Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 06:04

separees.jpgD'après l'éditeur : Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues.
Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.
Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout [..partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des "années Mitterrand". Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun. […]
L’auteur : Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Son enfance est marquée par les souvenirs et l’expérience de l’exil qu’ont vécue ses grands-parents. Après des études de lettres modernes, de cinéma et de théâtre, elle a travaillé pour des magazines et a collecté des contes géorgiens pour l’École des loisirs, où elle a publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse. Elle a écrit aussi des scénarios de films. Son premier roman, Tout ira bien, est paru en 2004 aux éditions Arléa. En 2010 La Mer Noire (sorti en poche) a obtenu de nombreux prix.
181 pages
Editeur : Sabine Wespiesr (janvier 2012)

 

Ayant eu un coup de cœur pour La Mer Noire, je ne pouvais qu’ouvrir ce nouveau roman de Kéthévane Davrichewy. Cela ira mieux en le disant tout de suite, les thèmes entremêlés du premier me parlaient davantage, mais il n’est pas si courant de voir abordé celui du désamour amical dans des romans. C’est un sujet peu traité, du moins parmi mes lectures, voilà donc ce qui a su attiser ma curiosité.
La trame du livre est faite de sauts temporels, de 1981 à 2011, puis la fin des années 70 et le milieu des années 2000. Il n’y a aucune difficulté à suivre cet enchevêtrement, presque davantage à différencier Alice de Cécile et vice-versa, tant elles sont comme deux facettes d’une même personne. L’une vit dans une famille éclatée, l’autre dans une fratrie de trois sœurs, mais dès lors qu’elle se sont retrouvées au collège, rien ne semble devoir les séparer.
Pourtant, les passages contemporains nous montrent les deux femmes éloignées l’une de l’autre, et même brouillées irrémédiablement. Cécile dans le coma, après un accident, et Alice peinant à tenir debout à la suite d’une rupture avec son compagnon de longue date.
On aurait pu craindre que l’auteur n’épilogue sans fin sur les raisons de cette désaffection réciproque. Le roman est plus et mieux que cela, un retour nostalgique sur le début des années 80, les parcours de deux femmes par rapport à leurs idéaux de jeunesse, les illusions perdues qui les détournent l’une de l’autre. Ce sont des amoureuses de la littérature, des arts, aussi leurs amours, et peut-être aussi leur amitié, sont-elles parfois plus imaginaires que réelles.
Lorsque Cécile rencontra Eric, une nouvelle ère commença. Alice passa beaucoup de temps avec le couple, puis on lui présenta Patrick. Ils se plurent tout de suite. Leur relation fut houleuse. Ils se disputaient. Il aimait séduire, elle était jalouse et lui faisait des scènes interminables. Quand cela prenait fin, exsangue, elle lisait et relisait Proust, les pages qui ne parlaient que de ça, la jalousie de Swann, celle du narrateur, les mensonges d’Odette et d’Albertine. Elle lisait L’ennui de Moravia. La littérature densifiait ce qu’elle vivait, lui donnait de la valeur.

J’avoue ne pas être très intéressée dans les romans par les tourments adolescents, même très bien racontés comme ceux-ci, je n’ai pas le moins du monde la nostalgie de cette époque. Aussi ai-je été plus touchée par les réflexions adultes d’Alice et de Cécile, par la révélation des secrets non partagés qui ont fini par les éloigner l'un de l'autre. Pourtant, je suis sûre que d’autres au contraire apprécieront davantage la petite musique mélancolique qui s’échappe de certaines pages.
Bref, quand vous l’aurez lu, revenez m’en parler ! Je vous attends !

 

Un grand merci à Chantal des éditions Sabine Wespieser. 

D’autres avis surBabelio.

