Lundi 21 septembre 2009
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Rentrée littéraire 2009
Présentation de l'éditeur : Victor ouvrit un cahier et prit sa plume. Sa main tremblait au moment
d'écrire le premier mot du texte qu'il découvrait. D'un geste méthodique et lent, il traça de grosses lettres capitales sur la feuille. Le manuscrit dactylographié en roumain que Victor Luca
s'apprête à recopier est un livre interdit car, en cette année 1972, Ceaucescu est au pouvoir et les temps sont à la répression. Pourquoi Victor écrit-il? Pour oublier l'odeur de la mandragore qui
émane parfois des corps sans vie de jeunes filles ? Pour combler le vide des jours de solitude et d'enfermement ? En attendant la nuit et ses promesses d'évasion vers la forêt, immense et
mystérieuse, toute proche? Peut-être pour trouver la paix, qui tarde à venir.
L'auteur : Liliana Lazar est née en 1972 en Moldavie roumaine. Elle a passé l'essentiel de son enfance dans la grande forêt qui borde le village de
Slobozia, où son père était garde forestier. Elle arrive en France en 1996. Elle vit à Gap, aux pieds des Alpes. Liliana Lazar écrit en français. Voici son premier roman.
197 pages
Editeur : Gaïa (17 août 2009)
Ma lecture : Il ne faut pas forcément en savoir trop sur le
contenu du roman pour entrer dans Terre des affranchis, et naviguer à vue entre plusieurs genres, chronique villageoise, fantastique, policier ou conte sans savoir vers lequel se tourner est
plutôt agréable. De même, voir les personnages entrer en scène sans imaginer aussitôt quel rôle ils auront à jouer fait partie du charme de ce livre, car c’est vraiment de cela qu’il s’agit, d’être
sous le charme de l’écriture, de l’ambiance, du talent de raconteuse d’histoire de Liliana Lazar.
Cette Terre des affranchis, du nom du village de Slobozia, est tout d’abord une terre de traditions, de superstitions bien souvent. Quand des disparitions inexpliquées y ont lieu, la
population est prompte à accuser les marginaux, ermite ou bûcheron un peu frustre, et à se faire eux-mêmes justice. Le policier du village et le prêtre, toutes figures de références qu’ils soient,
ne sont pas toujours à la hauteur de ce genre de situation. Il y a quelques similitudes avec le roman mexicain de Guillermo Arriaga Un doux parfum de mort que j’ai lu récemment, ce qui ne
m’effleure qu’au moment de faire ce court résumé de la situation, et bien que le décor soit fort différent. Liliana Lazar qui écrit en français, est originaire de Roumanie, de Moldavie plus
précisément, et elle a situé cette histoire dans la forêt de son enfance.
Le cadre historique de ce roman est très précis, des années 70 au début des années 90, avec des repères dans l’histoire roumaine, et pourtant, il est un peu intemporel, à telle enseigne qu’on se
croirait parfois cent ans plus tôt. J’en retire en tout cas une très jolie impression de lecture et me promets de suivre de près ce nouveau talent si prometteur !
C’est la rencontre d’Anne Sophie avec Liliana Lazar et son éditrice qui
m’avait donné envie de découvrir Terre des affranchis.
Les avis de Cathulu, Béné, Lael, Anne Sophie et Lilly ont achevé de me convaincre…
Extrait : Les vieilles femmes qui avaient eu la lourde
responsabilité d’habiller la jeune fille pour son repos éternel avaient scrupuleusement respecté les coutumes mortuaires. Une icône de la vierge était placé sur sa poitrine, bien calée entre ses
bras en croix. Au-dessus de sa tête, un petit miroir devait chasser les démons tentés de s’approcher du cadavre. Le diable, disait-on, serait effrayé en voyant l’horreur de son propre reflet.
Contre les moroï, quelques gousses d’ail étaient dissimulées sous les fleurs, bien à l’abri du regard du prêtre qui désapprouvait ce genre de superstitions. Quelques pièces de monnaie devaient
permettre à la défunte de payer son passage aux douanes du
Paradis. Un bâton de berger, logé au fond du cercueil, l’aiderait à traverser le
Jourdain mystique afin d’atteindre la Jérusalem céleste. Enfin, des petits pains tressés et une bouteille de vin doux étaient posés à ses pieds. Pour un si long voyage, quelques provisions ne
semblaient pas superflues.
Toujours dissimulé dans les fourrés, l’observateur ne perdait pas le moindre détail de
ce qu’il voyait .
Challenge 1% littéraire : Troisième lecture !
Par kathel
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Publié dans : France
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