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Dimanche 5 juillet 2009
Présentation de l'éditeur : En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide.
Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment.
Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l'amour fidèle d'une crémière abandonnée, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.
Indridason nous raconte une magnifique histoire d'amour victime de la cruauté de l'Histoire, sans jamais sombrer dans le pathos. L'écriture, tout en retenue, rend la tragédie d'autant plus poignante.

L'auteur :  Arnaldur Indridason est né à Reykjavik en 1961, où il vit. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. II est l'auteur de romans noirs, dont La Cité des Jarres (prix Clé de Verre 2002, prix Mystère de la Critique 2006), La Voix (Grand Prix de littérature policière et Trophée 813, en 2007) et La Femme en vert (prix Clé de Verre 2003, Gold Dagger 2005 (GB) et Grand Prix des lectrices de Elle policier 2007).
348 pages
Editeur :
Editions Métailié (2008) Vient de sortir en poche (Points)
Collection : Noir
Traduction : Eric Boury
Titre original : Kleifarvatn

Mon avis : Ce furent pour moi des retrouvailles bien agréables avec Erlendur qui se lance avec obstination dans une enquête assez tranquille. La victime étant morte depuis une trentaine d’années, il ne semble pas y avoir de risque qu’un tueur aux abois fasse d’autres victimes pour couvrir ses traces ! C’est tout le charme de ces enquêtes islandaises que de ne pas recourir au rythme effréné de bien des romans policiers. Erlendur cherche donc des personnes disparues de puis plus de trente ans pour essayer de les relier à un squelette trouvé par hasard dans le lac de Kleifarvatn, et, détail étrange, lesté d’un émetteur radio russe… Il est amené à interroger différentes personnes ayant vécu le traumatisme de la disparition sans aucune explication d’un proche, et cela soulève en lui, qui ne s’est jamais remis de la mort probable de son frère dans une tempête de neige, bien des questions. Sa vie privée évolue aussi, au rythme de l’enquête, il  se fait beaucoup de souci pour sa fille et retrouve un court moment son fils. C’est aussi plaisant de voir la vie de ses collègues prendre de ces petits virages qui changent le quotidien.
J’avais été légèrement déçue par La voix, ce retour en Islande par un bel été aux journées interminables m’a plu autant que la lecture de La femme en vert.

Extrait : 
Elle resta longtemps immobile à scruter les ossements comme s'ils n'avaient pas dû se trouver là. Pas plus qu'elle-même, d'ailleurs.
Elle se disait que c'était probablement encore un mouton qui s'était noyé jusqu'à ce qu'elle parvienne assez près pour distinguer un crâne à demi enfoui au fond du lac ainsi que la forme d'un squelette humain. Les côtes dépassaient du sable et, en dessous, on pouvait distinguer les contours des os du bassin et du fémur. Le squelette reposait sur le côté gauche. Elle voyait la face droite du crâne, ses orbites vides ainsi que trois dents de la mâchoire supérieure. L'une d'elles portait un gros plombage en argent. On distinguait un large trou dans la boîte crânienne proprement dite et elle se fit machinalement la réflexion qu'il avait été causé par un marteau. Elle se baissa pour examiner le crâne. D'un geste hésitant, elle passa un doigt à l'intérieur du trou. Il était rempli de sable.
Elle ne savait pas pourquoi elle s'était mise à penser à ça et l'idée que quelqu'un puisse avoir été frappé sur la tête à l'aide d'un tel outil lui semblait abominable. En outre, le trou était plus large que celui qu'aurait laissé un marteau. Il était de la taille d'une boîte d'allumettes. Elle décida de ne plus toucher au squelette. Elle prit son téléphone portable et composa le numéro à trois chiffres.
Elle se demandait ce qu'elle allait dire. Tout cela lui semblait d'une certaine façon tellement irréel. Un squelette, à cette distance de la rive du lac, enseveli dans le fond sablonneux. En outre, elle ne se sentait pas très en forme. Elle pensait princi­palement à des marteaux et à des boîtes d'allumettes. Elle éprouvait des difficultés à se concentrer. Ses pensées partaient dans toutes les directions et elle avait toutes les peines du monde à les rassembler.


D’autres lecteurs conquis :
Aifelle, aproposdelivres, Sentinelle, Sylvie (passion des livres), le Bookomaton, Goelen, Clarabel, Thaïs et Yv.

