Présentation

chercher...

chercher encore...


Par auteurs :
l'index

Par actualités :
la page "rentrées littéraires"

J'y participe :






et toujours :


C'est classé ici

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Vendredi 20 novembre 2009
Présentation de l'éditeur : Décembre dans le comté de Nation, Iowa. Même si l'hiver est particulièrement clément, tout semble marcher au ralenti. Un calme apparent pour le shérif Cari Houseman et ses coéquipiers, qui va voler en éclats lorsque les frères Heinman les appellent après avoir trouvé un cadavre sur les terres de leur ferme isolée. La victime est vite identifiée : un immigré mexicain qui travaillait à l'usine de conditionnement de viande casher. Dès lors, le shérif Houseman comprend que l'enquête va être ardue. Les campagnes américaines ont en effet bien changé au cours des dernières années : l'immigration, qu'elle soit issue d'Amérique centrale ou d'Europe de l'Est, a considérablement modifié leur physionomie. Rien que dans le comté de Nation, on dénombre plus de dix-huit langues parlées, et autant de traditions différentes, ce qui, pour un coin désolé de l'Iowa, n'est pas sans poser quelques problèmes. […] Suspense haletant inscrit dans une réalité que Donald Harstad, shérif dans l'Iowa depuis plus de vingt ans, connaît parfaitement : 4 jours avant Noël est, plus encore qu'un thriller remarquable d'intensité, un document brut sur les méthodes policières et sur les nouveaux visages du mal au plus profond d'un pays en pleine mutation.
401 pages
Editeur :
Points Policier (novembre 2009)
Traduction : Gilles Morris-Dumoulin
Titre original : A long december


Mon avis prendra la forme d’un billet un peu paresseux, ce soir ! La quatrième de couverture donne bien l’ambiance. Le récit de l’enquêteur Carl Houseman, avec son ton plein d’humour et d’autodérision, sonne particulièrement vrai et n’omet aucun détail de la plongée très réaliste dans le fin fond de l’Iowa, sur les traces de terroristes d’un nouveau genre, en ce mois de décembre 2001. Tous les services de police du comté et même fédéraux sont sur les dents, mais le groupe mené par Carl Houseman ne démérite pas, grâce à sa connaissance du terrain.
Pas de grosses ficelles dans ce thriller, ni de traits exagérés, juste le quotidien d’un policier qui confronté à de gros poissons du terrorisme, reste égal à lui-même et apporte sa pierre au bouclage rapide et efficace de l’enquête. Ce qui est vraiment remarquable, c’est le style réaliste de l’écriture, puisque Harstad s’inspire d’enquêtes auxquelles il a réellement participé. Une belle réussite dans ce genre !


Repéré chez
Cuné qui a décidé de nous tenter de nouveau, avec quelques amies tout aussi honteusement « pousse-au-crime », en commentant le dernier Harstad, 6 heures plus tard… Je me suis donc jetée sur le clavier lors de la dernière proposition de lecture en partenariat sur BOB, et l’attends pour bientôt  !

Par kathel - Publié dans : Etats-Unis - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 17 novembre 2009
Film français d’Alain Resnais avec André Dussolier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Mathieu Amalric, Michel Vuillermoz, Nicolas Duvauchelle et Sara Forestier, narrateur Edouard Baer.
Sorti le
4 novembre 2009, durée 1 h 44.


Ce que ça raconte : Au sortir d’une boutique de chaussures haut de gamme, une femme, dont le spectateur n’a encore rien vu, se fait voler son sac à main. Marguerite hésite à crier, mais la peur d’être ridicule, le temps de trouver s’il faut crier « Au voleur ! » ou « Arrêtez-le » et son sac à disparu, elle rentre donc chez elle. Plus tard dans la journée, un homme, Georges, va faire changer la pile de sa montre puis trouve un portefeuille dans un parking de centre commercial. Il cherche à connaître cette femme dont il n’a vu qu’une photo d’identité et une licence de pilote. L’argument peut paraître mince, mais il entraîne le spectateur dans un tourbillon de fantaisie, d’étrangeté, de folie, de couleurs…


Mon avis : « Lire n'a jamais tué personne. Au contraire, ça aide à vivre »… Cette réplique que j’ai forcément retenue du film, avec celle, plus bizarre « Les motos ne volent pas » vient nous rappeler que ce film est tiré d’un roman de Christian Gailly, L’incident. La voix off qui raconte, sans jamais paraphraser l’image ou alors pour donner un effet comique, est celle d’Edouard Baer, excellent narrateur, et elle reprend, du moins je l’imagine, des paragraphes du livre.

