Quatrième de couverture :
De son enfance au cirque, Zodiak a gardé la voûte céleste tatouée à l’encre noire sur son
torse. Et le polac, qui le suit comme son ombre. Ils cherchent Sonia – la femme, l’étoile filante. On the road. Jusqu’aux chambres
de luxure et de mort d’une vaste villa…
Mais il y a des chiens de garde aux portes de l’enfer. Zodiak les affronte, qui veut l’absolu, la pureté et la beauté. Prix Polar dans la ville 2004 Editeur : Zulma (2003) 307 pages.
La suite de mes rencontres auxQuais du Polar: Marcus Malte… J’en avais lu ici et là le plus grand bien,
surtout à propos de Garden of love, son dernier roman. Il est de plus tout à fait charmant et acccessible !
Mais parlons de La part des chiens.
C’est un roman noir, très noir, sombre et tourmenté, mais peut-être pas tout à fait désespéré ! Les personnages, Zodiak et Roman, dit le polac, ont passé leur enfance et leur jeunesse dans le même
cirque. Ils ont tout quitté pour une quête de neuf cent vingt-sept jours, à la recherche de Sonia, le seul amour de Zodiak. Ils pénètrent dans une ville du sud, un port où ils pensent la trouver.
On pourrait croire l’avoir déjà lue, l’avoir déjà vue, cette histoire qui a quelque chose d’un film, mais avec Marcus Malte, elle contient une poésie et une noirceur inhabituelles. Avec une
certaine angoisse, j’ai suivi ces deux marginaux dans leur quête au bord de la folie, dans des recoins ignorés, délaissés de cette ville. L'écriture de l'auteur m'en a fait aimer les endroits les
plus sordides. Certains moments, certaines rencontres de l'histoire sont cruels, d’autres plus tendres et on peut craindre une fin paroxystique à cette quête, mais… Je vous laisserai le découvrir
par vous-même !
Et en attendant, place au talent de l’écrivain : Après cela il baissa la tête et tourna de nouveau les yeux vers le feu qui brûlait là-bas au centre de la prairie. Il pensa à Sonia. Son amour dans ce monde. Dans une simple robe de lin
immaculée. Agharâ avait suivi son regard et peut-être ses pensées car c'est à ce moment-là qu'il se mit à parler de Vénus la blanche. Il dit qu'elle était l'Etoile du soir pour certains et pour
d'autres l'Etoile du matin. Et pour Pythagore le Grec, qui se mêlait de tout, ces deux joyaux en réalité n'en faisaient qu'un. Il dit qu'arithmétiquement le Grec n'avait pas tort. Cependant
l'illusion perdure, car nul homme ne peut laisser inassouvi ce besoin de symbole et de poésie qui est dans sa nature. Il dit que le premier juge et le dernier juge était le coeur de l'homme et non
sa raison. Et tout dépend au fond de l'heure à laquelle on se couche.
Mais c’était à lui de les démêler et il s’y appliquait sans relâche car il savait qu’au bout d’un de ces tortueux parcours il trouverait forcément ce qu’il cherchait. Son amour. Et il savait
aussi qu’il n’avait pas d’autres choix que celui de continuer à chercher car il ne pouvait pas vivre sans son amour. Il en avait déjà eu la preuve. Maintes preuves concrètes. Sans son amour, il
n’était plus un être humain. Pire qu’un serpent froid, pire qu’un loup blessé, sans son amour il en était réduit à une créature sans nom chaque jour plus solitaire et chaque jour plus cruelle. Une
créature en danger, et dangereuse, qui s’abreuvait la nuit à la source du mal, là où nul autre animal n’oserait même tremper ses lèvres.
Qui est Marcus Malte :
Tout d’abord, le site de l’auteur, où il se présente ainsi : « Je suis né en 1967 et vit depuis ce temps à la Seyne sur Mer. Devant la mer. J’ai fait
des études de cinéma. Mais ça n’a pas marché. J’ai été musicien. De rock. De jazz. De variétés. Mais ça n’a pas marché. Aujourd’hui j’essaie d’écrire des histoires. On verra. »
Vous pouvez lire une longue et très intéressante rencontre avec Marcus Malte sur Bibliosurf ainsi que celle de Cathe.
Parmi sa bibliographie :
Le Vrai con maltais, Baleine, 1999
Carnage, constellation, Fleuve noir, 1998
Cent jours avec Antoine et Toine, Seuil Jeunesse, 2000
Et tous les autres crèveront, Zulma, 2001
La Part des chiens, Zulma, 2003
Mon frère est parti ce matin..., Zulma, 2003
Intérieur nord, Zulma, 2005
Garden of love, Zulma, 2007. Ce dernier m'attend !
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