Par kathel - Publié dans : Islande - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 3 juillet 2009
D’après l’éditeur : Cette nuit-là, Denis, le paisible loup du bois de Fausses-Reposes, s’aperçoit avec stupeur qu’il s’est transformé en homme. C’est une nuit de pleine lune, et il va vivre dans Paris des aventures singulières… Tout l’art de Boris Vian consiste à retourner ou subvertir toutes les conventions – celles de la société, celles de la littérature –, que ce soit par l’humour, la farce ou le fantastique. Ainsi, il suffit qu’un mystérieux brouillard s’abatte sur une ville (L’amour est aveugle) et ses habitants, dans l’impossibilité de se voir ou de se reconnaître, vont libérer leurs instincts sexuels au point de ne plus vouloir jamais recouvrer la vue… Mais le jeu avec l’imaginaire et le réel peut aussi déboucher sur des pulsions morbides ou homicides, ainsi qu’on le voit dans Les Chiens, le Désir et la Mort, signé «Vernon Sullivan».  De la gouaille à l’absurde, de la féerie à la noirceur, le romancier de L’écume des jours joue ici sur toute la gamme, en treize récits brefs dédiés à l’imprévisible.

Mon avis : Un régal que ce petit recueil de nouvelles… Très différentes les unes des autres, leur point commun est toutefois l’inventivité de Boris Vian. J’ai adoré en particulier les plus loufoques d’entre elles, celles où les inventions langagières superbes fleurissent. Le thème des automobiles et de la mécanique est souvent présent, donnant un charme un peu dépassé à ces nouvelles. Je peux citer mes préférées :
Le loup-garou : Un loup, paisible habitant végétarien d’un bois de Picardie, se transforme en loup-garou à la suite d’une morsure et découvre Paris.
Les remparts du Sud : A propos de la difficulté à partir en vacances, un extraordinaire périple Paris-Bayonne qui permet de rencontrer un collectionneur de pièces mécaniques hors d’usage, une poule entraînée au rugby de haut niveau, une voiture fouisseuse…
Les chiens, le désir et la mort : Nouvelle très noire signée Vernon Sullivan, dans un New York des années 40 qui m’a évoqué, pour des raisons pas très rationnelles sans doute, celui de Didier Decoin dans « Est-ce ainsi que les femmes meurent ? »
Les pas vernis : L’escalade des larcins dans une famille de voleurs peut-être trop ambitieux !
Une pénible histoire : Une rencontre sur un pont entre un passant et une candidate au suicide indécise : doit-elle choisir l’amont ou l’aval pour réussir son geste ?

Extrait de ce dernier texte, qui contient tout ce que j’adore dans l’écriture de Boris Vian ! Vous aimez aussi ?
    Le trottoir de la venelle déserte se faufila sous ses pieds ; Ouen, malgré l’habitude, s’irritait encore de ces façons furtives et par trop cauteleuses. Il le quitta pour le bord de la chaussée, pavé de gras, marqué, sous la lueur des globes halogènes, du liseré huileux du ruisseau tôt tari.
    La marche lui fit du bien et l’air, remontant au long de ses cloisons nasales pour venir lécher à rebours les circonvolutions de son cerveau, décongestionnait peu à peu cet organe pesant, volumineux et bihémisphérique. C’est l’effet normal ; Ouen s’en étonnait chaque fois.
    Doué d’une naïveté permanente, il vivait plus que les autres.
    Arrivé à l’extrémité de la brève impasse, il hésita, car il y avait carrefour. Incapable de choisir, il continua tout droit ; bâbord comme tribord manquaient d’arguments. La voie rectiligne menait directement au pont ; il pouvait regarder l’eau du jour, sans doute peu différente par son aspect de celle de la veille ; mais l’apparence de l’eau n’est qu’une de ses mille qualités.
    Comme l’impasse, la rue était vide, tavelée de lumière humide et jaune, dont les marbrures transformaient l’asphalte en salamandre. Cela montait un peu, jusqu’au dos d’âne de l’arche pétrifaite installée au travers du fleuve pour le dévorer sans repos. Ouen s’accouderait au parapet sous réserves que l’amont comme l’aval en fussent libres d’observateurs ; s’il se trouvait déjà des individus pour considérer le fleuve, il était inutile d’ajouter un regard à tous ces cônes visuels lubriquement enchevêtrés.

A noter :
Parmi toutes les parutions commémoratives de cette année, les rééditions au Livre de Poche avec de très belles couvertures à partir de photos d'objets ayant appartenu à Boris Vian. De quoi faire craquer des LCA, non ? (impossible de les aligner, désolée !)














Par kathel - Publié dans : France - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mercredi 1 juillet 2009
Présentation de l'éditeur : Les années 75. On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d'art et de poésie. On est très entichées de D.H. Lawrence, récemment redécouvert.
Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui, cette année-là, a créé un atelier de poésie aussi recherché que sélectif. Fatigué des poèmes plus ou moins convenus qu'elles produisent, Harrow décide de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime, n'octroyant ses compliment qu'aux confessions les plus osées, ce qui provoque surenchères et accidents parmi les élues (anorexie, tentatives de suicide). Car, on s'en doute, toutes ces demoiselles sont amoureuses de leur professeur qui en joue sans vergogne. Et Gillian est décidée à plaire autant que Harrow à séduire. Une situation classique, mais dont Oates ne saurait tolérer qu'elle soit ordinaire. La liaison de Gillian avec Andre Harrow n'a donc rien de banal. Très vite, le rôle glauque de la mystérieuse Dorcas, l'épouse -française- d'Andre, apparaî
t dans toute sa perversité.

