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Coups de cœur 2008


Le temps où nous chantions

Garden of love


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Si ça vous amuse, vous pouvez la voir sur Babelio.logo-copie-1.gif
Dimanche 27 avril 2008
Présentation de l'éditeur : Dans une petite ville du fond de l'Argentine,
un homme et une très jeune femme attendent un autobus dans un café, il passe mais sans s'arrêter. Il y a quatre jours maintenant que l'avocat Ponce amène sa soeur pour prendre cet autobus et qu'il ne s'arrête pas. Les jeunes gens décident de partir à pied le long de la voie ferrée. Le village s'interroge. Il s'est passé quelque chose dans le pays que tout le monde ignore ici.
Sous l'orage qui gronde sans jamais éclater, de chaque côté de la voie ferrée qui sépare parias et notables, la réalité se dégrade subtilement. Des livres disparaissent de la bibliothèque. Les militaires rôdent autour de la ville, des coups de feu éclatent. Les masques tombent à mesure qu'une effrayante vérité se dévoile.
Sobre et dense, sans concession, ce court roman nous conduit, dans un style alerte et cinématographique, au coeur des pages les plus sombres de l'histoire de l'Argentine et parle du pouvoir sous ses formes les plus perverses.

L'auteur : Eugenia Almeida est née en 1972 à Córdoba, en Argentine, où elle enseigne la littérature et la communication. Elle écrit de la poésie. L'Autobus est son premier roman, il est publié en Espagne, en Italie, en Grèce et au Portugal.
Traducteur : René Solis  Editeur : Métailié (12 avril 2007)  124 pages Titre original : El colectivo
Prix Las Dos Orillas 2005.

Mon avis : Il est difficile de parler de ce livre, tant l’écriture en est concise. Les phrases sont courtes, les dialogues, qui sonnent très justes, sont nombreux, mais contiennent une part de mystère, les choses sont dites à demis mots, et on comprend pourquoi en avançant dans la lecture, lorsque le drame se précise. Il n’y a pas de descriptions ni de fioritures inutiles. Je préfère ne pas en dévoiler trop. Pour ma part, j’avais lu tellement vite la quatrième de couverture que je partais sans idée aucune sur ce roman, et je crois que c’est comme cela qu’on l’apprécie le mieux !
Il m’a fait penser à certains films argentins, comme Historias minimas de Carlos Sorin (2002) qui ne sont absolument pas tape-à-l’œil, mais touchent  par leur subtilité et l’émotion qu’ils dégagent. Dans ce roman, il y a une dimension plus politique et critique vis-à-vis de toute forme de dictature, toutefois... Il s’avère donc que c’est une très bonne surprise, et j’espère retrouver cet auteur un jour, puisque c’est son premier roman.

Extraits :
Cela fait trois soirs que l'autobus passe sans ouvrir ses portes. Le village est sous une chape métallique. Grise et légèrement ondulée. Le seuil des maisons est maculé de terre et l’absence de pluie rend les chiens nerveux. Par la fenêtre de l’hôtel, Rubén se penche machinalement pour regarder les gens qui traversent la voie.

Le silence est pesant. Rita se promet, une nouvelle fois, d'éviter de trop parler à Gómez. Il a toujours quelque chose à répondre, toujours quelque chose à rétorquer. L'imbécile, avec sa petite bicyclette noire, qui traverse d'un côté à l'autre. Qui va et qui vient. Il croit peut-être qu'à force de venir de ce côté-ci, il va être comme nous ; il croit peut-être que, mine de rien, un beau jour il va pouvoir rester ici. Et que personne ne lui dira rien. Que nous ne nous en rendons pas compte. Imbécile.
- Mais continuez, Gómez, je ne veux pas vous retarder, il ne faudrait pas que l'orage vous attrape.
- Non, doña Rita, l'orage ne viendra pas. Le ciel peut se plomber tant qu'il voudra. Il nous écrasera les os mais la pluie, il ne la lâchera pas.
Et voilà maintenant que cet imbécile mal élevé me reprend même sur le temps qu'il fait. Comme si moi qui suis née ici, je ne savais pas. Comme si on pouvait me faire des pronostics, à moi.
Gómez reprend la bicyclette et pique un petit sprint avant de remonter en marche.
- Au revoir, doña Rita.
- Au revoir, Gómez, c'est toujours un plaisir de parler avec vous.
Gómez prend à toute vitesse le virage de la pharmacie. Il lâche la pédale droite et lance sa jambe pour garder l'équilibre. Il freine d'un coup et saute de la selle. De la pointe du pied, il repousse la pédale en sens inverse et bloque la bicyclette contre l'un des rares rebords de trottoir du village.