Je me suis régalée à voir ce film, je déteste les films trop prévisibles, et là, j’ai été servie ! C’est vrai, ça part un peu dans tous les sens, mais avec beaucoup d’humour, et le jeu des acteurs est très bon. André Dussolier réussit à camper un retraité, ou chômeur, on ne sait trop, d’apparence calme, que chaque situation, même extrêmement banale, peut faire déraper vers le bizarre, voir l’inquiétant. Cet homme, pourtant marié et père de deux grands enfants, vit dans son imaginaire et le spectateur doit naviguer entre la réalité et ses fantasmes. Sabine Azéma, dentiste passionnée d’aviation, semble avoir davantage les pieds sur terre, mais pour qui aime piloter des avions, cela ne peut pas être tout à fait vrai.

L’aventure fantasmée entre Georges et Marguerite, finira-t-elle par devenir réelle ? On s’en moque un peu, finalement, pour se laisser prendre aux couleurs et aux lumières du film, chaudes et surréalistes, pour savourer les dialogues, pour s’étonner des seconds rôles tout aussi surprenants : Mathieu Amalric, flic plein d’empathie, Anne Consigny, épouse protectrice ou Emmanuelle Devos, dentiste collègue de Marguerite, pas aussi raisonnable qu’elle le semble.



D’autres avis chez Pascale (Sur la route du cinéma), et Lorraine, emballées, quant à Cathe, elle est plutôt déçue.

Par kathel - Publié dans : cinéma - Communauté : Movies story d'Anjelica
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Samedi 14 novembre 2009

Rentrée littéraire 2009

Quatrième de couverture : En 1903 à Chicago, l’homme d’affaires Edwin Cheney et son épouse Mamah Borthwick Cheney passent commande de leur nouvelle maison à l’enfant terrible et déjà célèbre de l’architecture américaine, Frank Lloyd Wright.

Six années plus tard, la bonne société de Chicago et la presse américaine sont secouées par le plus grand scandale de ce début de siècle : Mamah, tombée entre temps passionnément amoureuse de Frank, quitte Edwin et leurs deux enfants pour suivre l’architecte renommé en Europe. Lui-même abandonne sa femme Catherine et six enfants pour vivre cette passion.

Berlin, Florence puis Paris pendant la grande crue de 1910, voient passer enlacés autour de leur liberté amoureuse hantée pourtant par la culpabilité, ces amants exceptionnels qui défraient la chronique de l’Amérique dévote et pudibonde du vingtième siècle naissant… […]

539 pages

Editeur : Buchet-Chastel

Traduction : Virginie Buhl

Mon avis : J’attendais beaucoup de cette lecture, aïe aïe aïe, voilà qui augure une déception, me direz-vous… Non, ce n’est pas le cas, cette lecture fut passionnante en particulier le début et la fin. J’ai éprouvé de l’empathie pour le personnage de Mamah (prononcez May-Mah) Borthwick Cheney, femme d’une grande loyauté qui ne pouvait se contenter d’une liaison clandestine et qui lui préféra l’opprobre de toute une Amérique bien-pensante et friande de potins. J’ai été touchée par le personnage de Mamah, par sa solitude même lorsqu’elle est bien entourée, par ses doutes quant à la pertinence de ses choix, par ses rêves d’avenir enterrés, par son statut de femme à part, intellectuelle et cérébrale. Le roman dépeint avec clarté, également, les réactions plus ou moins vives de l’entourage du couple Wright-Borthwick. L’auteur évoque très bien le milieu bourgeois du début du XXème siècle à Chicago, milieu cultivé et ouvert en apparence, où les créations architecturales de Frank Lloyd Wright font fureur, notamment les « Prairies Houses » dans la banlieue résidentielle de Oak Park. Frank Lloyd Wright est un personnage à part, travailleur infatigable, séduisant mythomane, qui satisfait ses passions pour l’esthétique et la beauté, même si c’est à crédit. J’ai été intéressée par les théories architecturales de Wright, par les idées féministes de Mamah et celles de la suédoise Ellen Key dont elle a été la traductrice. Les différentes étapes du périple européen du couple, les rencontres qu’ils ont fait, l’évolution de leur vie de couple, les relations avec leurs enfants, rien ne manque à ce livre sur un destin que l’on peut qualifier sans aucun doute de romanesque.

