D’abord, retournons le livre :
À ceux dont le passeport n’a jamais le temps de moisir dans un tiroir comme aux sédentaires invétérés, Georges Flipo propose quatorze nouvelles de voyage, et plus précisément de voyageurs :
voyageurs en Asie, en Europe, en Afrique, en Amérique du sud, continents que l’auteur a souvent parcourus.
Pas de folklorisme ni de longues descriptions de panoramas, mais de prenantes histoires qui emmènent le voyageur – et le lecteur – un peu plus loin que prévu. Dans un cadre toujours
différent, chaque personnage se révélera en allant au-delà de ses limites. Limites de ses souvenirs pour l’une, de ses préjugés pour l’autre. Tel autre ira aux confins de sa morale, ou de sa
méchanceté, ou de son cynisme. Telle autre encore à la poursuite de son rêve d’adolescente.
Le style est fluide, le rythme enlevé, les portraits esquissés en rapides petites touches. Le ton oscille entre l’émotion et l’humour parfois acide.
Quatorze nouvelles qui feront leur chemin dans la littérature de voyage.
Nouvelliste pour la radio (Radio France, France Bleu), Georges Flipo a publié deux recueils de nouvelles ainsi qu’un roman. Editeur : Anne Carrière (août 2008) 254 pages
Est-ce que j’en pense quelque chose ? Premier cas en ce qui me concerne de lecture
issue de rencontre « bloguesque », je me suis laissée tenter après un certain nombre de visites sur le blog de Georges Flipo… Le ton,
l’humour, l’accueil m’ont donné envie d’en lire davantage et c’est avec une certaine fierté (du style "je connais l'auteur") que je me suis emparée du dernier exemplaire restant dans une grande
enseigne de ma ville. Avant de payer, j’ai fait plusieurs fois le tour du rayon, passant devant la libraire avec la couverture bien en évidence, afin qu’elle pense à réapprovisionner sa table des
nouveautés !
Ayant placé quelques attentes dans cette lecture, je n’ai pas été déçue. Ces nouvelles sont pour la plupart courtes, écrites avec concision, précision, l’émotion affleure au détour d’une petite
phrase. Elles ont chacune leur univers et leur atmosphère même si elles sont réunies sous le thème du voyage. J’aime l’idée d’un recueil «à thème », qui fait qu’ayant l’impression de savoir où on
va, on est toujours surpris tout de même ! J’excepterai Les éléphants de Pattaya et La marche dans le désert qui ressemblent plus à l’idée que l’on se fait de nouvelles sur ce thème.
Ces deux-là m’ont moins touchée.
J’ai aimé la tendresse et l’émotion qui se dégagent de L’île de Sainte-Absence et du Voyage vers le frère, j’ai aimé trouver un parfum d’une Amérique du Sud que j’aimerais connaître
dans Les sources froides, Qui comme Ulysse, Confiteria Ideale, Et à l’heure de notre mort et La partie des petits saints. J’ai été aussi sensible à
l’humour de La route de la soie où un gardien de phare retraité relate des voyages qu’il ne fera jamais dans un blog de voyage plus vrai que nature, et celui de Rapace où un écrivain
cherche à soutirer des idées de nouvelles lors de conversations avec une amie.
Un petit reproche : j’aurais bien lu encore deux ou trois de ces petites tranches de vie un peu saignantes ! Ce sera pour la prochaine fois…
Allez, un petit extrait quand même pour les paresseux qui n’iraient pas jusqu’à cliquer sur le lien ! Il leva les yeux et vit le gris du ciel, cerné de lourdes montagnes blanches. Jamais il n’avait eu si froid. C’était un froid pénétrant, presque doux dans son étreinte, et ce froid le paralysait
avant de le tuer. Non, ce n’était pas le froid, c’était simplement l’étrange lit dans lequel il était couché. Pas un lit, un cercueil. Michel Pelluaz se réveilla en nage, encore frigorifié. C’était
donc encore et toujours ce même cauchemar.(Le voyage vers le frère)
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