- Et ils savaient tous qu’il ne s’arrêterait pas ?
- Ils le supposaient. Ici, les choses ont tendance à se répéter.


Lu également par 
Yueyin, Flo, Cuné, Clarabel, Laurent et Yvon

par kathel publié dans : littérature sud-américaine
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Vendredi 25 avril 2008
Quatrième de couverture :
De son enfance au cirque, Zodiak a gardé la voûte céleste tatouée à l’encre noire sur son
torse. Et le polac, qui le suit comme son ombre. Ils cherchent Sonia – la femme, l’étoile filante. On the road. Jusqu’aux chambres de luxure et de mort d’une vaste villa…
Mais il y a des chiens de garde aux portes de l’enfer. Zodiak les affronte, qui veut l’absolu, la pureté et la beauté.
Prix Polar dans la ville 2004
Editeur : Zulma  (2003)  307 pages.

La suite de mes rencontres aux
Quais du Polar : Marcus Malte… J’en avais lu ici et là le plus grand bien, surtout à propos de Garden of love, son dernier roman. Il est de plus tout à fait charmant et acccessible !
Mais parlons de La part des chiens.
C’est un roman noir, très noir, sombre et tourmenté, mais peut-être pas tout à fait désespéré ! Les personnages, Zodiak et Roman, dit le polac, ont passé leur enfance et leur jeunesse dans le même cirque. Ils ont tout quitté pour une quête de neuf cent vingt-sept jours, à la recherche de Sonia, le seul amour de Zodiak. Ils pénètrent dans une ville du sud, un port où ils pensent la trouver. On pourrait croire l’avoir déjà lue, l’avoir déjà vue, cette histoire qui a quelque chose d’un film, mais avec Marcus Malte, elle contient une poésie et une noirceur inhabituelles. Avec une certaine angoisse, j’ai suivi ces deux marginaux dans leur quête au bord de la folie, dans des recoins ignorés, délaissés de cette ville. L'écriture de l'auteur m'en a fait aimer les endroits les plus sordides. Certains moments, certaines rencontres de l'histoire sont cruels, d’autres plus tendres et on peut craindre une fin paroxystique à cette quête, mais… Je vous laisserai le découvrir par vous-même !

Et en attendant, place au talent de l’écrivain :
Après cela il baissa la tête et tourna de nouveau les yeux vers le feu qui brûlait là-bas au centre de la prairie. Il pensa à Sonia. Son amour dans ce monde. Dans une simple robe de lin immaculée. Agharâ avait suivi son regard et peut-être ses pensées car c'est à ce moment-là qu'il se mit à parler de Vénus la blanche. Il dit qu'elle était l'Etoile du soir pour certains et pour d'autres l'Etoile du matin. Et pour Pythagore le Grec, qui se mêlait de tout, ces deux joyaux en réalité n'en faisaient qu'un. Il dit qu'arithmétiquement le Grec n'avait pas tort. Cependant l'illusion perdure, car nul homme ne peut laisser inassouvi ce besoin de symbole et de poésie qui est dans sa nature. Il dit que le premier juge et le dernier juge était le coeur de l'homme et non sa raison. Et tout dépend au fond de l'heure à laquelle on se couche.

Mais c’était à lui de les démêler et il s’y appliquait sans relâche car il savait qu’au bout d’un de ces tortueux parcours il trouverait forcément ce qu’il cherchait. Son amour. Et il savait aussi qu’il n’avait pas d’autres choix que celui de continuer à chercher car il ne pouvait pas vivre sans son amour. Il en avait déjà eu la preuve. Maintes preuves concrètes. Sans son amour, il n’était plus un être humain. Pire qu’un serpent froid, pire qu’un loup blessé, sans son amour il en était réduit à une créature sans nom chaque jour plus solitaire et chaque jour plus cruelle. Une créature en danger, et dangereuse, qui s’abreuvait la nuit à la source du mal, là où nul autre animal n’oserait même tremper ses lèvres.

Qui est Marcus Malte :
Tout d’abord, le site de l’auteur, où il se présente ainsi : « Je suis né en 1967 et vit depuis ce temps à la Seyne sur Mer. Devant la mer. J’ai fait des études de cinéma. Mais ça n’a pas marché. J’ai été musicien. De rock. De jazz. De variétés. Mais ça n’a pas marché. Aujourd’hui j’essaie d’écrire des histoires. On verra. »

Vous pouvez lire une longue et très intéressante rencontre avec Marcus Malte sur Bibliosurf ainsi que celle de Cathe.