Par kathel - Publié dans : France
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 06:13

 

jeudepistes.jpgQuatrième de couverture raccourcie : Damien March a 35 ans. Il s’ennuie. Des nuits à écrire des voix off pour la BBC alors qu’il se rêvait grand reporter, du temps perdu, de vagues amis et quelques histoires oubliables. Jusqu’à ce télégramme : « Patrick mort. Papa. » Son oncle est mort, il avait presque oublié qu’il était vivant. Pourtant il a fait de lui son unique héritier. Damien plaque tout et s’en va vivre dans la maison de Cape Cod de son oncle, ancien écrivain à succès dont l’originalité et la fantaisie peuplent ses souvenirs d’enfance. […]
L’auteur : Marcel Theroux est né en Afrique du Sud en 1968, il a grandi aux États-Unis et vit aujourd’hui en Angleterre. Il a déjà publié plusieurs romans des deux côtés de l’Atlantique, dont Au nord du monde (2009) sélectionné dans la shortlist du National Book Award 2010 et qui a remporté le Prix de l’Inaperçu 2011. Jeu de pistes, distingué par le Prix Somerset Maugham en Angleterre, est son deuxième roman traduit en France.
238 pages
Editeur : Plon (novembre 2011) Publié en Angleterre en 2001
Traduction : Stéphane Roques
Titre original : The Paperchase

 

Deuxième roman de Marcel Theroux, du moins pour la publication française, puisqu'il a été écrit avant Au nord du monde, Jeu de pistes est une histoire de famille, et du fait de son sujet, légèrement moins passionnante et menant moins loin que Au nord du monde, qui fut un coup de coeur.
N'imaginez pas toutefois que l’histoire de Damien March soit particulièrement convenue ; elle est finement menée, avec ce qu’il faut d’implicite pour laisser l’imagination du lecteur faire son chemin jusqu’à la révélation finale. Ce qui est d’abord superbe dans le roman que je viens de découvrir, une fois passées les pages d'introduction, c’est la maison du Cape Cod, ou plutôt de l’île d’Ionia, mélange de brocante foutraque et de cabinet de curiosités, que le neveu du défunt oncle Patrick doit garder en l’état. Une maison où l'on aurait envie de s'attarder, sur laquelle on aimerait voir le soleil se lever ou la brume se répandre... A noter aussi les petites histoires dans l’histoire, plus intéressantes que déstabilisantes, et donc tout à fait bienvenues. 
Pour un premier roman, il est vraiment très sympa, et l’évolution de Damien March, ses relations compliquées avec son père, son frère, en font un très bon roman d’initiation, pourvu d’une originalité certaine. 

 

Extrait (dont une phrase semble parler du livre lui-même) : Vivian et moi avons même créé des jeux de pistes entre nous : épreuves de cinquante indices impliquant de grimper aux arbres et de traverser des fourrés de ronces. Tout le plaisir était dans l'anticipation. La découverte du trésor - un bonbon, un livre, un gant de base-ball - s'accompagnait toujours d'un sentiment de déception. Mon frère disait qu'il aurait voulu faire un jeu de pistes dont la récompense serait un jeu de pistes. A mes yeux, cette idée était cauchemardesque, aussi inacceptable que le concept de l'infini ou d'une musique jouée en boucle dans un rêve enfiévré. 

 

D’autres billets : celui d'Aifelle, tout frais, ceux de Cathulu, Cécile, Clara, Cuné, Keisha, Moustafette...

 

Par kathel - Publié dans : Iles britanniques
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 11:59

Pour une fois, je n'oublie pas cette date importante : cela fait quatre ans que j'écris, que je partage avec vous livres, manifestations littéraires, photos, films et autres intérêts du moment sur ce blog. Bien sûr, je n'aurais pas continué sans les échanges qui s'en sont suivis, sur vos blogs, et dans la "vraie vie"... J'adresse un petit bonjour aux quelques unes que j'ai déjà rencontrées, avec grand plaisir : Aifelle, Choco, Emmyne, Ys. Je n'oublie pas non plus les anonymes qui s'arrêtent par hasard, ou non, et qui lisent sans laisser de commentaires ! Ils existent, je le sais !

