Dimanche 16 août 2009
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Mot de l’éditeur :
1964 : Au crépuscule de sa vie, Jun Nakamaya, qui fut au début du XXe siècle une star du muet, est tiré de sa retraite par un jeune scénariste. Premier acteur japonais à se produire à
Hollywood, Jun connut l’excitation des débuts du cinéma, les fêtes fastueuses sur Sunset Boulevard, la passion de quelques comédiennes et l’hystérie des fans… avant d’être confronté à la montée du
racisme et à la fin des films muets. Est-ce pour ces deux raisons que sa carrière fulgurante s’arrêta brutalement en 1922 ?
Le scénariste et son producteur aimeraient faire tourner Jun de nouveau, mais celui-ci se montre très réticent, redoutant que son retour à la lumière ne remue la boue du passé. Car le nom de
l’acteur est associé à un meurtre jamais élucidé, celui du grand réalisateur Ashley Benett Tyler, qui avait choqué le tout Hollywood dans les années 20. L’heure semble venue pour Jun d’affronter
les fantômes d’hier…
L'auteur : Nina Revoyr est née au Japon d’un mère japonaise et d’un père américain. Elle a grandi à Tokyo, puis dans le
Wisconsin et à Los Angeles, où elle vit encore aujourd’hui. Elle est l’auteur de trois romans, dont Southland (Phébus, 2007), acclamé et récompensé aux États-Unis.
374 pages
Editeur : Phébus
Traduction : Bruno Boudard
Titre original : The Age of Dreaming
Mon avis : Voici une très intéressante plongée dans le monde du
cinéma muet et du milieu artistique des années 10 et 20 à Hollywood, vue par un acteur venu du Japon. Dans cette industrie toute neuve qu’est le cinéma, les parcours des acteurs, des réalisateurs
ou des producteurs peuvent être très originaux et permettre d’accéder très vite à la notoriété.
C’est le cas pour le narrateur, Jun Nakayama, que rien ne prédestinait à devenir une des coqueluches des spectateurs de l’époque, après une enfance toute simple au Japon et le coup de chance d’une
bourse pour étudier aux Etats-Unis. Cette carrière est fictive, bien sûr, mais elle est ancrée dans la réalité comme tout le roman, qui aux côtés de personnages de fiction, voit passer des légendes
du cinéma comme Mary Pickford, Douglas Fairbanks ou Gloria Swanson. Le roman démarre en 1964, et par retours en arrière, retrace l’arrivée de Jun à Hollywood, les rencontres qui le propulsent en
tête d’affiche puis les événements qui le poussent à arrêter toute activité artistique en 1922. Car cette construction habile du roman dirige le lecteur tout droit vers une révélation, qui, quoique
tardant un peu, explique à elle seule les discours parfois proches de l’auto-justification de Jun. Je ne voudrais pas que vous pensiez que ce roman présente des longueurs indigestes, ce n’est pas
le cas à mon avis, et on n’a pas le temps de s’y ennuyer entre le passé de l’acteur assez mouvementé et son actualité qui, sans être brûlante, est suffisamment captivante pour maintenir tout
l’intérêt du lecteur. C'est vrai que le personnage de Jun, assez imbu de lui-même, ou alors naïf, peut-être, ce qui le conduit parfois à ne pas voir ce qui se passe juste sous ses yeux, peut
agacer, mais les thèmes abordés, ambition, racisme, culpabilité et regrets ainsi que la vie sentimentale de Jun, intimement mêlée à sa vie professionnelle et
racontée avec beaucoup de pudeur, font que j'ai passé un bon moment. Ajoutons que la langue est élégante, soignée,
comme le personnage principal, quoiqu’un peu moins guindée, heureusement.
Une très jolie découverte pour laquelle je remercie Suzanne et Chez les filles.
Beaucoup d’autres avis, plutôt positifs, quoique... Je viens de
trouver le billet de Celsmoon ! Lisez aussi ceux de Joëlle, Leiloona, Amanda, Sylire, Clarabel, Praline, Calypso, Papillon, Lael, Cathulu et Alfie.
Extrait : Car le muet était une forme singulière, que le spectateur ne peut apprécier sans posséder une base qui lui offre la
possibilité de comprendre ce qu'il voit. Ces films-là ont leur propre règle et symboles, ils exigent la participation du public, car ils reposent beaucoup sur la déduction que sur l'explication
carrée, et chaque élément - de l'utilisation de l'ombre et de la lumière au choix de la pellicule, en passant par l'emploi suggestif du hors-champ - est essentiel à la création de l'effet général
et l'expression d'une vision plus large.
Par kathel
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Publié dans : Amérique du Nord
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