Quatrième de
couverture : Pearlie pense vivre un bonheur paisible. En 1949, à San Francisco, elle a retrouvé et épousé
Holland Cook, son amour d'adolescence. Holland a survécu à la guerre et refuse d'en parler. Une chose est certaine : il n'est plus le même... Le passé ressurgit le jour où un homme d'affaires,
Charles Drumer, s'immisce dans la vie du couple et propose à Pearlie un étrange marché.
L'auteur : Andrew Sean Greer est né en 1970 à Washington D.C. Avec son frère jumeau, Michael, il a grandi dans le Maryland où
ses parents travaillent dans la recherche scientifique. Il étudie à Brown University (Providence, Rhode Island) et quelques années plus tard, vit à New
York de petits boulots (chauffeur, machiniste de théâtre, figurant à la télévision). Il y écrit quatre ou cinq romans qu’il ne parvient pas à faire publier.
Il part ensuite à l’Université du Montana, d’où il sort en 1995 avec un Master d’écriture. Il s’installe dans l’Ouest, d’abord à Seattle, puis à San Francisco en 1998. Ses nouvelles commencent à paraître dans des revues. En 2001, il publie son premier roman, The Path of Minor
Planets. Sa notoriété, toutefois, date de 2004, lorsque John Updike, dans une critique du New Yorker,
voit planer sur Les confessions de Max Tivoli, l’ombre de Proust et du Nabokov de Lolita. Acclamé, L’Histoire d’un
mariageparaît en 2008.
263 pages
Editeur : Points (11 février 2010)
Traduction : Suzanne S. Mayoux
Titre original : The story of a mariage
Ma lecture : L’histoire d’un mariage est une
plongée dans les années 50, à San Francisco, avec en toile de fond la guerre de Corée, l’affaire Rosenberg, les problèmes raciaux, la peur du communisme, mais aussi les parcs d’attractions, les
chiffonniers et les charbonniers, les orchestres de jazz. La deuxième guerre mondiale encore toute proche a laissé des traces très sensibles et des souvenirs vivaces sur cette région. Le quartier
de Sunset où se trouve le pavillon de Pearlie et Holland, jeune couple avec un enfant, est souvent plongé dans les brumes du Pacifique et la vie s’y déroule plutôt bien que mal, même s’ils n’y
ont pas beaucoup d’amis et si leur petit Sonny est atteint de la polio. Pearlie est amoureuse de son mari, fort bel homme qui fait tourner quelques têtes, mais un jour, Charles Drumer, un ancien
patron de Holland, débarque dans leur vie… De révélations en révélations, Pearlie va se rendre compte qu’elle ne connaît peut-être pas tant que cela son mari et va être amenée à prendre des
décisions cruciales.
Sur le thème du bonheur conjugal et familial, de la méconnaissance que l’on peut avoir des personnes qui vous sont les plus proches, ce livre se déroule comme un film, avec un arrière-plan aux
détails très soignés. On s’y croirait ! Le ton est assez original, peut-être parce qu'il est celui de Pearlie, femme dont on pourrait dire qu'elle a la tête sur les épaules, mais qui reste
assez romantique tout de même.
Je préfère ne pas en dire plus sur l’histoire elle-même, qu’il faut lire, si le
thème vous tente...
D'autres billets chez Amanda, Brize, Cathulu, Clarabel, Cuné,
Dasola, Heclea, Joëlle, Jules, Papillon, Plaisirsacultiver, Voyelle et consonne...
Extrait : Nous croyons connaître ceux que nous aimons. Nous croyons les aimer. Mais ce que nous aimons se révèle n'être qu'une traduction approximative, notre propre traduction d'une
langue mal connue. Nous tentons d'y percevoir l'original, le mari ou la femme véritables, mais nous n'y parvenons jamais. Nous avons tout vu. Mais qu'avons-nous vraiment compris
?
Un matin, nous nous réveillons. Près de nous dans le lit, ce corps familier, endormi : un inconnu d'un nouveau genre. Moi il
m'est apparu en 1953. Un jour où, debout chez moi, j'ai découvert quelqu'un qui avait emprunté par pure sorcellerie les traits de mon mari.
Lu pour le défi 100 ans de
littérature américaine de Bouh.
Pour retrouver tous les titres lus
pour le défi Voisins voisines...
Voici le début du récapitulatif
et la fin !
Des commentaires ?