Parmi sa bibliographie :
Le Vrai con maltais, Baleine, 1999
Carnage, constellation, Fleuve noir, 1998
Cent jours avec Antoine et Toine, Seuil Jeunesse, 2000
Et tous les autres crèveront, Zulma, 2001
La Part des chiens, Zulma, 2003
Mon frère est parti ce matin..., Zulma, 2003
Intérieur nord, Zulma, 2005
Garden of love, Zulma, 2007. Ce dernier m'attend !

par kathel publié dans : littérature française
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Mercredi 23 avril 2008
Présentation de l'éditeur :
Après le décès de son père, alors que sa mère doit s'éloigner pour parfaire sa formation professionnelle, la petite Tomoko est reçue pour un an chez son oncle et sa tante. Tomoko a douze ans ; à Kobe, son oncle l'attend sur le quai de la gare. Il la serre dans ses bras et la conduit jusqu'à la très belle demeure familiale. Pour Tomoko, tout est ici singulièrement différent. Sa cousine Mina passe ses journées dans les livres, collectionne les boîtes d'allumettes illustrées sur lesquelles elle écrit des histoires minuscules ; un hippopotame nain vit dans le jardin, son oncle a des cheveux châtains, il dirige une usine d'eau minérale et la grand-mère se prénomme Rosa. Au cœur des années soixante-dix, Tomoko va découvrir dans cette maison l'au-delà de son archipel : à travers la littérature étrangère, les récits de Rosa sur son Allemagne natale et la retransmission des Jeux olympiques de Munich à la télévision, c'est un tout autre paysage qui s'offre à elle. La grande romancière japonaise explore dans ce livre, et pour la première fois dans son œuvre, le thème de l'étranger et des origines. En choisissant le prisme des liens de l'enfance, elle inscrit ce roman, comme le précédent, intitulé La formule préférée du professeur, dans un cycle voué à la tendresse et à l'initiation.

L'auteur : Yôko Ogawa est l'une des plus brillantes romancières du Japon d'aujourd'hui. Ses romans sont traduits dans le monde entier. Elle a obtenu les prix les plus prestigieux de son pays.
317 pages  Editeur : Actes Sud (11 janvier 2008) Traduction : Rose-Mary Makino-Fayolle  Titre original : Mina no koshin

J’ai déjà lu plusieurs nouvelles et romans de Yôko Ogawa (Tristes revanches, Le musée du silence) et j’avais été à la fois envoûtée et repoussée par certains aspects dérangeants de ces récits. On ne les retrouve pas ici, mais quelques thèmes communs apparaissent : l’attirance pour ce qui est bizarre ou différent et l’enrichissement au contact de personnes nouvelles, le goût pour les collections, la recherche de la vérité…
Il s’agit ici d’un roman d’apprentissage, qui se déroule pour la jeune Tomoko, dans les années 1970, pendant une année scolaire qu’elle passe chez sa tante. Rien n’est comme chez elle dans cette grande demeure et elle évolue en particulier au contact de sa cousine Mina, un peu plus jeune qu’elle, qui soigne son asthme dans une salle de bains de lumière, qui se rend à l’école sur le dos d’un hippopotame nain et qui lit des livres qui ne sont pas de son âge… Le personnage de l’oncle, directeur d’une usine de boisson gazeuse, a lui aussi sa part de mystère. Tomoko a beaucoup de tendresse pour sa tante, pour la grand-mère Rosa, née en Allemagne et pour Madame Yoneda, gouvernante sans qui rien ne tournerait rond dans cette maison.
La vie s’écoule sans évènements extraordinaires ou particulièrement dramatiques, mais l’atmosphère poétique et envoûtante de ce roman en fait tout le charme. Une phrase de Tomoko résume bien cette année passée dans la famille de Mina :
"Quand je repense à tout cela, je me sens protégée par les heures du passé."

Des extraits :
    Maintenant que trente ans ont passé, il n'y a déjà plus trace de la maison. Les deux cycas au feuillage abondant qui en défendaient courageusement l'entrée sont morts et ont été arrachés, le bassin à l'extrémité sud du jardin a été comblé. Le terrain qui est alors passé entre d'autres mains a été divisé, on y a construit un immeuble sans cachet et un foyer pour célibataires d'une société de produits chimiques, tous les deux habités par des inconnus.
Mais c'est justement parce que la réalité est tout autre que mes souvenirs ne peuvent plus être abîmés par qui que ce soit. Dans mon coeur, la maison de mon oncle est toujours là, et les personnes de la famille, celles qui sont mortes comme celles qui sont âgées, y vivent comme autrefois. Chaque fois que je reviens sur mes souvenirs, leurs voix sont encore plus animées, leurs visages souriants sont pleins de chaleur.


