Lundi 4 janvier 2010
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Quatrième de
couverture : Alger. Une charrette cahotée dans la nuit transporte une femme sur le point d'accoucher. Plus tard, naît le petit Jacques, celui-là même que l'on
retrouve dès le second chapitre, à 40 ans. Devant la tombe de son père, visitée pour la première fois, il prend soudain conscience de l'existence de cet inconnu. Dans le bateau qui l'emporte
vers sa mère à Alger, commence la brutale remontée dans cette enfance dont il n'a jamais guéri. Les souvenirs de l'école, de la rue et de la famille jaillissent, faits de soleil et d'ombre. Mais à
l'ombre et à la misère, il découvre qu'il a répondu, toujours, par une "ardeur affamée", une "folie de vivre" indéfectibles malgré ce père qui lui a manqué.
Le Premier homme est le roman auquel travaillait Camus au moment de mourir. Les nombreuses notes en bas de page, hésitations ou rajouts de l'écrivain
retrouvés dans son manuscrit sont un émouvant témoignage de l'oeuvre en cours. Une oeuvre ambitieuse, aux accents autobiographiques évidents, dans laquelle Camus a cherché à dire ses "raisons de
vivre, de vieillir et de mourir sans révolte". Laure Anciel
380 pages
Editeur : Gallimard (janvier 2000)
Collection : Folio
Mon avis : J’ai lu il y a bon nombre d’années ce projet de roman,
édité longtemps après la mort d’Albert Camus. C'est celui auquel il travaillait quand il est mort dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Je n’ai pas eu le temps de le relire récemment, mais
je tenais à en parler en ce jour d'hommage à un grand auteur disparu il y a cinquante ans. On y retrouve la mélancolie, le questionnement perpétuel, l’émotion qui font partie intégrante des romans
de Camus, et son écriture claire et précise. Un extrait de ce livre vous donnera envie, je l’espère, de le faire rentrer à votre tour dans votre bibliothèque !
Je vous renvoie aussi à ma lecture du recueil de nouvelles L’exil et le royaume il y
a quelques semaines et bien sûr au blog de Denis et Fabienne qui
fêtent Albert Camus comme il se doit aujourd’hui. Vous trouverez chez eux tous les liens vers les autres billets
publiés.
Extrait : Quand il réfléchissait, Jacques se rendait
compte que c’était de ce vieil instituteur perdu maintenant de vue, qu’il avait appris le plus de choses sur son père. Mais rien de plus, sinon dans le détail, que ce que le silence de sa mère lui
avait fait deviner. Un homme dur, amer, qui avait travaillé toute sa vie, avait tué sur commande, accepté tout ce qui ne pouvait s’éviter, mais qui, quelque part en lui-même, refusait d’être
entamé. Un homme pauvre enfin. Car la pauvreté ne se choisit pas, mais elle peut se garder. Et il essayait d’imaginer, avec le peu qu’il savait par sa mère, le même homme, neuf ans plus tard,
marié, père de deux enfants, ayant conquis une situation un peu meilleure et rappelé à Alger pour la mobilisation, le long voyage de nuit avec la femme patiente et les enfants insupportables, la
séparation à la gare et puis, trois jours après, dans le petit appartement de Belcourt, son arrivée soudaine dans le beau costume rouge et bleu à culottes bouffantes du régiment des zouaves,
suant sous la laine épaisse, dans la chaleur de juillet, le canotier à la main, parce qu’il n’avait ni chéchia ni casque, après avoir quitté clandestinement le dépôt sous les voûtes des quais, et
couru pour venir embrasser ses enfants et sa femme, avant l’embarquement du soir pour la France qu’il n’avait jamais vue, sur la mer qui ne l’avait jamais porté, et il les avait embrassés,
fortement, brièvement, et il était reparti du même pas, et la femme au petit balcon lui avait fait un signe auquel il avait répondu en pleine course, se retournant pour agiter le canotier, avant de
se remettre à courir dans la rue grise de poussière et de chaleur et de disparaître devant le cinéma, plus loin, dans la lumière éclatante du matin pour ne plus jamais revenir.
A
propos de ce même roman, les lectures de Roxane et Cathe...
Par kathel
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Publié dans : classiques
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un article récap parait ce soir je suis en train de le faire c'est assez long mais passionnant car je vais sur chaque blog en meêm temps
bonne soirée
Denis
je viens de terminer ce roman autobiographique et je suis encore sous le charme de ce récit inégalable