Non, si j’ai une petite restriction, je ne saurais pas précisément l’expliquer, à part peut-être une légère mollesse aux deux tiers du livre, si ce n’est que je pense qu’il peut ne pas plaire à tout le monde. C’est frustrant de ne pas réussir à mettre le doigt sur le pourquoi de cette impression ! Je ne peux donc que vous conseiller de le lire pour vous faire votre propre idée.

Les avis d' Amanda, Cathulu, Cuné, Esmeraldae, Fashion et Sylde vous convaincront peut-être davantage…

Extrait :
Le sourire aux lèvres, Frank se leva pour scruter le contenu du carton. « Qu’y a-t-il d’autre là-dedans ?

- Oh, une partie de mes vieilleries. Des papiers… »

Il se rassit et la regarda : « Racontez, je veux tout savoir. »

Racontez, je veux tout savoir
. Il aurait aussi bien pu dire : Enlevez votre robe.

L’un après l’autre, elle avait sorti tous les objets de la boîte. Elle lui avait montré son mémoire de maîtrise et la photographie de sa remise de diplôme. Elle lui avait parlé des années qu’elle avait passées à Port Huron comme professeur d’anglais et de français au lycée, avec Mattei, son amie de l’université. Elle lui avait montré des photos de sa famille, devant leur demeure d’Oak Park Avenue.

Je remercie pour l'envoi Guillaume de Babelio et les éditions Buchet-Chastel.



Je termine grâce à cette lecture le défi du 1% de Levraoueg !

Par kathel - Publié dans : Etats-Unis - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Mardi 10 novembre 2009
Présentation de l'éditeur : Un homme ordinaire reçoit de nombreux appels destinés à une célébrité et se prend au jeu ; un acteur de cinéma ne reçoit plus d'appels et commence à douter de sa carrière ; un richissime écrivain de livres de sagesse renie tout ce qu'il a professé jusqu'alors ; une femme décide de mourir, et se révolte contre l'écrivain qui l'a inventée ; un écrivain de romans policiers se perd en Asie centrale où son portable ne fonctionne plus ; un cadre supérieur gagne, grâce à son portable, le pouvoir de ne plus se trouver là où on l'imagine ; et l'acteur du début, cherchant enfin l'anonymat, compte se servir de son double... Dans le rythme vif et musical qu'on lui connaît, Daniel Kehlmann compose dans son nouveau roman une mosaïque joyeuse et ironique à partir de notre société où les moyens de communication mettent en question le lieu même du réel - pendant que la course à la renommée fait tourner la tête à plus d'un. Daniel Kehlmann n'a pas fini d'étonner ses lecteurs et se joue allégrement de sa propre gloire. Un vrai régal littéraire - et divertissement garanti.

L'auteur :
Daniel Kehlmann, né en 1975, est le fils du réalisateur Michael Kehlmann et de l’actrice allemande Dagmar Mettler. Sa famille s'installe en 1981 à Vienne où Kehlmann étudie la philosophie et la littérature à partir de 1993.
Il commence sa carrière d'écrivain avec son premier roman Beerholms Vorstellung publié en 1997. Il publie ensuite Mahlers Zeit (1999) et Der fernste Ort (2001). Il acquiert une renommée internationale avec son quatrième roman Moi et Kaminski (2003). Il écrit des critiques et des essais pour différents magazines. Daniel Kehlmann est membre de l'académie des sciences et de littérature à Mainz. Il a reçu en 2006 le prestigieux Prix Kleist, ainsi que le Prix de la Fondation Konrad Adenauer.
174 pages
Editeur :
Actes Sud (février 2009)
Traduction : Juliette Aubert
Titre original : Ruhm