Quatre ans, cela peut paraître long, mais écrire deux ou trois billets par semaine n'est pas si chronophage que ça, et à chaque fois que j'ai eu envie d'arrêter, la lecture d'un livre m'a emballée et il m'a fallu en parler tout de suite ! Maintenant, j'essaye de ne lire que ce qui me fait envie, cela paraît bête à dire de cette façon, mais avec les sollicitations, on pourrait bien dériver, trop souvent, vers des lectures "obligées".

Donc, en bilan, 614 articles plus tard, je reviens chaque jour avec autant de plaisir qu'il y a quatre ans, et donc... ce n'est pas encore demain que j'arrêterai !
 

Je renonce à choisir une photo pour illustrer cette date de grande importance, aucune ne convient ou ne trouve grâce à mes yeux ! Tant pis !


Par kathel - Publié dans : vie de lectrice
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 06:17

peaufroide.gif Présentation de l'éditeur : Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes barricadés dans un phare repoussent les assauts de créatures à la peau froide. Ils sont frères par la seule force de la mitraille, tant l'extravagante culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme obtus de l'autre. Mais une sirène aux yeux d'opale ébranle leur solidarité belliqueuse. […]
L'auteur :
Né à Barcelone en 1965, Albert Sànchez Pinol est anthropologue. Il est l'auteur d'un essai et d'un recueil de nouvelles. Véritable événement éditorial en Espagne, La Peau froide a reçu le prix Ojo Critico de Narrativa 2003 et est en cours de traduction dans une quinzaine de langues.
262 pages
Editeur : Actes Sud (2004)
Titre orignal : La pell freda
Traduction (du catalan) : Marianne Million

 


"Nous ne sommes jamais très loin de ceux que nous détestons. Pour cette même raison, nous pourrions donc croire que nous ne serons jamais au plus près de ceux que nous aimons."


Voici comment commence ce livre qui transporte le lecteur dans une petite île isolée de l’Atlantique sud, où se dressent en tout et pour tout deux bâtiments : une station météorologique et un phare. Le narrateur, orphelin irlandais, a lutté pour son pays, et, déçu par la spirale de violence qui perdure après l’accession à l’indépendance, préfère tout quitter pour une mission dans un îlot abandonné. Seul un gardien de phare est là lors de son arrivée, et son accueil manque pour le moins de chaleur.
Quant à la première nuit, elle est digne d’un film d’horreur. Reste au héros à imaginer comment passer un an dans un îlot envahi chaque nuit de créatures agressives, avec un compagnon qui dérive vers la folie, et heureusement, une cargaison suffisante de munitions et de nourriture. Les deux hommes se rapprochent, s’allient, s’opposent, s’affrontent, se craignent. Au début du roman, c’est la lutte contre les monstres, nuit après nuit, qui importe, puis c’est le conflit entre les deux « humains » qui prend le dessus.
Les pages de ce roman fantastique, horrifique et humaniste à la fois tournent à toute vitesse, ce qui ne les empêche pas d’être empreintes de réflexions tout à fait passionnantes  sur ce qu’est l’humanité. Une belle découverte pour moi que cet auteur catalan, je le relirai à l’occasion.

 

Extrait :  Dans ces régions du monde, la nuit ne s’annonçait pas, elle gagnait par un assaut. Un sursaut : la semi-pénombre de ma résidence s’illumina soudain sous un éclair de lumière blanche, qui disparut immédiatement. C’était le phare. Batis l’avait allumé, le projecteur commençait à tourner et traversait les fenêtres par intermittence. Je n’arrivais pas à comprendre. Le phare me visait directement.

 

D’autres billets : Cécile de Quoide9, Cuné, La liseuse, Liliba, Sentinelle et SBM...

