Quatrième de
couverture : Il y a la Méditerranée, la lumière, l’île d’Elbe au loin. Mais ce n’est pas un
lieu de vacances. C’est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait
de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes
de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l’aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant… Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont
les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d’évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s’emparer de l’avenir.
L'auteur : Silvia Avallone, avant d'étudier la philosophie à Bologne, a vécu en Toscance, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à D'acier. A 25 ans
à peine, ce premier roman la propulse en tête des meilleures ventes en Italie. Célébré par la critique, traduit dans 12 pays, en cours d'adaptation au cinéma, D'acier a été
finaliste du prix Strega et couronné par le Campiello Opera Prima.
387 pages
Editeur : Liana Levi collection Piccolo (mars 2012)
Traduction : Françoise Brun
Titre original : Acciaio
Ne manquez pas la sortie en poche de ce roman
italien ! Mais tout d'abord oubliez toutes les images que vous avez de la Toscane, villas entourées de cyprès et collines verdoyantes, palais et vignobles, et imaginez une petite ville
industrielle au bord de la Méditerranée, face à l'île de d'Elbe, avec ses barres d'immeubles gris, sa plage peu entretenue, son centre-ville et son aciérie, énorme complexe industriel noir et
tentaculaire. De l'immeuble où vivent Anna et Francesca, on voit la plage, les jeunes qui s'y retrouvent pour les parties de foot, les baignades, les premiers flirts.
En ce début d'été 2001, les deux filles, la blonde et la brune, « treize ans-presque quatorze » s'imaginent des avenirs de miss Italie ou d'avocate célèbre. Elles sont inséparables,
même si Francesca est plus secrète, plus bousculée par la vie. Autour d'elles, les mères font ce qu'elles peuvent pour joindre les deux bouts, les pères résolvent dépit et amertume par la
violence ou les petites combines. Les grands frères travaillent à la Lucchini, l'aciérie où pourtant l'emploi diminue à cause des délocalisations, mais carburent aux amphétamines et passent leurs
soirées en boîte.
Malgré quelques petites maladresses à la limite du cliché, vite oubliées, la fascination qu'exerce ce roman est indéniable. Une réalité
sociale vue à hauteur d'adolescentes, des paysages incroyablement présents, des dialogues très justes, en font un livre qui prend très vite son envol pour ne plus redescendre. L'écriture très
sensuelle touche le lecteur et magnifie le destin de ces deux jeunes filles et de leur entourage. Bref, une vraie lecture coup de cœur !
Extraits : Ça veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d’immeubles d’où tombent des morceaux de balcon et d’amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d’idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter de journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas ?
Le ciel n'en était pas un. C'était une volière. Les flammes violettes des fours, les bras des grues, les tonnes de métal enchaînées aux becs des palans. La succession sans fin des hangars, des bureaux, des soutes. Une obsession auto-engendrée. Les cheminées, actives ou pas. Elles crépitaient sans discontinuer au-dessus de sa tête : violettes, rouges et noires les flammes. Jaunes, verts les bras des grues qui tournaient, les tonnes de métal voltigeant comme des oiseaux, jaunes les nuages de carbone, noirs quand ils sortaient de la gueule des cheminées. Ils appellent ça le cycle infernal continu.
Je l'avais déjà repéré chez Clara enthousiaste, Hélène qui l'a trouvé lumineux, Sentinelle qui a aimé... Seul Yv n'est pas emballé.
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