Mercredi 10 février 2010
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Quatrième de couverture : La commissaire Viviane Lancier n’est pas du genre poète, mais la voici condamnée à se passionner pour Baudelaire : un sonnet
torride dont il serait l’auteur se transforme en serial killer, envoyant à la morgue ceux qui s’y intéressent.
Flanquée de son ingénu lieutenant, Viviane Lancier plonge dans une enquête où semblent la narguer les morts, les survivants et même les revenants.
299 pages
Editions de la Table Ronde (4 février 2010)
L’auteur : Georges Flipo s’est fait connaître en écrivant pour l’émission « Les petits polars » (Radio France). Il a publié cinq livres : Le
film va faire un malheur (Le Castor Astral, 2009), Qui comme Ulysse (Anne Carrière, 2008), Le
Vertige des auteurs (Le Castor Astral, 2007), L'Etage de Dieu (co-édition par Le Furet du Nord et Les Éditions
Jordan, 2006) et La Diablada (Anne Carrière,
2004).
Mon avis : Enquête policière et humour ne font pas toujours
bon ménage. Cela part parfois dans du grand « n’importe quoi » que l’on peut apprécier ou non, selon le lecteur et l’humeur du moment. Pour moi, Le lézard lubrique de Melancholy Cove fait partie des réussis et Spellman et associés m’a plutôt ennuyée, ces deux exemples pourraient être inversés chez d’autres lecteurs ou lectrices… Ceci
pour dire que le livre de Georges Flipo est un policier d’abord, l’humour vient ensuite, davantage au travers des personnages que des situations, et cela lui réussit plutôt.
La commissaire Viviane Lancier, son tailleur rose (mais non, pas du Chanel) ses régimes sans cesse commencés et recommencés, son côté franchouillard et son peu d’intérêt pour la Culture avec un
grand C, se voit confier une enquête. Il s’agit de la mort d’un SDF, l’indice le plus important est une lettre, remise « aux bons soins de Victor Hugo » et contenant un sonnet de
Baudelaire que les experts déclarent comme authentique. A cette mort s’ajoutent d’autres tentatives d’assassinat, serions dans une sorte de roman à maléfices où un poème peut provoquer des morts en
chaîne ? Non, l’enquête est assez classique, avec ses suspects nombreux et intéressants, pour que l’on s’attache aux pas de LA commissaire (elle tient au féminin) et de son adjoint, Monot,
tout jeune, mais davantage porté sur la littérature, ce qui est un atout dans cette enquête.
J’ai passé un moment très agréable avec ce duo, j’ai apprécié les portraits des protagonistes, car l’auteur excelle à dépeindre ses personnages, avec seulement une petite interrogation sur les
méthodes parfois surprenantes de Viviane Lancier, ceux qui ont lu le roman comprendront, mais que cela ne vous empêche pas de prévoir de faire connaissance avec la commissaire. Elle reviendra
d’ailleurs dans un autre roman dont le titre est déjà trouvé : La commissaire n’a point l’esprit club.
A noter aussi le très bon choix de couleur pour la couverture qui rappelle les « gialli » italiens et qui vous vaut inévitablement des « Qu’est-ce que tu lis ? »…
Extrait : L’Académie française ! Viviane en avait
toujours eu une vision fumeuse : des hommes et des femmes plus tout jeunes qui croyaient bon de s’habiller en tenue de carnaval pour se recevoir plus dignement. Des noms illustres qui se
réunissaient pour discuter de la définition de mots inconnus, que personne n’utiliserait déjà plus quand sortirait la prochaine édition de leur dictionnaire.
Elle sonna et attendit, un peu intimidée : elle ne voyait guère comment expliquer la situation. Un petit homme caché sous un béret vint ouvrir. Une caricature de concierge, le genre de type
avec qui il fallait parler le français de tous les jours.
- Je suis la commissaire…
Et elle s’arrêta, perturbée. Non, ce la commissaire serait peut-être jugé trop féminisant, une erreur en ces lieux de purisme.
- Je suis le commissaire….
Le concierge la regarda, inquiet, il ne devait pas aimer les travelos.
Elle lui montra l’enveloppe et le petit homme la lut, soupçonneux :
- Aux bons soins de Victor Hugo… Je ne sais pas si vous êtes le commissaire ou la commissaire, mais vous n’êtes pas Victor Hugo.
Déjà lu par : Cathulu, Yv, Papillon, Keisha, Fashion, Leiloona et Lou qui en parlent bien mieux que moi !
Par kathel
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Publié dans : France
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