Par kathel - Publié dans : Europe du Sud
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 06:20

troislumieresPrésentation de l'éditeur : Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella, des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes. Livrée à elle-même au milieu d’adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui pourtant l’entourent de leur bienveillance. Pour elle qui n’a connu que l’indifférence de ses parents dans une fratrie nombreuse, la vie prend une nouvelle dimension. Elle apprend à jouir du temps et de l’espace, et s’épanouit dans l’affection de cette nouvelle famille qui semble ne pas avoir de secrets. [...]
L'auteur : Claire Keegan est née en 1968 en Irlande, où elle vit. Saluée comme une des voix importantes de la jeune génération des écrivains irlandais, elle est publiée dans de nombreux pays et a remporté plusieurs prix importants. L'Antarctique, son premier recueil de nouvelles, paru en mai 2010, a été très bien accueilli.
108 pages
Editeur : Sabine Wespieser (avril 2011)
Traduction : Jacqueline Odin
Titre original : Foster

 

Court billet pour un court roman. N’y voyez pas une marque de désintérêt de ma part, bien au contraire. J’avais déjà été emballée par L’Antarctique, recueil des nouvelles douces-amères de Claire Keegan, je suis encore séduite par ce roman.
C’est l’histoire toute simple d’une petite fille que son père confie à un couple de parents éloignés pour quelques semaines, le temps que sa mère enceinte prenne un peu de repos avant l’accouchement. Avec son regard d’enfant, la petite remarque, sans toujours le comprendre, tout ce qui oppose ses parents aux Kinsella. Elle se sent bien chez eux, mais voit et entend des choses qu’elle a du mal à appréhender et qui trouveront leur signification plus tard. En attendant, elle profite de la vie à la campagne, et de la tendresse dont elle est entourée. C’est un joli récit d’apprentissage, à hauteur d’une fillette de sept ans, mais jamais mièvre, ni tombant dans la sensiblerie.
Comme dans les nouvelles de Claire Keegan, où les personnages prenaient conscience d'eux-mêmes dans des situations délicates, la petite fille se trouve à un croisement de routes et amenée à prendre peut-être sa première grande décision. Que dire d’autre sinon que j’attends déjà avec impatience le prochain roman de Claire Keegan ?


 

Extrait : Je me demande comment elle sera, cette maison qui appartient aux Kinsella. Je vois une grande femme me surveiller, me faire boire du lait encore chaud du pis de la vache. Je vois une version plus improbable d'elle, en tablier, verser de la pâte à crêpes dans une poêle, demander si j'en voudrais une autre, comme ma mère le fait parfois quand elle est de bonne humeur. L'homme aura la même taille qu'elle. Il m'emmènera en ville sur le tracteur et m'achètera de la limonade rouge et des chips. Ou bien il me fera nettoyer les hangars et ramasser les pierres et arracher les séneçons et les patiences dans les champs. Je le vois tirer de sa poche ce qui, j'espère, sera une pièce de cinquante pence, mais en réalité c'est un mouchoir. Je me demande s'ils habitent dans une vieille ferme ou un pavillon neuf, s'ils auront des cabinets extérieurs ou une salle de bains avec des W.-C. et l'eau courante. Je m'imagine couchée dans une chambre sombre avec d'autres filles, en train de dire des choses que nous ne répéterons pas le matin venu. 

 

Alors, comme d’habitude, il y a les tentatrices, eh non, des tentateurs… qui se nomment Anis, Anne, Antigone, Brize, Choco, Clara, Keisha, Leiloona, Sandrine, Voyelle et Consonne, Yv, et j’en oublie sûrement !

Par kathel - Publié dans : Iles britanniques
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 06:39

 

J’ai remarqué ses photos bien particulières dans plusieurs expositions. Mais où donc ? Je pense que c’était au Whitney Museum of American Art à New York ou au musée de Brooklyn, et sans doute aussi aux rencontres Photographiques d’Arles. Ce photographe m’a intriguée par ses mises en scènes pleines de détails et ses ambiances crépusculaires. Des rues de petites villes américaines, quelques rares passants, un véhicule semblant abandonné, vues toujours prises à l’heure magique, entre chien et loup, voilà qui a tout pour me plaire ! La plupart sont des scènes de rues en plans larges, d’autres mettent en avant des acteurs dans des intérieurs très travaillés aussi.
J’ai vu un reportage sur sa manière de faire, avec de gros moyens, comme s’il tournait une scène de cinéma. Plusieurs prises de vues permettent de recomposer numériquement le décor. Les lumières des réverbères, des maisons, des magasins, sont enlevées et remplacées par d’autres lumières, grâce au numérique, là encore.
Le résultat est là, plutôt étonnant, non ?

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Le photographe : Fils de psychanalyste, Gregory Crewdson est né en 1962 à Park Slope dans un quartier de Brooklyn. Pendant son adolescence, il a fait partie d'un groupe de punk rock. En 1985, il étudie la photographie et photographie l’Amérique rurale. A partir de 1993, il commence à enseigner dans plusieurs universités de l’état de New York.
Aujourd’hui, il vit et travaille à New York et présente de nombreuses expositions.

 

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Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir.

Par kathel - Publié dans : artistes et photographes
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 09:38

 

Hypothermia.jpgQuatrième de couverture française : C’est l’automne. Maria, une femme d’une cinquantaine d’années, est retrouvée pendue dans son chalet d’été sur les bords du lac du Thingvellir par Karen, sa meilleure amie. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite de Karen qui lui affirme que ce n’était pas "le genre" de Maria de se suicider. Elle lui remet une cassette contenant l’enregistrement d’une séance chez un médium que Maria est allée consulter afin d’entrer en contact avec sa mère décédée deux ans plus tôt, qui lui avait promis de lui envoyer un signe de l’au-delà. Aussi dubitatif que réticent, Erlendur lui promet d’écouter l’enregistrement tout en lui répétant que ni l’enquête ni l’autopsie n’ont décelé le moindre élément suspect. L’audition de la cassette le convainc cependant de reprendre l’investigation à l’insu de tous. [...]
Lu en anglais, édition Vintage
314 pages,
traduction de l’islandais par Victoria Cribb

 

Voilà tout à fait le genre de roman qu’on est ravi de dénicher lorsqu’on se trouve en panne de lecture, n’étant pas hispanophone, dans une librairie espagnole ! Ouf, le rayon « Literatura in Inglès » se trouve là, sur une mezzanine, et il ne me reste qu’à faire un choix. Une série déjà connue, c’est l’idéal, pas besoin de faire connaissance avec les personnages, ni de comprendre ce qui les lie, et on peut se lancer en anglais, à défaut de la VO, dans une enquête bien réfrigérante !
Dans ce cinquième tome que je lis, mais qui doit être le sixième de l’auteur islandais, les relations entre Erlendur et ses enfants, et même son ex-femme, Halldora, sont plus approfondies que dans les précédents, ce qui apporte une dimension nouvelle au roman. L’enquête, assez particulière, porte sur le suicide d’une jeune femme dans son bungalow de vacances près d’un lac. Il n’y a pas de doutes sur les faits, et pourtant Erlendur poursuit l’idée que quelque chose se cache là-dessous. La victime avait perdu sa mère à laquelle elle était très liée, et était hantée par l’idée de la vie après la mort, au point de rendre visite à des mediums pour tenter de se prouver que l’au-delà existait.
L’enquête est, comme souvent chez Indridason, assez lente, d’autant qu’elle n’a pas de réalité officielle. Erlendur y fait preuve d’intuition et de finesse pour approcher toutes sortes de personnes, liées de plus ou moins près aux affaires qui le préoccupent. Car Erlendur planche aussi sur des dossiers de disparitions fermés depuis presque trente ans ! Parfois certains entretiens ne donnent strictement rien, ce qui change de ces enquêtes où un indice tombe de manière systématique à la fin de chaque chapitre, au point que cela en deviendrait presque lassant. Au moins, dans ce cas, cela ressemble plus à la vraie vie…
En résumé, un bon cru d’Indridason, un soupçon en dessous de La femme en vert, qui est mon préféré, en raison de petites difficultés à croire à certaines explications.

