Quatrième de couverture :
" A moi pour toujours " : tel est le billet anonyme que trouve Sherry Seymour dans son casier de professeur à l'université un jour de Saint-Valentin. Elle est d'abord flattée par un message qui
tombe à point nommé dans sa vie routinière : son couple fatigué, son père malade et son fils unique de plus en plus distant. Mais cet admirateur secret obsède Sherry. Une situation d'autant plus
troublante qu'elle est alimentée par le double jeu de son mari. Sherry perd vite le contrôle de sa vie faussement équilibrée. La tension monte jusqu'à l'irréparable. Laura Kasischke déploie tout
son talent pour peindre une réalité américaine dans laquelle tout, y compris le désir, semble bien ordonné. Une réalité où quatre mots suffisent cependant à ébranler de manière irréversible la vie
des personnages. Editeur : Christian Bourgois Traduction : Anne Wicke Titre original : Be mine 401 pages
Paru également en poche.
Mon avis :Disons-le tout de suite, ce
livre donne une grande claque ! Cela commence par la description de la vie bien sage d’une prof de lettres d’une quarantaine d’années, avec sa jolie maison campagnarde, son mari plutôt attentif,
son grand fils aimant qui vit loin pour ses études. Un jour cependant, surviennent deux petits dérapages : une biche percutée sur son trajet quotidien et un mot anonyme adressé pour la
Saint-Valentin. A partir de là, Sherry perd de plus en plus la capacité à choisir ce qui est important dans sa vie, elle dérive d’une manière plus profonde qu’une simple crise de quarantaine. Laura
Kasischke a une telle virtuosité pour décrire l’enchaînement des actes, les sentiments, l’importance que prennent des minuscules détails dans les situations de crise, que les pages tournent, la
tension monte, il devient difficile de lâcher le livre ! En conclusion, si vous connaissez le vide produit par le départ des enfants, mieux vaut le combler par des piles de livres et la
rédaction de billets pour votre blog qu’à la manière de Sherry !
Je me souviens avoir beaucoup aimé aussi A Suspicious River et Un oiseau blanc dans le blizzard, mais je n’ai rien lu d’autre de cet auteur depuis ; son dernier roman, La couronne
verte est sorti en octobre dernier, je souhaite qu’il soit aussi réussi, je le lirai volontiers en tout cas.
Extrait :Tous les deux, nous formions, je le savais, un
secret exposé au grand jour. Il est sûr que quiconque regardant dans notre direction pourrait le voir sur nous. Et, même si une voix raisonnable en moi me disait : Tu ne veux surtout pas diffuser
cette nouvelle, madame Seymour, chaque centimètre carré de mon corps était néanmoins très excité à l'idée d'être la femme au secret, dans cette cafétéria, la femme assise en face de Bram Smith, qui
lui regardait toujours le cou d'un oeil appréciateur. Je sentais le frisson de l'interdit dans chaque cellule de mon corps et, malgré moi, je me penchais à nouveau vers lui au-dessus de la table,
encore plus près, il prit cela pour l'invitation que c'était et il s'approcha aussi de moi. Nous étions maintenant suffisamment proches l'un de l'autre pour que je puisses entendre son souffle
entrer et sortir de ses poumons. Il tendit encore une fois la main pour me toucher le cou du bout des doigts. Cette fois-ci, je laissais les doigts s'attarder plus longtemps, avant de me
reculer.
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