L'auteur : Joyce Carol Oates est née en 1938 à l'ouest du lac Erié. Elle passe une enfance solitaire face à sa soeur autiste et découvre, lorsqu'elle s'installe à Detroit au début des années 60, la violence des conflits sociaux et raciaux. Devenue professeur de littérature à l'université de Princeton, elle poursuit la plus prolifique des carrières littéraires (une trentaine de romans mais aussi des essais, des nouvelles, des pièces de théâtre, de la poésie). Son roman Blonde lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Mais d'autres titres avaient déjà fait sa célébrité, dont entre autres : La légende de Bloodsmoor, Bellefleur, Eux, Confessions d'un gang de filles, Corky, Nous étions les Mulvaney, Les chutes. Oates a aussi écrit plusieurs romans policiers sous le pseudonyme de Rosamond Smith. Elle est mariée, continue d'enseigner à Princeton où elle vit avec son époux qui dirige une revue littéraire, la Ontario Review.
170 pages
Editeur :
Philippe Rey (2003)
Traduction : Claude Seban
Titre original : Beasts

Mon avis : Pour le Blogoclub de lecture du premier juillet, le thème choisi était la famille et le roman sélectionné Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates. Ne le trouvant ni en poche, ni dans mes bibliothèques préférées, j’ai pris par défaut un roman de l’auteur restant en rayon. Délicieuses pourritures n’est absolument pas sur le thème de la famille ! Il s’agit d’une sombre intrigue amoureuse sur fond de campus universitaire. Le roman commence par deux retours en arrière successifs, plaçant d’emblée lecteur en pleine attente. Une femme de quarante-quatre ans voit des souvenirs douloureux remonter à la vue d’un totem aborigène au musée du Louvre. Vingt-cinq ans auparavant, aux abords d’un campus, un incendie se déclare au milieu de la nuit…
Le trio central est ensuite présenté : Gillian, la narratrice, étudiante sans relief, Andre Harrow, son professeur de lettres et l’épouse de celui-ci, l’artiste Dorcas. J’admets que ce roman est bien écrit, mais les personnages m’ont laissée souvent de marbre, me donnant une impression d’avoir déjà vu mieux dans des séries télé américaines ! Le groupe d’étudiantes est plutôt indifférencié, sans que des caractères n’en émergent, le couple formé par le professeur et sa femme, tout sulfureux qu’il soit, est au bord de la caricature, tout en mettant plutôt mal à l’aise. Toutefois, la référence aux métamorphoses d’Ovide, et à l’histoire de Philomèle,  a éveillé mon attention ainsi que le titre du roman extrait d’un poème de D. H. Lawrence. J’ai trouvé de la subtilité dans la description de la relation entre Gillian et son mentor, mais il ne me restera pas grand chose de cette lecture. De J. C. Oates, j’avais aimé Les chutes, beaucoup plus achevé à mon goût.

Un petit extrait : Depuis le « malentendu » entre M. Harrow et moi, je me savais isolée dans l’atelier. Ma fragile petite barque était ballottée, désemparée. M. Harrow se montrait maintenant d’une politesse froide à mon égard. S’il souriait, son sourire était ironique. il ne me taquinait plus en m’appelant « Philomèle » ; il ne m’appelait pas « Gillian » non plus. Il ne se tournait jamais vers moi pour demander mon opinion. J’étais assez naïve pour penser que, comme moi, il regrettait ce qui s’était passé ; je fus longue à comprendre qu’il était furieux et devait être apaisé.

A mettre en parallèle, pourquoi pas, avec cet extrait des Métamorphoses d’Ovide :
Philomèle est placée sur le vaisseau fatal. La rame fend les flots, et la terre semble s’éloigner : "Je triomphe, s’écrie Térée ! j’emporte enfin cette proie objet de tous mes voeux" ! Sa joie est un délire ; et déjà il retient à peine la violence de ses transports. Le barbare a le regard sur elle, et ne le détourne jamais. Tel l’oiseau de Jupiter, sous sa tranchante serre, enlève un lièvre timide, et le porte dans son aire ; il ne craint plus de perdre sa proie, et cependant il fixe encore sur elle l’oeil avide d’un ravisseur.


Le poème de D.H. Lawrence qui a donné son titre au roman :
Je vous aime, pourries,
Délicieuses pourritures.

J'aime vous aspirer hors de votre peau
Toutes brunes et douces et de suave venue,
Toutes morbides ...