    « Le prix Nobel de littérature, monsieur Kawabata Yasunari, entre parenthèses soixante-douze ans, s'est suicidé la nuit du 16 en portant un tuyau de gaz à sa bouche, sur son lieu de travail, au troisième étage du Marina Mansion à Zushi. On n'a pas découvert de testament, et beaucoup de gens de son entourage restent pensifs à l'idée de la caude de ce suicide, mais on dit que depuis son opération de l'appendicite le mois dernier, sa santé laissait à désirer... »
Tout le monde était à sa place, à l'écoute de la lecture de Mina. Grand-mère Rosa avait joint les mains sur sa poitrine, madame Yoneda tartinait avec ardeur des morceaux de baguette avec de la confiture de fraises, ma tante brassait son thé. Le soleil matinal qui entrait par les fenêtres orientées à l'est éclairait le profil de Mina. Elle n'avait pas buté une seule fois et lisait correctement tous les caractères chinois, même les plus difficiles.
« ... Le corps a été transféré au cours de la nuit, aux premières heures du 17, dans sa maison de Kamakura où l'ont accueilli sa famille, sa gourvernante et les gens du voisinage. »
Lorsque Mina eut terminé sa lecture, tout le monde laissa échapper un soupir de tristesse.
- Ce monsieur Kawabata Yasunari, c'est un ami de la famille ? questionnai-je à la cantonade.
- Non, répondit grand-mère Rosa en décroisant ses mains.
- C'est que vous avez toutes tellement l'air sous le choc...
- Ce n'est pas une connaissance. Nous ne l'avons jamais rencontré. Mais monsieur Kawabata, c'est un écrivain, n'est-ce pas ? Quelqu'un qui écrit des livres. Même ici, il y a des livres de monsieur Kawabata. Ce n'est pas une connaissance mais nous avons un lien. Monsieur Kawabata a écrit des livres, qui sont ici. Ces livres, tout le monde les lit. C'est pourquoi nous sommes tristes.
Mina replia soigneusement le journal et le posa sur la table. Elles sont toutes restées un moment tête basse, comme si elles respectaient une minute de silence, les yeux baissés sur leur assiette, sans se préoccuper des oeufs au bacon qui refroidissaient.

- Il a été muté dans un endroit éloigné, et il ne peut plus venir faire ses livraisons ici. Mais il a dit qu'il ne t'oublierait jamais. Il est encore en train de livrer du Fressy quelque part. Il trouve des boîtes d'allumettes et se souvient de toi qui les aimes tant. Tiens, voici son cadeau d'adieu.
Je lui ai donné la boîte avec la fille qui fermait sa bouteille remplie d'étoiles.
Et lorsque la pièce est devenue sombre après que les rayons se furent interrompus, Mina avait toujours les yeux rivés sur la boîte d'allumettes.
Soudain, j'ai eu l'impression que quelque chose frôlait mes oreilles. Aah, c'est donc ça le message des anges. Je venais de comprendre qu'ils étaient en train de recoudre leurs ailes, posés sur mes lobes.


D'autres avis : Papillon, Chiffonette et le Bookomaton l'ont lu.

J'aimerais lire : La formule préférée du professeur, qui est, d’après ce que j’en ai lu, dans ce même esprit tendre et légèrement fantastique.

par kathel publié dans : littérature asiatique
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Lundi 21 avril 2008
Présentation de l'éditeur :
Un petit criminel toxicomane est trouvé abattu, le visage atrocement défiguré, au bord de la rivière Aker à Oslo, un vendredi soir. Cela n'éveille guère l'attention. Mais lorsque l'avocat de la victime est également trouvé assassiné dans son appartement quelques jours plus tard, l'affaire prend une autre tournure.
La police, qui a chargé l'inspecteur Hanne Wilhelmsen de l'enquête, entrevoit alors les contours d'une mafia de la drogue particulièrement bien organisée. Elle se doute rapidement que derrière celle-ci se trouve le monde des privilégiés de la société norvégienne. Mais qui est véritablement impliqué ? Et jusqu'à quel point ?

L’auteur :
Anne Holt, née en 1958 en Norvège, a été inspectrice de police, reporter pour la télévision norvégienne, avocate spécialisée dans la protection des enfants et ministre de la Justice. Couronnés de nombreux prix, ses livres sont aujourd'hui des best-sellers mondiaux. Elle entame sa carrière de romancière en 1993 avec La Déesse aveugle. En France, un petit éditeur, Odin, a publié trois de ses livres. Depuis le printemps 2007, c'est au tour de Plon de faire découvrir aux lecteurs français de nouveaux personnages récurrents :  Vik et Stubo.
Traduction : Gro Tang  Editeur : Points Seuil (2000) 388 pages Titre original : Blind Gudinne

