cet abandon. Plusieurs fois, seule, avec sa fille ou avec son amant, elle va se rendre dans la station balnéaire de Manazuru, qu’une intuition confuse lui
désigne comme étant rattachée au départ de son mari. A chaque fois qu’elle retrouve le bord de mer, d’étranges sensations la poursuivent, des souvenirs lui reviennent aussi, qui pourraient
peut-être éclairer les raisons de la disparition de Rei.
Comme dans le précédent roman d’Hiromi Kawakami, La brocante Nakano, je me suis glissée confortablement entre les pages, grâce aux courtes scènes de la vie
quotidienne, entrecoupées de souvenirs, de réflexions sur la famille et les générations, d’observations de la vie urbaine à Tokyo. J’ai aimé le décalage avec notre façon occidentale de penser,
les petits détails très japonais : envoyer un colis de champignons secs en cadeau, se promener dans la campagne vêtu du peignoir d’un hôtel. J’ai apprécié aussi la plus grande maturité des
personnages, qui d’un peu inconsistants dans La brocante Nakano, sont devenus plus profonds ici, notamment la narratrice, mère de famille qui, sans avoir eu une vie très
difficile, a du faire face à une situation pour le moins déstabilisante. L’auteur réussit particulièrement bien à faire sentir des impressions de rêves éveillés, le sentiment qu’un lieu, un objet
cherchent à faire passer un message. Ces passages oniriques, à la frontière du fantastique, sont beaux mais parfois un peu longs, c’est le seul reproche que je ferai à ce
roman.
D'autres avis
: Naina et Gio l’ont lu
aussi.
Extrait : Tandis que je marchais, j’ai senti que je n’étais pas
seule.
La distance était trop grande, je ne pouvais pas savoir si c’était
un homme ou une femme qui se trouvait derrière moi. Sans me poser davantage de questions, j’ai continué à avancer.
J’avais quitté dans la matinée l’auberge près de l’estuaire, et je
me dirigeais vers la pointe du cap. J’avais passé la nuit dans un petit hôtel du bourg tenu par un couple dont l’âge laissait supposer que c’était la mère et le
fils.
A mon arrivée de Tokyo après deux heures de train, il était neuf
heures du soir et la façade était obscure. En fait de façade, le nom de l’auberge n’y figurait même pas, il y avait simplement un petit portillon de fer que rien ne différenciait d’une habitation
ordinaire, avec deux ou trois pins de petite taille aux branches torsadées et une vieille plaque accrochée discrètement sur laquelle on découvrait le caractère «Sunna », « Sable » écrit au
pinceau.
Challenge 1% rentrée littéraire de Levraoueg : 6 /
7 !
Par kathel
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Publié dans : Asie
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