Sorbes, nèfles aux couronnes mortes.
Je l'atteste, merveilleuses sont les sensations infernales,
Orphique, délicat,
Dionysos d'en-bas.

Un baiser, un spasme d'adieu, un orgasme momentané de rupture
Puis seul, sur la route humide, jusqu'au prochain tournant
Et là, un nouveau partenaire, à nouveau se quitter ...
Une nouvelle ivresse de solitude parmi les feuilles périssantes glacées de gel.


D’autres lectures de ce roman chez Lou, Praline, Ankya, Sylvie (passion des livres) et Lau, ainsi que des lectures de Nous étions les Mulvaney chez Sylire et Lisa.

Par kathel - Publié dans : Etats-Unis - Communauté : Les lectures de Florinette
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Samedi 27 juin 2009
Présentation de l'éditeur : Francis est un écrivain à succès, meurtri par l'existence. Sa femme et l'une de ses deux filles sont mortes devant ses yeux. A soixante ans, il est maintenant installé au Pays basque où il a mis de côté ses derniers remords en se remariant. Mais voilà que sa fille Alice qu'il chérit plus que tout, disparaît brutalement et brise ce fragile équilibre. De la forteresse mentale qu'il se construit pour ne pas s'effondrer, il va découvrir un monde sans pardon possible.
L'auteur : Philippe Djian est l'auteur de nombreux romans, parmi lesquels 37°2 le matin, Echine, Vers chez les blancs, Assassins, Frictions et Impuretés. Il vient d'achever l'écriture d'une série littéraire en six épisodes, à la manière des séries télévisées, Doggy bag.
232 pages
Editeur :
Gallimard (janvier 2009)

Mon avis : Lectrice « de la première heure » de Philippe Djian, avec 37°2 le matin bien sûr et aussi Bleu comme l’enfer, deux livres qui m’ont forcément marquée car ils étaient plutôt originaux pour l’époque (ciel, on croirait que cela remonte à un siècle !), j’ai retrouvé aussi dans mes rayonnages Echine et Assassins, qui, eux ne m’ont laissé pratiquement aucun souvenir. Je crains que ce dernier roman, ouvert par curiosité, ne me laisse guère d’impression durable non plus.
Le narrateur est un écrivain de soixante ans, quelque peu en panne d’inspiration, dont la vie personnelle est marquée irrémédiablement par la perte de sa femme et de sa fille aînée dans un accident de voiture. Lorsque sa deuxième fille, avec laquelle il a des relations plus que compliquées, disparaît, il ne sait où ni comment la chercher : est-ce un enlèvement, une sorte de fugue, est-elle vivante ? Autour de ce noyau familial perturbé gravitent Judith, nouvelle compagne de notre écrivain, Roger, le mari de sa fille, et d’autres personnages décrits finement par la plume de Philippe Djian. C’est avec plaisir que j’ai entamé cette histoire familiale plutôt complexe, découvert les personnages, apprécié l’habileté de l’auteur à ne dévoiler les points cruciaux de ce psychodrame qu’au détour d’une phrase, après qu’on les ait deviné depuis un moment… Mais le procédé a ses limites et pourrait lasser si le livre ne se lisait pas aussi rapidement.
L’autodérision est aussi un des moteurs de ce roman, et l’écriture est sans doute plus travaillée que son apparente simplicité ne le laisse croire. Les phrases courtes font souvent mouche, que ce soit dans la dérision ou dans l’émotion. Les thèmes du mal que l’on fait aux autres sans le vouloir ou en plein conscience, et de l’irréversibilité de nos actes, ne m’ont pas laissée indifférente. Les paysages du pays Basque forment une belle toile de fond à l’intrigue. Je me suis laissé emporter et n’ai été légèrement déçue que par la fin, pas tout à fait à la hauteur du reste, à mon avis.

Le début : Je savais parfaitement qu'elle n'était pas là. J'écoutais Pastime Paradise, la voix merveilleusement pleurnicharde et rauque de Patti Smith, et je regardais l'avion d'Alice atterrir, lourd et vibrant dans un soleil de fin d'été orangé, encore chaud, sachant très bien qu'elle ne s'y trouvait pas.
Je n'avais pas, d'ordinaire, ce genre de prémonition - on me le reprochait presque -, mais ce matin-là, j'avais averti Judith que notre fille ne serait pas dans l'avion et qu'il valait mieux attendre avant de commencer la viande. En quel honneur ? Je n'avais pas du l'expliquer. Judith prétendait qu'elle nous aurait au moins téléphoné.
J'avais haussé les épaules. Ma femme avait sans doute raison. Cependant, une minute plus tard à peine, j'étais de nouveau persuadé qu'Alice ne serait pas là.
A la descente de l'avion, Roger déclara qu'elle n'était pas rentrée depuis deux jours. Je ne répondis rien et embrassai les jumelles qui ne semblaient guère perturbées par l'absence de leur mère et bâillaient avec soin.
"Vous avez un temps formidable, me dit-il. Ça va leur faire du bien."
Le plus souvent, les enfants qui arrivaient de la ville étaient blancs, parfois avec de larges cernes sous les yeux, et les deux petites n'échappaient pas à la règle.
Roger m'expliqua, sur le ton de la confidence, hors de portée des deux fillettes, qu'il en avait assez. Il n'avait pas besoin de le dire. Personne, en le voyant, ne pouvait penser que ce garçon allait bien.

