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Jeudi 1 mai 2008
Mot de l'éditeur : Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas, où Monte-Cristo se trouve en germe. C'est un livre qu'il a écrit seul, et qui se déroule de son temps.
La fiction brode sur les thèmes du roman gothique, en "noir", nuit, cottage en ruine, sentes perdues, passages secrets, brigands impitoyables, héroïne enterrée vivante, substitution de cadavres.
Pauline fait face à un bourreau mystérieux, "homme fatal. C'est le roman d'une jeunesse déboussolée qui tente de se faire une place dans une société mesquine.

Année de publication 1838  241 pages  Editeur : Gallimard Folio

Biographie : (d’après Wikipédia, entre autres)
Alexandre Dumas est un écrivain français né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le 5 décembre 1870 à Puys, lieu-dit près de Dieppe (Seine-Maritime).

Alexandre Dumas était le fils de Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie dit le général Dumas, général de la Révolution française, métis d'origine haïtienne par sa grand-mère, qui mourut quand son fils eut trois ans et demi. Après des études négligées, il travailla comme clerc chez un notaire et débuta la rédaction de pièces de théâtre avec son ami, le vicomte Adolphe Ribbing de Leuven. Ces premiers essais furent autant d'échecs.

En 1823, il entra au service du Duc d’Orléans comme expéditionnaire grâce à sa calligraphie. Il lisait alors Shakespeare, Walter Scott, Goethe et Schiller qui furent les sources d'inspiration principales de son théâtre. Il continua à écrire pour le théâtre et connut enfin le succès grâce à la représentation en 1829 de Henri III et sa cour par la Comédie-Française. Ce succès continua pendant toute sa carrière littéraire dans ses genres de prédilection : le drame, le roman historique et le feuilleton.

C'est un auteur prolifique (avec l'aide notoire de nègres et en particulier d'Auguste Maquet qui a participé à la plupart de ses réalisations), signant des grandes œuvres telles Les Trois Mousquetaires ou Le Comte de Monte-Cristo en 1844.
En 1846, il fait construire son propre théâtre qu'il baptise le "Théâtre-Historique". Le théâtre sera inauguré en 1847 et accueillera les pièces de plusieurs auteurs européens : Shakespeare, Goethe, Calderon, Schiller...
Malheureusement, le théâtre fera faillite en 1850. Ruiné, Dumas sera obligé de vendre aux enchères le Château Monte-Cristo.
En 1851, poursuivi par plus de 150 créanciers, Dumas doit s'exiler en Belgique.
En septembre 1870, après un accident vasculaire qui le laisse à demi paralysé, Dumas s'installe dans la villa de son fils à Puys, près de Dieppe. Il y meurt le 5 décembre 1870. Alexandre Dumas est entré au Panthéon en novembre 2002, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.
Son fils, également nommé Alexandre Dumas, fut lui aussi écrivain, auteur en particulier de la Dame aux camélias.                                                                                     Dumas par Nadar

Pauline (1838) est un des premiers romans de Dumas. L’action principale se situe entre 1830 et 1834. Ce livre a ensuite servi de base à la pièce de théâtre Pauline écrite par Eugène Grangé et Xavier de Montépin, à laquelle aurait contribué Dumas, et qui fut portée à la scène en 1850.

Lu dans le cadre du club de lecture : Les liens pour tous les autres avis sont chez
Lisa...
Ma lecture : Pauline est un roman de jeunesse d’Alexandre Dumas, qui, à cette époque, s’essayait plutôt à écrire des pièces de théâtre, genre plus prisé. Il a été publié tel quel et non en feuilleton, comme ce fut le cas pour ses autres romans.
Je l’ai trouvé bien construit : tout part d’une rencontre fortuite d’Alexandre Dumas qui aperçoit un de ses amis, Alfred de Nerval, en compagnie d’une femme mystérieuse. Il lui semble la reconnaître, et lorsqu’un peu plus tard, il croise de nouveau cet ami, il apprend de sa bouche l’histoire rocambolesque de cette jeune femme.
Agée de 18 ans, Pauline de Meulien commence à sortir dans le monde lorsqu’elle fait la connaissance d’un jeune homme paré d’une réputation de courage et  de mystère… Elle découvre alors les affres de l’amour, dans la très jolie scène du bal et du moment de chant autour du piano… Dans cette scène, que l’on imagine un peu comme celle du bal du « Guépard », on sent que sa crainte et sa curiosité mêlées la font tomber irrémédiablement dans un piège. Elle se marie avec Horace de Beuzeval et après quelques moments heureux, commence à trouver étranges certains amis de son mari, certaines de ces activités.
Pour notre bonheur, et son malheur, nous vivons alors des scènes aux ingrédients dignes de tout roman gothique et romantique : paysages sombres, tempête, portes dérobées, pavillon inhabité, serviteur mystérieux, duels, larmes et évanouissements… La dernière partie du roman est celle d’un amour impossible et tragique entre Pauline et le narrateur, Alfred de Nerval, amour très bien décrit lui aussi.
J’ai une question pour terminer : pourquoi les femmes à cette époque s’évanouissaient-elles à la moindre émotion ? Faut-il y voir un problème d’alimentation, de corset trop serré, je me perds en conjectures ! Après cette parenthèse hautement philosophique, je dois dire qu’en inconditionnelle du Comte de Monte-Cristo, j’ai beaucoup aimé cette lecture, qui me donne envie de retrouver d’autres romans mettant en scène des héroïnes candides (enfin, pas trop, quand même !) aux prises avec des individus malveillants.


Extraits choisis :
Je le vis ainsi pour la première fois, entouré de la reconnaissance d’une famille entière et de tout le prestige de l’émotion que m’avait causée cette scène dont il avait été le héros. C’était un jeune homme pâle, et plutôt petit que grand, avec des yeux noirs et des cheveux blonds. Au premier aspect, il paraissait à peine avoir vingt ans ; puis en regardant plus attentivement on voyait quelques légères rides partir du coin de la paupière en s’élargissant vers les tempes, tandis qu’un pli imperceptible lui traversait le front, indiquant, au fond de  son esprit ou de son cœur, la présence habituelle d’une pensée sombre ; des lèvres pâles et minces, de belles dents et des mains de femme complétaient cet ensemble, qui au premier abord, m’inspira plutôt un sentiment de répulsion que de sympathie, tant était froide, au milieu de l’exaltation générale, la figure de cet homme qu’une mère remerciait de lui avoir conservé son fils.

« Vous vous réveillerez dans un caveau où nul n'est descendu depuis vingt ans, et dans lequel, d'ici à vingt ans peut-être, nul ne descendra encore. N'ayez donc aucun espoir de secours, car il serait inutile. Vous trouverez du poison près de cette lettre: tout ce que je puis faire pour vous est de vous offrir une mort prompte et douce au lieu d'une agonie lente et douloureuse. Dans l'un et l'autre cas, et quelque parti que vous preniez, à compter de cette heure, vous êtes morte. »

Par kathel - Publié dans : France
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