Ma lecture : Voici la suite de mes découvertes sur les
Quais du Polar : un petit tour en Norvège avec Anne Holt ! J’avais noté son nom depuis un moment, et cela a été l’occasion, non pas de la rencontrer, car je n’ai pas osé aller lui faire signer ce roman, mais de découvrir son écriture : je vous le dis tout de suite, j’ai beaucoup aimé !
Ici, pas de tueur en série, mais un ou des tueurs protégeant leurs petites magouilles lucratives, pas de courses poursuites angoissantes, mais une lutte de tous les instants pour trouver des preuves avant l’audience qui remettra en liberté un suspect très compromis mais bien protégé, pas d’indices qui tombent providentiellement, mais de solides intuitions qui s’accompagnent de recherches minutieuses… La connaissance parfaite d’Anne Holt des mécanismes de la justice et de ceux qui essayent d’y échapper empêche de s’ennuyer un seul instant ! Ajoutons à cela des personnages que l’on a envie de côtoyer le plus longtemps possible : l’inspecteur de police Hanne Wilhelmsen, lesbienne très discrète sur sa vie privée, le procureur Håkon Sand, grand gaillard plus fragile qu’il n’y paraît et l’avocate Karen Borg avec laquelle ce dernier entretient une vieille amitié un peu équivoque… Ils enquêtent ensemble sur un crime dans le milieu des toxicomanes... Ils devinent que cette affaire est liée à une rumeur qui circule à propos d'avocats mouillés dans un trafic de stupéfiants, mais comment le prouver alors qu'ils semblent appartenir à une organisation soigneusement cadenassée ? L’auteur nous place le plus souvent du point de vue des enquêteurs, mais en nous laissant parfois une toute petite longueur d’avance sur eux, ce qui rend le suspense bien plus fort !
Bref, cette Déesse aveugle étant le premier roman de Anne Holt, paru en Norvège en 1993, puis en France en 1998, et suivi de plusieurs autres (Bienheureux ceux qui ont soif, La mort du démon, Une erreur judiciaire, Cela n’arrive jamais) j’ai encore de la très bonne lecture en perspective !




Oslo, près du Nationaltheatret
C.L.

par kathel publié dans : littérature nordique
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Lundi 14 avril 2008
Quatrième de couverture : L'homme à la valise se tenait immobile au bord de la fosse. Le bout de ses chaussures noires entamait la ligne blanche tracée tout le long du quai. Il haussa les épaules quand le grondement se fit plus précis. Jacques se releva et vint se placer juste derrière l'homme. Il frissonna de froid. La sueur mouillait son dos. Ses mains jaillirent de ses poches et se collèrent sur les omoplates de l'homme.
Qui bascula dans un cri terrible.
Il n'avait jamais rien vu de plus gros qu'une motrice de métro.
éditeur : Folio Policier 1999 (première édition1985) 231 pages

L’auteur :
Né en 1949, à Saint-Denis, Didier Daeninckx a exercé pendant une quinzaine d’années les métiers d’ouvrier imprimeur, animateur culturel et journaliste localier. En 1984, il publie Meurtres pour mémoire dans la Série Noire de Gallimard. Il a écrit une trentaine de titres qui mélangent roman noir et réalité sociale et politique     (Mort au premier tour, La Mort n'oublie personne, Zapping, Le Der des ders, Nazis dans le métro). Il a publié aussi des ouvrages pour la jeunesse (Le chat de Tigali, La fête des mères) et des nouvelles. Il a obtenu de nombreux prix littéraires. Il donne sa définition du roman noir : "un roman de la ville et des corps en souffrance".

Un petit mot sur ce polar qui ne m’a pas enthousiasmée. Je pense que ce n’est pas le meilleur de cet auteur que je connais peu à part une lecture lointaine… A sa décharge, c’est l’un de ses premiers romans, paru en 1985, et l’étude de société date donc un peu. Reste l’intrigue policière : un individu pousse un homme portant une valise bourrée d’explosifs sous une rame du métro. Le pire est évité mais la police est sur les dents, d’autant que la presse fait monter la pression. Le roman alterne entre le point de vue du « pousseur » et celui des policiers, notamment de la commissaire Michèle Fogel. J’ai bien aimé la description du Paris souterrain et du monde du métro, apprécié le contexte social et politique, mais me suis un peu ennuyée dans l’enquête elle-même. Et paradoxalement, j’ai trouvé le roman un peu court, j’aurais aimé des personnages plus approfondis ou plus de pistes dans l’enquête…
Il faudra que je retente un nouvel essai avec cet auteur, car j'ai trouvé l'ensemble bien écrit !  Si vous avez des titres à me conseiller, je suis preneuse.

par kathel publié dans : littérature française
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Dimanche 13 avril 2008
Présentation de l'éditeur :
Kambili a quinze ans. Elle vit à Enugu, au Nigeria, avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugene, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugene est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l'éducation de ses enfants comme une chasse au péché. Quand un coup d'Etat vient secouer le Nigeria, Eugene, très impliqué dans cette crise, est obligé d'envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable.
Traduit par Mona de Pracontal  Editeur : Le livre de poche (2006) 350 pages Titre orig
inal: Purple hibiscus

L’auteur : Chimamanda Ngozi Adichie est née en 1977 à Abba. Elle a quitté le Nigeria à 19 ans pour suivre des études aux Etats-Unis. L’hibiscus pourpre est son premier roman, paru en 2004. Elle a écrit depuis Half of a yellow sun, pas encore traduit en français.

Ma lecture : Je ressors très émue de la lecture de ce roman, raconté du point de vue de Kambili, jeune fille de 15 ans vivant au Nigéria. Elle et son frère aîné appartiennent à une famille aisée qu’elle considère, au moment où débute le récit, comme entrant dans la norme, mais le lecteur se rend compte qu’elle est entièrement régentée par un père rigide et tyrannique, asservi à des principes religieux fondamentalistes, pour lui-même comme pour sa femme et se enfants. Pourtant il est unanimement loué par tous les membres de leur communauté, pour son courage vis à vis du gouvernement, il est en effet directeur d’un grand journal indépendant. Un bol d’air vient aux deux jeunes gens d’un court séjour chez la soeur de leur père, universitaire vivant dans une autre ville. Ayant déjà fait l’expérience au collège de leur différence, ils découvrent chez leur tante qu’un autre mode de vie est possible et commencent à remettre en cause les principes de leur père. Ceci est très bien écrit, de façon simple et touchante, les progrès de Kambili se font sous les yeux du lecteur, dont le cœur se met à battre avec le sien.
Je précise que ce n’est pas autobiographique, Chimamanda Ngozi Adichie parle de son propre père dans des entretiens, par exemple pour le magazine Lire
, et il ne ressemble pas du tout à celui de Kambili et Jaja.

Un coup de cœur inattendu pour ce roman lu dans le cadre du défi
Le nom de la Rose

Extrait :
Les vacances scolaires étaient courtes, seulement deux semaines, et le samedi précédant la reprise des cours, Mama nous emmena Jaja et moi acheter des sandales et des cartables neufs au marché. Nous n'en avions pas besoin : nos cartables et nos sandales de cuir brun étaient encore neufs, il n'avaient qu'un trimestre. mais c'était le seul rituel qui n'appartînt qu'à nous, d'aller au marché avant le début de chaque nouveau trimestre, conduit en voiture par Kevin, en baissant les vitres sans avoir à demander l'autorisation à Papa. Aux abords du marché, nos regards s'attardèrent sur les fous à moitié nus qui traînaient autour des dépôts d'ordures, sur les hommes qui s'arrêtaient avec désinvolture pour ouvrir leurs braguettes et pisser dans les coins, sur les femmes qui avaient l'air de marchander bruyamment avec des piles de légumes verts jusqu'au moment où la tête du marchand pointait derrière l'étal.


Vous pouvez aller chez
Cuné, Lo, Loupiote et Hervé qui l’ont lu aussi.

par kathel publié dans : littérature africaine
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Mardi 8 avril 2008
Un film américain de Wes Anderson avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman, Amara Karan, Anjelica Huston  (1H47min)  sortie française : 19 mars 2008  Titre original : The Darjeeling Limited

Synopsis :
Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois. Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie...
Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c'est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu'aucun d'eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d'amitié et de fraternité...


Mon avis :
Ce film est une comédie, mais qui ne ressemble à aucune autre, si ce n’est à un film de Wes Anderson ! Je n’ai pas vu « La famille Tennenbaum » mais je me suis déjà bien divertie avec « La vie aquatique ». Celui-ci fait encore mieux, avec des personnages très attachants, ces trois frères, trimbalant avec eux leurs problèmes, essayant de recréer leur fraternité enfantine, et qui sont quelque peu aveugles à l’Inde autour d’eux. Le pays traversé par le Darjeeling Limited, justement, ressemble plus à une Inde rêvée qu’à une contrée réelle, les couleurs, les gens et les paysages sont fantastiques ! Le tournage a eu lieu là-bas, cependant, et pas en studios !
Les trois frères, trentenaires très bien interprétés par Owen Wilson, Adrien Brody et Jason Schwartzman, qui viennent de perdre leur père, partent dans une sorte de quête initiatique pour retrouver leur mère, devenue religieuse dans un couvent, mais rien ne se passe comme prévu et tant mieux, à la fois pour eux et pour le spectateur, ravi au fond de son fauteuil ! On suit leur évolution au cours de ce périple, d’où ils ressortiront transformés, avec entre eux une nouvelle compréhension, plus mûre… J’ai beaucoup aimé la fin, qui aurait pu s’enliser ou se terminer sur des clichés, mais il n’en est rien !


Vous pouvez voir aussi que Papillon et Alain l'ont beaucoup aimé !

par kathel publié dans : grand écran
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Lundi 7 avril 2008
Taguée par deux fois, par Sylire, puis par Katell !
Il faut donc évoquer ses premiers :

Job : Du baby-sitting... je gardais un charmant petit garçon de 3 ans, qui est devenu depuis un charmant jeune homme !

Voiture : Une Renault 6, de couleur vert foncé, très années 70 par sa forme, et qui m'a lâchée peu de temps après mon achat !

Page web :
C'est le blog que vous avez sous les yeux !

Voyage : Le premier voyage à l'étranger, à Londres, à 19 ans, avec un nouveau copain, et il faut croire que cela nous a plu, puisque nous voyageons toujours ensemble ! D'ailleurs notre dernier voyage à l'étranger, cet hiver, était... à Londres aussi !

Baiser : C'était sympa...

Je ne tague personne, mais si cela amuse quelqu'un qui ne l'a pas fait...

par kathel publié dans : défis, jeux
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Dimanche 6 avril 2008
Résumé de l'éditeur :
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l' oeil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la 'Crevette' qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre.

L’auteur :
Née en 1944, Katarina Mazetti est journaliste à la Radio Suédoise. Auteur de livres pour la jeunesse et de romans pour adultes, elle rencontre un succès phénoménal avec "Le mec de la tombe d'à côté", vendu à plus de 450 000 exemplaires, dans un pays de 9 millions d'habitants !
Editeur : Gaïa  (2006) Traduction : Lena Grumbach et Catherine Marcus 253 pages Titre original : Grabben i graven bredvid

Je l’ai lu ! Tout a commencé par des articles enthousiastes sur des blogs, puis un grand sourire et un commentaire élogieux de la bibliothécaire quand je l’ai emprunté ! Ça a été l’affaire d’un week-end, on n’a pas envie de lâcher ce livre quand on le tient ! C’est frais, savoureux, sain, sans additifs chimiques et pas du genre « étouffe-chrétien », en un mot, je me suis régalée !
Aucune raison de bouder son plaisir à la lecture de cette histoire d'amour très contemporaine, qui pousse tout de même à s’interroger sur le choc des cultures, ou comment tenter une expérience avec une autre personne quand on a des centres d’intérêt et des modes de vie très éloignés… Les points de vue alternent avec vivacité entre Désirée et Benny, l’auteur ne néglige pas les personnages secondaires pour autant, l’humour et l’autodérision sont toujours présents, que demander de plus ?
Si vous ne l’avez pas encore lu (quel oiseau rare de la blogosphère n’en a pas au moins entendu parler ?) vous pouvez le demander à votre libraire ou bibliothécaire favori, je ne pense pas que vous le regretterez !

Morceaux choisis :
    Pourquoi elle est tout le temps assise là ?
    J'avais l'habitude de me poser un moment sur le banc après l'entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J'essayais de trouver un petit bout de ficelle auquel m'accrocher et qui me permettrait d'avancer encore un jour, ou deux. À la ferme, quand je cavale entre tout ce qu'il y a à faire, je n'arrive pas à penser. Si je ne me concentre pas sur ce que j'ai en mains, inévitablement arrive une mini-catastrophe qui me donne un jour de travail supplémentaire. Je plante le tracteur sur un rocher et l'essieu arrière pète. Une vache s'abîme un trayon parce que j'ai oublié d'attacher son protège-pis.
    Me rendre sur la tombe est mon seul bol d'air, mais même là, j'ai du mal à me dire que j'ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d'abord biner et planter et m'activer, avant de m'autoriser à m'asseoir.
    Et alors je la trouve assise là.
    Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années.

    En général, je n'éveille pas plus d'intérêt chez les beaux mecs que le dessin de papier peint choisi par un responsable de HLM.

    Désirée - j'ai du mal avec son prénom. Il sonne à la fois cassant, constipé et hautain, tout ce que je croyais qu'elle était au début. Moi, je l'appelle la Crevette. Ca lui va tellement bien que c'en est presque méchant. Pâle, recroquevillée sur ses parties molles, une carapace autour. Et de longues antennes.
    Il y a tant de choses en elle que je ne comprends pas.
    Elle regardait longuement une photo de mes parents que personnellement j'aime énormément. Ils prennent le soleil allongés sur un rocher, à moitié nus, les bras et jambes entortillés. Ils sont joue contre joue, plissent les yeux au soleil et sourient.
    La photo la mettait mal à l'aise, elle la trouvait trop privée.
    - Après tout, ce sont tes parents, a-t-elle dit. Tu ne trouves pas qu'elle est un peu... eh bien trop personnelle. C'est presque choquant.


