Mardi 16 juin 2009
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Mot de l’éditeur :
« Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur
mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la
révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très
vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l’alternance des points de vue et la présence
obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l’ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d’une vie.
L'Auteur : Né en 1948, Ian McEwan est considéré comme l’un des écrivains anglais les plus doués de sa génération. L’enfant volé a reçu le prestigieux Whitbread Novel Award et, en
France, le prix Femina étranger ; Amsterdam a été couronné par le Booker Prize for Fiction (1998) ; Expiation par le WH Smith Literary Award (2002).
148 pages
Editeur : Gallimard (septembre 2008)
Collection : Du monde entier
Traduction : France Camus-Pichon
Titre original : On Chesil beach
Ma lecture : On a déjà beaucoup évoqué ce livre sur les blogs et
je n’en raconterai pas une enième fois le sujet. Ce roman surprend après Expiation et Samedi qui étaient beaucoup plus denses, avec un plus grand nombre de personnages, quoique Samedi
tendait déjà à être plus concis, puisqu’il se déroulait sur une seule journée.
Là il s’agit de quelques heures cruciales qui vont changer la vie de deux jeunes gens qui n’en connaissent justement pas grand chose, de la vie ! Ce court roman, très bien écrit, entre dans les
méandres des pensées des jeunes mariés, retraçant les éléments de leur enfance et de leur jeunesse indispensables pour comprendre leur psychologie, sans toutefois nous focaliser sur un évènement
passé en particulier ; l’interprétation est ouverte, les pistes sont proposées mais non imposées. Ce qu’on peut en dire est que Florence et Andrew souffrent davantage d’un manque de maturité
affective que de leur différence d’origine sociale, mais que cette dernière n’est pas totalement sans conséquence.
Bon, il y a un bien un court moment où l’on se dit : « Tout ça pour ça ! », mais globalement cette plongée dans les années soixante est prenante et ne souffre d’aucune longueur ou facilité. A
découvrir !
PS pour El : Finalement, je l'ai emprunté à la bibliothèque avant que tu ne me le prêtes en anglais ! L'as-tu fini ?
Elles et ils sont nombreux à l’avoir déjà lu et Blog-O-Book les recense, les avis vont de la déception à l'enthousiasme, j’ajoute Enna dont la lecture est très récente….
Le début : Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux
vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible. Mais ce n'est jamais facile. Ils venaient de s'installer pour dîner
dans un minuscule salon au premier étage d'une auberge de style géorgien. Dans la pièce voisine, visible par la porte ouverte, se trouvait un lit à baldaquin assez étroit, dont la courtepointe d'un
blanc pur s'étendait, incroyablement lisse, comme si aucune main humaine ne l'avait touchée. Edward n'avoua pas qu'il n'était encore jamais allé à l'hôtel, alors que Florence, après ses nombreux
voyages avec son père dans son enfance, était une habituée. En apparence, tout leur souriait. Leur mariage à l'église St Mary d'Oxford s'était bien passé : la cérémonie religieuse avait été sans
fausse note, la réception, festive, les adieux de leurs copains de fac et de lycée, aussi bruyants que chaleureux. Contrairement à ce qu'ils redoutaient tous les deux, les parents de Florence
n'avaient pas regardé les siens de haut, et sa mère à lui n'avait commis aucun impair ni complètement oublié la signification de cette journée. Les mariés avaient pris la route dans une petite
voiture appartenant à la mère de Florence, et ils étaient arrivés en début de soirée à leur hôtel sur la côte du Dorset, par un temps indigne de la mi-juillet et de l'occasion, mais parfaitement
convenable : s'il ne pleuvait pas, il ne faisait pas non plus assez chaud, selon Florence, pour manger sur la terrasse comme ils l'avaient espéré. Edward pensait que si, mais, poli à l'extrême,
jamais il n'aurait osé la contredire un soir pareil.
Autre extrait : Chaque fois qu’Edward lui demandait «
Comment tu te sens ? », ou bien : « A quoi tu penses ? », elle avait toujours du mal à répondre. Lui avait-il donc fallu tout ce temps pour découvrir qu’il lui manquait une simple aptitude mentale
que tout le monde possédait, un mécanisme si ordinaire que personne n’en parlait jamais, un rapport immédiat et sensuel aux êtres et aux choses, ainsi qu’à ses propres besoins, à ses propres désirs
? Toutes ces années durant, elle avait vécu totalement isolée, à la fois en elle-même et d’elle-même, sans jamais vouloir ni oser regarder en arrière.
Par kathel
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Publié dans : Iles britanniques
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Bon, je vais noter Samedi pour une prochaine lecture de l'auteur...
Plaisanterie à part, j'ai trouvé Samedi (lu en anglais) très bien...Veux-tu que je le fasse voyager jusqu'à toi ?