Mon avis : Sous-titré « Un roman en neuf histoires » objet littéraire non identifié mais jubilatoire, ce roman prend donc la forme de neuf nouvelles reliées entre elles par diverses coïncidences ou mises en abyme. La société de consommation, le monde des écrivains ou les modes contemporains de communication, vus par l’œil ironique de Daniel Kehlmann ne manquent pas de faire sourire ou pouffer plus d’une fois au fil des pages. Dès la première nouvelle, avec Ebling, modeste réparateur d’ordinateurs recevant, sur son portable tout neuf, des appels qui ne lui sont pas destinés, et commençant à prendre goût à cette vie par procuration plus fascinante que la sienne, le lecteur se trouve embarqué et l’intérêt ne fléchit pas ensuite.
Daniel Kehlmann en profite, par le biais de ses personnages, notamment Leo, auteur hypocondriaque et affligé de nombreuses angoisses, pour parler de création littéraire, de manière particulièrement intéressante. Le risque avec ce genre de nouvelles serait que certaines soit plus faibles et que l’ennui gagne, mais je les ai trouvées toutes également cyniques et cocasses et je me suis divertie jusqu’à la dernière page. Après Les arpenteurs du monde, qui n’est pas du tout dans le même genre, quoique très original aussi, je continue à découvrir cet auteur que je suivrai maintenant avec attention !

Les lectures
d'autres blogs :
Antigone, Cathulu, Cuné, Orchidée, Saraswati, A girl from earth, Juliann et lechemindeparla.

Extraits : VOIX

Avant même qu'Ebling ne soit arrivé chez lui, son téléphone portable se mit à sonner. Pendant des années il avait refusé d'en acheter un car il était technicien et n'avait pas confiance en la chose. Pourquoi personne ne voyait-il aucun mal à ap
procher de sa tête une source de radiations agressives ? Mais Ebling avait une femme, deux enfants, une poignée d'amis et on lui avait sans cesse reproché d'être injoignable. Il avait donc fini par céder et acheter un téléphone qu'il avait aussitôt fait activer par le vendeur. Il fut impressionné malgré lui : l'appareil était tout simplement parfait, il possédait une jolie forme, lisse et élégante. Et voilà qu'il se mit à sonner inopinément.
Ebling décrocha avec hésitation.

Une femme demandait un certain Raff, Ralf ou bien Rauff, il ne comprit pas le nom. Une erreur, dit-il, un faux numéro. Elle s'excusa et raccrocha.

Le soir arriva un second appel. "Ralf ! s'écria un homme d'une voix rauque. Qu'est-ce que tu fa
briques, ça gaze, vieux cochon ?
- C'est un faux numéro !" Ebling était assis droit dans son lit. Il était déjà vingt-deux heures passées et sa femme le regardait d'un air réprobateur.

L'homme s'excusa et Ebling éteignit son portable.
­­ ­


Tout repose entre tes mains. Laisse-moi vivre !

Ce n'est pas possible, dis-je agacé. Rosalie, ce que tu atteins en ce moment, c'est ta destination. C'est pour cela que je t'ai inventée. En théorie, je pourrais peut-être intervenir mais tout deviendrait absurde ! Ce qui signifie que je ne peux pas, voilà.

C'est de la foutaise, dit-elle. Du baratin. Tôt ou tard ce sera ton tour et là tu supplieras comme moi.

Mais ce n'est pas pareil !

Et tu ne comprendras pas pourquoi on ne fait pas d'exception pour toi.

Ce n'est pas comparable. Tu es de mon invention alors que je suis...

Oui ?

Je suis réel
! Ah bon ?
Fais-moi confiance. Ce ne sera pas douloureux. Ca au moins j'y veillerai, je te le promets. Mon histoire...

Excuse-moi, mais ton histoire, je m'assois dessus. Si ça se trouve, elle ne sera même pas bonne
!

 

Par kathel - Publié dans : Allemagne - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009
Taguée par Carine du Bookomaton, je suis priée de déclarer 7 choses qui rythment mon automne. Exercice qui paraît difficile au départ, mais finalement, je fais tout de même quelque chose de cet automne, la preuve par sept :

Côté lecture, les mois à venir vont être parsemés de romans de chez Actes Sud. L’explication en est que, ayant un émissaire en Arles pour son travail, il m’a téléphoné de la librairie Actes Sud en me demandant quels livres m’intéressaient… Certains titres m’ayant tiré des approbations enthousiastes, il est revenu à la maison avec une petite demi-douzaine de volumes qui m’attendent donc dans mon panier à lire !

Toujours pour les lectures, de nombreux défis naissent, tous plus alléchants les uns que les autres, et j’ai donc cédé à l’un d’entre eux, et pour ne pas faire de jaloux, à trois autres ensuite ! C’est promis, maintenant, j’arrête !