 

D’autres billets chez Aifelle, Aproposdelivres, Cathulu, Cuné, Dasola, Marie, Papillon et Stephie.

Par kathel - Publié dans : Europe du Nord
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 05:50

 

herondeguernica.gif Rentrée littéraire 2011
Quatrième de couverture :
Avril 1937. Jeune peintre autodidacte, Basilio passe son temps dans les marais à observer des hérons cendrés. Ce n’est pas qu’il se sente extérieur au conflit, il a même chercher à s’enrôler dans l’armée républicaine. Mais tandis que les bombardiers allemands sillonnent déjà le ciel, il s’acharne à rendre par le pinceau le frémissement invisible de la vie, dans les plumes d’un de ces oiseaux hiératiques. Dans quelques heures, Guernica sera une ville en cendres, mais c’est un peintre autrement célèbre qui va en rendre compte, magistralement. L’un comme l’autre, pourtant, le petit peintre de hérons tout autant que le Picasso mondialement connu, nous interrogent sur les tragédies de la guerre et la nécessité de l’art pour en témoigner.
159 pages
Editions du Rouergue (2011)

 

Non, les peintures d'hier ne signifiaient pas que je m'étais prise de passion pour les hérons, passion tout à fait honorable par ailleurs, mais seulement que j'avais du mal à quitter la belle atmosphère de ce livre.
Et pourtant... Pourtant, Guernica, pour chacun, évoque le déluge de bombes explosives et incendiaires lâchées sur la petite ville un certain 26 avril 1937 par l’aviation allemande venue à la rescousse des franquistes. C’était le jour du marché et ce déluge de bombes, plus de trois mille, dura trois heures et fit plus de mille six cents victimes.
C’est au travers du regard de Basilio que l’auteur choisit de nous faire vivre cette journée. Basilio rend de menus services dans des fermes, se prépare dans sa petite chambre à rencontrer la belle Celestina au bal, rend visite à son oncle à l’hospice. Il aime surtout peindre, flâner au long des marais pour tenter de capturer l’image d’un long cou, d’une patte avançant lentement en oblique. Il peint inlassablement des hérons, cherchant à saisir dans leur immobilité la vibration qui les rendra vivants, l’étincelle qui fera briller leur œil.
Je ne veux pas en dire plus, c’est un livre qui se savoure, où chaque phrase se pose sur la page comme une plume sur la toile, délicatement, tendrement. Les habitants de Guernica vaquent à leurs occupations, se préparent pour le marché, Basilio trouve un moment pour aller esquisser quelques traits sur sa toile. Evidemment, les faits sont loin d’être poétiques, dès lors que les premiers avions se font entendre, mais une certaine distance, qui n’est pas voulue par Basilio, mais plutôt par l’auteur, donne à cette tragédie un son un peu étouffé, un couleur un peu délavée. L’écriture précise, délicate, légère, donne envie de lire et relire encore tout un tas de phrases.
Vous comprendrez que j’ai été séduite par ce livre, choisi à la rentrée parmi les nouveautés, à cause de son titre intriguant et de sa jolie couverture. Un choix impulsif qui est devenu un coup de cœur, et que je ne saurais que trop vous conseiller !

 

Extrait : Il se demande ce qu’elle en dirait Celestina, de cette feuille encore largement vierge, avec cet effet de plumes au milieu, et tout juste quelques traits pour témoigner de la silhouette élancée du héron. ça le fait sourire, Basilio.
     Pendant que tu y es, il se dit, tu n’as qu’à lui offrir une feuille de papier blanc. Le plus beau héron qu’on aura jamais peint.

 

Un grand coup de cœur pour Agathe, Aproposdelivres et UncoindeblogVal a aimé aussi, mais Yv est un petit peu moins emballé.

Par kathel - Publié dans : France
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