Sur le site de l’éditeur :À San Francisco, sur la plage d’Ocean Beach noyée dans le brouillard d’un mois de juillet, une jeune femme –
Abby – et une fillette de six ans –Emma – se promènent en cherchant des coquillages. Abby, fiancée à Jake le papa d’Emma et photographe professionnelle, détourne un instant son regard d’Emma pour
photographier un bébé phoque au ventre ouvert échoué sur le sable. Lorsqu’elle relève les yeux, la petite fille a disparu…
L’année brouillard est l’histoire haletante de la recherche d’Emma par la police d’abord, puis par Jake et Abby ensemble, enfin, au bout d’environ trois cents jours alors que son père abattu et
découragé ne croit plus aux chances de retrouver sa petite fille, par Abby seule. Elle consacre tout son temps, son instinct et sa mémoire à cette quête. Obsédée par l’importance de retrouver le
souvenir du moindre détail, du moindre événement, du moindre personnage présent ce jour funeste sur la plage, elle mène l’enquête à sa façon. Armée de l’énergie du désespoir et de l’angoisse, de sa
culpabilité à conjurer et de la soif de se forger une image acceptable d’elle-même, mais délaissée car accusée en silence par Jake, elle mettra tout en oeuvre pour retrouver les ravisseurs d’Emma.
Y parviendra-t-elle ?... L'auteur : Michelle Richmond est l’auteur de trois romans dont seul L’Année brouillard (le deuxième) est disponible en français et d’un
recueil de nouvelles. Native de Mobile dans l’Alabama et lauréate de plusieurs prix littéraires, elle enseigne les techniques d’écriture et publie sur le web Fiction attic, une revue
littéraire. 508 pages
Editeur : Buchet-Chastel (avril 2009) Traduction : Sophie Aslanides Titre original : The year of fog Que demander de plus ? Un livre qui vous raconte une histoire
prenante, voire angoissante et qui en même temps vous pousse à réfléchir sur un ou plusieurs sujets intéressants, je n’en demande pas davantage !
L’histoire, c’est celle d’Abby, qui se promène sur une plage avec la petite fille de six ans de son fiancé. Un moment d’inattention et la petite Emma disparaît, comme avalée par le brouillard. Bien
sûr, les secours prévenus, de nombreuses personnes participeront aux recherches, mais la seule à persévérer au-delà du raisonnable (si tant est qu’il y ait un délai raisonnable dans ces cas-là)
c’est Abby, rongée par une immense culpabilité. Elle essaye à tout prix de se remémorer cette journée, les moments qui ont précédé le drame, les jours d’avant aussi, car elle sent qu’un indice s’y
cache qui pourrait la guider vers la fillette, si elle est encore en vie… Le fait qu’Abby soit photographe est très intéressant. Bien que ses souvenirs soient habituellement associés à des images,
elle est consciente que les clichés ne disent pas toujours la vérité, mais seulement celle qu’on leur prête. Elle est malgré tout tentée de trouver dans ses photos une piste pour retrouver Emma,
parmi d’autres pistes de recherches qu’elle ne néglige pas.
Le thème de la mémoire, que je retrouve souvent ces derniers temps dans mes lectures, dans des livres totalement différents (Le
lieu perdu, Une brève histoire des morts, L’ombre en
fuite, La formule préférée du professeur) est traité ici de façon passionnante, au travers d’exemples dénichés par Abby
qui n’alourdissent absolument pas la lecture mais l’éclairent. Les scènes concernant la recherche de la petite fille, les réactions de ses proches, notamment Jake, son père, sont racontées avec une
concision qui évite tout mélo. Sur un sujet difficile, qui fait remonter des angoisses parentales, pour qui a ne serait-ce qu’égaré un enfant dix minutes dans un supermarché, Michelle Richmond a
fait un fort beau premier roman.
Elles
m’ont incitéeà noter ce livre (et elles ont bien
fait !) : Clarabel, Cuné et Cathulu.D'autres avis : Majanissa, Lael... Merci à Guillaume de Babelio pour l’envoi. Extraits :« Immense est le pouvoir de la mémoire,
excessivement immense… un vaste, infini palais intérieur. » citation de Saint-Augustin
Une fois de plus, je m’émerveille devant la capacité de Nell à apprendre, à absorber et à traiter une grande quantité d’information sur un sujet quelconque, n’importe quand. Je me demande
toujours si sa passion pour l’information a n rapport avec la mort de son fils, si la constante absorption des faits est un ultime recours pour remplir un vide qui ne s’et jamais comblé. J’imagine
son chagrin comme un trou noir, toujours béant, qui engloutit la connaissance à une vitesse effrayante. C’est le même trou noir en perpétuelle expansion qui a envahi mon esprit et mon cœur tout
au long des semaines écoulées depuis la disparition d’Emma. Tandis que Nell nourrit sa souffrance par l’apprentissage, je nourris la mienne d’interminables
recherches.
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