Une autre particularité de cet automne, ce sont des visites de musées : la Biennale d’art contemporain, dont j'ai déjà parlé, est dispersé sur plusieurs sites, cela permet donc de fractionner les plaisirs, et une exposition sur l’art moderne au Musée des Beaux Arts intitulée :  Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon... les modernes s’exposent.                   Jawlensky Méduse

Pour supporter les soirées déjà fraîches ou pluvieuses, ou brumeuses, ou travailleuses, quoi de mieux qu’une bonne tasse de thé ? Je les ai découverts pendant mes vacances, dans la Drôme, ce sont les thés de la maison d’Eglantine et ils sont en vente par correspondance ! Le thé des brumes (thé noir, myrtilles, châtaigne, noix) et le thé de la méditerranée (thé noir de Chine, lavande, vanille, mandarine) sont mes préférés du moment et ils sont délicieux...

Nous passerons rapidement sur les réunions et rendez-vous divers qui s’additionnent, impossible d’y couper, mais ce n’est pas la partie la plus agréable de mon travail !


Ne comptez pas sur moi pour les découvertes musicales, cela m’arrive, mais je suis plutôt dans une période classique et j’écoute donc des opéras de Mozart, surtout depuis que j’ai vu Don Giovanni...

Les soirées télé sont plutôt éparpillées et pas forcément enthousiasmantes, sauf celle du jeudi avec 24 heures chrono série par laquelle je me laisse prendre pour la première année alors que c’est la saison 7 ! Cela ne deviendra pas ma série préférée, qui est toujours Six pieds sous terre jusqu’ici, mais cela se laisse regarder.


Voilà, cela fait 7, j'espère que cela satisfera ta curiosité, Carine...
J'édite trois heures après : j'ai complètement oublié de taguer d'autres malheureux : allez, je vous épargne pour cette fois ! Que reprenne ce questionnaire qui veut !


Par kathel - Publié dans : défis, jeux - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Vendredi 6 novembre 2009
L’histoire : Au début du roman, deux femmes âgées vivent ensemble dans une ferme en Afrique du Sud. On comprend que l’une d’elle est blanche, l’autre noire. C’est la fin de l’apartheid, mais leur amitié ne date pas d’hier. Au cours de leur enfance, où l’une, Catherine, était la fille du propriétaire des lieux et l’autre, Maria, la fille de la cuisinière, elles se sont promis une amitié éternelle, comme on peut le faire à cet âge, mais la vie les a séparées quand la mère de Catherine a ramené manu militari celle-ci et sa jeune sœur en Angleterre, laissant son mari volage en Afrique du Sud. L’un part, l’autre reste et attend indéfectiblement, en restant attachée à la maison où a vécu son amie. Quand Catherine revient vingt ans plus tard, au début des années 50, son père est mort et de nouveaux propriétaires ont pris possession des lieux .
L'auteur : Rosamund Haden fait partie de cette jeune génération d'auteurs talentueux d'Afrique du Sud, diplômés de l'Université du Cap. Elle a publié plusieurs livres pour la jeunesse. L'Eglise des pas perdus est son premier roman.
355 pages
Editeur :
Sabine Wespieser (mai 2006)
Titre original : The tin church
Traduction : Judith Roze

Ce que j’en pense :
Davantage qu’autour de la ferme de Catherine, c’est autour de l’église de tôle, rebaptisée on ne sait pourquoi en français l’église des pas perdus, que se joue l’intrigue, et aussi au bord d’un étang proche de la ferme. Car, s’il s’agit beaucoup d’amitié et de sentiments dans ce roman, plusieurs mystères y planent également, et l’auteur joue très habilement des ellipses et des sauts dans le passé pour nous faire pressentir des drames entre les différents personnages, avec une intensité qui va crescendo, drames qui ne se trouveront éclairés qu’à la toute fin du livre. Les deux protagonistes, Catherine et Maria, sont chacune à leur manière, marginales et considérées comme peu équilibrées par leur entourage, mais les personnes qui les entourent ne se montrent pas tellement plus fiables, bien au contraire. Les relations sont compliquées entre Tom et Isobel, le couple qui occupe la maison et Hendrik, un jeune voisin, vient encore plus semer le trouble dans les esprits. La nature, les animaux et les éléments tiennent aussi une grande place dans le roman, lui donnant un charme bien à lui.
Ce livre s’est beaucoup montré sur les blogs ces derniers mois, et je ne l’avais pas noté, mais il m’a fait de l’œil à la bibliothèque et je ne le regrette pas. Cet auteur sera à suivre avec attention, puisqu’il s’agit là d’un premier roman très réussi.

