Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 06:00

 

hommeinquiet.jpgL’histoire : Le bien connu commissaire Wallander s’est installé à la campagne, avec pour toute compagnie un chien. Un certain ralentissement dans le travail, l’annonce de la grossesse de sa fille, des problèmes de santé, serait-ce le début de la retraite et de la vieillesse ? Wallander s’interroge. Mais à peine l’avait-il rencontré que le beau-père de sa fille disparaît un matin, en allant faire sa promenade dans un quartier huppé de Stockholm. Quelqu’un en voulait-il à cet ancien officier de marine qui ressassait des histoires de sous-marins russes, ou bien a-t-il disparu volontairement ? L’affaire se complique assez vite.
L’auteur : Né en 1948, Henning Mankell partage sa vie entre la Suède et le Mozambique. Célèbre pour ses policiers, il est aussi l’auteur de pièces de théâtre, d’ouvrages pour la jeunesse et de romans.
552 pages
Editeur : Seuil policiers (2010)
Traduction : Anna Gibson
Titre original : Den orolige mannen


Une belle réflexion sur la vieillesse, c’était le roman précédent d’Henning Mankell, Les chaussures italiennes. Mais L’homme inquiet revient aussi, et de manière fine et sensible, sur l’âge qui avance et sur l’amenuisement de ce que l’on a devant soi. Cette réflexion, les atermoiements de Wallander, ses regrets, sa crainte de l’avenir, sa santé qui chancelle, se trouvent au cœur d’une enquête, menée au rythme d’allées et venues de Wallander dans le sud de la Suède. Il mène ses recherches pendant son temps de vacances, à propos de cette brusque disparition d’un ancien officier de marine, intrigué par l’inquiétude que celui-ci avait manifestée avant de s’évanouir quelques jours plus tard dans la nature.
L’enquête est intéressante, fait remonter dans l’histoire de la Suède et des relations internationales au temps de la guerre froide, mais il faut bien admettre que c’est surtout par les personnages qu’elle fait se croiser que l’intérêt est maintenu tout du long. Wallander se rend ici et là, interroge avec tact des personnes sur leurs souvenirs, exhume des livres et des documents, soulève des secrets de famille, et se révèle encore lui-même une dernière fois au cours de ses recherches. Voilà, il va falloir le quitter, mais après autant d’aventures partagées, qu’est-ce que cela va être difficile !
En tout cas, bonne nouvelle si vous ne l’avez pas encore trouvé en bibliothèque, il va sortir en poche le 5 janvier prochain… (à vos carnets !)
 

Extrait : Il ne se faisait pas à l'idée qu'il continuerait à vivre là jusqu'au jour où il serait tellement vieux qu'il ne pourrait plus se débrouiller seul. Il n'avait même pas atteint la soixantaine, mais le souvenir de la vieillesse solitaire de son père le hantait. S'il avait une certitude, c'était qu'il ne voulait pas reproduire le modèle. Il lui suffisait d'apercevoir son reflet dans la glace en se rasant le matin pour constater qu'il ressemblait de plus en plus au vieux alors que, dans sa jeunesse, il avait eu plutôt les traits de sa mère. L'âge venant, son père paraissait peu à peu prendre possession de lui, tel un coureur qui serait resté longtemps embusqué dans le peloton de queue et qui, à l'approche de la ligne d'arrivée, passait à l'attaque. 


Un beau jour, cependant, il prit une décision cruciale. Il s'était rendu à Löderup pour discuter avec un agriculteur victime d'une agression, non loin de la maison où vivait autrefois son père. En revenant vers Ystad, il aperçut le panneau d'une agence immobilière signalant une maison à vendre au bout d'un chemin gravillonné. La décision surgit de nulle part. Il freina, fit demi-tour et emprunta le chemin. Le corps de ferme à colombages devait à l'origine former un quadrilatère tronqué, mais l'une des ailes avait disparu, peut-être suite à un incendie. Il en fit le tour. C'était une belle journée au début de l'automne. Il se rappellerait le vol d'oiseaux migrateurs qui était passé en ligne droite, plein sud, juste au-dessus de sa tête. A priori seul le toit avait besoin d'être refait. La vue qu'on avait depuis la maison était éblouissante. On devinait la mer au loin, peut-être même distinguait-il la forme d'un ferry arrivant de Pologne, en route vers Ystad. Cet après midi-là, au mois de septembre 2003, il entama en quelques instants une histoire d'amour avec la maison solitaire. 


Lu aussi par Alain, Aproposdelivres, BMR et MAM, Cathulu, Claudialucia, Hélène, Yv... 

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Par kathel - Publié dans : Europe du Nord
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