L’histoire : On
pourrait qualifier Julius Winsome d’homme des bois, mais ce serait largement réducteur. Certes il habite un chalet dans un coin reculé d’une forêt du Maine, certes, il a pour seule compagnie un
chien, et vit de petits boulots, mais ce quinquagénaire ne chasse pas, préférant les trois mille et quelques livres légués par son père aux armes à feu. Jusqu’au jour où un coup de fusil retentit
dans la forêt, à quelque distance de son chalet, et où il retrouve son chien Hobbes mort…
L’auteur : Poète, romancier et nouvelliste, Gerard Donovan, né en Irlande, vit actuellement aux États-Unis. Julius Winsome est son premier roman à paraître en France.
244 pages
Editions du Seuil (2009) sorti en poche
Traduction : Geroges-Miche Sarotte
Mon avis : C’est vraiment aux copines blogueuses, citées plus bas, que je dois la découverte de Julius Winsome ! Un roman parlant de chasse, de chien et de forêt ne m’aurait pas semblé du tout pour moi et pourtant, je serais passée à côté d’une lecture que j’en viens à trouver trop rapide. La mort du chien n’est qu’un point de départ pour un texte à la fois terrible et poétique, où le lecteur suit pas à pas un Julius Winsome, qui de façon parfaitement logique et rationnelle, semble-t-il, va tuer pour venger son chien, ou plutôt pour se soulager de la douleur qu’il ressent à la perte injuste de Hobbes. Quelques retours en arrière nous en apprennent plus sur la famille de Julius, son père, son grand-père qui a combattu durant la première guerre mondiale, sur son aventure avec Claire, une femme rencontrée dans la forêt.
J’ai été séduite par la façon dont l’auteur donne vie à un personnage crédible, tout en étant plein de surprises et de contradictions. J’ai partagé le goût de Julius pour les mots désuets tirés des pièces de Shakespeare, et souri aux occasions où il les utilise. J’ai tourné les pages en me précipitant inéluctablement vers une fin que je souhaitais pourtant retarder. J’ai fermé le livre à regret et vais d’ailleurs vite le rouvrir pour vous trouver un extrait selon mes vœux !
Extrait : J’ai pris le chemin du retour sous les illuminations de Fort Kent avant de pénétrer dans l’obscurité éclairée d’ordinaire par les seules étoiles, mais aucune ne brillait ce soir-là, à moins qu’elles n’aient été suspendues au-dessus des nuages bas, la sorte de nuages qui, chargés des senteurs de la terre et de l’air,voguent à l’horizon au crépuscule, poussant l’air devant eux, de l’air froid.
La nuit tombait tandis que je filais en rase campagne. Quand les phares ont balayé le sentier menant au chalet, j’ai cru apercevoir Hobbes se précipiter vers eux, selon son habitude, bondir hors des ténèbres et traverser le faisceau de lumière, avant de renifler les sacs, une fois ceux-ci posés par terre dans la cuisine, à la recherche de ses aliments préférés.
Tout en roulant dans le noir, j’ai convoqué Shakespeare, mon ami d’enfance, et concocté une autre phrase : Mon estomac a
clabaudé quand ce type a étreint Claire. Il avait une mine de chafouin, quand il a fait semblant de ne pas me voir.
D’autres avis, tous positifs si je me souviens bien, chez Bene, Brize, Cathulu, Choco, Dominique, Joëlle, Laure, L’or des chambres, Saphoo et Véronique. Reka se sent un peu seule (mais ce n'est pas grave, Reka !)
Pour retrouver tous les titres lus
pour le défi Voisins voisines...
Voici le début du récapitulatif
et la fin !
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