Beaucoup d’avis positifs : Brize, Choupynette, Joëlle, Lo, Sylire, Praline, Amanda, aproposdelivres, Malice, Lilly, Belle de nuit, Lucile, Lune de pluie...

Extrait : C'est une petite fille qui trouva les os. Elle faisait route depuis le kraal de son père pour acheter du sucre au magasin de Hebron. L'orage éclata alors qu'elle atteignait le sentier qui grimpait, en serpentant parmi les koppiei, jusqu'à l'église en tôle construite sur la crête dominant les fermes. Tandis qu'elle escaladait les rochers de granit entre les euphorbes dressées comme des sentinelles, les nuages se déchirèrent et de grosses gouttes de pluie se mirent à marteler le sol. Elle chercha refuge sous un cussonia, mais les feuilles la frôlaient et elle fut bientôt trempée. Elle dut pousser plus loin parmi les rochers. Deux d'entre eux délimitaient une sorte de tunnel. Le passage était étroit, mais elle parvint à s'y faufiler et se retrouva sur une surface plane. En contrebas, la vallée s'étendait jusqu'aux montagnes qui marquaient la fin du haut veld ; au-delà, on descendait vers le Swaziland et le bas veld.
Elle s'accroupit, dos à la roche, et c'est là, dans la terre rouge transformée en boue, qu'elle trouva les os. Elle avait déjà vu des crânes d'animaux: de babouins, de vaches, de moutons, et même de chiens dont les restes gisaient, blanchis par le soleil, dans le veld; mais ce qu'elle avait sous les yeux était différent.
Incliné en arrière, le crâne la regardait fixement. L'eau s'engouffrait dans les orbites et entre les mâchoires, tournées vers le ciel comme pour boire la pluie. Il était entouré d'autres os qui devaient appartenir aux bras et aux jambes. Quelqu'un les avait déterrés : de longues entailles sillonnaient la terre.

Réfugiée dans un coin, près de la cheminée, elle se tenait aussi immobile que possible. Seuls ses yeux remuaient, suivant les déplacements de l'homme dans le salon. il ouvrit le piano et fit courir ses doigts sur les touches, puis aperçut la pile de livres sur le sol. Maria n'eut pas le temps de traverser la pièce pour les ramasser : déjà, il se penchait et soulevait le volume qu'elle venait d'entamer.
"Le Retour au pays natal, lut-il à voix haute, et il leva les yeux vers Maria, interloqué. C'est toi qui lis ça ?"
Elle hésita, puis hocha la tête. Il ne la croyait pas - comment pouvait-elle lire ce genre de livre ?

"Loin de la foule déchaînée... Tu as lu ça ?" Il la taquinait à présent. Il la regardait droit dans les yeux ; elle soutint son regard sans broncher.


Par kathel - Publié dans : Afrique du Sud - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Jeudi 5 novembre 2009

La couleur rouge est tombée dans l'escarcelle d'Aifelle qui ensuite m'a attribué le marron ; c'est la loi du tag et je m'y plie de bon gré en partant à la recherche de cette couleur dans mon ordinateur.

Les règles de ce nouveau tag sont : 

Il faut taguer en couleur. Chaque participant doit rester dans la couleur qui lui a été attribuée.
Mettre un lien sur votre blog vers celui de votre gentil(l)e tagueu(r)se.
Chercher, trouver, photographier 7 choses que vous possédez chez vous, sur votre blog ou vos photos de vacances et qui ont cette couleur ...
Publier ces photos (montage ou pas) sur votre blog.
Choisir à votre tour 7 victimes et les taguer.

 

 

Je choisis donc ensuite 7 couleurs et surtout 7 "volontaires" ! N'y voyez pas une obligation, mais si cela vous amuse... Le rouge sera pour Gambadou, le vert pour Stephie, le bleu pour EmiLie, le gris pour Loumano, le rose pour Cynthia, Armande verra en orange et Esmeraldae en violet !


Par kathel - Publié dans : défis, jeux - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires
Mardi 3 novembre 2009

Rentrée littéraire 2009

Présentation de l'éditeur : Une femme, sa fille, son amant... et son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évanoui dans la nature. Le seul indice qu'il a laissé est le mot Manazuru écrit dans son journal. Ce qui amène sa femme à se rendre régulièrement dans la station balnéaire du même nom. Comme toujours dans les romans de Kawakami, le temps se tisse lentement et le secret des coeurs se donne à lire dans les gestes, les étreintes éphémères, la délicatesse des sensations. Mais dans Manazuru plus que dans les autres, la présence d'un monde invisible imprègne le quotidien et bouleverse la géographie sentimentale des êtres. Là-bas, au bord de la mer, il y a le bruit de la pluie dans le ciel immense, l'éblouissement d'étincelles d'un incendie, l'envol de hérons blancs sur des maisons en ruine : un instant de lumière à saisir, peut-être, entre apparition et disparition, souvenir et oubli, mystère de l'absence et appel de la vie.

