Commentaire de l’éditeur
: Derrière la porte de la respectabilité petite-bourgeoise, des hommes et des femmes, seuls ou en couple, tentent de dissimuler leurs pauvres secrets. On repeint le
décor en rose pour tenter de cacher qu'on a raté sa vie, on boit des cocktails, on célèbre des anniversaires - et l'on marche sans moufter vers la mort grise. Onze nouvelles composées pour
l'essentiel dans la tonalité d'En lisant Tourgueniev, marquées par un désespoir tranquille, paisible presque, et d'autant plus terrifiant.
Autant de drames qui refusent toute grandeur, mais non toute horreur. Trevor une fois de plus ne nous donne pas de bonnes nouvelles de l'humanité, et s'arrange d'assez diabolique façon pour nous
intéresser à ses tristes héros. Comme s'ils étaient nos frères, nos soeurs. Comme s'ils étaient d'autres nous-mêmes. Titre original : Angels at the Ritz and other stories 224 pagesTraduction : Katia Holmes Editeur
: Phébus (2004)
Ma lecture :
La Saint-Patrick est passée depuis deux semaines, mais j’ai récidivé avec une lecture irlandaise, par la faute de tous les blogueurs et blogueuses qui m’avaient tentée avec leurs chroniques ! Il
est vrai que j’avais beaucoup aiméLucyde William Trevor, aussi me suis-je précipitée à la lettre T à la bibliothèque…
Voici donc onze nouvelles parues séparément en Irlande et regroupées dans ce volume. Le point commun de ces nouvelles est à mon avis la solitude des personnages : même entourés d’amis ou d’une
famille, ils semblent avancer seuls dans la vie, avec leurs petits ou grands défauts, leurs secrets, leurs hontes. C’est assez sombre, vous le devinez, mais passionnant en ce qui concerne la
connaissance des comportements humains ! Mes préférées :Les anges dînent au Ritz où des couples de
banlieue chic hésitent à pimenter leurs soirées entre amis de libertinage échangiste ;
Une famille heureuse où la mère de famille reçoit chaque jour, quand son mari est parti travailler, d’étranges coups de fil ;
Mr Mc Namara, où un jeune homme souhaite faire la connaissance d'un ami évoqué par son père récemment décédé ;
Soleil d’automne où un veuf récent reçoit la visite de sa fille cadette qu’il n’avait pas revue depuis des années, et de l’homme avec lequel elle vit.
J’en ai choisi là quelques unes, mais les autres ont toutes aussi prenantes. L’auteur réussit à nous faire partager l’existence de ses personnages en quelques lignes, et à maintenir l’intérêt à
chaque page : du grand art !
Yvon l’a lu, et en parle sur sonblogainsi que
beaucoup d’autres livres de William Trevor, et je ferai suivre cette lecture par d’autres, c’est certain !
Le titre est extrait d'une chanson au joli titre : A nightingale sang
in Berkeley Square, chantée, entres autres, par Nat King Cole et dont voici le refrain :
That certain night, the night we met,
There was magic abroad in the air,
There were angels dining at the Ritz,
And a nightingale sang in Berkeley Square.
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