Qu'en ont-elles pensé ?
Papillon, Katell, Cuné, Sylire, Gambadou, Laure, Anne, Tamara, Chrestomanci, Clarabel, et Lilly ?
Et maintenant, côté messieurs, qu'en dit
Yvon ?

Je lirais volontiers du même auteur : Entre Dieu et moi, c'est fini ou Les larmes de Tarzan !
L'éditeur est le même aussi, les éditions Gaïa et leurs pages roses !


par kathel publié dans : littérature nordique
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Vendredi 4 avril 2008
Le début du roman :
Tout commence à Turin en 1946. Adelmo Baudolino, inspecteur de la Police Ferroviaire, injustement accusé de collaboration, se retrouve obligé de travailler comme manœuvre sur des chantiers de construction. Il rumine la honte d’avoir été ainsi révoqué et vivote chez sa mère, lorsqu’il apprend la mort d’un de ses anciens camarades de travail. D’autres morts suivent, qui le poussent à entamer une sorte d’enquête, en mémoire de son ami. La découverte d’une inscription sur les lieux du crime accélère ses recherches et il a l’intuition que ces meurtres sont liés à un accident de chemin de fer, lourd de très nombreuses victimes, survenu deux ans auparavant près de Naples...

L'auteur :
Alessandro Perissinotto, né à Turin en 1964, sémiologue, universitaire et chroniqueur, est notamment l'auteur de La chanson de Colombano et de A mon juge, publié en Série Noire et lauréat du très prestigieux prix Grinzane Cavour 2005.
Aujourd'hui, il travaille à la rédaction d'un essai sur l'essor du roman policier depuis le XIXe siècle : « Le polar a du succès parce qu'il traque la vérité, explore les faces cachées de notre société. Il emprunte à la tragédie classique sa force de persuasion. Les médias ont depuis longtemps abandonné la partie. Ils ont troqué la recherche de la vérité au profit de la communication. Internet prend le relais, mais ce n'est qu'un terrain vague ! Chaque lecteur d'un roman policier est libre : il forge sa propre vérité, peut avoir de la compassion pour la victime et même, pourquoi pas, pour le tueur. »
Titre original : Treno 8017 Traducteur : Patrick Vighetti  Editeur : Folio (2008)  247 pages


Un petit tour sur les
Quais du Polar m’a permis de découvrir Alessandro Perissinotto qui y était invité… J’avais noté cet auteur depuis longtemps, mais c’est le premier roman de lui que je lis. Mes premières impressions ont été très bonnes et se sont confirmées au fil de ma lecture. Tout d’abord, j’ai apprécié l’ancrage dans une période peu connue de l’histoire italienne : les lendemains de la deuxième guerre mondiale n’étaient certes pas très glorieux, et cette atmosphère est très subtilement rendue, avec le souci du détail, au travers des réflexions et observations d’Adelmo Baudolino. L’enquêteur est atypique, ce qui le rend sympathique, ne ressemble en rien à un personnage récurrent. Son enquête progresse à son rythme, assez lentement, et le mène de Turin à Naples, et nous fait traverser des paysages ou des villes d’une Italie magique et éternelle. Vous aurez compris que j'adore l'Italie, et pourtant, je lis assez peu de romans italiens ! (mais je ne demande qu'à découvrir...)
Quand la recherche de la vérité a accéléré quelque peu le tempo du roman, jusqu’à la scène finale, je n’ai eu qu’un seul regret : que ce roman ne soit pas un peu plus long !


Extrait :
Quelle belle expression ! Lieux-du-crime : à la lire dans le journal, elle résonnait dans votre tête comme un seul mot au ton technique, bureaucratique, dénué de nuances et d'émotions. Mais, être sur place, c'était différent, poser les pieds à l'endroit même où l'on avait tranché le foie à quelqu'un d'autre, c'était différent, être là, devant ce sang qui tachait le plâtre, c'était tout autre chose. Or c'était étrange, car au maquis, là-haut, ils en avaient vu, des morts coupés en deux par les mitrailleuses allemandes ; mais là, vraiment, c'était différent.

Ses autres romans :
La Chanson de Colombano (2004) qui se passe au XVIème siècle,
A mon juge (2008) plus contemporain,
L'Ultima Notte bianca, qui n’est pas encore traduit en français, se passe pendant les Jeux Olympiques d’hiver à Turin en 2006.


A lire : Des billets sur les blogs de
Dasola et Jean-Marc Laherrère, un article de Sitartmag , un autre sur le site Artslivres et une interview dans Télérama.
Bonne lecture !




Turin photo M.L.

par kathel publié dans : littérature italienne
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