L'auteur : Kawakami Hiromi est née à Tokyo en 1958. Sa nouvelle Hebi o fumu est couronnée en 1996 par le prix Akutagawa, en 1999, Kamisama obtient le prix des Deux Magots et le premier prix Pascal des jeunes auteurs de nouvelles, en 2000 Oboreru reçut le prix de Littérature féminine et c'est en 2001 que Sensei no kaban, " Les Années douces ", fut couronné par le grand prix Tanizaki. Kawakami Hiromi a su s'imposer dans le monde littéraire japonais par la tonalité très particulière de son style, à la fois simple et raffiné, dont les thèmes privilégiés sont le charme de la métamorphose, l'amour et la sexualité.

230 pages

Editeur : Philippe Picquier (15 septembre 2009)

Traduction : Elisabeth Suetsugu

Mon avis : Kei est une femme encore jeune, qui vit avec sa mère et Momo, sa fille de seize ans. Depuis dix ans que son mari Rei a disparu, du jour au lendemain, sans donner aucune nouvelle, elle n’arrive pas à reconstruire vraiment quelque chose de sa vie, elle reste en attente, en cherchant à s’expliquer les raisons de cet abandon. Plusieurs fois, seule, avec sa fille ou avec son amant, elle va se rendre dans la station balnéaire de Manazuru, qu’une intuition confuse lui désigne comme étant rattachée au départ de son mari. A chaque fois qu’elle retrouve le bord de mer, d’étranges sensations la poursuivent, des souvenirs lui reviennent aussi, qui pourraient peut-être éclairer les raisons de la disparition de Rei.

Comme dans le précédent roman d’Hiromi Kawakami, La brocante Nakano, je me suis glissée confortablement entre les pages, grâce aux courtes scènes de la vie quotidienne, entrecoupées de souvenirs, de réflexions sur la famille et les générations, d’observations de la vie urbaine à Tokyo. J’ai aimé le décalage avec notre façon occidentale de penser, les petits détails très japonais : envoyer un colis de champignons secs en cadeau, se promener dans la campagne vêtu du peignoir d’un hôtel. J’ai apprécié aussi la plus grande maturité des personnages, qui d’un peu inconsistants dans La brocante Nakano, sont devenus plus profonds ici, notamment la narratrice, mère de famille qui, sans avoir eu une vie très difficile, a du faire face à une situation pour le moins déstabilisante. L’auteur réussit particulièrement bien à faire sentir des impressions de rêves éveillés, le sentiment qu’un lieu, un objet cherchent à faire passer un message. Ces passages oniriques, à la frontière du fantastique, sont beaux mais parfois un peu longs, c’est le seul reproche que je ferai à ce roman.

D'autres avis : Naina et Gio l’ont lu aussi.


Extrait : Tandis que je marchais, j’ai senti que je n’étais pas seule.

La distance était trop grande, je ne pouvais pas savoir si c’était un homme ou une femme qui se trouvait derrière moi. Sans me poser davantage de questions, j’ai continué à avancer.

J’avais quitté dans la matinée l’auberge près de l’estuaire, et je me dirigeais vers la pointe du cap. J’avais passé la nuit dans un petit hôtel du bourg tenu par un couple dont l’âge laissait supposer que c’était la mère et le fils.

A mon arrivée de Tokyo après deux heures de train, il était neuf heures du soir et la façade était obscure. En fait de façade, le nom de l’auberge n’y figurait même pas, il y avait simplement un petit portillon de fer que rien ne différenciait d’une habitation ordinaire, avec deux ou trois pins de petite taille aux branches torsadées et une vieille plaque accrochée discrètement sur laquelle on découvrait le caractère «Sunna », « Sable » écrit au pinceau.

                                                                                                                                    

Challenge 1% rentrée littéraire de Levraoueg : 6 / 7 !

Par kathel - Publié dans : Japon - Communauté : Les lectures de Florinette
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus