Quatrième de couverture : Bastos, le chat philosophe et
pédant, parvient à échapper au fusil de Raymond. N'empêche qu'il le nargue ce chat ! Et il faut encore s'occuper du môme, un peu nul en foot, qui n'a rien trouvé de mieux que de choper de l'eczéma
sur le visage... Sans compter son imbécile de père qui se fait encastrer par un cerf de deux cents kilos. Il y a franchement de quoi devenir allumé dans cette famille !
Biographie de l'auteur : Barbara Constantine, romancière,
céramiste et scripte - elle a travaillé avec Cédric Klapisch - vit en région parisienne. Elle est également l'auteur d'A Mélie, sans mélo, son second roman. 261 pages
Editeur : Points (septembre 2008)
Mon avis : Il est difficile de trouver plus grand contraste
qu’entre ce livre et le précédent que j’ai lu (La dame n°13) tant celui-ci est léger, frais, drôle et humain. J’aurais presque pu, à un autre moment, lui trouver trop de bons sentiments,
mais ce n’est jamais mièvre, et les personnages ne sont pas des saints, donc cela m’a très bien convenu comme cela !
Le style est parlé, plein de véracité, faisant intervenir les différents protagonistes, et ils sont nombreux : un chien fatigué, un petit garçon qui n’aime pas le foot, une cuisinière spécialisée
dans les recettes «sauvages», un grand-père qui ne supporte pas le chat moqueur, des gendarmes, un embaumeur-photographe, une grand-mère jardinière, un cerf qui n’aurait pas dû se trouver sur la
route… Toute la vie d’une petite commune rurale est croquée, tout le monde connaît tout le monde, mais chacun arrive à surprendre ses voisins et amis en sortant du cadre où on le croyait enfermé.
Loin des stéréotypes, chacun construit ou reconstruit sa vie, sans grand chamboulement, mais en s’approchant au plus près, si ce n’est du bonheur, du moins d’un certain appétit de la vie et de ses
plaisirs.
Un petit délice, parfait pour commencer l’année. La couverture est adorable, en plus !
Le début :Il se plante devant la porte ouverte, jambes
écartées, poings sur les hanches. Il hume l’air. La nuit s’annonce douce et tranquille. Mais d’un coup, ses sourcils se froncent, une ombre passe, et sans se retourner…
- Passe-moi le fusil, j’vais allumer le chat !
Il n’a pas bu pourtant, juste quelques verres de rouge au dîner, autant dire rien.
- Et pourquoi tu veux l’allumer, dis ?
- Quand il me regarde, j’ai l’impression qu’il se fout de ma gueule. Alors, là, j’en ai marre… Je vais lui régler son compte à ce salopard !
Un autre extrait :C’est une nuit de pleine lune. Le chat
Bastos est en vadrouille. La pleine lune, ça lui fait toujours un drôle d’effet. Il a la pupille dilatée, la démarche ondulante, le sourire carnassier… il est chaud bouillant. Il a repéré une jeune
chatte qui vient d’arriver dans le quartier. Il est en route. Plus que deux jardins à traverser. Il l’entend déjà, la drôlesse.
Elle aussi, la pleine lune lui fait de l’effet. Elle n’a que sept mois. Et déjà, elle appelle.
Quel tempérament !
C’est Rémi qui l’a trouvée dans une poubelle et qui l’a donnée à Jack. Raymond a dit que c’était un mâle, alors ils l’ont appelée Riton.
Il y a quelques heures, c’était une petite chatte, mignonne, joueuse et câline… une enfant. Là, sous l’emprise des sens, une maniaque sexuelle. Avec une voix à la Marlène
Dietrich. Bastos est tout retourné. Il se dit que « Satan l’habite ». Ce n’est pas très fin, mais… c’est la pleine lune, il a une excuse.
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