Mardi 17 août 2010
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L’histoire : Ser Zacomo Spada, marchand de soieries à Venise, a bien des soucis avec sa toute jeune fille Mattea, quatorze ans, et déjà belle à faire tourner les têtes.
Celle-ci a déclaré à ses parents être amoureuse du turc Abul, riche fabricant de soierie bien évidemment jugé impie par les parents de Mattea.
Editions Paleo
100 pages
Première publication : 1835
Mon
avis : L’histoire n’est pas aussi simple qu’il y paraît car la jeune Mattea se différencie bien des jeunes filles croisées dans les romans du XIX ème siècle, souvent
fragiles, sans cervelle, et s’évanouissant à tout propos. Mattea a la tête sur les épaules, mais elle est un peu imaginative et surtout ne supporte plus le caractère plutôt acariâtre et parfois
violent de sa mère . Elle imagine donc cette amourette avec Abul, et se trouve servie par la complicité de Timothée, un grec serviteur et interprète d’Abul. On imagine bien que le rôle
d’interprète permet à l’astucieux Timothée de tirer les ficelles de cette histoire tragi-comique, comme un valet de comédie au théâtre.
L’ambiance vénitienne est fort agréable, au point qu’on s’imagine attablé devant des
macarons à la girofle place San Marco, les dialogues sont bien sentis, la fin subtile et inattendue. Cela a été pour moi un très bon moment de lecture. Un seul petit bémol concerne l’édition, qui
aurait pu sans crainte subir une relecture de plus, car j’ai relevé plusieurs coquilles fort inélégantes !
Le
début : Le temps devenait de plus en plus menaçant, et l'eau, teinte d'une couleur de mauvais augure que les matelots connaissent bien, commençait à battre violemment les
quais et à entre-choquer les gondoles amarrées aux degrés de marbre blanc de la Piazetta. Le couchant, barbouillé de nuages, envoyait quelques lueurs d'un rouge vineux à la façade du palais
ducal, dont les découpures légères et les niches aiguës se dessinaient en aiguilles blanches sur un ciel couleur de plomb. Les mâts des navires à l'ancre projetaient sur les dalles de la rive des
ombres grêles et gigantesques, qu'effaçait une à une le passage des nuées sur la face du soleil. Les pigeons de la république s'envolaient épouvantés, et se mettaient à l'abri sous le dais de
marbre des vieilles statues, sur l'épaule des saints et sur les genoux des madones. Le vent s'éleva, fit claquer les banderoles du port, et vint s'attaquer aux boucles roides et régulières de la
perruque de ser Zacomo Spada, comme si c'eût été la crinière métallique du lion de Saint-Marc ou les écailles de bronze du crocodile de Saint-Théodore.
Ser Zacomo Spada, le marchand de soieries, insensible à ce tapage inconvenant, se
promenait le long de la colonnade avec un air de préoccupation majestueuse. De temps en temps il ouvrait sa large tabatière d'écaille blonde doublée d'or, et y plongeait ses doigts, qu'il
flairait ensuite avec recueillement, bien que le malicieux sirocco eût depuis longtemps mêlé les tourbillons de son tabac d'Espagne à ceux de la poudre enlevée à son chef vénérable. Enfin,
quelques larges gouttes de pluie se faisant sentir à travers ses bas de soie, et un coup de vent ayant fait voler son chapeau et rabattu sur son visage la partie postérieure de son manteau, il
commença à s'apercevoir de l'approche d'une de ces bourrasques qui arrivent à l'improviste sur Venise au milieu des plus sereines journées d'été, et qui font en moins de cinq minutes un si
terrible dégât de vitres, de cheminées, de chapeaux et de perruques.
D’autres lecteurs ? Peut-être s’en trouvera-t-il au fur et à mesure de l’avancée du challenge
George Sand organisé par George Sand !
Je fais d'une pierre deux coups avec le challenge George Sand susnommé et le défi
J'aime les classiques.
Par kathel
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Publié dans : classiques
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