Quatrième de
couverture : Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d'une comédie de mœurs à l'humour ravageur et d'un roman noir à la tension implacable,
Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'œuvre :
le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car
leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?
L’auteur : Herman Koch est l'auteur de plusieurs romans, mais c'est Le Dîner qui lui apporte la consécration. Elu Livre de l'année aux Pays-Bas, où il
s'est vendu à près de 400 000 exemplaires, traduit dans une quinzaine de langues, salué par la critique internationale, Le Dîner est le premier roman de Herman Koch à paraître en
France.
330 pages
Editeur : Belfond (mai 2011)
Titre original : Het diner
Traduction : Isabelle Rosselin
Alors, que penser de ce
dîner ? Il me fait penser à un repas dans un restaurant que l’on découvre pour la première fois, tout nouveau, tout beau : l’originalité des plats se succédant sur la
table séduit, mais ensuite, l’ensemble laisse un petit je ne sais quoi de frustrant, d’imparfait, d'amer. Dans le cas de ce roman, l’histoire et la construction font tout le sel du récit, raconté
à la première personne par l’un des participants au repas. Paul vient dîner avec sa femme, son frère et sa belle-sœur dans un restaurant plutôt haut de gamme, dans le but annoncé d'avoir une
discussion importante à propos de leurs enfants. On sent tout de suite des ressentiments cachés entre eux. Pourtant, la conversation roule sur des sujets anodins, films à l’affiche, prochaines
vacances, tardant à en venir à ce qui les préoccupe vraiment.
Paul et Claire ont un fils de seize ans, Simon et Babette ont de leur côté trois enfants, dont l’un a été adopté. Ces adolescents sont en pleine période de recherche de leur propre personnalité,
ce qui justifie sans doute le homard de la couverture... Mais cette recherche a poussé deux d'entre eux vraiment trop loin, ils ont commis un acte à la fois violent et impardonnable. Chacun des
parents est dans une certaine mesure au courant de cet acte. Sur quelle réaction commune vont-ils se mettre d’accord, sachant que Simon, politicien très en vue, et Babette, semblent avoir
quelques dissensions, alors que Paul, enseignant en disponiblité, et Claire, femme plutôt maîtresse d’elle-même, montrent une certaine complicité ? Et que les deux couples n'ont guère de points
communs ? Voici le point de vue, à un certains moment du repas, de l'un des protagonistes : "Je me demandais très sérieusement ce qui se passerait si je ne disais strictement rien. Si je
me contentais de continuer à vivre, comme tout le monde. Je pensais au bonheur - aux couples heureux et aux yeux de mon fils." Par des retours en arrière, le lecteur en apprend plus sur
la personnalité de chacun, mais de manière toujours un peu biaisée, puisque tout est vu par le regard de Paul. Paul dont la personnalité est extrêmement difficile à cerner. Dans le récit de ce
narrateur, ce qu'il ne dit pas est souvent bien plus important que ce qu'il dit.
Le cynisme, bien davantage que l’humour annoncé, imprègne ce roman à la construction impeccable, qui en divulgue juste assez pour entraîner le lecteur d’un questionnement à un autre… Les thèmes
abordés, l’inné et l’acquis, l’esprit de famille, la notion de bonheur, sont aussi captivants que dérangeants. Il faut cependant reconnaître que l’écriture manque de relief, et empêche d’en faire
un excellent roman. Mais quelle histoire !
Un extrait :
Serge ne réserve jamais trois mois à l'avance. Serge réserve le jour même ; pour lui, c'est un sport, dit-il. Certains restaurants gardent toujours une table libre pour les gens comme
Serge Lohman, et celui-ci en fait partie. Parmi bien d'autres, d'ailleurs. On peut se demander si, dans tout le pays, il existe encore un restaurant où l'on n'est pas pris de convulsions en
entendant au téléphone le nom de Lohman. Ce n'est pas lui qui appelle, bien sûr, il demande à sa secrétaire de le faire, ou à un de ses proches collaborateurs. «Ne t'inquiète pas, m'a-t-il dit
lors de notre conversation téléphonique il y a quelques jours. Ils me connaissent là-bas, je vais me débrouiller pour avoir une table.» J'avais simplement demandé si nous devions nous rappeler au
cas où il n'y aurait pas de place, et sur quel autre endroit nous pourrions nous rabattre. Un soupçon de compassion a percé dans sa voix à l'autre bout du fil, je le voyais presque secouer la
tête. Un sport.
Il y avait une chose dont je n'avais vraiment pas envie ce soir-là. Je ne voulais pas être présent quand Serge Lohman serait accueilli comme une vieille connaissance par le
restaurateur ou la personne faisant office de gérant ; voir les serveuses le guider vers la plus belle table côté jardin, Serge faire mine de n'y prêter aucune importance, comme si au fond il
était toujours resté simple, se sentant par conséquent surtout à son aise parmi d'autres personnes ordinaires.
Lu par Brize, Cathulu, Clara, Emeraude, Manu et Ys parmi d'autres nombreux billets !

Anis 17/02/2012
Emma 18/02/2012
Violette 19/02/2012
Karine:) 20/02/2012
céline 28/02/2012