Quatrième de couverture : Du jour où
Xu Sanguan apprend qu'on peut gagner de l'argent en vendant son sang, commence pour lui une vie nouvelle.C'est en effet à cet expédient qu'il devra son mariage, une union bientôt assombrie par la
révélation de la bâtardise de son premier fils. Et c'est à cette pratique qu'il recourra ensuite - parfois au péril de sa vie-, chaque fois que le destin viendra frapper les siens. Ballottés par
les vicissitudes des trente années suivant l'instauration du nouveau régime chinois, avec la mise en place des communes populaires et la révolution culturelle, les personnages s'acharnent à
survivre, envers et contre tout, sous le signe du sens de l'honneur, de la piété filiale et du dévouement - malgré la misère générale. Un roman empreint d'humanisme sur la réconciliation avec soi-même et avec le milieu naturel et humain dont on est
issu.
285 pages
Editeur : Actes Sud (Babel, 2006)
Traduction : Nadine Perront
Titre original : Xu Sanguan mai xue ji
Ma lecture : Je tente à intervalles réguliers de lire un roman chinois, c’est un pays et une littérature que j’aimerais connaître mieux, mais les résultats de ces essais ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Je me souviens notamment de Quatre générations sous le même toit, pavé que j’ai abandonné au bout de deux cents pages pourtant pas inintéressantes. Pour Baguettes chinoises de Xinran, ou Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants, ce furent par contre des découvertes comme je les aime. Je situerais cette dernière lecture entre ces deux exemples : je suis allée jusqu’au bout sans ennui, mais sans enthousiasme non plus.
J’avais lu de bonnes critiques de Brothers, du même auteur, mais comme seul celui-ci était en poche, j’ai tenté l’expérience. Ce roman, avec son écriture assez simple, a tout d’une fable. La vie de Xu Sanguan nous est racontée, de la jeunesse plutôt naïve aux débuts de la vieillesse et de la sagesse. Il traverse ces décennies avec une bonne dose de tranquillité et de philosophie, car, du côté vie privée, comme du côté des changements politiques qu’il subit, rien n’est très rose pour lui : pauvreté, famine, maladie, camp de travail aux champs pour ses enfants, séances d’autocritiques, ponctuées par les fameux dons du sang bien rémunérés auxquels il a recours quand tout va mal. Le style est plutôt simple, donc, je ne saurai guère le qualifier autrement, mais une petite musique s’élève toutefois, qui évoque avec une pointe d’humour la vie de famille, avec ses hauts et ses bas, et le microcosme du quartier qui s’agite autour. Je pense que pour être publié en Chine, il n’est guère possible de faire preuve de critique plus vive que celle de l’auteur, qui peut sembler assez ténue, toute en subtilité. Une découverte intéressante malgré mes quelques réserves.
Extrait : Ils jetèrent [le seau] dans le puits, il heurta l'eau avec un bruit de gifle, et ils le remontèrent. A Fang et Gen Long burent chacun deux bols, et A Fang passa le sien à Xu Sanguan, qui en but un. Ils l'exhortèrent à boire davantage, et il prit encore deux gorgées d'un autre bol avant de verser le reste dans l'eau.- J'ai une petite panse à pisse, dit-il. Je n'en peux plus. A leur arrivée dans la salle des dons de sang, ils avaient tous les trois le visage cramoisi sous l'effort. Ils marchaient à petits pas précautionneux, comme s'ils étaient sur le point d'accoucher. A Fang et Gen Long, qui portaient les pastèques, marchaient encore plus lentement que Xu Sanguan. Ils se cramponnaient aux cordes de leur palanche pour empêcher les fardeaux d'osciller. Mais les couloirs de l'hôpital étaient étroits, et des gens heurtaient parfois les palanches en passant à côté d'eux, elles ballottaient, et l'eau qui ballonnait leurs ventres ballottait en cadence. La bouche tordue par la douleur, les deux hommes restaient alors cloués sur place et attendaient, sans oser faire un geste, que leurs fardeaux se fussent stabilisés pour se remettre en marche avec lenteur.
Lu aussi par Inganmic.
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D’après
l’éditeur :
Quatrième de
couverture


Rentrée littéraire
2009
L’histoire :
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