Lorsque j’y réfléchissais, je devais admettre que l’on ne connaissait rien de la douleur d’autrui, qu’il n’y avait pas d’étalon, que l’on pouvait être surpris, stupéfait, abasourdi par les dégâts que l’on occasionnait chez les autres. Comme de tuer quelqu’un d’un coup de poing dans une bagarre de rue. Je ne savais rien, au fond, du mal que je lui avais fait. Je ne savais pas si elle me rendait les choses au centuple ou si j’étais encore loin du compte.

A lire : André Téchiné va tourner Impardonnables. Des avis divers et variés dans d’autres blogs, avec entre autres ceux de Sylvie, Lily, Thom, Cuné, Fashion, In cold blog, Amanda Sylire, Alain et Yspaddaden.

Par kathel - Publié dans : France - Communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 22 juin 2009
Présentation de l'éditeur : Trois enfants ne ressortent pas des bois où ils ont passé l'après-midi. La police retrouve un seul garçon. Il ne se rappelle rien : les deux autres ne réapparaîtront jamais. Vingt ans plus tard, Rob, l'unique rescapé, est devenu inspecteur de police. Quand une fillette est tuée dans ces mêmes bois, il est chargé de l'enquête et doit affronter les secrets d'un passé qui le hante.
Biographie de l'auteur : Tana French a grandi en Irlande, en Italie et aux États-Unis. Elle vit à Dublin depuis 1990. Après des études de théâtre, elle a travaillé pour le cinéma. Écorces de sang,
son premier roman, paru d'abord en France sous le titre La mort dans les bois,  a reçu un grand succès critique ainsi que l'Edgar et le Best Fiction Award.
Son deuxième roman, Comme deux gouttes d’eau, vient de paraître chez Michel Lafon.

565 pages
Editeur :
Points (18 juin 2009)
Collection : Points Thriller
Traduction : François Thibaux
Titre original : In the woods

Mon commentaire : Dès le premier chapitre, le narrateur, dont on sait qu’il a vécu un traumatisme dans son enfance, qui ne lui a laissé aucun souvenir, affirme qu’il n’est pas devenu policier pour résoudre le mystère de la disparition, à douze ans, de ses deux amis. Pourtant, il est appelé sur les lieux d’un crime, précisément là où il habitait à cette époque, et pour le meurtre d’une fillette, cela fait donc remonter beaucoup de souvenirs enfouis. Ce roman, plutôt bien écrit, est véritablement un « page turner » que l’on lit sans reprendre haleine. Les personnages des enquêteurs sont intéressants, les suspects et les fausses pistes assez nombreux pour que l’on échafaude toutes sortes d’hypothèses. N'oublions pas les paysages, le climat et les coutumes irlandaises, celle qui consiste à boire plus que de raison n'étant pas une des moindres !

Pour un premier roman, c’est plutôt un sans-faute, parfait pour une lecture estivale… Peut-être pas à lire au cœur d’une forêt à la tombée du jour, mais vous êtes prévenus, ce ne sera pas ma faute si vous choisissez des lieux de lecture bizarres !
Et désolée pour ce billet un peu bâclé... Je dois avoir besoin de vacances ! Allez, je vous ajoute
une vue de Dublin pour améliorer un peu le tout.

A lire aussi, les avis de Cathulu et Cuné ainsi que ceux de Lily et Cathulu sur Comme deux gouttes d'eau...

Merci à Silvana Bergonzi pour l’envoi.
Par kathel - Publié dans : Irlande - Communauté : Les lectures de Florinette
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Vendredi 19 juin 2009
Sur le site de l’éditeur : À San Francisco, sur la plage d’Ocean Beach noyée dans le brouillard d’un mois de juillet, une jeune femme – Abby – et une fillette de six ans –Emma – se promènent en cherchant des coquillages. Abby, fiancée à Jake le papa d’Emma et photographe professionnelle, détourne un instant son regard d’Emma pour photographier un bébé phoque au ventre ouvert échoué sur le sable. Lorsqu’elle relève les yeux, la petite fille a disparu…
L’année brouillard est l’histoire haletante de la recherche d’Emma par la police d’abord, puis par Jake et Abby ensemble, enfin, au bout d’environ trois cents jours alors que son père abattu et découragé ne croit plus aux chances de retrouver sa petite fille, par Abby seule. Elle consacre tout son temps, son instinct et sa mémoire à cette quête. Obsédée par l’importance de retrouver le souvenir du moindre détail, du moindre événement, du moindre personnage présent ce jour funeste sur la plage, elle mène l’enquête à sa façon. Armée de l’énergie du désespoir et de l’angoisse, de sa culpabilité à conjurer et de la soif de se forger une image acceptable d’elle-même, mais délaissée car accusée en silence par Jake, elle mettra tout en oeuvre pour retrouver les ravisseurs d’Emma. Y parviendra-t-elle ?...


L'auteur :
Michelle Richmond est l’auteur de trois romans dont seul L’Année brouillard (le deuxième) est disponible en français et d’un recueil de nouvelles. Native de Mobile dans l’Alabama et lauréate de plusieurs prix littéraires, elle enseigne les techniques d’écriture et publie sur le web Fiction attic, une revue littéraire.
508 pages
Editeur :
Buchet-Chastel (avril 2009)
Traduction : Sophie Aslanides
Titre original : The year of fog


Que demander de plus ? Un livre qui vous raconte une histoire prenante, voire angoissante et qui en même temps vous pousse à réfléchir sur un ou plusieurs sujets intéressants, je n’en demande pas davantage !
L’histoire, c’est celle d’Abby, qui se promène sur une plage avec la petite fille de six ans de son fiancé. Un moment d’inattention et la petite Emma disparaît, comme avalée par le brouillard. Bien sûr, les secours prévenus, de nombreuses personnes participeront aux recherches, mais la seule à persévérer au-delà du raisonnable (si tant est qu’il y ait un délai raisonnable dans ces cas-là) c’est Abby, rongée par une immense culpabilité. Elle essaye à tout prix de se remémorer cette journée, les moments qui ont précédé le drame, les jours d’avant aussi, car elle sent qu’un indice s’y cache qui pourrait la guider vers la fillette, si elle est encore en vie… Le fait qu’Abby soit photographe est très intéressant. Bien que ses souvenirs soient habituellement associés à des images, elle est consciente que les clichés ne disent pas toujours la vérité, mais seulement celle qu’on leur prête. Elle est malgré tout tentée de trouver dans ses photos une piste pour retrouver Emma, parmi d’autres pistes de recherches qu’elle ne néglige pas.
Le thème de la mémoire, que je retrouve souvent ces derniers temps dans mes lectures, dans des livres totalement différents (Le lieu perdu, Une brève histoire des morts, L’ombre en fuite, La formule préférée du professeur) est traité ici de façon passionnante, au travers d’exemples dénichés par Abby qui n’alourdissent absolument pas la lecture mais l’éclairent. Les scènes concernant la recherche de la petite fille, les réactions de ses proches, notamment Jake, son père, sont racontées avec une concision qui évite tout mélo. Sur un sujet difficile, qui fait remonter des angoisses parentales, pour qui a ne serait-ce qu’égaré un enfant dix minutes dans un supermarché, Michelle Richmond a fait un fort beau premier roman.


Elles m’ont incitée à noter ce livre (et elles ont bien fait !) : Clarabel, Cuné et Cathulu. D'autres avis : Majanissa, Lael...
Merci à Guillaume de Babelio pour l’envoi.

Extraits : « Immense est le pouvoir de la mémoire, excessivement immense… un vaste, infini palais intérieur. » citation de Saint-Augustin

Une fois de plus, je m’émerveille devant la capacité de Nell à apprendre, à absorber et à traiter une grande quantité d’information sur un sujet quelconque, n’importe quand. Je me demande toujours si sa passion pour l’information a n rapport avec la mort de son fils, si la constante absorption des faits est un ultime recours pour remplir un vide qui ne s’et jamais comblé. J’imagine son chagrin comme un trou noir, toujours béant, qui engloutit la connaissance à une vitesse effrayante. C’est le même trou noir en perpétuelle expansion qui a envahi mon esprit et mon cœur tout au  long des semaines écoulées depuis la disparition d’Emma. Tandis que Nell nourrit sa souffrance par l’apprentissage, je nourris la mienne d’interminables recherches.
Par kathel - Publié dans : Etats-Unis - Communauté : Les lectures de Florinette
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Mardi 16 juin 2009
Mot de l’éditeur : « Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible…» Le soir de leur mariage, Edward Mayhew et Florence Ponting se retrouvent enfin seuls dans la vieille auberge du Dorset où ils sont venus passer leur lune de miel. Mais en 1962, dans l’Angleterre d’avant la révolution sexuelle, on ne se débarrasse pas si facilement de ses inhibitions et du poids du passé. Les peurs et les espoirs du jeune historien et de la violoniste prometteuse transforment très vite leur nuit de noces en épreuve de vérité où rien ne se déroule selon le scénario prévu. Dans ce roman dérangeant, magistralement rythmé par l’alternance des points de vue et la présence obsédante de la nature, Ian McEwan excelle une nouvelle fois à distiller l’ambiguïté, et à isoler ces moments révélateurs où bifurque le cours d’une vie.
L'Auteur : Né en 1948, Ian McEwan est considéré comme l’un des écrivains anglais les plus doués de sa génération. L’enfant volé a reçu le prestigieux Whitbread Novel Award et, en France, le prix Femina étranger ; Amsterdam a été couronné par le Booker Prize for Fiction (1998) ; Expiation par le WH Smith Literary Award (2002).
148 pages
Editeur :
Gallimard (septembre 2008)
Collection : Du monde entier
Traduction : France Camus-Pichon
Titre original : On Chesil beach

Ma lecture : On a déjà beaucoup évoqué ce livre sur les blogs et je n’en raconterai pas une enième fois le sujet. Ce roman surprend après Expiation et Samedi qui étaient beaucoup plus denses, avec un plus grand nombre de personnages, quoique Samedi tendait déjà à être plus concis, puisqu’il se déroulait sur une seule journée.
Là il s’agit de quelques heures cruciales qui vont changer la vie de deux jeunes gens qui n’en connaissent justement pas grand chose, de la vie ! Ce court roman, très bien écrit, entre dans les méandres des pensées des jeunes mariés, retraçant les éléments de leur enfance et de leur jeunesse indispensables pour comprendre leur psychologie, sans toutefois nous focaliser sur un évènement passé en particulier ; l’interprétation est ouverte, les pistes sont proposées mais non imposées. Ce qu’on peut en dire est que Florence et Andrew souffrent davantage d’un manque de maturité affective que de leur différence d’origine sociale, mais que cette dernière n’est pas totalement sans conséquence.
Bon, il y a un bien un court moment où l’on se dit : « Tout ça pour ça ! », mais globalement cette plongée dans les années soixante est prenante et ne souffre d’aucune longueur ou facilité. A découvrir !
PS pour El : Finalement, je l'ai emprunté à la bibliothèque avant que tu ne me le prêtes en anglais ! L'as-tu fini ?

Elles et ils sont nombreux à l’avoir déjà lu et Blog-O-Book les recense, les avis vont de la déception à l'enthousiasme,  j’ajoute Enna dont la lecture est très récente….

Le début : Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible. Mais ce n'est jamais facile. Ils venaient de s'installer pour dîner dans un minuscule salon au premier étage d'une auberge de style géorgien. Dans la pièce voisine, visible par la porte ouverte, se trouvait un lit à baldaquin assez étroit, dont la courtepointe d'un blanc pur s'étendait, incroyablement lisse, comme si aucune main humaine ne l'avait touchée. Edward n'avoua pas qu'il n'était encore jamais allé à l'hôtel, alors que Florence, après ses nombreux voyages avec son père dans son enfance, était une habituée. En apparence, tout leur souriait. Leur mariage à l'église St Mary d'Oxford s'était bien passé : la cérémonie religieuse avait été sans fausse note, la réception, festive, les adieux de leurs copains de fac et de lycée, aussi bruyants que chaleureux. Contrairement à ce qu'ils redoutaient tous les deux, les parents de Florence n'avaient pas regardé les siens de haut, et sa mère à lui n'avait commis aucun impair ni complètement oublié la signification de cette journée. Les mariés avaient pris la route dans une petite voiture appartenant à la mère de Florence, et ils étaient arrivés en début de soirée à leur hôtel sur la côte du Dorset, par un temps indigne de la mi-juillet et de l'occasion, mais parfaitement convenable : s'il ne pleuvait pas, il ne faisait pas non plus assez chaud, selon Florence, pour manger sur la terrasse comme ils l'avaient espéré. Edward pensait que si, mais, poli à l'extrême, jamais il n'aurait osé la contredire un soir pareil.

Autre extrait : Chaque fois qu’Edward lui demandait « Comment tu te sens ? », ou bien : « A quoi tu penses ? », elle avait toujours du mal à répondre. Lui avait-il donc fallu tout ce temps pour découvrir qu’il lui manquait une simple aptitude mentale que tout le monde possédait, un mécanisme si ordinaire que personne n’en parlait jamais, un rapport immédiat et sensuel aux êtres et aux choses, ainsi qu’à ses propres besoins, à ses propres désirs ? Toutes ces années durant, elle avait vécu totalement isolée, à la fois en elle-même et d’elle-même, sans jamais vouloir ni oser regarder en arrière.

Par kathel - Publié dans : Royaume -Uni - Communauté : Les lectures de Florinette
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Samedi 13 juin 2009
Présentation de l'éditeur : Oslo, novembre 2004, la première neige tombe sur la ville. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait irruption, comme sorti de nulle part. Le jeune fils remarque qu'il est tourné vers la maison et que ses grands yeux noirs regardent fixement leurs fenêtres. Dans la nuit, Birte, la mère, disparaît, laissant pour seule trace son écharpe rose, retrouvée autour du cou du bonhomme de neige. Dans le même temps, l'inspecteur Harry Hole reçoit une lettre signée "le bonhomme de neige" qui lui annonce d'autres victimes. Plongeant son nez dans les dossiers de la police, Harry met en lumière une vague de disparitions parmi les femmes mariées et mères de famille de Norvège. Toutes n'ont plus donné signe de vie le jour de la première neige. D'une sobriété étonnante, Harry Hole va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur le territoire norvégien et qui le conduira jusqu'au gouffre de sa folie.

L'auteur : Né en 1960, Jo Nesbø, d'abord journaliste économique et musicien, a été propulsé sur le devant de la scène littéraire en 1998 en recevant le prix du meilleur roman policier nordique de l'année pour L'homme chauve-souris, premier tome de la série des enquêtes menées par Harry Hole. Le bonhomme de neige est son troisième roman à paraître à la Série Noire
Titre original : Sn
ømannen
Traduction : Alex Fouillet
523 pages
Editeur :
Editions Gallimard (mai 2008)
Collection : Série noire

Mon avis : Mois de juin, première chaleur, peut-être avez-vous envie pour y échapper un peu, d’une coupe de glace, d’une piste enneigée, d’Oslo en hiver, d’un bonhomme de neige ? Non ? Vous avez sans doute raison, au moins pour ce dernier car après avoir lu ce livre, on ne regarde plus ces sympathiques évocations de jeux d’hiver enfantins de la même manière !  Quand les bonhommes apparaissent dans les jardins de mères de famille disparues, quand Harry Hole, que l’on retrouve avec plaisir, les voit évoqués dans une lettre anonyme, quand un tueur aux mises en scène macabres sévit à Oslo lors de cette première neige de novembre 2004, l’innocence ou la blancheur ne sont plus associés aussitôt à ces bonshommes.
Côté vie privée, Harry s’accommode, plutôt mal que bien, du nouvel ami de Rakel, tout en conservant de bonnes relations avec Oleg, qui le considère comme son père. Une nouvelle policière vient s’intégrer au groupe de Harry, une émission de télé le veut en vedette sur son plateau, Harry hésite à replonger dans l’alcool… Vraiment, ça a été un plaisir pour moi de retrouver Oslo, d’autant plus que, ayant visité cette belle ville entre fjord et forêts l’année dernière, je peux mettre des images sur des noms comme Holmenkollen, Ulleval ou Sognsvann.
Côté intrigue, c’est un Nesb
ø grand cru, enchevêtrant une affaire ancienne avec l’enquête en cours, avec des scènes à donner le frisson, une construction habile qui donne une petite longueur d’avance au lecteur et  l’adrénaline qui monte, qui monte !
Un petit rappel pour ceux qui voudraient lire la série des Harry Hole dans l’ordre : les deux premiers, L’homme chauve-souris et Les cafards se déroulent respectivement en Australie et en Thaïlande, puis de retour en Norvège, on peut suivre Harry de livre en livre : Rouge gorge, Rue sans souci, L'étoile du diable, Le sauveur et Le bonhomme de neige. On peut aisément se passer des deux premiers, pour commencer directement à Oslo, à mon avis… Chasseur de têtes qui vient de sortir n’a pas le même enquêteur.

Vous pouvez lire les avis d'Armande, de Keisha, de BMR et MAM et de Jean-Marc Laherrère, ainsi que le site de Jo Nesb
ø. En faisant une recherche par livre, on peut y voir deux bandes-annonces bien effrayantes de Snowman…

Extrait : Il n’y avait guère que deux cent mètres pour arriver chez les Bendiksen et heureusement, deux réverbères jalonnaient le trajet. Elle devait être là-bas. Il jeta un coup d’œil à droite et à gauche pour s’assurer qu’il n’y avait personne pour l’intercepter. C’est alors qu’il ap
erçut le bonhomme de neige. Il était toujours immobile, tourné vers la maison, baignant dans la froide clarté lunaire. Pourtant, il y avait quelque chose de différent chez lui, de presque humain, de familier. Jonas regarda la maison des Bendiksen. Il prit la décision de  courir. Mais ne le fit pas. Il resta sur place, en sentant le vent prudent et glacial le transpercer. Il se tourna de nouveau lentement vers le bonhomme de neige. Car il venait de comprendre ce que c’était, ce qui avait rendu le bonhomme de neige si familier. On lui avait mis une écharpe. Une écharpe rose. Celle que Jonas avait offerte à maman pour Noël.

Sognsvann, photo C.L.
Par kathel - Publié dans : Norvège - Communauté : Les lectures de Florinette
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